Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Comment le Maroc a opté pour une politique économique libérale créatrice de pauvreté

Publié le par Abdelkarim Chankou

Moulay Hafid Elalamy présentant son plan sur Power Point

Moulay Hafid Elalamy présentant son plan sur Power Point

Influencé par les cabinets internationaux d’analyse et les experts de la Banque mondiale qui lui recommandent de parier sur l’industrie de sous-traitance et de transformation essentiellement agroalimentaire ainsi que les services au lieu de continuer à entretenir une industrie lourde qui a montré ses limites avec la faillite de plusieurs unités industrielles privées et étatiques durant les décennie 1970 et 1980, le Maroc en est aujourd’hui à importer de l’étranger tout ce dont il a besoin en machines outils, appareillages électriques et électroniques, matériels agricoles et médicaux, automobile et ses pièces de rechange jusqu’aux insecticides en passant par les couches à bébé et les articles de mercerie ; le royaume ne fabricant pas même du petit matériel à coudre comme l’aiguille et le fil à coudre importés de Chine après que l’écrasante majorité des filatures du pays ont fermé boutique à cause d’une concurrence étrangère féroce. Livrées à, elles-mêmes, sans accompagnement de la part de l’Etat, des milliers d’usines ont mis la clef sous le paillasson les unes après les autres. « L’idéal aurait été de préparer l’industrie marocaine, née après l’indépendance, et de l’accompagner pour une mise à niveau avant de l’exposer de manière brutale à la concurrence internationale.» déplore Mohamed Berrada, professeur d’Economie à l’Université Hassan II de Casablanca, dans une interview publié par la revue Conjoncture de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc. Et l’ancien ministre des Finances d’ajouter sur le même ton « Mais on assiste aussi à une évolution directe et rapide du secteur primaire au secteur tertiaire. Les services se développent plus vite que l’industrie, alors que cette dernière est le véritable secteur créateur d’emplois directs et indirects. » Un avis que ne partagent pas nombre de responsables marocains avec à leur tête le premier concerné en l’occurrence Moulay Hafid Elalamy (MHE). Ayant porté le fabuleux Plan d’accélération industrielle, lancé en avril 2014, et qui ambitionne de créer un demi-million d’emplois à l’horizon 2020 (dont 50% grâce aux investissements directs étrangers) après l’échec cuisant du Pacte National de l'Emergence Industrielle (PNE) lancé en 2009, l’actuel ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique est lui-même la personnification parfaite de ce virage de l’Etat du secteur primaire au secteur tertiaire ; dans ce sens que le ministre est un businessman qui n’investit que dans les services, l’assurance, les cliniques, les centres d’appel, la presse écrite, la distribution, l'agriculture, l'hôtellerie et tout récemment l’immobilier. En l’absence d’une évaluation chiffrée, exhaustive et précise de ce Plan d’accélération industrielle (PAI), son porteur MHE - et compagnie - ne rate aucune occasion pour en louer les mérites d’avoir déjà permis d’employer quelque 160.000 personnes essentiellement autour d’éco systèmes automobile et aéronautique (câblage et assemblage) « 160.000 emplois ont été contractualisé dans les projets d'investissement lancés ces deux dernières années dans le cadre du Plan d'accélération industrielle déclare fièrement MHE en été 2016. Mais en réalité le PAI n’est qu’une version pale de son ancêtre le PNE, donc également voué à l’échec. Tout d’abord parce que ces 160. 000 emplois dont parle le ministre MHE ne sont rien par rapport au chiffre horrible du chômage des jeunes qui sont près de 300 000 à gonfler les rangs de l’armée des demandeurs d'emploi chaque année. Pas moins de 115 000 emplois perdus dans l'industrie et l'artisanat de 2009 à 2015. Voilà la triste réalité.
Chômage
Mieux : « Par catégorie d'âge, le taux de chômage a atteint 23% chez les 15 à 24 ans au lieu de 21,3% une année auparavant. Parmi les détenteurs de diplômes, ce taux progresse à 17,5% au lieu de 17,3%, de quoi alimenter le vif débat actuel sur les +diplômés chômeurs+ au Maroc. A ce niveau, le HCP pointe le chômage des jeunes diplômés, particulièrement les lauréats des grandes écoles et instituts. Traditionnellement, cette population souffrait moins du chômage. Désormais, +elle commence à s’inscrire dans une tendance haussière semblable à celle connue par les autres catégories des diplômés du supérieur+ écrit le HCP (Haut Commissariat au Plan : Ndlr). Ainsi le taux de chômage des lauréats des grandes écoles et instituts (9,5%) tend à avoisiner le taux national alors qu’il était, jusqu’en 2012, de l’ordre de 5% » écrit en mai 2016 l’excellent site L’Usine Nouvelle . Trois exemples pour dire que le PAI fait fausse route. Uno : Comme l’a dit et répété MHE l’un des objectifs de son PAI est d’augmenter la part du PIB industriel de 9 points. Or deux ans après la mise en œuvre du PAI, le PIB n’a crû que de 1,2% en 2016, à cause d’une mauvaise année agricole explique le HCP . Elle est où alors cette accélération industrielle chantée par MHE & Co ? Deuxio : Même l’usine Renault de Tanger lancée en grande pompe en 2012 et qui vient de fêter cette semaine son millionième véhicule de la série Dacia (Sandero, Logan, Duster, Lodgy, Dokker) n’est pas vraiment une réussite en soi malgré les panégyriques des médias. L’usine employant essentiellement des jeunes diplômés marocains issus des établissements de la formation professionnelle dans des chaînes de montage faiblement robotisées réalise à peine un taux d’intégration local de 30 % ; c’est-à-dire que les écosystèmes dont parlent les chantres de la sous-traitance tous azimuts se limite aux hard; à savoir les petits câblage, la vitrerie et autres pare-chocs, d’ailleurs d’une qualité médiocre. Et ce n’est pas nous qui le disons mais bien MHE qui le crie le 30 mai 2016 dans son journal Les Ecos ! «Il se situe entre 28 et 32% selon l’interprétation, mais nous pouvons dire qu’en moyenne, il se situe à environ 30%», affirme MHE. Maintenant supposons que le choix du Maroc de détricoter son tissu industriel productif au profit de la sous-traitance soit une bonne idée malgré tous son cortège de contraintes financières comme le fait de consacrer une bonne partie de ses réserves en devises (en repli cette anée) pour importer des biens d’équipements de l’étranger alors que la tirelire couvre à peine 5 mois d’importation dans un contexte de fort recul du tourisme, que dire alors du mauvais classement du Maroc en matière de compétitivité dans le monde arabe ? En effet selon le journal Le Matin du Sahara (proche des milieux officiels) le Royaume n’arrive que 8e dans la région arabe, derrière les pays du Golfe, la Jordanie et le Sultanat d’Oman. Alors ! Mieux encore : Dans un milieu économique qui privilégie le tout import et les services les sociétés d’import et des services prolifèrent et ont tendance parfois pour ne pas dire souvent à échapper à la pression fiscale qui est souvent forte dans les Etats qui optent pour ce modèle économique et qui comptent ainsi sur les recettes fiscales (Taxes à l’import, TVA, Impôt sur le revenu, Impôt sur les sociétés etc.) pour équilibrer leurs budgets. Par exemple une société de distribution de matériels électronique et informatique sise au Maroc sera tentée de créer par des procédés alambiqués une ou des société(s) écran(s) dans un paradis fiscal comme le Luxembourg, pour ensuite utiliser cette société fictive comme intermédiaire entre la société réelle basée au Maroc et son fournisseur. Le truc est un jeu d’enfant : Après que la société écran ait acheté la marchandise pour le compte de la société réelle avec des coûts très bas vue la fiscalité faible au Luxembourg elle la revend à la société réelle basée au Maroc qui en plus de réaliser des bénéfices dans l’affaire peut également dissimuler au fisc certaines transactions. La moralité de l’histoire : laisser se détricoter ses usines de filature, de pâte à papier, de métallurgie, de confiserie et autres unités de transformation pour ouvrir grandement les portes et les bras à l’import avec l’espoir de récupérer sur les recettes fiscales est un énorme faux calcul. D’autant qu’il est très difficile pour un inspecteur des impôts de voir clair dans les micmacs via les sociétés écran notamment à cause du refus de coopération des autorités des paradis fiscaux. Jusqu'à quand le « bon élève Maroc » tiendra-t-il avec cette politique économique trop ultra libérale pour lui ? That’s the question.

