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La chute brutale de Netanyahu

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid (G), le leader de Yamina, Naftali Bennett (C) et le leader du Ra'am, Mansour Abbas, signent un accord de coalition le 2 juin 2021 (avec l'autorisation du Ra'am).

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid (G), le leader de Yamina, Naftali Bennett (C) et le leader du Ra'am, Mansour Abbas, signent un accord de coalition le 2 juin 2021 (avec l'autorisation du Ra'am).

Après 12 ans au pouvoir que ses pourfendeurs disent qu’il l’a exercé sans partage, le chef du Likoud Benyamin Netanyahu est enfin bouté  – via la petite porte – par une coalition des plus hétéroclites qui veut sa tête à tout prix. Honnêtement, si j’étais à sa place j’aurais pris le large au moment où son grand pote Donald Trump a quitté la Maison-Blanche. Faux calculs ? Folie des grandeurs ? Certainement. En tout cas pour un ex-MIT, diplômé en architecture, c’est ric-Craque. La maison Likoud est au bord de l’effondrement même si avec 30 mandats elle demeure la première force du pays. La nouvelle du ralliement du parti islamiste Ra’am (4 sièges) et du parti religieux sioniste Yamina (7 sièges) à la coalition Yair Lapid, annoncé ce mercredi 2 juin quelques minutes avant minuit (dead-line),  en a été la première fissure. Il faut dire que la signature de Bennett n’a été obtenue qu’après la satisfaction de deux conditions sine qua none. Primo :   sa conduite du prochain gouvernement (si celui-ci est toutefois confirmé en Knesset le 14 juin prochain) avant le boss du Yesh Atid de Yair Lapid (17 mandats) qui est quand même celui qui a officiellement chargé le 5 mai dernier de former un gouvernement après l’échec de Netanyahu. Secundo : Mme Ayelet Shaked, la numéro 2 de Yamina et ancienne ministre de la Justice,  prendra la place de la cheffe du Parti travailliste, Merav Michaeli, au sein de l’influent comité lié à la nomination des juges.

Pour ce qui est de Mansour Abbas, le chef du parti islamiste Ra’am, il aura réussi de faire d’une pierre deux coups. D’un côté son statue de clé de voûte du futur cabinet de rotatsia lui permettra d’obtenir notamment des crédits et plus de policiers pour les quartiers arabes d’Israël où la criminalité est monnaie courante, et de l’autre, il se sera vengé froidement de son mentor Netanyahu qui a péché par son copinage avec les Emirats et le Bahreïn, deux pays qui vomissent les Frères musulmans dont le parti Ra’am se sent proche.

Caprices c’est fini !

Bref, c’est terminé pour Bibi. Son bilan anti-Covid plus que brillant et ses percées diplomatiques dans certains pays arabes, où le terrain lui a été déblayé par Donald Trump et le binôme Pompeo-Kushner, intéressent finalement peu la société israélienne. Laquelle société aspire plus au changement qu’aux effets d’annonce. Il faut dire que les années de Netanyahu ont été cauchemardesques pour nombre d’Israéliens. Blocage des institutions faute de budget, fatigue des électeurs (4 scrutins législatifs en deux ans), division de la société à cause d’un discours politique haineux qui a dressé les Israéliens les uns contre les autres, à la manière de Donald Trump pour qui toute personne qui le contredit est un ennemi à abattre.

Enfin il reste une lueur d’espoir pour Bibi : qu’un député de la fragile coalition Lapid-Bennett à 61 mandats fasse défaut le jour de l’investiture parlementaire dans moins de deux semaines. Si le futur gouvernement Bennett échoue à obtenir la confiance de la Knesset le 14 juin, le balle reviendra chez le président Reuven Rivlin,  qui la renverra à son tour à la Knesset qui nommera un député pour former un nouveau gouvernement. Ce MKs (Member of Knesset) pourra être n’importe qui : Lapid, Bennett, Shaked, Ayman Odeh (Hadash/communiste) … Il aura à son tour 28 jours pour constituer une coalition, faute de quoi le pays ira vers des cinquièmes élections.

Mais c’est sans compter avec le futé Bennett, le Juif orthodoxe millionnaire (qui compte de puissants relais aux Etats-Unis, d’où ont émigré ses parents vers Israël) qui pourra le cas échéant combler le trou en convaincant un ou deux députés du Likoud de rallier la coalition si des députés arabes de la Liste unifiée (6 sièges) ne l’eurent pas fait.

 

 

Publié dans Analyse

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Dépassionner le rapprochement israélo-arabe pour la pérenniser

Publié le par Abdelkarim Chankou

Une déclaration tripartite signée entre le Maroc et Israël sous l'égide des Etats-Unis mardi à Rabat a récapitulé les différents engagements des uns et des autres. AFP

Une déclaration tripartite signée entre le Maroc et Israël sous l'égide des Etats-Unis mardi à Rabat a récapitulé les différents engagements des uns et des autres. AFP

 

La relation entre Musulmans et Juifs en général et entre Arabes et Israéliens en particulier a longtemps été un sujet tabou qui fiche le tournis aux observateurs et analystes les plus avertis et chevronnés. Quand ce n’est pas la méfiance et la défiance qui règnent c’est la passion et la fascination qui prédominent !

 

Ce chaud et ce froid, ces hauts et ces bas qui ont marqué les rapports entre les cousins ennemis depuis le VIIe siècle de l’ère chrétienne jusqu’à aujourd’hui ont contribué et continuent de contribuer à rendre tout rapprochement culturel ou politique aussi éphémère qu’un nuage d’été. Or pour le pérenniser et l’asseoir sur des baes solides, fiables, viables et durables il faut le dépassionner. En le dépouillant de toute méfiance ou fascination excessives. Il faut en finir une fois pour toutes avec cette dichotomie où les Arabes dits « pragmatiques » ou « modérés » voient dans Israël une superpuissance invincible dont il vaut milieu être l’ami que l’ennemi et les irréalistes un cauchemar qui est la cause de tous leurs maux, qu’il faut éradiquer.

