L’Arabie saoudite nouveau centre califal du monde arabo-musulman

Publié le par Karim El Maghribi

L’Egypte, fragilisée par le printemps arabe, ne peut plus jouer son rôle historique de leader du monde arabe, le Qatar déstabilisé par les rivalités palatines entre les cheikhs radicaux se considérant comme issus de « souches nobles » et ceux réformistes issus de « lignées roturières » est carrément out. Alors que la Turquie des né-ottomans qui a flairé le bon momentum pour s’imposer comme alternative en reprenant son ancien rôle de centre califal du monde arabo-musulman est secouée, elle aussi, par les scandales en série du parti islamiste au pouvoir AKP. Résultat : Un boulevard s’ouvre désormais devant la dynastie wahhabite et la nébuleuse salafiste qui gravitent autour d’elle pour remplir le vide. Une occasion inespérée pour la cour wahhabite pour redorer son blason, terni depuis l’avènement de l’organisation al Qaida, fondée par Oussama Ben Laden, un citoyen saoudien.

Riyad s’est déjà attelé à la tâche dans de nombreuses capitales arabes où ses services moyennant finances et influence œuvrent inlassablement pour baliser le terrain ; notamment en appuyant financièrement et politiquement les partis arrivés au pouvoir, à la faveur du printemps arabe, contre l’engagement de ces partis de stopper le processus de démocratisation et d’élargissement du champs des libertés en cours qui, pourtant les a portés aux affaires ; des reformes qui sont incompatibles avec les valeurs d’une autocratie saoudienne qui ne gouverne que par et pour la religion islamique, la plus dure.

Le sabre et le champagne

Evidemment les pays occidentaux, grands chantres de la défense de la veuve et de l’orphelin et des droits humains, assistent les bras croisés avec une certaine bienveillance pour ne pas dire indifférence à cette offensive wahhabite tous azimuts qui va très bientôt reléguer certains pays arabes avancés démocratiquement au début des années 1980, quand l’Arabie saoudite envoyait en masse des djihadistes, venus des quatre coins du monde, en Afghanistan pour guerroyer contre l’armée rouge afin de plaire à Washington et l’amener à fermer l’œil sur certaines de ses pratiques pas catholiques…

Aujourd’hui c’est pareil. Ces pays occidentaux hésitent à rappeler à l’ordre les cheiks wahhabites de peur de perdre de juteux contrats d’armement en plus de la perte du contrôle de certains réseaux djihadistes que les Saoudiens connaissent très bien comme la Mecque…Quant à l'opposition marocaine ou ce qui en reste, comme dirait Coluche «l'argent lui suffit» , il se fera un plaisir de taper plus fort qu'un sourd sur le tambourin de la danse du sabre ou plutôt du scalp. Le «scalp» des Marocains...

Seule lueur d’espoir : Les Emirats, plus ouverts et moins zélés, ne voient pas cette main mise saoudienne sur le monde arabo-musulman d’un bon œil. Sinon l’horizon s’assombrit et le printemps arabe virera bientôt à l’automne sans passer par l’été. D’autant plus sûr que les Saoudiens, bourrés de fric, obtiennent toujours ce qu’ils veulent, même quand leur but semble impossible : par exemple ils ont obligé récemment certains chefs d’Etats occidentaux à faire la danse du sabre, poussé l’actuel Pape François à laver et embrasser les pieds d’un Libyen et lats but not least : convaincu son prédécesseur, Jean Paul II, d’embrasser le Coran (photo). Alors les autres c'est des enfants de chœur...

En tout cas ces petits Etats satellites du nouveau centre califal saoudien qui se sont jetés comme des affamés sur la caution de Riyad pour arrondir leurs fins de mois doivent prier beaucoup pour que la dune de sable sur laquel ils ont bâti leurs illusions ne change pas de place. Du moins pas rapidement.

L’Arabie saoudite nouveau centre califal du monde arabo-musulman

Publié dans Focus

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Le pédagogue 17/05/2014 14:26

Le pédagogue :

L’Islaam, depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
L’Islaam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de pays, de nationalité, d’Etat.
Les représentations, les fantasmes, les mythes et tout ce qui en découle, ne peuvent jamais anéantir cette Vérité.
Aujourd’hui, et depuis des lustres, l’État des croyants et des croyantes (almouminoune wa almouminaate) n’existe plus, nulle part.
Les ″États″ qui prétendent l’être sont fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la torture, l’enfermement et autres.
L’Islaam les dénonce, les rejette, les condamne, les combat.
L’État des croyants et des croyantes n’existe plus, nulle part, mais les membres de la communauté (alomma, la matrie) des croyants et des croyantes sont partout et seront partout, par la miséricorde d’Allaah, jusqu’à la fin de l’existence ici-bas.
LA CENSURE pratiquée par un tenancier de « blog » « drb’a driaal », comme ses déversements, c’est du pipi de chat.