Publié dans Analyse

Partager cet article

Repost 0

Maroc : les retraités de la CNSS entre l’enclume de l’insécurité sociale et le marteau des pensions de misère

Publié le par Abdelkarim Chankou

Maroc : les retraités de la CNSS entre l’enclume de l’insécurité sociale et le marteau des pensions de misère
Ceux qui se demandent encore pourquoi les jeunes diplômés marocains veulent absolument travailler dans le public doivent savoir que le système de retraite dans la fonction publique et assimilé est très nettement plus avantageux que dans le privé où près de 90 % des salariés ne bénéficient pas d’une pension complémentaire type caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR) et sont donc dépendant uniquement des pensions misérables servies par La caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Le montant de leur pension corresponde ra à 50% du salaire mensuel moyen soumis à cotisation pour 3240 jours de cotisation. Justice bien rendue au lance pierre : pour les salariés stakhanovistes qui ont cotisé plus de 3240 jours le montant de leur pension n’est augmenté que de 1% pour chaque période d’assurance de 216 jours accomplie en plus des 3240 jours, sans toutefois, dépasser 70% du montant de la moyenne brute.
Pire : Actuellement, le plafond CNSS ne représente que 2,3 fois le Salaire minimum garantie (SMIG). Et pour atteindre ce plafond de verre il faut que le salarié ait cumulé 3240 jours de cotisation avec un salaire brut déclaré supérieur où égal à 6000 dirhams par mois ! Pire encore : si le salarié voit son salaire baisser au cours des dernières huit d’années prises en compte pour le calcul de la pension il est superbement fichu ; car le montant de la pension servi à 60 ans est calculé sur la base de la moyenne des salaires déclarés sur 8 ans ; autrement dit le malheureux employé qui a commencé avec plus de 6000 dirhams déclarés et termine ses deux ou trois dernières années avec 4000 dirhams ou 3000 dirhams voire moins sa pension sera très en deçà des 2,3 fois le SMIG. Faites le calcul.
Une pension de misère brute qu’elle faudra délester de la cotisation Assurance maladie obligatoire (AMO), de la cotisation CNSS et de l’Impôt sur le revenu (IGR) si son montant brut est supérieur à 3500 dirhams par mois, soit un salaire imposable au dessus de 2500 dirhams mensuel. Exemple le montant d’une pension brute de 3000 dirhams par mois ne sera plus que de 2797 net (255 euros) après avoir retranché 68 dirhams au titre de la cotisation AMO et 135 dirhams de cotisation CNSS. Si donc la valeur de la pension brute est supérieure à 3500 dirhams il faudra en plus des cotisations CNSS et AMO retenir l’impôt sur le revenu (IR) !! Re-exemple : si un quidam termine sa carrière avec un brut de 3500 dirhams, ile ne touchera que 3257 dirhams de retraite pas mois. Après avoir déduit 157 dirhams de cotisation CNSS, 79 dirhams pour l’AMO et 6,50 dirhams au titre de l’IR. Très pire encore: en Tunisie la limite fixée par le régime légal pour le calcul des prestations de retraite est égal à 6 fois le SMIG ! Et on se moque des Tunisiens qui sont très rares à venir travailler au Maroc !
Trop pire encore : en 1980 le plafond légal de calcul de la pension CNSS au Maroc était de 10,3 fois le SMIG. Sans oublier que ça fait bientôt 8 ans que l’on nous dit que le salaire plafond pour les cotisations de la CNSS passera de 6 000 à 8 000 dirhams sans que cette promesse ne soit tenue le jour ni sous l’ancien premier ministre Abdelilah Benkirane ni sous son prédécesseur Abbas El Fassi ! Tout semble comme si les pouvoirs publics espèrent que le salarié clamse avant ses 60 ans…
Et Benkirane & Co qui ose nous parler d’un Maroc qui progresse. Mon C…

