Incendie mortel à la Samir : une autre avarie d’un raffineur qui fait feu de tout bois

Publié le par Karim El Maghribi

Depuis 2002, date de la nomination du Saoudo-Yéménite à tête de la direction générale de la société Samir, la seule raffinerie pétrolière du Maroc, située à 30 km au nord de Casablanca, ne cesse de collectionner les catastrophes. Catastrophes financières : endettement critique (ratio d’endettement de 330,7% à fin 2012) de la société achetée par le groupe Corral Petroleum en 1997 dans le cadre d’une opération de privatisation. Catastrophes sociales : licenciement abusifs, reclassement forcés, sous-traitance à outrance, départs volontaires de cadres, payés grâce à un crédit de la BMCI, aux dernières nouvelles, pas toujours remboursé. Catastrophes managériales et de casting : le nouveau directeur général, roi du bling-bling, s’est entouré d’une équipe de bras cassés dont les plus momifiés ont été nommés par lui à son cabinet etc. Le résultat est là et il est sans appel: deux incendies dont un particulièrement grave, qui s’est produit le 25 novembre 2002 et qui avait causé d’importants dégâts matériels et deux morts. Sans oublier la trouille que la méga explosion a fiché aux habitants de Mohammedia. Mais ce n’est pas fini. Jamal Baamer qui aime les caresses dans le sens du poil, gère une flopée de société personnelle dont deux revues moribondes (qui se nomment Citadine et Les Cahiers du médecin), et qui adore passer du bon temps dans sa villa luxueuse de Bir Kacem (quartier chic de Rabat) n’a guère le temps de voir que la filiale de la holding suédoise de son mentor et bienfaiteur, Sheikh Mohamed Hussein Al Amoudi (saoudo-éthiopien), s’enfonce de jour en jour dans l’incertain. Le résultat est là également : aujourd’hui, une personne a trouvé la mort et deux autres ont été blessées  gravement dans un incendie après l’explosion d’un camion causée par une fuite de gaz, selon des témoins sur place, rapporte vendredi l’agence MAP (encore une fois la Samir a été été sauvée par des camions-citerne des pompiers de l'aéroport Mohammed V, le raffineur ne disposant pas toujours de mousse anti incendie !) Laquelle agence MAP précise que l’incendie s’est déclenché « Lors d'une opération de remplissage de propane liquéfié effectuée à l'intérieur de la Samir par deux camions citerne(…). » Ce qui est curieux dans cette énième catastrophe c’est qu’elle survient un peu plus d’une semaine après la 9e édition de la journée de sécurité, organisée par la Samir à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et la santé au travail célébrée chaque 28 avril ; une occasion comme d’autres pour Jamal Ahmed Mohamed Baamer de faire des apparitions devant les caméras de presse pour rappeler au monde qu’il est toujours là, en débitant des généralités du genre « Les grandes lignes directrices de la politique en terme de sécurité à la Samir, son importance, ses enjeux et ses défis(…) », mais en omettant de dire pourquoi la Société anonyme d’industrie et de raffinage en est arrivée là. Par exemple, cette politique « baamerienne » de filialisation qui consiste à obliger d’anciens cadres de créer des sociétés et à sous traiter exclusivement avec leur ex-employeur. Alléger à tout prix les effectifs de la société quitte à  fragiliser sa sécurité, en voilà un bon exemple de de gestion à enseigner dans les écoles de management d'excellence ! Une gestion qui fait fuir les banques locales et prapprocher l'un des fleurons de l'industrie nationale de la faillite.  Une bérézina telle que le magazine Actuel a publié en 2012 un article sur une offre de vente de Corral Holding pour 400 à 500 millions de dirhams sans que cette offre n’eut de réponse positive ! Côté embauche, pas réluisant non plus :  la politique de recrutement et tout simplement mesquine. Célébrée en grande pompe dans les journaux de complaisance, elle se résume en l’embauche de petits techniciens d’application Bac+2 que Baamer rétribue maigrement contre la promesse d'une formation de mise à niveau, aussi light que speed, dans son académie pétroleuse alias Acafé (Académie Africaine de l'Energie), l'une des nombreuses filiales de la Samir. Fort de café.

Incendie mortel à la Samir : une autre avarie d’un raffineur qui fait feu de tout bois

Publié dans Focus

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