 

Oui, pour normaliser durablement la relation israélo-arabe il est indispensable de la rendre normale. Et pour ce faire il faut que l’État d’Israël lui-même soit normal. Même si ce pays est encore cerné de voisins hostiles cette normalité est une condition sine qua none pour sortir définitivement ses rapports avec le monde arabe de l’ornière de l’instabilité et de l’incompréhension. Un avion commercial de la compagnie El Al qui se pose à l'aéroport de Bruxelles-National est aussitôt entouré de soldats israéliens armés jusqu’aux dents. Pourtant la capitale fédérale du royaume de Belgique et de l’Union européenne n’est ni arabe ni en guerre avec État hébreu ! Si une telle scène qu’on dirait tirée d’un film des cousins Yoram Globus et Menahem Golan se passe encore dans un pays européen qui plus est grand ami et allié d’Israël qu’en serait-il alors d’un aéroport du Maroc (1), des Émirats arabes unis, de Bahreïn ou du Soudan, pays qui viennent de signer des accords de normalisation avec Israël.

 

De même il faut que les Arabes cessent de se prendre pour Dieu le père et admettent définitivement qu’ils sont des êtres humains comme les autres et que le fait d’être une nation dépositaire du Saint Coran, ultime Livre sacré révélé au prophète Mohammed, ultime Messager de Dieu, ne leur donne aucunement le droit de se croire supérieurs au reste de l’humanité et de se sentir liés par un quelconque devoir de convertir le monde à l’islam par la force.

 

Dans les années 1980, feu Hassan II avait appelé, lors de l’une de ses célèbres interviews, les Marocains à ne pas se croire supérieurs aux autres. Le regretté souverain, pionnier et précurseur des dialogues israélo-arabe et islamo-occidental, était convaincu que pour pérenniser un deal entre deux parties il eût fallu qu’il soit basé sur le principe du win-win et du respect mutuel. Aux gouvernements israéliens qui n’ont eu de cesse de l’inviter à se rendre en Israël il répondait chaque fois que sa visite, s’il devait avoir lieu un jour, elle devrait être précédée d’un geste fort de la part de l’inviteur, en l’occurrence une ouverture sur la question palestinienne. Laquelle question demeure au centre des préoccupations de la politique étrangère du Maroc.

 

Donc pour viabiliser et perpétuer toute normalisation entre des pays arabes et État hébreu, dans le cadre des accords d’Abraham ou de Moïse, appelons-les comme on veut, il faudra la soustraire à toute conjecturalité politicienne et surtout à tout effet d’annonce du moment. Sinon le processus d’un pas en avant et deux pas en arrière continuera de plus belle.  Amen.

 

(1)-A souligner que l’accord signé entre Israël et le Maroc le mardi 22 décembre 2020 n’a rien avoir avec « les Accords d’Abraham » signés 15 septembre 2020 à Washington entre Bahreïn et les Émirats d’une part et Israël de l’autre. L’accord de normalisation avec le Maroc est un cas à part : il est la reprise normale d’un processus de normalisation suspendu au milieu des années 1990 et qui a toujours existé en background depuis les années 1960.

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Macron se lâche et fâche le monde musulman

Publié le par Abdelkarim Chankou

Macron se lâche et fâche le monde musulman
La colère est mauvaise conseillère. Trop de politique aussi. « Nous continuerons, professeur. Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons la laïcité, nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d'autres reculent » , a déclaré le chef de l'État français Emanuel Macron. C’était mercredi soir 21 octobre dans la cour de la Sorbonne lors de la cérémonie d’hommage national rendu à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, décapité par un jeune Tchéchène de 18 ans (un acte condamnable et abject rappelons-le) devant le collège il enseignait à Conflans-Sainte-Honorine, dans le Département du Val-d’Oise en région parisienne quelques jours après que l’enseignant a montré à ses élèves des caricatures du prophète de l’islam Mohammed. Si le président français, 42 ans le 21 décembre prochain, s’était arrêté à « nous porterons la laïcité » sans ajouter « nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d'autres reculent », d’aucuns diraient, du moins dans le monde musulman, que la réaction est normale. Mais claironner devant des dizaines de millions de Français dont 6 millions de confession musulmane (3 fois plus si l’on compte les résidents non naturalisés français) que État français continuera à cautionner la publication de caricatures insultant la personne la plus sacrée de la foi islamique n’est pas une chose normale, d’autant plus que l’auteur des propos est le magistrat suprême d’une grande nation démocratique donc supposé être le président de tous les Français. On peut mettre ce mot de trop sur le compte de la colère mais ça ne tiendra pas la route comme explication. D’abord parce que M. Macron n’en est pas à sa première attaque verbale contre l’Islam. La plus récente avant celle dont elle est question ici a été lâchée le vendredi 2 octobre devant la mairie de Les Mureaux (Commune des Yvelines) dans un discours sur le projet de loi sur « le séparatisme islamiste ». Sa petite phrase « L’islam est en crise » a également suscité la colère sur les réseaux sociaux et au sein des institutions islamiques dont Al-Azhar asharif au Caire qui a qualifié de « racistes », les propos de Macron.
DEMI-MOT
Macro qui croirait qu’il évoluait en terrain conquis n’avait peut-être pas imaginé que ses mots risquent de coûter cher à l’économie de son pays déjà à genoux à cause de la pandémie du covid-19 qui ne cesse d’y gagner du terrain. Et pour cause ! La France est confrontée à un appel au boycott de ses produits dans plusieurs pays musulmans. Un hashtag viral qui a sonné la mobilisation générale exhorte tous les musulmans de la planète et ceux qui les soutiennent à ne plus acheter les marques hexagonales de Bic à la Vache qui rit et Évian en passant par Dior, Total, Peugeot, Renault, Citroën, Dior, L'Oréal… Ce groupe de cosmétiques réalisant une bonne partie de son chiffre d’affaires au Moyen-Orient Au Koweït, le Qatar et la Turquie épicentres de l’appel au confinement des produits français, des supermarchés n’ont pas trop attendu pour débarrasser les rayons de produits tricolores devenus indésirables. Face à la déferlante qui prend de l’ampleur de jour en jour, face aux portraits de Macron brûlés et piétinés par la foule de mécontents (du jamais vu pour un président français avant mai 2017), le Quai d’Orsay demande l’arrêt d’une campagne qui n’a pas de sens car argue-t-il c’est l’islam radical qui est dans le viseur de l’État français et non pas celui modéré. Lundi matin dans un tweet Macron tempérait à demi-mot en répétant que la France ne cédera pas au change. Idem du chef du patronat qui a reconnu tout de même que cette campagne de boycott est « mauvaise nouvelle » . Ok ! Seulement on ne soigne pas l’islam radical représenté par une minorité en insultant le prophète 2 milliards de musulmans dont le monde sunnite célèbre l’anniversaire de naissance ce jeudi 29 octobre ! Ce genre de propos ne fait qu'encourager le terrorisme et aggraver la spirale de la violence.