Partager cet article

Repost 0

Molière a avalé sa langue ou le recul du français dans le monde

Publié le par Abdelkarim Chankou

Molière a avalé sa langue ou le recul du français dans le monde
Même si officiellement le nombre des personnes qui parlent la langue de Molière est estimé à plus de 270 millions la langue française perd de plus en plus du terrain dans le monde. Et pendant ce temps les politiques et hommes de communication français au lieu de promouvoir leur langue au moins en la pratiquant correctement face à l’avancée inexorable de l’anglais et du chinois ils font tout pour l’enfoncer davantage en adoptant et promouvant des mots tarabiscotés dont l’académie française a pourtant mis en garde. Du genre « liker, candidater, avocater, fuiter ou encore nominer,… » Sans contexte, Brexit ou pas, non seulement la langue de Shakespeare renforce chaque jours sa suprématie sur le français mais il est presque acquis qu’elle sera d’ici une dizaine d’années la langue la plus parlée dans le monde après le chinois, l’espagnol et l’arabe. Il y a une quinzaine de jours les Marocains ont découvert qu’Euronews émettant en clair ne diffuse plus en français, ni sur Hotbird ni sur Nilesat. Si l’abandon de la traduction française par la chaîne de télévision paneuropéenne est passée inaperçue en France c’est parce qu’il arrange des chaînes françaises concurrentes comme France 24 et TV5 Monde. On appernd ainsi l'anglais avec Euronews! Merci à qui ? L’Europe et l’Afrique sont les terrains où la langue française recule le plus. Dans le vieux continent « si en 1997 40% des textes étaient rédigés en français, seuls 5 % étaient écrits dans la langue de Molière en 2014. Inversement, en 1997 45 % des textes étaient rédigés en anglais avant d’être traduits dans les autres langues de l’Union ; ils étaient plus de 80 % en 2014. » En France rien qu’au niveau de la langue de rédaction des thèses de doctorat la tendance est significative et en dit long sur la décrépitude du français. « En 2000, 366 thèses rédigées en français étaient diffusées en open-access sur www.theses.fr et 16 en anglais. En 2015, c’est 3838 thèses en français qui sont diffusées en open-access et 2173 en anglais. » Depuis la loi Toubon du 4 août 1994 qui fait du français « la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics et qui « impose le français mais n’interdit pas l’usage d’autres langues » de l’eau aura coulé sous les ponts ! Au Maroc l’un des pays arabes et africains où le français a connu ses heures de gloire est en train de virer british. L'anglais y est désormais obligatoire pour soutenir une thèse de doctorat. « Dans une circulaire datant du 20 mai et envoyée aux présidents des universités marocaines, le ministère de l'Enseignement supérieur a énuméré les nouvelles conditions à remplir pour soutenir une thèse de doctorat. » Selon cette circulaire, qui entre en vigueur à partir du 1er septembre 2017, « le doctorant doit, pour valider sa thèse, avoir publié au moins un article en anglais.»
DECLIN PARTOUT
Mieux : deux années avant, en avril 2014, le même Maroc met en place une section internationale option anglais. « Le ministère de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle et le British Council-Maroc ont signé à Rabat une convention de partenariat portant sur la mise en place d'une section internationale du baccalauréat marocain- option anglais (SIMB-op Ang). » Et en vertu de cette convention, paraphée conjointement par le ministre de l'Education nationale et de la Formation Professionnelle Rachid Benmokhtar, et Martin Rose, du British Council, « la rentrée scolaire 2014-2015 a vu l'ouverture de 12 classes de tronc commun, dont 6 de tronc commun scientifique et 6 de tronc commun lettres et sciences humaines. Ces classes seront réparties sur trois lycées dans les villes de Casablanca, Rabat et Tanger. » En Afrique , pourtant terre de toutes les « Francofolies », même son de cloche. « 11 pays africains seulement ont adopté le français comme unique langue officielle. Dans le reste du continent, la langue française y côtoie des langues locales ou étrangères qui relèguent la langue de Molière au rang de langue d'apprentissage dans l'enseignement ou de complément linguistique. » Là aussi au lieu de s’en alarmer et chercher à inverser la vapeur, la France du progrès entérine des décisions qui suscitent polémique et incompréhension. Lors du sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) (80 Etats membres répartis en 54 Etats membres, 23 pays observateurs et 3 membres associés) organisé en octobre 2012 à Kinshasa (Congo démocratique), « Le Qatar pays où il y a autant d’habitants qui parlent le français qu’il y a d’Américains en Corée du Nord « est entré directement dans l'organisation en tant qu'+Etat associé+ sans passer par la +case observateur+ », comme c'est souvent la règle. « Un lobbying réussi qui fait grincer des dents à l'OIF » ont commenté les indignés qui attendent désormais le tour de l’Arabie saoudite. Mais que vaut réellement cette OIF que d’aucuns qualifient de coquille vide faisant office au plus d’agence de voyages. Lors de son sommet en novembre 2016 à Antananarivo (Madagascar), la participation a brillé par son faible niveau. Deux chefs d’Etat le président de France François Hollande et le roi du Maroc Mohammed VI ont quitté les lieux prématurément. « Seuls dix-sept chefs d’État et de gouvernement étaient présents à l’ouverture du sommet. Parmi les absences les plus remarquées, celle du roi du Maroc, Mohammed VI, qui était en visite d’État à Madagascar mais a quitté Antananarivo au petit matin, le 26 novembre, avant même le début des travaux. » Quant au président français, François Hollande, « il a pour sa part écourté sa visite de plusieurs heures et n’a pas fait d’apparition au deuxième jour du sommet » – il a privilégié d’autres événements à Antananarivo (…) » Last but not least, au Canada rien ne va non plus pour le français. « La population de langue maternelle française au Québec et au Canada connaîtra un important déclin d’ici 20 ans, selon divers scénarios étudiés par Statistique Canada rendus publics en janvier 2017 » « D’ici 2036, la proportion de ceux qui ont le français comme première langue au Québec devrait chuter d’environ 10 %, passant de 79 % en 2011 à une fourchette projetée de 69 % à 72 %. » ajoute Statistique Canada. Si après tout ça personne n’a encore avalé sa langue, moi j’étouffe déjà !

Publié dans Focus

Partager cet article

Repost 0

Pourquoi l’Union Dupont-Aignan-Le Pen est une suite logique de la loi sur le mariage pour tous

