Liberté de la presse dans le monde en 2015 : Reculade générale ! (Rsf)

Publié le par Rsf.org

Classement mondial de la liberté de la presse 2015

 une détérioration générale

(titre d'origine)

Le Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) permet d’établir la situation relative de 180 pays au regard notamment de leurs performances en matière de pluralisme, d’indépendance des médias, de respect de la sécurité et de la liberté des journalistes.

En tête de l’édition 2015 du Classement mondial de la liberté de la presse figurent, comme souvent, trois pays nordiques, la Finlande, première depuis cinq ans, la Norvège et le Danemark. A l’autre bout du spectre, les situations les pires sont relevées au Turkménistan, en Corée du Nord et en Erythrée, 180ème sur 180. La France figure à la 38ème place (+1), les Etats-Unis à la 49ème (-3), le Japon à la 61ème (-2), le Brésil à la 99ème (+12), la Russie à la 152ème (-4), l’Iran à la 173ème (stable) et la Chine à la 176ème (-1).

Le Classement mondial de la liberté de la presse met en évidence une détérioration globale en 2014. Éprouvée par les conflits, la menace accrue d’acteurs non étatiques, les exactions commises lors de manifestations et par la crise économique et financière, la liberté de la presse régresse sur les cinq continents.

Les indicateurs retenus par Reporters sans frontières sont sans appel. 2014 est l’année d’une régression brutale pour la liberté de l’information. Les deux tiers des 180 pays figurant au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 affichent de moins bonnes performances, en valeur absolue, que dans l’édition précédente. L’indice annuel exprimant l’intensité des atteintes à la liberté de l’information dans le monde culmine à 3719 points, soit une hausse de 8% par rapport à 2013 et de près de 10% depuis 2012. Un recul qui concerne tous les continents.

Si la zone Union européenne - Balkans reste celle dans laquelle la presse est la plus libre, avec un score de 18,6, elle enregistre néanmoins la plus grosse dégradation de l’année. Une tendance inquiétante qui reflète un double phénomène : les dérives de certains pays membres et l’incapacité des mécanismes européens à les endiguer. Dernière en matière de respect de la liberté de l’information, la zone Afrique du Nord - Moyen-Orient a vu cette année encore l’apparition de nouveaux « trous noirs » de l’information. Des régions entières passées sous le contrôle de groupes non-étatiques dans lesquelles l’information indépendante est tout simplement inexistante.

Les évolutions marquantes de l’édition 2015

Les chutes

L’Andorre (32e), plus forte chute, paye le prix d’un manque d’indépendance des médias vis-à-vis des pouvoirs économiques, politiques et religieux. La forte récurrence des conflits d’intérêt et la grande difficulté éprouvée par les journalistes à couvrir les activités des banques andorranes, cumulées à l’absence de textes juridiques protecteurs de la liberté de l’information - notamment sur le secret des sources des journalistes, font perdre au pays 27 places.

En Asie, le Timor-Oriental (103e) accuse une chute de 26 places. La création d’un conseil de la presse et l’adoption d’un code de déontologie fin octobre 2013 ont déçu. En 2014, une loi répressive contre les médias est proposée, qui incite à l’autocensure généralisée.

En Afrique subsaharienne, le Congo-Brazzaville (107e) perd 25 places au terme d’une année difficile pour les médias indépendants. Le gouvernement a intensifié sa chasse aux journalistes critiques, usant parfois de méthodes extrêmement violentes. Les journalistes, s’ils refusent de se taire, sont poussés à l’exil ou expulsés.

L’Europe de l’Ouest voit nombre de ses pays reculer. L’Italie (73e) perd 24 places au terme d’une année difficile pour les journalistes, cibles de menaces notamment de la mafia et de procédures en diffamation abusives exploser. L’Islande (21e, -13) paye le prix d’un durcissement des rapports entre le politique et les médias. Une chute qui sonne comme un avertissement pour une “démocratie modèle”.