Publié dans Evénement

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Israël/Monde arabe : Le délire du siècle commence aux Émirats

Publié le par Abdelkarim Chankou

Israël/Monde arabe : Le délire du siècle commence aux Émirats
Dans un contrat normal qu’il soit sous forme d’une transaction commerciale-en numéraire ou en troc- ou un échange de bons procédés, les deux parties sont gagnantes. Mais c’est loin d’être le cas de la transaction qui fait l’actu ces derniers jours, celle conclue entre Israël et les Émirats arabes unis (UAE) où la seule partie gagnante est l’État hébreu de Benyamin Netanyahu et sa maison-mère : l’Amérique de Donald Trump. Si faire le buzz ou plutôt le mouton noir du monde arabe pour se distinguer, plaire et complaire à Big Brother peut être assimilé à un gain alors Abu Dhabi est gagnante. Ce serait d’ailleurs son seul gain dans l’affaire car pas même la promesse de Washington de lui vendre des superchasseurs F-35 n’est sûre d’être tenue du fait que l’establishment sécuritaire qui détient réellement le pouvoir à Tel- Aviv n’est pas près de compromettre la mythique suprématie militaire aérienne de Tsahal par rapport au monde arabe même si en décidant unilatéralement de se jeter dans les bras de Netanyahu, Abu Dhabi n’a plus d’arabe que le nom. Netanyahu est en fait capable de pires initiatives pour sauver sa peau en détournant les regards sur ses déboires avec la justice mais il n’est pas assez fou pour se mettre à dos un appareil sécuritaire qui considère qu’« un bon Arabe est un Arabe mort. » Soyons réaliste et objectif. Loin de nous toute haine ou sentiment antisémite. Depuis 1948, Israël n’a jamais échangé aucune paix contre aucune terre avec un quelconque pays arabe à part le Sinaï rétrocédé à l’Égypte, plus pour réparer une gaffe qu’est l’assassinat de Sadate que pour (re)compenser la signature du premier accord de paix entre Tel-Aviv et un pays arabe. Quand on sait que cette péninsule désertique est peuplée de groupes armés qui veulent en découdre avec le régime égyptien, l’on se demande ce qu’a vraiment gagné Le Caire en signant avec Tel-Aviv un accord de paix en 1979. Mais c’est une autre histoire…
ASSURANCE-VIE
Le problème n’est pas Israël. Un pays constitué d’une mosaïque de juifs venus des quatre coins du monde et qui ont tous ou presque gravé dans la tête le complexe de Massada et toutes ces histoires de persécutions en terres arabes et européennes ne peut que friser la paranoïa au point de ne plus faire confiance à personne, pas même à des émirats du Golfe devenus soudainement israélophiles ! Le problème est le monde arabe qui après 47 ans de ni guerre ni paix découvre du jour au lendemain que son assurance-vie dans un contexte de printemps arabes s’appelle la Maison-Blanche et que le meilleur avocat et courtier pour accéder à ses services est Israël. Or la meilleure assurance contre le chaos est l’investissement dans l’éducation, la santé et la justice…et le lutte contre l’ignorance et les fausses croyances… Avec le deal du siècle on n’est plus dans la logique de « la paix des braves » dont le processus a été assassiné avec l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995. On est désormais dans le bizarre. Le délire du siècle.

Publié dans Analyse

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Covid-19-Maroc : Pourquoi le compteur des décès et des contaminés s’est soudainement emballé

Publié le par Abdelkarim Chankou

Plage de Aïn Diab, Casablanca, 5 août 2020, 18h00 (GMT+1)

Plage de Aïn Diab, Casablanca, 5 août 2020, 18h00 (GMT+1)