Publié le par Abdelkarim Chankou

Pourquoi l’Union Dupont-Aignan-Le Pen est une suite logique de la loi sur le mariage pour tous
Ceux qui croient que la situation politique dilemmatique du 23 avril 2017 est directement une conséquence de l’augmentation incessante du chômage, de la précarité et de l’insécurité sans oublier des maladresses qui ont accentué les divisions au sein du parti socialiste (dont le candidat à la présidentielle Benoît Hamon est arrivé 5e au 1er tour avec un peu plus de 6 % des voix : juste pour se faire rembourser au grattage) comme le retrait de la nationalité française aux binationaux impliqués et condamnés dans des affaires liés au terrorisme, bref des couacs secondaires du quinquennat sortant de François Hollande, se trompent ou n’ont rien pigé. L’Union sacrée scellée entre le candidat à 4,7 % de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen est une suite logique de la loi sur le mariage pour tous que le parti socialiste (PS) a fait passer aux forceps malgré en 2013 malgré qu’une majorité des Français n’en voulait pas. Un sondage BVA, pour « Le Parisien » - « Aujourd'hui en France » et itélé a conclu que « 48% des Français sont plutôt favorables à l’union civile des couples du même sexe, contre 50% plutôt contre. » Chacun se souvient encore des manifestations géantes des partisans du Non à cette loi et que le camp du Oui a fustigés et parfois injuriés. Sinon Christine Boutin, ancienne ministre de l'Habitat et actuelle Présidente d'honneur du Parti chrétien-démocrate très opposé par le mariage gay n'aurait pas déclaré qu'elle votera pour Marine Le Pen. La vérité est que même si cette la loi du 17 mai 2013 sur le mariage pour tous n’a fait de la France que le 9e pays européen et le 14e pays au monde à autoriser le mariage homosexuel il n’en demeure pas moins qu’elle était l’erreur à ne pas faire ; ne serait-ce que parce qu’elle contrariait l’électorat de droite classique qui représentait à cette date plus de 48 % (score de Sarkozy le 7 mai 2012) et surtout faisait le lit du Front National.
DROITE FORTE
Mieux : cette loi controversée dans une France encore largement d’extraction rurale et foncièrement catholique-même le nombre des pratiquants est en déclin continu depuis 1950- a choqué le Vatican.Et comme l’a dit Michel Houellebecq sur le plateau d’une émission spéciale sur les présidentielles le 4 mai dernier le catholicisme est loin d’être mort en France. Interrogé sur l'élection présidentielle française, lors de son retour d'Egypte, samedi 29 avril, le pape François a fait allusion à certaines divergences entre le Saint-Siège et Paris sans les nommer avec précision. Répondant à un journaliste, le souverain pontife « s'est refusé à donner des conseils aux électeurs, disant simplement savoir que l'un des candidats représente « la droite forte », et déclarant ne pas savoir « d'où vient l'autre » ». Ignorer Macron le « candidat de la finance » et qualifier l’extrême droite de « droite forte » veut tout dire. Le pape François semble préférer Mme Le Pen à Macron et être mécontent du PS. Comme semblent préférer les chefs respectifs des communautés juives, prostestantes et musulmanes de France le candidat Macron pour lequel ils ont appelé à voter. Mécontent du PS et Sa Sainteté le Pape François l’a fait savoir. Comme l’a révélé Le Canard enchaîné, « le souverain pontife a refusé de valider la nomination de Laurent Stéfanini, qui est, selon certains médias « notoirement homosexuel», au poste d’ambassadeur français au Saint-Siège. Maintenant la question qui se pose et s’impose d’elle-même : si le pape François était un électeur français voterait-il Marine Le Pen ? Difficile de répondre mais je dirais qu’il aurait glissé le bulletin de Mélenchon au 2e tour s’il avait été confronté à Macron ou à Le Pen. Si l’on ignore que le pape a sentiments positifs à l’égard du candidat de la France insoumise on sait par contre que ce dernier pense tout le bien du monde du chef du Vatican . « Je suis le seul homme politique français de gauche qui lise toutes les encycliques ! » répondit Mélenchon à la question d’un journaliste du site atlantico.fr dans le cadre d’une interview publiée le 9 avril 2017. Et d’ajouter « Le pape François nous aide beaucoup. Il est un peu « mélenchoniste » ! » Lors des législatives de juin on en aura plus. Puisque Mélenchon compte conduire la liste de son mouvement qu’il espère élargir pour obliger le président Macron ou la présidente Le Pen à négocier.