En Amérique du Sud, le Venezuela (137e) perd plus de 20 places. L’armée nationale bolivarienne y tire sur les journalistes pendant les manifestations, bien qu’ils soient clairement identifiés comme tels. En Équateur (108e, -13), la prometteuse loi organique de communication (LOC) a très rapidement montré ses limites. La rectification d’information forcée est devenue un mode de censure institutionnalisé.

Les journalistes qui exercent en Libye (154e, -17) font l’expérience d’une situation chaotique, trois ans après la chute de Kadhafi depuis laquelle RSF a recensé sept assassinats et 37 enlèvements de journalistes. Face aux violences, plus de quarante professionnels de l’information se sont résolus à fuir leur pays en 2014. Rapporter des informations sur les agissements des milices qui se partagent le pays relève désormais de l’héroïsme.

Le Soudan du Sud (125e, -6), plongé dans une guerre civile, voit lui aussi la polarisation radicale et la prise à témoin permanente des médias lui coûter des places. La liberté de la presse y est suspendue “pour cause de conflit”, titrait RSF en juillet 2014 à l’occasion du troisième anniversaire du jeune pays.

En Russie (152e, -4), la pression sur les médias indépendants continue de s’intensifier : lois liberticides en cascade, blocage de sites d’information, asphyxie ou reprise en main de titres indépendants… Ce contexte répressif encourage certains potentats locaux à redoubler d’ardeur dans leur chasse aux voix critiques.

Dans le Caucase, l’Azerbaïdjan (162e, -2) présente un bilan désastreux : c’est la plus grosse chute en performance absolue des 25 derniers pays du Classement. Une vague de répression sans précédent s’abat sur les dernières voix critiques. Dans un paysage médiatique déjà verrouillé par une régulation partiale et le contrôle du marché publicitaire, les dernières publications indépendantes croulent sous les amendes astronomiques, quand elles ne sont pas purement et simplement fermées par la police. A force de jeter en prison journalistes et blogueurs, l’Azerbaïdjan devient la première prison du continent européen pour les acteurs de l’information.

Sur le continent américain, les États-Unis (49e, -3) poursuivent leur descente. L’année 2014 aura été marquée par la pression exercée sur James Risen, journaliste du New York Times sommé par l’administration de révéler ses sources. Si elle a reculé sur cette affaire, l’administration Obama poursuit sa guerre contre l’information sur d’autres dossiers, notamment celui de WikiLeaks.

Les hausses

Elles sont peu nombreuses. La Mongolie (54e) signe la plus belle progression au Classement avec 34 places gagnées. Très peu de violations y ont été recensées en 2014, tandis que les bénéfices des lois sur l’accès à l’information commencent à se faire sentir. Des problèmes demeurent, notamment sur le plan législatif, mais la situation est en nette amélioration.

Les Tonga (44e), qui ont connu leurs premières élections démocratiques en 2010, ont vu s’affirmer depuis une presse indépendante qui affirme son rôle de contre-pouvoir. L’Etat polynésien est désormais à une place enviable après cette nouvelle hausse de 19 places.

A Madagascar (64e), la longue crise politique s’est éteinte avec l’élection du nouveau président Hery Rajaonarimampianina en janvier 2014, et le départ du ministre de l’information. Une transition démocratique qui a permis l’apaisement d’une situation jusque là très polarisée et qui fait gagner 17 places au pays. Malgré tout, des sujets restent tabous, notamment les monopoles économiques d’acteurs politiques de premier plan.

En Europe, la Géorgie (69e, +15) poursuit sa remontée pour la troisième année consécutive, retrouvant une position voisine de celle qu’elle occupait avant la guerre de 2008. Le pays recueille les fruits de certaines réformes engagées dans la foulée de l’alternance politique, mais reste handicapé par la forte polarisation des médias.

A la 86ème place, la Côte d’Ivoire (+15) continue de s’extraire d’une crise politique et sociale qui avait plongé le pays en pleine guerre civile en 2010. La situation demeure néanmoins contrastée dans un pays où la libéralisation de l’audiovisuel est attendue pour 2015, non sans quelques craintes qu’elle s’accompagne d’une censure institutionnelle.