Depuis que les autorités sanitaires et sécuritaires marocaines ont enclenché le 25 juin dernier la deuxième phase de déconfinement , le compteur des morts et des cas positifs au Covid-19 s’est emballé, et ce d’une façon inattendue si bien que durant le seul mois de juillet le pays a enregistré autant de morts que depuis le 2 mars, date de la première détection de la maladie à Casablanca, véhiculée par un Marocain vivant en Italie. Le nombre de contaminés est ainsi passé du 11 338 le 25 juin à 28 500 le 5 août, soit 17 162 de nouveaux cas confirmés en 41 jours ! 11 338 malades en 115 jours contre 17 162 en 41 jours il y a effectivement de quoi s’inquiéter. Même son de cloche côté décès qui sont passés de 217 à la date du 25 juin à 435 le 5 août. Soit 218 morts en 41 jours contre 217 en 115 jours !
Que s’est-il passé ?
D’abord, il y a le relâchement qui a suivi la première phase d’allégement du confinement le 25 juin et surtout la troisième phase qui a débuté le 20 juillet. Ces deux phases de déconfinement ont été dictées par le souci des autorités d’éviter l’asphyxie d’une économie fragile. Mais elles ont fait que des usines de câblage et de montage de voitures (Renault) à Tanger, Casablanca, Settat, Berrechid ainsi que des unités de traitement des fruits rouges à la commune de Lalla Mimouna? (Province de Kénitra), sans perdre de vue des hypermarchés (comme à Fès) et une usine de chaussures à Casablanca, se soient transformés en clusters épidémiques qui ont affolé le compteur des contaminations et des décès. De même ces deux phases d’assouplissement ont été ressenties par une partie de la population comme un signe que la vague est passée, d’où le fait que des milliers de Marocains se sont rués vers les plages et les cafés ou sur les autocars pour passer la fête du mouton loin de chez eux sans aucun respect des mesures de prévention requises. Toutes ces explications ici résumées sont fournies par les responsables et relayées par la presse jusqu’à l’essorage. Mais rien ou presque n’a été dit sur certains modes de transmission du virus qui ont alourdi le bilan des contaminations et des morts. Exemple : on nous dit que sauf forte chaleur il est déconseillé d’allumeur la climatisation et qu’il est préférable d’aérer les chambres et les bureaux en ouvrant les fenêtres. Les gens ne comprennent pas le lien entre la clim et la Covid-19. Est-ce que la fraîcheur dope la virulence du virus ? Est-ce que la clim accélère la circulation du virus ? Il y a un peu de tout ça mais ça ne suffit pas. En fait les cas asymptomatiques qui portent le virus sans présenter les signes de la maladie (toux, éternuement, fatigue, mal à la poitrine et à la gorge, perte de l’odorat et de l’appétit, diarrhée…) représentent de 25 à 90 % du total des cas testés positifs. Dans certains pays ce taux atteint 98 % comme c’est le cas au Maroc ! Donc on peut supposer qu’à cause du déconfinement des milliers de cas asymptomatiques sont entrés en contact avec des personnes fragiles (d’âge avancé, déficients immunitaires…) et les ont contaminées. Seulement on sait que les asymptomatiques contaminent rarement leur entourage saut contact direct (embrassades, éternuement, toux, bavage, poignées de main …). Alors qu’est-ce qui fait qu’un asymptomatique devienne soudainement un contaminateur. La clim pardi ! Surtout si elle est mal réglée à une température printanière, elle peut provoquer chez l’asymptomatique sensible au froid une réaction d’allergie suivie de toux et d’éternuements, d’où la propulsion dans l’air de postillons infectées. CQFD.

Publié dans Analyse, Briefing

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Bras de fer égypto-éthiopien autour du barrage La Renaissance : Et si la clé de la crise se trouvait à Riyad ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le barrage La Renaissance