Partager cet article

Repost 0

Guerre interarabe pour la Direction générale de l’UNESCO

Publié le par Abdelkarim Chankou

Guerre interarabe pour la Direction générale de l’UNESCO
Sur 9 pays qui ont déposé officiellement les dossiers de candidature de leurs ressortissants au poste de directeur général de l’UNESCO 4 sont arabes ! Ce qui en dit long sur cette unité arabe chantée à tous les étages et à toutes les occasions. Le nom du successeur de l’actuelle directrice générale de cet organisme onusien, la Bulgare Mme Irina Bokova sera connu en octobre 2017. D’ici là au moins une chose est sûre. Si d’aventure un candidat ou une candidate arabe parvient à se faire élire au poste très convoité cela pourrait signer l’arrêt de mort de cette structure déjà moribonde. Pourquoi donc ? Réponse : parce que l’UNESCO qui est restée impuissante face aux destructions de sites historiques millénaires par des terroristes islamistes tant en Irak qu’en Syrie sans oublier l’Afghanistan n’a pas besoin de problèmes supplémentaires. En toute franchise, avec un directeur arabe, la déjà paralytique UNESCO risque de souffrir d’anémie. Aux Etats-Unis qui lui ont coupé les vivres 2012 suites à l’adoption de résolutions controversées sur Israël. Comme celle de mardi 18 octobre 2016, en adoptant en conseil exécutif une résolution controversée qui concerne notamment la vieille ville à Jérusalem-Est. « Ce texte, déjà soumis au vote en commission le 13 octobre, ne fait référence qu’aux noms musulmans des sites religieux, en évitant par exemple l’expression mont du Temple pour l’esplanade des Mosquées. En semblant nier les liens historiques et spirituels du judaïsme avec ce lieu, l’UNESCO a provoqué une condamnation unanime de la part des dirigeants du pays, qui fustigent la partialité anti-israélienne de la plupart des forums multilatéraux. » Ne retenant que la toponymie arabo-musulmane pour la vielle ville de Jérusalem-Est, l’UNESCO a mécontenté les pays alliés d’Israël. D’autres pays occidentaux également amis de l’Etat hébreu risquent d’emboîter le pas à Washington si sous le mandat d’un dirigeant arabe l’UNESCO continuerait « sa guerre sainte » contre Israël sous le drapeau de l’UNECO. Et ce ne sont pas les pays arabes qui vont combler une éventuelle réduction du budget de l’instance onusienne ; surtout que parmi le quatuor des candidats arabes, seul le Qatar peut mettre la main à la poche, l’Egypte, le Liban et l’Irak étant fauchés comme les blés. Alors à quoi servira une UNESCO exsangue ? Sinon à la parlotte et aux effets d’annonce. Mais rien n’est perdu pour le Monde arabe. La candidate française Mme Audrey Azoulay défendue par l’Elysée peut éviter aussi bien une grave crise supplémentaire à l’UNESCO qu’une élection de l’un des 5 autres candidats de Chine, du Guatemala, de l’Azerbaïdjan et du Vietnam, pays qui ont en commun une conception anachronique des minorités et de la culture. En effet Mme Audrey Azoulay est non seulement de triple culture, française par son pays d’adoption, marocaine par son père M. André Azoulay, Tunisienne par sa mère Cathy Brami mais elle est également de culture arabe puisque son père a toujours affirmé qu’il est "un juif arabe" qui dès le début des années 1970 a œuvré inlassablement pour le rapprochement des Palestiniens et des Israéliens. Mais cette richesse culturelle de Mme Audrey Azoulay tout le monde ne la voit pas comme un atout y compris au sein du parti Les Républicains dont semble-t-il certains membres voit plus en elle une ministre de la Culture proche de François Hollande qu’une candidate de la France. Mme Joëlle Garriaud-Maylam (LR) a qualifié vendredi [17/3/2017] d'«insulte aux pays arabes» la candidature de dernière minute de la ministre de la Culture Audrey Azoulay à la tête de l’Unesco. Et la sénatrice représentant les Français de l’étranger depuis 2004 d’enfoncer le clou : «Une telle candidature est une insulte aux pays arabes, qui n’ont jamais obtenu un tel poste à l’UNESCO et envers lesquels des engagements moraux avaient été pris pour que ce poste revienne à un des leurs», écrit dans un communiqué Mme Garriaud-Maylam, celle qui est également la représentante du Sénat à la commission nationale française de l’UNESCO. Mais ce n’est pas tout. La parlementaire citée dans un article publié sur le site internet du quotidien Libération qui le supprimera un peu plus tard d’ajouter le meilleur : «Cette candidature, déposée quelques instants seulement avant la clôture officielle du processus, est une faute morale et diplomatique du président Hollande». La sénatrice en appelant à son retrait justifie sa posture par le fait qu’ «il est en effet de tradition que le pays qui a le privilège d’héberger le site d’une institution internationale, n’en brigue pas pour lui-même le poste de président ou de directeur général ». Soit. Mais la vérité est que les 9 candidats ont tous déposé leurs dossiers respectifs presque à la même date entre le 9 mars et le 15 mars 2017, comme c’est indiqué sur le site de l’UNESCO. Mais la sénatrice n’est pas la seule à critiquer la candidature française. L’Égypte aussi. Soutenant son ambassadrice, Mme Mouchira Khattab, le pays du généra Abdel-Fattahl Al-Sissi « n’a pas caché son irritation et l’a fait savoir officieusement à André Parant, l’ambassadeur de France au Caire. » Pour justifier son rejet de la candidature de Paris , l’Egypte met en avant un argument de poids. Un accord tacite veut qu’un ressortissant d’un pays arabe soit le successeur de la Bulgare Irina Bokova. Curieusement, on dira pourquoi plus tard, « c’est le Qatari Hamad Al-Kuwari qui dispose de l’appui du bloc arabe. Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine depuis 2008, ce francophone de 69 ans a été ambassadeur de son pays à Paris dans les années 1980 et représentant à l’Unesco. Il a été adoubé lors d’une réunion de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et la science (Alesco), à Tunis, en 2016, par 18 voix sur 22, scrutin lors duquel l’Algérie est le seul pays à s’être abstenu. » Evidemment et elle a raison Mme Audrey Azoulay défend sa candidature à l'UNESCO sur les ondes de France Inter le 17 mars dernier.
Promesse
« Ce n'est pas ma candidature, c'est la candidature de la France », a déclaré la ministre sur la radio publique. « Dire que la candidature de la France est une insulte est en soi préoccupant, surtout quand on est un élu de la République, et par ailleurs un élu d'un parti qui soutient une candidature à la présidence de la République qui elle-même est très difficile à expliquer au reste du monde aujourd'hui », a-t-elle rétorqué. « Je ne sais pas si on aurait formulé ce type de remarque pour la candidature de la Chine, également candidate, du Guatemala ou de l'Azerbaïdjan », a ajouté la candidate de Paris qui répondait visiblement aux attaques de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam. Ce qui est le plus incompréhensible dans cette histoire est le fait que le Maroc (1), dont Audrey Azoulay est originaire, ait promis sa voix au Qatar, comme la Tunisie et la Mauritanie ! Or l’Emirat est tout sauf u pays qualifié à défendre le patrimoine humanitaire et la culture universelle. Anecdote. Rêvant d’accueillir un jour le Jeux olympiques d’été (sans humour), le Qatar a organisé en avril 2013 une méga exposition sur l’histoire des Jeux olympiques, de l’Antiquité à nos jours à Doha avec comme invité d’honneur la Grèce. Bizarrerie : Aucune des statues de la Grèce antique exposée dans le musée de Doha assure n’est un nu ! Bien sûr les autorités ont juré n’avoir rien censuré, mais il semble bien qu'en raison de leur nudité , certains lots soient directement repartis en Grèce. La preuve : une salle à moitié vide, où auraient dû se trouver des statues de l’Antiquité grecque, à l’époque où les athlètes et les entraîneurs exerçaient le sport en tenue d’Adam. Le retrait des statues en raison de leur nudité a été confirmé mardi 23 avril par l’AFP. « Les statues sont revenues en Grèce, les organisateurs au Qatar voulaient couvrir le sexe des statues avec des tissus noirs » a indiqué à l’AFP une source proche du ministère grec de la Culture. « Elles n'ont jamais été exposées, elles sont retournées à l'entrepôt et revenues le 19 avril », a-t-il ajouté. Seules restent dans l'exposition quelques amphores et vases, sur lesquels sont représentés des hommes nus, et une petite statuette. Le dossier de présentation de l'exposition évite elle aussi de montrer la statuaire grecque antique. Voilà le profil du pays arabe qui bénéficie du soutien de trois pays maghrébins. Mieux: La guéguerre pour l’UNESCO n’a pas éclaté seulement entre pays arabes mais au sein d’un même pays également: le Liban en l’occurrence. Une histoire à dormir debout qui embarrasse les autorités libanaises. Si le gouvernement libanais avait préféré la candidature de la Franco-Libanaise Mme Vera el-Khoury Lacoeuilhe à celle de l’ancien ministre a Culture, de l’Éducation et de l'Enseignement supérieur du Liban dans le gouvernement de Najib Mikati (avril 2005), Ghassan Salamé (le père de la journaliste française Léa Salamé) pour le poste de directeur général de l’UNESCO, ce dernier, également Franco-Libanais, est également candidat au même poste même si auparavant il avait affirmé ne pas être intéressé. Il a déclaré sa candidature sans avertir le gouvernement. « Le 13 mars, la classe politique apprend en direct à la télévision la candidature de l’ancien ministre de la Culture et responsable de la Francophonie Ghassan Salamé pour le poste de directeur général de l’UNESCO. » Toutefois son nom ne figure pas sur la liste officielle des candidats.
(1) Pour mettre fin à une bataille diplomatique ardente qui a marqué ces derniers mois entre le Royaume et l’Egypte Maroc a retiré en 2008 la candidature de Mme Aziza Bennani à la direction générale de l’UNESCO au profit de l’Egypte.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Après le muslim ban, le numeric ban !