Le Népal (105e) gagne 15 places grâce à une baisse des violences perpétrées par les forces de l’ordre contre les journalistes, notamment lors des manifestations. Une amélioration qui reste à confirmer sur l’année 2015.

La Tunisie (126e) gagne quant à elle sept places. Cette hausse est toute relative puisqu’en performance absolue, le pays stagne. Il reste qu’une stabilisation de la situation politique en 2014 profite aux activités d’information. En revanche, le nombre d’agressions commises à l’encontre des journalistes est toujours trop élevé et la mise en pratique des dispositions garantissant la liberté de l’information tarde à se mettre en place.

Motif de satisfaction relatif : le Brésil (99e, + 12) qui repasse au-dessus de la barre très symbolique de la 100e position à la faveur d’une année moins violente avec deux journalistes tués contre cinq l’année précédente.

Toujours sur le continent américain, le Mexique (148e) gagne laborieusement quatre places. Le mois de novembre, qui n’est pas pris en compte dans le Classement 2015, a été marqué par des violences contre les journalistes dans des manifestations liées à la disparition de 43 étudiants dans l’État du Guerrero. RSF a recensé trois cas de journalistes tués au Mexique en 2014 en lien direct avec leur profession, contre deux en 2013.

Classement mondial de la liberté de la presse 2015 : Les raisons d’une régression inquiétante

Proche-Orient, Ukraine, Syrie ou Irak… De nombreux conflits ont marqué 2014. Les belligérants se sont livrés à une redoutable guerre de l’information. Propagande ou blackout, les médias, devenus des objectifs stratégiques, ont été pris pour cibles, attaqués, voire réduits au silence.
Lire notre analyse : “L’information, redoutable arme de guerre”

Les groupes non étatiques n’obéissent à aucune loi et poursuivent leurs propres intérêts au mépris des droits fondamentaux. De Boko Haram au groupe Etat islamique, en passant par les narcotrafiquants latinos ou la mafia italienne, les motivations varient mais le modus operandi est le même : réduire au silence, par la peur ou les représailles, les journalistes et blogueurs qui osent enquêter sur ces groupes ou qui refusent de s’en faire les porte-voix.
Lire notre analyse : “Le despotisme sans Etat”

Sanctuariser un système politique au nom de la protection du sacré : un moyen extrêmement efficace pour censurer toute critique envers le pouvoir dans des pays où la religion fait loi. Dans près de la moitié des pays du monde, le délit de blasphème est une notion qui met en danger la liberté de l’information. Parfois, lorsque certains “fidèles” estiment que la justice n’assure pas suffisamment le respect de Dieu ou du prophète, ils se chargent eux-mêmes de rappeler aux journalistes et aux blogueurs ce qu’ils ont le droit de dire ou non.
Lire notre analyse : “Blasphème : une utilisation politique de lacensure religieuse”

Le journaliste, ennemi commun des manifestants et des forces de l’ordre dans certains rassemblements populaires ? C’est le triste constat que dresse cette année encore Reporters sans frontières. 2014 aura été marquée par une intensification de la violence envers les reporters et les net-citoyens couvrant les manifestations publiques.
Lire notre analyse : “La difficulté croissante de couvrir lesmanifestations”

Plus important recul entre les éditions 2014 et 2015 du Classement mondial, l’Union européenne montre les limites de son “modèle démocratique” et l’incapacité de ses mécanismes à endiguer cette érosion. Elle semble débordée par les velléités de certains États membres à transiger avec la liberté de l’information. Conséquence directe, les écarts se creusent : les pays membres occupent des positions au Classement allant de la 1ère et la 106ème place. Une amplitude record.
Lire notre analyse : “L’érosion du modèle européen”