Le barrage La Renaissance

L’armée et les services égyptiens sous la présidence de l’islamiste Mohamed Morsi mort le 17 juin 2019 devant au tribunal devant ses juges avaient menacé de bombarder le barrage La Renaissance construit sur le Nil, son tombeur et successeur le général al-Sisi, moins belliciste, a tantôt rameuté la Ligue arabe pour soutenir la position de l’Égypte qui voit dans cet ouvrage hydraulique un danger pour sa sécurité nationale tantôt appelé le Conseil de sécurité à trancher le différend, tantôt demandé à son « copain » Donald Trump pour faire pression sur Addis-Abeba… Vainement. Rien n’y fait. L’Éthiopie continue de finaliser ce grand barrage et procède à son remplissage comme elle l’avait annoncé maintes fois. Un entêtement qui détonne et étonne face à l’Égypte qui possède la plus puissante armée du continent et du monde arabe ! Puissance militaire à laquelle il faut ajouter celle du voisin soudanais qui s’estime également concerné par ce barrage qui traverse son territoire et irrigue ses terres. Même l’Union africaine, après plusieurs rounds de négociations, peine à trouver une solution acceptable par les trois protagonistes. Quelle hardiesse de la part d’un pays dont le nom était synonyme de famines et d’épidémies meurtrières depuis le IXème siècle jusqu’à 1984-1985, deux années de grande sécheresse. Un fléau récurrent que ce grand barrage va éliminer en permettant le décollage économique du pays jurent les officiels éthiopiens. Ce que comprennent les dirigeants soudanais et égyptiens à condition que ce décollage économique ne se fasse pas aux dépens de leurs pays respectifs, ces deux pays dépendant grandement des eaux Nil pour leurs agricultures grandes pourvoyeuses d’emplois…
AUDACE
Mieux, cette audace éthiopienne et son entêtement à poursuivre la finalisation de ce qui est considéré comme étant plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique (projet annoncé le 31 mars 2011 qui a démarré le 28 mai 2013) dont la construction devrait durer jusqu'en 2022 s’accompagne, à demi-mots, de riposte militaire appropriée à toute attaque égyptienne. Mais que l'on ne s'y méprenne pas, derrière l’audacieuse éthiopienne il y a forcément un Big-Brother protecteur et ce n’est ni la Russie ni les Etats-Unis ni Israël. Le parrain s’appelle Arabie saoudite. Le royaume wahhabite craint pour sa sécurité alimentaire et ne veut pas assécher sa nappe phréatique pour des cultures trop gourmandes en eau comme le riz d’autant que dans ce pays pétrolifère près de 88% de l'eau consommée est dédiée à l'agriculture ! D’où la sous-traitance d’une partie de son agriculture à des pays bien lotis en ressource hydrique et affidés à Riyad : l’Éthiopie. Laquelle Éthiopie ne peut qu’être reconnaissance à une Arabie saoudite qui reçoit des dizaines de milliers de ses chômeurs et qui ne soutient plus, comme elle le faisait entre le années 1970 et 1980, le mouvement de libération érythréen alors en guerre contre son voisin éthiopien. Parmi les courtisans qui font office d’interface entre les régimes saoudien et éthiopien, l’homme d’affaires saoudo-éthiopo-britannique Mohamed Cheikh Hussein Ali al-Amoudi (de mère éthiopienne et de père yéménite) qui pèse selon Forbes plus de 10 milliards de dollars. Lorsque al-Amoudi a été arrêté en Arabie saoudite et enfermé avec d’autres milliardaires saoudiens, (accusés par les sbires du prince héritier MBS d’avoir escroqué l’État saoudien) au Ritz Carlton de Riyad durant plusieurs mois il sera finalement libéré après avoir accepté de se délester d’une bonne partie de sa fortune en faveur de MBS… Mais cette libération a été accélérée par l’intercession personnelle auprès de la cour saoudienne du premier ministre actuel d’Éthiopie le musulman Abiy Ahmed Ali (de père oromo-musulman et de mère amhara chrétienne orthodoxe) qui savait que le milliardaire al-Amoudi était le pote de son prédécesseur Meles Zinawi. Décédé à Bruxelles le 20 août 2012, ce dernier avait facilité les projets agricoles et aussi miniers de al-Amoudi en réprimant dans le sang les habitants de la fertile région du Tigré qui ont refusé d’être déportés pour que al-Amoudi y aménage ses rizières… Reste à savoir si le général al-Sisi saura convaincre les Saoudiens de faire pression sur l’Ethiopie. /////////////////////////////////////////////////////////////////////////// A présent revoici un article que j’ai publié sur le sujet sous le pseudo Karim El Maghribi le 13 juin 2013. Sous le titre « Pourquoi l’Égypte de Al Sisi ne menace plus l’Éthiopie à cause du Barrage ‘la Grande Renaissance‘ », cet article est toujours d’actualité et recèle des clés pour comprendre le problème : Beaucoup d’eau est passée sous les ponts depuis la destitution et l’emprisonnement du président islamiste d’Égypte Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013. Mais aussi entre les fissures des barrages… Même quand ces derniers ne sont encore qu’un projet ! Je m’explique : Avant que la tension ne retombe entre Le Caire et Addis-Abeba au lendemain de la destitution du président égyptien Morsi par l’armée, les observateurs des relations égypto-éthiopiens craignaient chaque jour que les deux pays n’entrassent dans une guerre destructrice. La raison en était que l’Éthiopie qui avait besoin de plusieurs millions de m3 d’eaux supplémentaires pour irriguer les immenses cultures, notamment rizicoles, du saoudo-éthiopien le Cheikh Mohammed Hussein al-Amoudi avait unilatéralement « engagé, le 28 mai 2013, une déviation sur le Nil Bleu, en vue de la construction d'un important barrage hydroélectrique dénommé «Grande Renaissance.» Une initiative qui n’avait pas été du goût du Caire. Le Nil Bleu rejoignant le Nil Blanc au Soudan, avant de former ce Nil qui irrigue la terre et les cultures égyptiennes depuis l’époque des pharaons. La colère des Égyptiens était telle que Le Figaro, du 6 avril 2013, écrivait que « Plusieurs politiciens islamistes égyptiens, réunis par leur président, Mohammed Morsi, ont envisagé, lundi lors d'une émission en direct sur la télévision publique, tous les actes de guerre susceptibles de stopper la construction du barrage sur le Nil Bleu engagée par l'Éthiopie. » Et le quotidien français d’ajouter, citant un membre du parti Nour (qui a remporté environ 25% de sièges au Parlement lors des élections de la fin 2011 et début 2012), que « Parmi les responsables de partis islamistes, convoqués lundi par le président Morsi, Younis Makhyoun a proposé d'armer les rebelles en Éthiopie, en jouant sur les dissensions tribales et ethniques, avant, en dernier ressort, de détruire le barrage. L'Éthiopie, a-t-il analysé, est +fragilisée+ par plusieurs mouvements de rébellion. On peut entrer en contact avec eux et les utiliser comme une carte dans la négociation avec le gouvernement éthiopien. Si tout échoue, il n'y aura pas d'autre choix pour l'Égypte que d'utiliser ses services secrets pour détruire le barrage. » Mais comme par enchantement, toutes ses menaces bellicistes se sont volatilisées dès que Morsi a été viré et écroué. Logiquement on peut supposer que la volte-face du nouveau pouvoir égyptien s’expliquait par cette tradition bien arabe qui veut que le successeur démente tous les projets de son prédécesseur sans exception. Il y a un peu de ça mais ça n’est explique pas tout. Pour que Le Caire - post Morsi - dont le territoire est composé à 96 % de désert pour 84 millions de becs à nourrir renonce à ce qu’elle considérait il y a encore quelques semaines comme une question nationale vitale il fallait qu’un poids lourd pèse dans la balance en faveur d’Addis-Abeba. Ce poids lourd n’est que le saoudien, d’origine éthiopienne (1), le cheikh Mohammed Hussein al-Amoudi (de père saoudien d'origine yéménite de Hadramout et de mère éthiopienne). Ce dernier qui a acheté pratiquement toute l’Éthiopie avec ses terres fertiles et ses mines aurifères surtout depuis que son ami Meles Zenawi est arrivé à la tête du gouvernement, le 23 août 1995 (mort le 20 août 2012), a en effet besoin de ce barrage La Grande Renaissance (Annahda) pour irriguer ses rizières dont il exporte toutes les récoltes à son 3e pays d’adoption, l’Arabie saoudite, où il s’est établi en 1963. D'ailleurs pour prouver son affection pour cet ouvrage hydraulique il a mis 90 millions de dollars dans son budget. De son côté, l'Arabie saoudite qui outre sa haine - récente - des Frères musulmans, a grandement besoin de ce riz, surtout qu’elle a décidé, ces dernières années, d’abandonner toute agriculture grande consommatrice d’eau pour préserver sa nappe phréatique, mise à mal par plusieurs années de révolutions agraires… Comment on peut l’imaginer, Mohamed Hussein al-Amoudi qui a ses entrées dans la cour wahhabite n’a pas eu grand mal à persuader Riyad et par ricochet les autres capitales du Golfe de convaincre le nouveau régime de Al Sisi de renoncer à ses menaces contre Addis-Abeba quant à ce projet litigieux du barrage. Mais tout à un prix. Le cadeau pour le renoncement est une méga aide de près de 28 milliards de dollars dont une partie en nature (gaz, pétrole, des dizaines de milliers de vaches laitières…) Seulement cette victoire du clan cheikh al-Amoudi est en réalité sursitaire. Si la deuxième fortune saoudienne, selon Forbes, est parvenu à acheter toute l’Éthiopie et ses gouvernants depuis 1995 à coup de bakchich, à convaincre le Caire d’abandonner ses menaces contre Addis-Abeba et « américaniser » une Éthiopie traditionnellement communiste, il n’en demeure pas moins que le pays du Négus reste un terrain miné pour l’homme d’affaires. La jeunesse éthiopienne lui est en majorité foncièrement hostile notamment à cause des déportations forcées de populations que ses projets agricoles et miniers ont causées (2). Ce n’est qu’une question de temps… (1) Son père est originaire de la région de Hadramout au Yémen comme Jamal Ahmed Mohamed Jamal Ba-Amer, le directeur général de la raffinerie la Samir, filiale de Corral Holdings Petroleum AB, autre propriété de Mohammed Hussein al-Amoudi. La Samir se trouve à Mohammedia au Maroc. Hadramout se compose des mots arabes hadra (présente) et maout (mort). Le nom de la ville signifie donc « Mort présente », ce qui n'est pas faux vu le nombre de terroristes qui y vivent. (2) La formule « 2 en 1 » du cheikh Hussein Al Amoudi : Vous l’avez compris, nombre de formes de cancers que la Fondation Hussein al-Amoudi s’emploie, devant les caméras, à guérir, pour soigner en même temps l'image du cheikh, ce sont des matériaux comme l'arsenic, utilisé dans les mines (Midroc holding), notamment d’or, appartenant au même cheikh al-Amoudi, qui les ont provoqués !