Publié le par Abdelkarim Chankou

Après le muslim ban, le numeric ban !
Décidément les Etats-Unis nous étonneront toujours par certaines de leurs décisions sécuritaires surtout quand celles-ci sont sélectives et ciblent de surcroît des pays alliés. Le pays de l’Oncle Sam a annoncé mardi 21 mars dernier l'interdiction d'emporter en cabine une tablette, un appareil photo ou un ordinateur portable (sauf les appareils médicaux) pour tous les passagers embarquant sur des vols de neuf compagnies aériennes en provenance de huit pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Les autorités américaines invoquent un risque que ces gadgets- par ailleurs fort utiles- peuvent d’être utilisés pour cacher des explosifs en vue d'attentats terroristes ; ils voyageront don en soute dès le samedi 26 mars. Elles n’ont pas tout à fait tort les yankees. L’histoire récente nous a montré que les organisations terroristes s’ingénient à exploiter toutes les moyens possibles pour faire passer leurs engins meurtriers au nez et à la barbe des douaniers, par exemple des explosifs soigneusement camouflés dans les semelles d’une paire de chaussure. Donc ce qui peut se caser dans un soulier peur l’être dans une tablette ou une caméra. D’autant que certains types d’explosifs très puissants ne pressent pas trop de place. Comme le semtex dont seulement 250 grammes suffisent pour faire un bon trou dans le fuselage d'un avion commercial de grande taille. Une telle charge pourrait bien tenir confortablement dans l’emplacement de la batterie d’un PC portable par exemple. Voici pour le côté scène. Derrière les coulisses se pose et s’impose une lourde question : si l’on admet que le risque que l’un de ces appareils fourré aux explosifs peut échapper à la fouille manuelle ou électronique (scanner) dans n’importe quel aéroport dans le monde alors pourquoi ce sont uniquement les compagnies et aéroports de 8 pays alliés ou amis qui sont visés ? Soit une cinquantaine de vols quotidiens de neuf compagnies aériennes : Royal Jordanian, EgyptAir, Turkish Airlines, Saudi Airlines, Kuwait Airways, Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways. Transporteurs au départ de 10 aéroports internationaux : Amman, Le Caire, Istanbul, Jeddah, Ryad, Koweït, Doha, Dubaï, Abou Dhabi et Casablanca. La réponse à cette sélectivité incomprise est-elle liée à des soupçons américains que ces aéroports sont des passoires où les gens importants ne sont jamais fouillés ? Peut-être que oui. D’autant que ce sont souvent des hommes d’affaires qui voyagent en cabine classe affaire avec de tels appareils électroniques, étant donné qu’il est difficile pour les voyageurs en classe économique de manipuler un PC tellement c’est serré comme dans une boîte de sardine. Dans la classe économique on arrive à peine à avaler un verre d’eau sans le verser sur le voisin. Est-ce à dire que les businessmen en partance pour ces pays sont ciblés ? Possible. Certaines investigations lancées au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 ont révélé les relations que peuvent avoir de richissimes hommes d’affaires saoudiens avec les auteurs de ces attaques, par exemple le multimilliardaire saoudo-éthiopien le sheikh Mohamed Hussein Al Amoudi que le FBI a soupçonné de financer des organisations terroristes avant que le l’enquête ne soit stoppée et enterrée pour des raisons évidentes… Mais c’est quand même très curieux que la plus grande puissance économique du monde embête les compagnies aériennes qui achètent ses avions et les investisseurs étrangers en les privant de leurs outils de communication. La Turquie a d'ailleurs rapidement et vivement réagi, demandant que Turkish Airlines soit épargnée par ces dispositions. « Ce qui nous préoccupe, c'est que cette mesure pourrait faire baisser le confort des voyageurs, ainsi que leur nombre», a déclaré le ministre turc des Transports, Ahmet Arslan, selon qui de nombreux passagers se rendant d'Istanbul vers les États-Unis à bord d'avions Turkish Airlines sont des hommes d'affaires. La compagnie turque est l'une des rares compagnies internationales à proposer le wi-fi à bord gratuit. Merci en tout cas pour cette compagnie qui a choisi l‘acteur américain Morgan Freeman pour mettre en avant le confort de ses avions. Autre question sans réponse : la soute est-elle plus sûre que les casiers à bagages en cabine ? Autrement dit une tablette piégée fait-elle moins dégâts en soute qu’en cabine ? Au lendemain de l'explosion qui a provoqué la destruction du Boeing 747 de la TWA , causant la mort de 230 personnes, le 17 juillet 1996 au large de New York et qui serait due à une bombe logée dans la soute avant de l'appareil, des scientifiques ont lancé des tests d’un sac pour contenir une explosion dans les soutes des avions. « Constitué de quatre couches de revêtement ultra-résistant, dont du kevlar déjà utilisé pour fabriquer les gilets pare-balles, ce sac supporte de fortes températures et contiendrait le souffle de l'explosion pour éviter les dégâts sur l'appareil. » Mais les avis sont partagés là-dessus et tous les avions à destination des Etats-Unis ne sont pas équipés de cette technologie. Alors quelle est la vraie raison de cette curieuse décision américaine qui épargne l’Algérie où le terrorisme est un sport national ? Si raison il y a…

Publié dans On en parle

Partager cet article

Repost 0

Le parlement allemand prend le Maroc pour Kandahar !

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le parlement allemand prend le Maroc pour Kandahar !
On sait qu’un fossé qui s’élargit sans cesse sépare les Exécutifs et les Parlements européens. Ce fossé qui est né de la divergence des deux institutions sur plusieurs questions économique et politique devient abyssal sur le terrain des relations internationales. Les pays nordiques surtout l’Allemagne sont les plus concernés par cet antagonisme politicien. Là où l’Exécutif œuvre avec rationalisme pour ménager les relations bilatérales de l’Allemagne avec des pays amis du Sud comme le Maroc, les parlementaires, plus soucieux d’assurer leurs arrières en mettant le maximum de chances de leurs côtés en vue des élections ultérieures, versent dans le populisme primaire. Genre le Maroc « n’est pas un pays sûr » pour que Berlin y renvoie ses ressortissants entrés illégalement au pays de Faust et dont les demandes d’asiles ont été rejetées. Une posture si elle plaît aux premiers concernés en leur offrant un sursis froisse par contre l’Etat marocain qui est un modèle dans la lutte contre le terrorisme et la transition démocratique. Mais pour les honorables représentants du Bundesrat (chambre haute) le royaume chérifien ne connaît pas assez d’agressions à la hache ou au camion bélier comme l’Allemagne pour mériter d’être qualifié de « pays sûr ». Cette curiosité de la chambre basse est d’autant plus bizarre que la chambre basse (Bundestag) a un autre avis sur la question. En effet cette dernière a adopté en 2016 un texte de loi déclarant le Maroc et aussi l’Algérie et la Tunisie comme pays sûrs, ouvrant ainsi la voie à l’Exécutif et à la chancelière Angela Merkel pour renvoyer des milliers de clandestins déboutés du droit d’asile dans leurs pays d’origine contre des compensations financières. Vendredi 10 mars, ledit projet n’a pas reçu la majorité nécessaire de 35 voix sur 69.
TOUJOURS LES MEMES GRINCHEUX
Evidemment dans de pareils cas ce sont toujours les mêmes grincheux qui se distinguent par leurs idées à contre courant, en l’occurrence l'opposition des Verts et de la Gauche radicale Die Linke. Pour brouiller les pistes, en camouflant l’anachronisme de leur position négative du moins envers le Maroc, les représentants des Länder définissent un « pays pas sûr » comme celui où « on suppose qu'il n'y a pas de persécution politique ou de droits humains bafoués. » Sans s’attarder sur le verbe « supposer » qui à lui seul suffit pour démonter le vote des Radicaux et des Verts, si l’on admet que cette définition tient la route alors pourquoi la Turquie dont le président Recep Erdogan, en pleine campagne électorale pour une réforme de la constitution, a dénoncé comme « méthodes dignes des nazis » le fait que Berlin ait interdit sur son territoire des meetings de la communauté turque en vue du référendum du 16 avril sur le régime présidentiel turc. Face à la gravité des mots, ni la chancelière Merkel ni son staff encore moins le parlement allemand, n’ont eu des mots durs contre l’invective d’Erdogan le marché allemand confirme sa reprise avec une augmentation de l’ordre de 98,11%, suivi par le marché national (+16,78%) et le marché français (+17,18%). Tout est dit.