C’est d’ailleurs souvent au nom de la sécurité nationale que les démocraties prennent des largesses avec leurs valeurs. Face à la menace réelle ou fallacieuse, des gouvernements se créent, à un rythme chevronné, tout un arsenal législatif afin de museler les voix indépendantes. Un phénomène qui touche aussi bien les régimes autoritaires que les démocraties.
Lire notre analyse : “La sécurité nationale, un prétexte fallacieux”

Ce sont des régimes dictatoriaux d’Europe de l’Est, d’Afrique, d’Asie ou encore du Moyen-Orient. Ils sont pour la plupart dirigés par des caricatures vivantes, qui prêteraient à rire s’ils n’exerçaient pas un contrôle absolu sur leurs populations. En 2014, ils ont encore davantage resserré l’étau qui étouffe depuis des années la presse : parmi les 20 derniers pays du Classement 2015, 15 ont fait pire que lors de l’édition 2014.
Lire notre analyse : “Ces dictatures qui vont toujours plus loindans le contrôle de l’information”

 
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World Press Freedom Index 2015: decline on all fronts

The Reporters Without Borders World Press Freedom Index ranks the performance of 180 countries according to a range of criteria that include media pluralism and independence, respect for the safety and freedom of journalists, and the legislative, institutional and infrastructural environment in which the media operate.

Top of the list, as so often, are three Scandinavian countries: Finland, which has been in first place for five years in succession, followed by Norway and Denmark. At the other end of the scale, Turkmenistan, North Korea and Eritrea, in last place, were the worst performers. France is ranked 38th (up one place), the United States 49th (down three places), Japan 61st (down two places), Brazil 99 (up 12 places), Russia 152 (down four places), Iran 173rd (unchanged) and China 176th (down one place).

The 2015 World Press Freedom Index highlights the worldwide deterioration in freedom of information in 2014. Beset by wars, the growing threat from non-state operatives, violence during demonstrations and the economic crisis, media freedom is in retreat on all five continents.

The indicators compiled by Reporters Without Borders are incontestable. There was a drastic decline in freedom of information in 2014. Two-thirds of the 180 countries surveyed for the 2015 World Press Freedom Index performed less well than in the previous year. The annual global indicator, which measures the overall level of violations of freedom of information in 180 countries year by year, has risen to 3,719, an 8 percent increase over 2014 and almost 10 percent compared with 2013. The decline affected all continents.

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The European Union-Balkans region is in the lead by far, but nonetheless recorded the biggest fall between the 2014 and 2015 editions. This disturbing trend reflects a two-fold phenomenon: the excesses of some member countries on the one hand and the inability of EU mechanisms to contain them on the other. The region that is bottom of the freedom of information list, North Africa and the Middle East, this year once again contained information “black holes”. Comprising entire regions, these are controlled by non-state groups in which independent information simply does not exist.

The most striking developments in the 2015 edition

The fallers

Andorra (32nd), the sharpest fall, has paid the price for the lack of independence of its media from financial, political and religious interests. It fell by 27 places as a result of the many conflicts of interests and the great difficulty experienced by journalists in covering the activities of Andorran banks, coupled with the lack of any legal protection for freedom of information, such as the confidentiality of journalists’ sources.

In Asia, East Timor (103rd) fell by 26 places. The creation of a press council and the adoption of a code of ethics in October 2013 have been a disappointment. In 2014, the government proposed a tough new media law, which has led to widespread self-censorship.

In sub-Saharan Africa, Congo (107th) fell 25 places after a difficult year for independent news outlets. The government stepped up its witch-hunt of critical journalists, at times resorting to extreme violence. Journalists who refuse to keep quiet are forced to flee the country or are expelled.

Western Europe saw numerous countries in decline. Italy (73rd) fell 24 places after a difficult year for journalists for whom threats from the mafia, among others, and unjustified defamation suits, skyrocketed. Iceland (21st, down 13) paid the price of worsening relations between politicians and media. The drop was an alarm call for this “model of democracy”.

In South America, Venezuela (137th) fell 20 places. The National Bolivarian Guard (national army) opened fire on journalists during demonstrations, although they were clearly identified as such. In Ecuador (108th, down 13), the promising Organic Law on Communication soon revealed its limitations. Forced corrections became a means of institutional censorship.

