Les Palestiniens modérés qui ont adhéré au processus d’Oslo rêvent à un Etat indépendant dont le territoire, constitué de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, aura pour
capitale Jérusalem-Est. Evidemment les extrémistes et autres nihilistes des deux bords ne veulent entendre parler ni d’un Etat palestinien indépendant ni d’un Etat
juif. Ceux-là bien que leurs poids soient non négligeables dans toute équation de paix entre Israéliens et Palestiniens ne doivent pas pour autant nous empêcher de réfléchir à une solution
pour ce casse-tête qui dure depuis plus d’un siècle et qui fait couler autant d’encre que de sang. Hélas !
Tout le monde parle donc, ces derniers temps, de la solution à deux Etats israélien et palestinien dont les capitales respectives seront Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est. Des voix comme celle de Simone Süskind*, cette Belge de mère roumaine et de père polonais ayant échappé à l’Holocauste, ne cachent pas leur adhésion à cette solution.
Mais concrètement et logiquement est-ce que cette solution est réaliste ? Surtout au moment où le monde libre a fêté en grande pompe et faste le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin qui scindait la ville en deux ? Autrement dit si cette solution du partage en deux de Jérusalem est adoptée, comment les administrations palestinienne et israélienne devront-elles s’y organiser pour que le partage soit durable, fiable et surtout viable ? Si les Arabes et Juifs arrivent à peine à cohabiter dans la Jérusalem actuelle, on voit mal comme ils arriveront à se sentir une fois que la cité sera coupée en deux. Ils y parviendront, peut-être, en faisant appel aux services d’un bon « syndic d’immeuble » ; car, et il ne faut pas rêver, pour que deux voisins de palier cohabitent sans anicroche il faudra que le bon voisinage soit garanti par un bon syndic comme dans les immeubles en copropriété. Qui jouera donc ce rôle de syndic ? Les Anglais ? Ils n’y sont plus, pas plus que les Turcs ? L’Europe ? Elle est non seulement faible et impuissante mais profondément partagée quant à la posture même à adopter face aux deux antagonistes. Les Etats-Unis ? Elles sont tellement absorbés par la crise et leur embourbement en Irak et Afghanistan sans oublier le dossier nucléaire iranien qu’elles ne s'hasarderont pas à plonger dans une nouvelle mélasse.
Alors le statu quo ? Pas forcément. Pour la simple raison que le temps joue contre la paix, la vraie. Pas la peine de faire un dessin pour comprendre que les chances d’un arrangement durable antre Palestiniens et Israéliens n’est possible qu’avec les politiques de deux camps qui ont goûté aux horreurs de la guerre. Ces officiers et politiques sont aujourd’hui âgés et n’ont pour beaucoup d’entre eaux que quelques années à vivre avant de passer définitivement l’arme à gauche. En partant ils laisseront derrière eux des jeunes générations que le sentiment fo de propriété et d’identité empêcheront de voir plus loin qu’un jet de pierre. Ce sera la tuile. La vraie.
Alors que faire ? Sans aucune intention de m’ériger en donneur de leçon, je crois que dans les modèles monégasque et surtout romain avec le micro-Etat du Vatican pourront donner à réfléchir…
(*) Invitée, hier lundi 9 novembre, de l’excellente émission « Mais encore » qu’anime le journaliste Abdelhamid Berrada sur la chaîne 2M.
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