Pourquoi la femme fait courir Benkirane

Publié le par Abdelkarim Chankou

Depuis ces derniers mois, le chef du gouvernement et du PJD Abdelilah Benkirane semble avoir trouvé un bon filon d’or qu’il ne veut plus lâcher. Il ne rate plus une seule occasion pour répéter ce qui est désormais l’idée de sa vie : « La femme doit rester au foyer. » Elle  la compare même à « un lustre qui illumine le foyer !»

Pourquoi cet entêtement de Benkirane à répéter la même chose quand celle-ci a lui a valu une levée de bouclier quasi générale de la part des associations féminines et des ONG des droits de l’homme ?

La raison de cet acharnement à provoquer les femmes marocaines  modernes qui travaillent en dehors du foyer pour s’assurer une indépendance financière  est aussi évidente que sournoise ; dans ce sens qu’elle cache un dessein purement électoraliste.  Benkirane est convaincu que sa vraie réserve électorale se trouve dans ces millions de femmes qui partagent soin idée que la place naturelle de la femme marocaine est dans la cuisine et la chambre à coucher. Les autres elles sont ultra minoritaires et s’agglutinent autour de l’axe Casa-Rabat.

Benkirane ne s’est point trompé sur ce point. En effet de plus en plus de femmes marocaines même celles qui sont détentrices de diplômes universitaires rêvent d’un mari qui les prend en charge financièrement en leur permettant  de vivre tranquillement entre les quatre murs du foyer. Ce retournement de tendance a plusieurs causes. Dont le fait que le nombre de femmes qui lisent deux à trois magazines féminins par semaine en collant à la télé plusieurs heures par jour à regarder des feuilletons mexicains doublés en arabe dialectal a considérablement grandi depuis 10 ans. Or au bureau ou à l’usine aucune femme sauf de très rares exceptions ne peut jouir de ce type loisir sous peine d’être mise à  la porte  sans aucune indemnité. Autre cause : « femme au foyer » ne signifie pas forcément que l’épouse est condamnée à s’interner au domicile 24h/24 : en réalité, une bonne partie de celles qui choisissent le foyer et le hijab possèdent grâce à leurs maris ou parents de belles voitures avec lesquelles elles meublent le temps entre un magazine et un téléfilm par des petites virées dans les boutiques de mode où les salons de coiffure…

Que demande le peuple ? Que demande Benkirane ? Le jour « J », au lieu qu’une de ces femmes bien «entretenues» par son mec passe la matinée à flâner dans les  supermarchés, elle peut rendre visite pour quelques minutes à un bureau de vote où elle glissera un bout de papier dans l'urne tout en formulant le vœu que les conditions d’une telle belle vie s’éternisent... et surtout se généralisent ...

Allah Akbar !

Publié dans Opinion

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