Journalists working in Libya (154th, down 17 places) have lived through a chaotic period since the fall of Gaddafi, during which Reporters Without Borders recorded seven murders and 37 kidnappings of journalists. Faced with such violence, more than 40 people working in the media decided to leave the country in 2014. Reporting on the activities of the militias that have carved up the country is an act of heroism.

In South Sudan (125th, down 6 places), gripped by civil war, the radical polarisation and constant harassment of news organizations caused it to fall down the rankings. Press freedom was suspended “because of civil war”, as a Reporters Without Borders headline said in July last year on the third anniversary of the country’s birth.

Pressure on independent media continued to intensify in Russia (152nd, down 4), with another string of draconian laws, website blocking and independent news outlets either brought under control or throttled out of existence. The repressive climate encouraged some local despots to step up their persecution of critics.

In the Caucasus, Azerbaijan (162nd, down 2) suffered an unprecedented crackdown on critics and registered the biggest fall in score among the index’s 25 lowest-ranking countries. With media freedom already limited by one-sided regulation and control of the advertising market, the few remaining independent publications were either collapsing under the impact of astronomic damages awards or were simply closed by the police. The number of journalists and bloggers who were jailed turned Azerbaijan into Europe’s biggest prison for news providers.

In the Americas, the United States (49th, down three places) continues its decline. In 2014, the New York Times journalist James Risen came under government pressure to reveal his sources. Although the Obama administration backed away in that case, it continues its war on information in others, such as WikiLeaks.

The risers

There are few of these. Mongolia (54th) rose 34 places, the Index’s biggest jump. It had few violations in 2014, while the benefits of legislation on access to information began to be seen. Problems remain, however, including on the legislative front, but there has been a clear improvement.

Tonga (44th), which held its first democratic elections in 2010, strengthened its position thanks to an independent press, which has established its role as a counter-weight to the government. The Polynesian nation has risen an enviable 19 places.

The long-running political crisis in Madagascar (64th) came to an end with the election of Hery Rajaonarimampianina as president in January 2014 and the departure of the information minister. This democratic transition eased the previous polarisation and boosted the country by 17 places. Yet some subjects remain taboo, such as the financial monopolies in the hands of leading political figures.

In Europe, Georgia (69th, up 15) continued to rise for the third year running and is now close to where it was before the 2008 war. It is enjoying the fruits of reforms undertaken after a change of government through elections, but it continued to be handicapped by the extreme polarization of its news media.

In 86th place, Ivory Coast (up 15 places) continued to emerge from the political and social crisis that plunged the country into full-scale civil war in 2010. The results are still mixed in a country where the broadcasting sector is expected to be opened up in 2015, although there are some fears that this might usher in institutional censorship.

Nepal (105th) was up 15 places thanks to a drop in violence by the security forces against journalists, especially at demonstrations. This improvement remains to be confirmed in 2015.

Tunisia (126th) rose seven places, a relative increase although in absolute terms the country stagnated. However, the fact remains that political stabilisation in 2014 had benefits for news and information. On the other hand, the number of attacks on journalists remains too high and the implementation of measures to ensure freedom of information has been long in coming.

A cause for satisfaction was Brazil (99th, up 12 places), which rose above the symbolic 100 mark thanks to a less violent year in which two journalists were killed compared with five in the previous year.

Still in the Americas, Mexico (148th) managed to pull itself up four places. In November, which is not included in the 2015 Index, journalists were attacked during demonstrations about the disappearance of 43 trainee teachers in thesouthwestern state of Guerrero. Reporters Without Borders recorded three cases in Mexico of journalists killed as a direct result of their work, compared with two in 2013.

2015 Index: Reasons for the worrying decline

Conflicts proliferated in 2014: the Middle East, Ukraine, Syria and Iraq… All warring parties without exception waged a fearsome information war. The media, used for propaganda purposes or starved of information, became strategic targets and were attacked, or even silenced.