Publié dans Confidentiel

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Trump avance d’un pas décidé vers la bérézina

Publié le par Abdelkarim Chankou

Trump avance d’un pas décidé vers la bérézina
Dès le mois de mai dernier, quand les Américains morts du nouveau coronavirus caracolaient en tête du hit-parade mondial, plusieurs poids lourds du parti républicain ne croyaient plus en les chances de leur chef Donald Trump de remporter les élections présidentielles de novembre prochain. Pour ces sceptiques, le fait que ce dernier ait sous-estimé à tort le haut risque létal que représente cette terrible maladie en ignorant les mises en garde des experts en la matière y compris ceux qui lui sont proches comme Dr Anthony Fauci le directeur du CDC était suffisant pour ne plus donner cher de sa peau. La mort par asphyxie de George Floyd , un Africain-américain de 46 ans, lors de son interpellation lundi 25 mai par 4 policiers du Minnesota dont l’un d’eux, Éric Chavin, lui écrasa le cou avec son genou durant plusieurs minutes, est venue compromettre davantage pour ne pas dire anéantir les chances du milliardaire de remplier pour un second quadriennat, d’autant plus qu’au lieu d’essayer de redresser la barre l’intéressé fait exactement le contraire tel un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le locataire de la Maion Blanche, le plus controversé de l’histoire américaine, aligne machinalement les maladresses comme un ayatollah qui fait passer végétativement les grains d’un chapelet. Il menace d’ envoyer l’armée pour mettre fin aux manifestations et actes de vandalisme dont ont été- et sont toujours- le théâtre de nombreuses villes des Etats-Unis en réaction au meurtre de Floyd dont le seul péché a été d’avoir voulu acheter un paquet de cigarettes avec un billet de 20 dollars falsifié ; il ordonne aux forces de l’ordre de tirer sur les émeutiers ; il traite de « chien enragé » James Mattis, son ancien ministre de la défense qui a osé le critiquer, et last but not least le 2 juin ses sbires ordonnent le gazage de manifestants devant la Maison Blanche pour que son Auguste personne puisse prendre des photos avec la Bible à la main devant l’église Saint John d’en face !
ÉROSION
Sûr : Trump avance d’un pas décidé vers la bérézina. Une marche inexorable vers la défaite que vient de confirmer 5 sondages téléphoniques CNN. Lesquels sondages dont trois ont été réalisés après l'assassinat de George Floyd montrent que 51 % des électeurs inscrits dans tout le pays soutiennent l'ancien vice-président Joe Biden, tandis que 41 % seulement sont pour son rival Donald Trump, dans la course à la présidence de 2020. Même si le taux de 41 % laisse penser que la base électorale de Trump (constituée en partie d’abrutis racistes désinstruits comme l’est le trio qui a abattu le 23 février au fusil à pompe Ahmaud Arbery, un joggeur noir de 25 ans, dans un quartier résidentiel de Brunswick, dans l’État de Géorgie) demeure intacte, ces nouveaux chiffres indiquent tout de même un changement significatif en faveur de Joe Biden depuis le mois d'avril, lorsque le sondage CNN avait révélé que les soutiens à Biden (surnommé « Joe le dormeur » par Trump) représentaient en moyenne 48 %, contre 43 % pour Trump. Perdre 2 points en quelques semaines à moins de 6 mois du scrutin le plus attendu au monde ce n’est pas rien et ça dénote une certaine érosion de la base du président sortant qui risque donc de devenir le président sorti… de piste. http://chankou.over-blog.com/2020/06/trump-avance-d-un-pas-decide-vers-la-berezina.html

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Israël : le social, parent pauvre des programmes électoraux

Publié le par Abdelkarim Chankou

Israël : le social, parent pauvre des programmes électoraux

Le programme électoral de Benyamin Netanyahou en vue du scrutin législatif du 2 mars prochain est expurgé de toute référence même allusive au social. Pourtant le pays croule sous le poids des disparités sociales et des inégalités urbaines. Les riches sont devenus plus riches sous le règne du premier ministre sortant pour la 3e fois consécutive et le logement sécurisé hors de portée des roquettes du Hamas ou du Hezbollah est hors de prix et n’est accessible qu’aux catégories sociales aisées. Un Israélien fauché comme les blés a le choix entre le retour aux pays d’où il est venu ou s’engouffrer dans un pavillon en préfabriqué perché sur une colline à un jet de pierre de la Bande de Gaza ou du Sud-Liban. Le programme de Netanyahou se réduit à quatre points. Un : Rempiler coûte que coûte à la chefferie du gouvernement pour échapper à la case prison. Deux : annexer plus de terres palestiniennes pour loger ses électeurs sans le sou. Trois : faire plus d’économies de bouts de chandelles pour financer les communautés orthodoxes et leurs institutions telles que les écoles talmudiques pour garantir leur loyauté envers son auguste personne. Quatre : faire durer le plus longtemps possible le plaisir de la lune de miel avec certains dirigeants arabes du Golfe et d’Afrique afin de les « chaparder » à souhait notamment pour financer certains chantiers hors enjeux électoraux, par exemple certaines programmes militaires de haute technologie que l’aide américaine ne suffit plus à parrainer et que l’Union européenne pourrait cesser de sponsoriser.