Publié dans Focus

Partager cet article

Repost 0

Indemnité pour Perte d’Emploi au Maroc: comment ça marche?

Publié le par Abdelkarim Chankou avec Cnss.ma

Indemnité pour Perte d’Emploi au Maroc: comment ça marche?

A cause de la faiblesse des demandes de la part des salariés malgré un budget de 500 millions de dirhams, la CNSS prévoit très prochainement de revoir les démarches administratives en les simplifiant relatives à l’indemnité pour perte d’emploi entrée en vigueur depuis plus de deux ans. Les chiffres de novembre 2017 montrent que seuls 8976 employés sur 21388 qui ont déposé leurs dossiers ont bénéficié de l’indemnité, soit moins de 42 %.

En attendant la révision annoncée des démarches, voici un résumé de ce qu'est cette indemnité pour perte d’emploi :

La CNSS assure au salarié qui perd de manière involontaire son emploi, et qui est en recherche active d’un nouvel emploi, un minimum de revenu appelé Indemnité pour Perte d’Emploi (IPE), et ce pendant une période pouvant aller jusqu’à 6 mois. Cette indemnité constitue l’un des mécanismes mis en œuvre pour accompagner le bénéficiaire à réintégrer de nouveau le marché du travail. En gros 14619 salarié ont bénéficié de l’indemnité en deux ans alors que l’objectif est de 30 000 par année.

*Qui en bénéficie ?

Le salarié du secteur privé ayant subi une perte d’emploi dans des conditions indépendantes de sa volonté,  et qui cherche activement à réintégrer le marché du travail.

*Conditions pour en bénéficier

Le salarié qui a cumulé 780 jours de déclarations de salaires pendant les trente six derniers mois précédant la date de perte d’emploi dont 260 jours durant les 12 derniers mois précédant cette date et qui a perdu son emploi dans des circonstances indépendantes de sa volonté.

Montant

Le montant mensuel de l’indemnité est égal à 70% du salaire de référence (salaire mensuel moyen déclaré des 36 derniers mois) sans excéder le montant du salaire minimum légal.

*Le tableau ci-après donne le niveau de l’indemnité pour certains salaires de référence.

Salaire de référence (DH)   Montant mensuel de l'indemnité

1 647                                               1 153 

2 344                                               1 641

6 000-10 000                     Salaire minimum légal      

*Délai de dépôt des demandes

L’intéressé remplissant les conditions précitées doit déposer une demande à l’agence CNSS de son choix, dans un délai ne dépassant pas 60 jours à compter de la date de perte d’emploi.

 

*Pièces à fournir

•        Le Formulaire Réf.310-1-26 : « Demande d’Indemnité pour Perte d’Emploi » dument complétée par le dernier employeur;

•        Carte d’immatriculation à la CNSS ;

•        Carte nationale d’identité.

Source : cnss.ma

 

 

 

 

Publié dans Société

Partager cet article

Repost 0

France : Le président de la république bientôt tiré au sort

Publié le par Abdelkarim Chankou

France : Le président de la république bientôt tiré au sort
L’affaire sans précédent dans les annales de la Ve république des « emplois fictifs » parlementaires dite « Affaire Pénélope » va non seulement perturber sérieusement la dernière ligne droite de la course vers l’Elysée, pour la droite comme pour la gauche ainsi que pour leurs deux extrêmes sans oublier évidemment les sans partis fixe (SPF) comme le candidat Emmanuel Macron mais elle va marquer une nouvelle vie pour la politique française. Ce n’est pas une Ve république mais ça y ressemble fort. Avec la nuance qu’au lieu que cette Ve république soit une optimisation de la Ve comme ce devrait être le cas elle risque d’être une détérioration de l'actuelle forme du régime politique républicain instauré par le général de Gaulle dont la nouveauté majeure par rapport à la IVe est l’affranchissement du président de la république de la tutelle parlementaire en renforçant ses pouvoirs exécutifs par son élection à la magistrature suprême par le suffrage universel. En clair depuis 1958, le président de la république française n’est plus l’homme d’un camp ou d’une corporation politique mais celui de tous les français. Un acquis précieux. Mais qui risque donc de passer à la trappe avec cette affaire Pénélope révélée par le Canard enchaîné et le site Mediapart. Pas la peine de rentre dans les détails, que l’épouse et deux fils du candidat de droite et du centre aient bénéficié ou non d’emplois fictifs comme attaché parlementaire de leur père et de son suppléant Marc Joulaud peut importe. Ce n’est pas notre propos en tout cas. Ce qui nous intéresse ici c’est surtout les retombées de cette histoire sur les piliers fondateurs de la Ve république. Désormais tout candidat futur à la présidence de la république devra se mettre dans la tête qu’un grain de sable peut surgir à tout moment pour gripper sa marche vers le palais. Par leur nature les informations publiées par le Canard enchaîné sur la famille Fillon dépasse le cadre normal d’un travail d’investigation journalistique fusse-t-il celui de l’hebdo satirique fondé par Maurice et Jeanne Maréchal. Ça sent le fouillis propres aux officines de l’ombre… Dès lors cette épée de Damoclès va contraindre les futurs candidats à la présidence à porter des programmes électoraux les plus consensuels qui soient, c’est-à-dire qui en plus de refléter la volonté du parti dudit candidat ne fustige pas ceux du camp adverse ni renonce aux réalisations- du moins majeures- des rivaux sortants ! On dira à quoi bon une élection présidentielle dans ces conditions ? Juste. Et il faudra dorénavant faire avec.
EPEE DE DAMOCLES
Tout candidat qui dérange trop est candidat à la trappe. Ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre de cette affaire Pénélope auraient pu sortir une même affaire il y a 5 ans contre Hollande. Imaginez que Hollande est candidat pour cette élection présidentielle et que son histoire de scooter nocturne surgit en pleine course je suis presque sûr qu’il aura autant d’ennuis que Fillon même si les deux affaires sont différentes. Seulement en 2012, à part le scandale (Bygmalion) du financement illégal de la campagne électorale de Sarkozy , les choses étaient différentes. Les Français n’étaient pas encore très regardants les mœurs de leurs hommes politiques ni sur la gestion de l’argent public même quand les sommes mises en jeu perçues indûment pour un service rendu et sur une dizaine d’années sont inférieures à ce que l’on peut gagner en quelques minutes à Euromillion. Autrement dit, depuis 5 ans la machine moralisatrice des réseaux sociaux aidant, un sou public est devenu plus qu’un sou. Bref dans peu de temps le profil du candidat idéal au Nᵒ 55, rue du Faubourg-Saint-honoré, n’aura rien à envier à celui requis pour remplir la fonction du guide suprême en république islamique d’Iran ou membre à la cour suprême des Etats-Unis d’Amérique. Or l’expérience a montré que dans les démocraties latines il n’y a pas corrélation entre morale et éthique d’un homme politique et la qualité de son rendement sauf quand la personne dépasse le seuil de tolérance par ses frasques comme Slivio Silvio Berlusconi . Feu François Mitterrand malgré sa passion secrète pour l’argent, sa fille naturelle Mazarine, sa maladie cachée etc. il était un bon président. « Qu’est-ce que vous croyez qu’est l’Etat ? lança le président de la République. C’est le reflet de la société, c’est toujours difficile, les hommes sont les hommes et chacun d’entre nous commet des erreurs et l’essentiel, c’est que ce ne soit pas des fautes, et que l’on ne s’obstine pas... », lâchait le défunt au détour d’un entretien télévisé, en direct du palais de l’Elysée le 4 février 1992, pour expliquer son attitude face aux affaires qui ont émaillé ses deux septennats. Alors pourquoi faire toute un fois d’une histoire de quelques dizaines de milliers d’euros quand les défis du moment sont infiniment plus grand ? Je n’irais pas jusqu’à dire que la croisière s’amuse mais dirai que le bateau est ivre. Qu’à Dieu ne plaise en tout cas! Mais cette histoire qui aurait pu être sortie avant le premier tour des primaires, redisons-le, abaisse la qualité du débat politique et tue tout espoir d’une démocratie d’idée et non de camps. C’est cela la détérioration de la Ve république annoncée au début de cet article. Rien de plus létal pour une démocratie à peine soixantenaire que la chasse au cadavre dans les placards surtout que chacun de nous a son jardin secret à moins d'être le pape. Les primaires consacrent un candidat unique d’une corpo de partis et durant la campagne électorale de ce prétendant sa crainte de tomber sur un os balise son parcours et conformise son programme. Au final on a au moins deux candidats favoris qui parlent le même langage. Voir plus. Et comme dirait l’autre quand tous les candidats se valent il n’y a qu’à les tirer au sort. Mais cette forme de redondance a un vilain effet pervers : elle favorise les extrêmes…. et les abus. Tiens qui est le prochain candidat à crucifier ?