See the analysis: “News control - powerful weapon of war”

Non-state groups follow no laws and disregard basic rights in pursuit of their own ends. From Boko Haram to Islamic State, Latin American drug traffickers and the Italian mafia, motives may vary but their modus operandi is the same – the use of fear and reprisals to silence journalists and bloggers who dare to investigate them or refuse to act as their mouthpieces.

See the analysis: “Non-state groups: tyrants of information”

Stretching sacrilege prohibitions in order to protect a political system is an extremely effective way of censuring criticism of the government in countries where religion shapes the law. The criminalization of blasphemy endangers freedom of information in around half of the world’s countries. When “believers” think the courts are not doing enough to ensure respect for God or the Prophet, they sometimes take it upon themselves to remind journalists and bloggers what they may or may not say.

See the analysis: “Blasphemy: political use of religious censorship”

Can journalists be seen as the common enemy of protesters and police alike at some demonstrations? This is the sad conclusion of Reporters Without Borders this year. 2014 saw an increase in violence towards reporters and netizens covering demonstrations.

See the analysis: “The growing difficulty of covering demonstrations”

The European Unions recorded a bigger decline in 2015 than in the 2014 Index, exposing the limits of its “democratic model” and highlighting the inability of its mechanisms to halt the erosion. The EU appears to be swamped by a certain desire on the part of some member states to compromise on freedom of information. As a result, the gaps between members are widening – EU countries are ranked from 1st to 106th in the Index, an unprecedented spread.

See the analysis: “European model’s erosion”

Democracies often take liberties with their values in the name of national security. Faced with real or spurious threats, governments arm themselves routinely with an entire arsenal of laws aimed at muzzling independent voices. This phenomenon is common to both authoritarian governments and democracies.

See the analysis: “National security” – spurious grounds”

These authoritarian governments are in Eastern Europe, Africa, Asia and also the Middle East. Most are headed by cartoon characters come to life who would be a laughed at if they did not exercise total control over news and information. In 2014 they further tightened the grip they have had on the media for many years. Among the lowest-ranking 20 countries in the 2015 Index, 15 performed even worse than they did in the 2014 edition.

See the analysis: “Regimes seeking ever more information control”

التصنيف العالمي لحرية الصحافة لسنة 2015 : حرية الإعلام عُرضة للانتهاكات في كل قارات العالم

 

 

يمكن التصنيف العالمي لحرية الصحافة لمنظمة مراسلون بلا حدود من تحديد وضع 180 دولة نسبيا و ذلك بالنظر لأدائهم في مجال التعددية, استقلالية وسائل الاعلام و احترام سلامة و حرية الصحفيين

في أعلى قائمة التصنيف العالمي لحرية الصّحافة لسنة 2015 نجد مثلما هو الحال في كثير من الأحيان ثلاث دول اسكندنافيّة وهي فنلندا الأولى منذ خمس سنوات، النرويج و الدنمارك.

 في الطّرف الآخر من التصنيف، نجد أسوأ الحالات في التركمانستان، كوريا الشّماليّة و إرتريا الّتي تحتلّ المرتبة 180 على 180.

تحتلّ فرنسا المرتبة 38 (+1) ، الولايات المتّحدة في المرتبة 49 (-3) ، اليابان (61) (-2) ، البرازيل ( 99) (+12) ، روسيا (152) (-4) ، إيران في المرتبة (173) (مستقرّة) و الصّين (176) (-1).

 

يُظهر التصنيف العالمي لمنظمة مراسلون بلا حدود مدى التدهور العام الذي شهدته حالة حرية الإعلام في 2014. فسواء كان ذلك بسبب الصراعات أو التهديد المتزايد الذي تشكله الجهات غير الحكومية أو الانتهاكات المرتكبة خلال المظاهرات أو الأزمات الاقتصادية والمالية، فإن وضعية حرية الصحافة شهدت تراجعاً في جميع القارات الخمس. ومن خلال استعراض تحليلي موزع على ستة مواضيع، تشرح المنظمة المعنية بالدفاع عن الصحفيين أسباب هذا الانخفاض المقلق.