LORSQUE LE « GRAND ISRAËL » DEVIENDRA
CE LAC DE TIBÉRIADE DES BIENHEUREUX OÙ COULE
LE GAZ, LE BÉTON ET LE PÉTROLE, LES PROBLÈMES
SE RÉGLERONT D’EUX-MÊMES

Bref, Bibi préfère délester son programme électoral des promesses lourdes et de surcroit difficilement tenables pour se focaliser sur ses quatre objectifs en espérant qu’in fine, lorsque le « Grand Israël » deviendra ce lac de Tibériade des bienheureux où coule le gaz, le béton et le pétrole, les problèmes se régleront d’eux-mêmes : les riches enturbannés du Golfe seront toujours prêts à mettre la main au séroual contre l’amitié de Bibi dans lesquels ils voient le superman capable de les protéger aussi bien contre la menace exogène que domestique… En fait, rien n'intéresse plus Bibi que ses copains arabes si bien que voter Bibi revient à voter arabe. En attendant, la pauvreté continue de creuser son sillon en terre promise ou la pauvreté continue les promesses sociales sont oubliées car intenables. Pour Bibi comme pour son rival Benny Gantz. Et pour cause : « (…)les inégalités sociales sont très importantes. Dans son rapport annuel présenté en décembre 2018, l’ONG Latet soulignait que près de 2,3 millions de personnes, dont un million d’enfants (un sur trois dans le pays), vivaient sous le seuil de pauvreté ; elles représentent 26,5 % de la population totale. Des chiffres effarants, qui témoignent de la faiblesse des politiques publiques de solidarité et de redistribution. Pourtant, personne ne s’est emparé de ce sujet pendant la campagne. » Du reste Bibi est presque sûr de prolonger son immunité avec ses 33 à 35 sièges promis par les sondages qui enverront le pays à coup sûr vers une quatrième manche. Sa seule incertitude est de savoir si son pote Donald Trump sera réélu en novembre prochain. Tout un programme…

Publié dans Briefing

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Etats-Unis vs Iran : Les non-dits d’un « Armageddon » évité de justesse et dont l’Iran sort grand vainqueur

Publié le par Abdelkarim Chankou

La chaîne CNN a publié des images satellites montrant les dégâts causés par la frappe iranienne sur des baraquements américains dans une base militaire irakienne.

La chaîne CNN a publié des images satellites montrant les dégâts causés par la frappe iranienne sur des baraquements américains dans une base militaire irakienne.

« Hermann Gessler ordonne alors à Guillaume Tell de percer d'un carreau d'arbalète une pomme posée sur la tête de son propre fils. En cas d'échec, l'arbalétrier sera mis à mort. Malgré ses supplications, le bailli impérial de Schwyz et d'Uri — au service des Habsbourg — reste intraitable. Tell s'exécute et coupe le fruit en deux sans toucher l'enfant. » Ce petit détour via une légende célèbre pour dire que tirer une flèche sur une cible humaine en faisant mouche mais sans la tuer ni la blesser relève de l’exercice de haute voltige qui demande plus d’adresse et de maitrise que d’encastrer une flèche entre les yeux ou droit dans le cœur. C’est ce qui s’est passé à quelques détails près dans la nuit de mardi à mercredi quand une douzaine de missiles iraniens sol-sol de haute précision ont atteint les deux importantes bases militaires irakiennes. Celle d'Aïn al-Assad située dans la province d’al-Anbar et une autre en territoire kurde à Erbil, sans faire ni morts ni blessées sauf des dégâts matériels dont des drones. Grand ouf de soulagement du côté américain et de la coalition internationale anti-Daech dont les soldats utilisent ce deux bases. L’absence de pertes humaines a été en effet confirmée mercredi par le président Donald Donald Trump himself sur Twitter ainsi que par de hauts responsables du Pentagone. Autrement, le monde aurait commencé cette nouvelle année 2020 par une troisième guerre du Golfe beaucoup plus dévastatrice : un combat entre le bien que pense représenter Trump et ses alliés et le mal que ce dernier pense que l’Iran incarne avec ses soutiens. En somme une sorte d’Armageddon — Mortal Kombat, bien en chair et en os. Juste après le tir des missiles sur les deux bases, de hauts responsables iraniens annoncent que la vengeance promise à l’assassinat, jeudi 2 janvier, par les Américains du général iranien Qassem Soleimani , chef du corps Al Qods en compagnie d'Abou Mahdi al-Mohandis, un chef de milice chiite irakien (né d’un père irakien et d’une mère iranienne), près de l'aéroport de Bagdad, a été faite et qu’il n’y aura pas d’autres réponses sauf si les Américains commettent d’autre agressions contre l’Iran.
LA HONTE
Mais le plus étonnant dans cette histoire est non pas le fait que les missiles iraniens aient fait mouche sans tuer ni blesser personne (ce qui a désamorcé une violente colère américaine) mais le fait que ces missiles ont atterri sur les deux bases comme entre le fil dans le beurre, autrement dit le système de défense anti-missile américain, supposé étanche, n’y a vu que du feu ! La honte. Un bide que de hauts dirigeants iraniens se sont hâtés de mettre en relief en affirmant que les États-Unis ne peuvent pas nier qu’ils ont été humiliés. Ali Khamenei a eu un commentaire plus laconique mais plus moqueur encore. « Le peuple iranien a filé une baffe aux États-Unis » s’est délecté le guide suprême de la révolution islamique. Bref, sans cet incident dramatique de l’abattage « par mégarde » d’ avion ukrainien par la DCA iranienne qui selon Téhéran l’aurait pris par un missile de croisière américain dans un contexte d’extrême tension, on peut dire sans médire que l’Iran a su tel un champion des échecs ou de judo tourner une situation a priori défavorable à son grand avantage en faisant mordre de la poussière à son ennemi juré tout en le roulant dans la farine. Constat partagé par Le Monde. « Le conflit ouvert entre les États-Unis et l’Iran, le 27 décembre en Irak, se conclut, le 8 janvier, par une incontestable victoire de Téhéran. La République islamique a en effet pu ce jour-là tirer une bordée de missiles contre deux bases américaines en Irak sans s’attirer la moindre riposte de Washington. Que ce bombardement n’ait pas fait de victime importe moins que la défaite ainsi acceptée par l’administration Trump (…) » relève le Quotidien français dans son édition électronique du 12 janvier 2020. Fin d’Armageddon — Mortal Kombat saison 1.