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Elysée 2017: Les carottes sont cuites pour les grosses légumes ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Elysée 2017: Les carottes sont cuites pour les grosses légumes ?
Il faut vraiment être un acharné ou avoir une tête de cabochard pour commenter les résultats du premier tour d’une primaire française deux jours après le méga show d’investiture de Donald Trump et son cortège de manifestations hostiles qui outre les Etats-Unis ont été organisées dans plus de 70 pays dont la France (on se demande s'il ya une vie après Trump). D’autant plus que les chiffres de ce premier tour sont encore partiels et de possibles cafouiallges sur le nombre réel des bureaux de vote ainis que sur le taux de participation ne sont pas à exclure. Mais que voulez-vous ? L’exercice est irrésistible. Mais comme ces premier résultats n’ont pas beaucoup de chance de trop changer, basons nous donc sur ce qu’on a sous la main pour une faire une petite analyse maison, c’est-à-dire celle d’un observateur qui ne roule pour aucun des candidats, ni de gauche ni de droite ni du centre ni des extrêmes. Un peu plus de 36 % pour Benoît Hamon (36,21%), un peu plus de 31 % pour Manuel Valls (31,19 %), et un moins de 18 % (17,62 %) pour Arnaud Montebourg. Et comme le candidat bourguignon arrivé troisième a appelé à voter pour Hamon, l’on peut dire sans médire, si toutefois la consigne est respectée, que les carottes sont déjà cuites pour Valls et ce n’est pas les reports de voix des quatre autres candidats éliminés qui vont le sauver. Et même si les voix des trois candidats Bennahmias, Peillon et de Rugy vont à Valls en plus de celles de la candidate Pinel (1,99 %) qui a apporté clairement son soutien à Valls, il n’y aura guère plus de 43,94 % de suffrages dans le chapeau de Valls contre près de 53,83 % dans l’escarcelle de Hamon. Et ces chiffres peuvent encore évoluer. D’ailleurs cette réalité qu’est la presque impossibilité de passer au second tour n’a pas échappé au candidat Valls lui-même qui paye ainsi sa politique jugée antisociale voire ultralibérale par le courant des radicaux du PS dits « frondeurs », en l’occurrence la Loi Travail passée en force via le 49-3, bistouri que Valls a utilisé trois fois avant de promettre de le supprimer s’il accède à la magistrature suprême en mai 2017. « Je proposerai, hors texte budgétaire, de supprimer purement et simplement le 49-3. » a déclaré l’ancien premier ministre de Hollande. On le voit Valls n’est pas stable et cette instabilité l’emporte sur sa première qualité : la loyauté, la courtoisie et le respect des règles du jeu et de bienséance. Malheureusement en politique l’angélisme ça mange pas de pain. L’ex maire d’Evry qui a le sens de la formule admet implicitement donc que les carottes sont cuites pour lui. Commentant à chaud les premiers résultats de la première manche, il dira dans une déclaration qui ressemble à un chant de cygne qu’il appelle à choisir entre « la défaite assurée et la victoire possible ». Comprendre « soit moi soit la loose ! »
CHANT DE CYGNE
Merci pour Hamon. Mais il a tort. D’abord parce que Hamon fera de lui une seule bouchée au second tour de la primaire à cause du mécanisme du report des voix clairement favorable à l’ex porte-parole du PS. Ensuite en raison du vote des quelque deux millions de chômeurs français qui seront très probablement séduits par la rente du « revenu universel », la belle promesse-phare de l’ancien député européen, qui fera un tabac chez les votants au moins parmi les jobless d’entre eux, lors du premier tour de la présidentielle le 23 avril 2017. « A la télé ils disent tous les jours : +Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.+ C’est pas vrai : de l’argent leur suffirait. » dixit Coluche. Cette citation de l’inénarrable humoriste résume à elle seule et très bien l’impact qu’aura cette promesse sur le réservoir des sans emplois inscrits sur les listes électorales et qui voteront utile. Maintenant il reste à savoir si cette appel d’air qu’est le revenu universel- qui n’est pas du goût de tout le monde surtout de ceux qui font du travail et du taux d’imposition et de distribution de la richesse nationale selon le patrimoine et le revenu un binôme sacré et intangible- fera passer à Hamon le premier tour de la présidentielle. Donc à moins d’un miracle ou d’un revirement radical des choix ou faits encore d’un sursaut massif et last minute de la majorité silencieuse en faveur de Hamon- dont une autre promesse-phare risque de mobiliser autour de lui, à savoir la sensible question des OGM, de la légalisation du cannabis, le parc automobile à diesel, des hormones dans les viandes et les médicaments innovants et coûteux qui selon le candidat doivent être pris en charge par la collectivité au bénéfice des familles non aisées- le 29 janvier signifierait le Game Over pour Hamon. A part ça, le second tour du 7 mai se jouera fort probablement entre Macron et Lepen, Macron et Fillon ou Fillon et Lepen. Cette dernière hypothèse étant mise en avant par un sondage BVA datant du 7 décembre 2016. Ce qui signifie pour le PS, miné par les divisions internes, l’entrée dans le long tunnel de l’incertain.

Publié dans Focus

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>