تُقدم مراسلون بلا حدود مؤشرات تحمل في طياتها حقائق لا غبار عليها. فقد شهد عام 2014 تقهقراً مهولاً على مستوى حرية الإعلام، حيث كان سِجل ثلثي الدول الـ180 التي يشملها تصنيف 2015 أسوأ من أدائها في النسخة السابقة، إذ وصل المؤشر السنوي الذي يعكس شدة الانتهاكات ضد حرية الإعلام في العالم إلى سقف 3719 نقطة، أي بزيادة قدرها 8٪ مقارنة مع عام 2013 وما يقرب من 10٪ منذ عام 2012، علماً أن هذا التراجع يشمل جميع القارات دون استثناء.

 

 

2013

2014

2015

 

الاتحاد الأوروبي والبلقان

17,5

17,6

18,6

+5.6%

الأمريكيتين

30

30,3

30,8

+1.6%

أفريقيا

34,3

35,6

35,9

+0.8%

آسيا والمحيط الهادئ

42,2

42,2

42,6

+0.9%

أوروبا الشرقية وآسيا الوسطى

45,3

45,5

46,1

+1.3%

شمال أفريقيا والشرق الأوسط

48,5

48,7

49,2

+1%

المؤشر السنوي

3395

3456

3719

 
 

إذا كانت منطقة الاتحاد الأوروبي - البلقان لا تزال في الصدارة بفارق كبير عن البقية، رافعة رصيدها إلى 18.6، فإنها سجلت في المقابل أكبر تدهور بين نسختي 2014 و2015، في خطوة مقلقة تعكس ظاهرة ذات مستويين: انزلاقات بعض الدول الأعضاء من جهة، وعدم قدرة الآليات الأوروبية على وضع حد لها، من جهة أخرى. أما منطقة شمال أفريقيا - الشرق الأوسط، فتتذيل ترتيب احترام حرية الإعلام، بعدما شهد هذا العام ظهور "ثقوب سوداء" على المستوى الإعلامي، حيث أصبحت مناطق بأكملها تحت سيطرة جماعات غير حكومية لا وجود لإعلام مستقل في الأراضي التابعة لها.

التطورات الكبرى في عام 2015

 التراجع

شهدت السنة المنصرمة هبوط كثير من دول أوروبا الغربية في جدول الترتيب، حيث فقدت إيطاليا (73) 24 مركزاً بعد سنة صعبة على الصحفيين الذين عاشوا تحت وقع تهديدات المافيا والدعاوى القضائية المجحفة بتهمة التشهير. أما أيسلندا (21، -13) فقد دفعت ثمن تصلب العلاقات بين السياسة والإعلام، لكن سقوطها هذا قد يشكل تحذيراً لبقية دول "النموذج الديمقراطي".

وفي أمريكا الجنوبية، خسرت فنزويلا (137) أكثر من 20 مرتبة، حيث يطلق الجيش الوطني البوليفاري النار عمداً على الصحفيين خلال المظاهرات رغم إظهار هويتهم بشكل واضح للعيان. وفي المقابل، سرعان ما انكشفت شوائب قانون الاتصالات الذي طال انتظاره في الإكوادور (108، -13)، حيث أصبح تصحيح المعلومات بشكل قسري طريقة سهلة لفرض الرقابة.

أما الصحفيون في ليبيا (154، -17) فإنهم يقفون شاهدين على حالة من الفوضى العارمة، حيث أحصت مراسلون بلا حدود سبعة اغتيالات و37 عملية اختطاف في صفوف الفاعلين الإعلاميين منذ سقوط القذافي قبل ثلاث سنوات. وأمام موجة العنف الجارف، لجأ أكثر من أربعين صحفياً إلى الفرار من البلاد خلال عام 2014، إذ بات مجرد تغطية أنشطة الميليشيات التي تتنازع على السلطة عملاً بطولياً في حد ذاته.