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L’Algérie wins, l’armée empoche

Publié le par Abdelkarim Chankou

Algeria wins, l'armée empoche

Algeria wins, l'armée empoche

À présent que le suppléant de Abdelaziz Bouteflika est installé au Palais El Mouradia et que les haricots, les carottes et le bâton sont cuits, la grande question qui se pose d’elle-même est : Que peut faire Abdelmajid Tebboune pour sa « chère Algérie » et surtout est-ce qu’il arrivera à s’affranchir du général Ahmed El Gaïd Salah, son mentor et protecteur devant l’éternel ? À la première question une première réponse : modifier la constitution pour la remettre au goût du jour. Une urgence pour le nouveau président de la république algérienne démocratique et populaire élu officiellement avec un taux de 60 % d’abstention, 92 % selon certaine sources. Au lieu de descendre dans la rue pour rencontrer les dizaines milliers de manifestants qui continuent de réclamer haut et fort pour le 44e vendredi depuis le début du hirak leur rejet total de tous les anciens symboles du régime, l’ex premier ministre de Bouteflika (25 mai – 15 août 2017), nommé auparavant plusieurs fois ministres et superpréfet, préfère rester au chaud dans sa tour d’ivoire en débitant des beaux discours sans lendemain comme l’ont fait tous ses prédécesseurs. La langue de bois par un fantôme aux abois. Pauvre Algérie. Évidemment pour détourner les regards et resserrer les rangs le truc qui marche à tous les coups est le discours qui joue sur la fibre nationaliste dont la victime idéale est le voisin marocain , accusé de tous les maux. Heureusement que le Maroc n’a pas de pétrole sinon la junte militaire aux commandes à Alger et ses marionnettes en tenue civile type Tebboune, l’aurait accusé de lui pomper son pétrole comme l’avait crié Saddam Hussein en 1990 avec Koweït qui l’a accusé de lui avoir volé son or noir par forage oblique ! Mais comme le discours anti-marocain est en perte de vitesse et ne produit plus les mêmes effets qu’avant chez une population dont la moitié est constituée de jeunes ayant moins de 30 ans, c’est-à-dire que 21 millions d’Algériens n’ont pas connu le Mur de Berlin et avaient 2 ans lors de la signature en 1991 du cessez-le-feu entre le Maroc et les mercenaires du Polisario soutenus par le régime algérien. Cet affaiblissement de sonorité du discours calomniateur contre le Maroc les troufions aux manettes à Alger l’ont renforcé par la diabolisation de l’Occident accusé de chercher à semer la discorde dans la société algérienne sous prétexte de lui vouloir du bien. Une version locale de la célèbre citation attribuée à Voltaire : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge ! » Or s’il y a une entité étrangère qui veut du bien à l’Algérie c’est bien le FMI. Mais curieusement les harangueurs des foules algériens ne dénoncent jamais nommément cette organisation de Bretton Woods. Allez comprendre mais passons.
ALGERIA WINS MAIS C’EST L’ARMÉE QUI EMPOCHE
Pendant les discours accusateurs, le pays des fellagha va de mal en pis. Échantillon : « Les autorités algériennes craignent par-dessus tout l’ingérence des puissances étrangères. Mais il y en a une à laquelle, selon les économistes, elles n’échapperont pas, c’est celle du Fonds monétaire international (FMI), au mieux en 2022. À cette échéance, les réserves de change - de 200 milliards de dollars en 2014 - seront complètement épuisées et l’Algérie se trouvera en cessation de paiement. À l’origine de cet assèchement : la chute brutale du prix du pétrole, qui depuis 2014 a perdu 46 % de sa valeur. L’Algérie dépendant à plus de 95 % des hydrocarbures, c’est littéralement la terre qui s’est dérobée sous ses pieds. Et alors que le baril peine à se maintenir au-dessus des 60 dollars, alors que le pays a besoin d’un baril à 60 dollars pour équilibrer son budget, le think-tank Carnegie Middle East Center s’est alarmé d’une «crise imminente.» écrit Le Figaro du 6 décembre 2019 qui a juste omis d’ajouter (de peur ou par pudeur ?) les milliards évaporés dans les banques américaines à cause de la crise des Subprimes ou coffrés dans les banques suisses et émiraties. Pour la deuxième question posée au début de cet écrit, la réponse est NON, NENNI, NADA, NO, OHO, لا… Pas question que le jeune Tebboune (il a 6 ans de moins que le général El Gaïd Salah qui va bientôt souffler son 80e pétard) s’affranchisse de la tutelle de la grande muette qui parle beaucoup. Cela ne s’est jamais produit en Algérie d’après 1962 et ce n’est pas parce que Tebboune n’est pas issu des rangs des fellagha que ça arrivera. Ce dernier est certes étranger au bataillon des fellagha mais il est quand même sorti de la casquette du général Salah. C’est kif-kif. Cependant Algeria Wins mais c’est le généralissime Salah qui empoche. L’Algérie gagne et progresse. La preuve : Boutef avait 62 ans en devenant président, Tebboune 74. L’Algérie avance… dans l’âge. C’est déjà ça.

Publié dans Briefing

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