من جهته، ينساق جنوب السودان (125، -6) في دوامة أشبه ما تكون بالحرب الأهلية كما ينزلق نحو حافة الاستقطاب المتطرف وما يترتب عنه من تضييق على وسائل الإعلام، مما أدى به إلى التراجع في سلم الترتيب. وكانت مراسلون بلا حدود قد أشارت في تقرير أصدرته شهر يوليو\تموز 2014 بمناسبة الذكرى السنوية الثالثة لقيام هذه الدولة الفتية أن حرية الصحافة معلقة في البلاد إلى أجل غير مسمى "بسبب النزاع".

وفي الشرق الأوروبي، ظلت روسيا (152، -4) وفية لخطها التنازلي مواصلة تراجعها في التصنيف بعدما شدد الكرملين قبضته على الصحفيين الناقدين أكثر من أي وقت مضى، ليبدأ بجدية التخطيط لفرض الرقابة على الشبكات الاجتماعية، ناهيك عن سلسلة الإغلاقات التي طالت مواقع إخبارية إلكترونية وموجة الطرد في صفوف الصحفيين ضمن عملية "استعادة السيطرة" على وسائل الإعلام المستقلة.

وبدورها، شهدت منطقة القوقاز حصيلة مروعة يعكسها رصيد أذربيجان (162، -2)، أكبر سجن أوروبي للعاملين في حقل الإعلام، حيث سجلت البلاد أكبر انخفاض في الأداء العام من بين الدول الخمس والعشرين التي تتذيل الترتيب. فقد شنت السلطات حملة غير مسبوقة لقمع الأصوات الناقدة التي تعالت في أوساط المجتمع المدني الأذربيجاني منذ صيف 2014. وبينما زُج بالصحفيين في السجون، لجأت الحكومة إلى إغراق الصحف المستقلة في أزمات مالية خانقة من خلال غرامات مجحفة، بينما يخضع قطاع السمعي-البصري لهيئة تنظيمية منحازة للجهات الحاكمة، التي تسيطر أيضاً على سوق الإعلانات.

وعلى صعيد الولايات المتحدة، استمر تقهقر  الولايات المتحدة (49، -3) خلال عام 2014 الذي تميز بحملة الضغط والتضييق على صحفي جريدة نيويورك تايمز، جيمس رايزن، الذي تلقى استدعاءً رسمياً للكشف عن مصادره. وبينما تراجعت إدارة أوباما عن نواياها الأولية في هذه القضية، فقد واصلت حربها ضد وسائل الإعلام في عدد من القضايا الأخرى، بما في ذلك ويكيليكس.

الارتقاء

في أوروبا، استمرت جورجيا (69، +15) في الارتفاع الذي بدأته في نسخة 2014، مستفيدة من الإنجازات التي تحققت بفضل عملية التحول السياسي في أعقاب انتخابات 2012 و2013.

من جهتها، ارتقت كوت ديفوار (+15) إلى المركز 86 مواصلة إفلاتها من عنق الزجاجة بعد الأزمة السياسية والاجتماعية التي أغرقت البلاد في حرب أهلية عام 2010. ومع ذلك، فإن التناقض مازال يطبع الوضع العام في بلد ينتظر تحرير القطاع خلال عام 2015، ناهيك عن المخاوف بشأن الرقابة المؤسسية.

وفي المقابل، حققت نيبال (105) زيادة بما لا يقل عن 15 درجة بعد تراجع عنف الشرطة ضد الصحفيين، خصوصاً خلال المظاهرات، وإن كان من الضروري انتظار حصيلة عام 2015 للحكم على هذا التحسن.

أما تونس (126)، وإن صعدت سبع مراتب في السلم العالمي، فإن ارتقاءها يبقى نسبياً بما أن البلاد ظلت تراوح مكانها على مستوى الأداء العام. ومع ذلك فإن استقرار الوضع السياسي خلال سنة 2014 انعكس بشكل إيجابي على أنشطة وسائل الإعلام، ولو أن عدد الاعتداءات ضد الصحفيين مازال مرتفعاً للغاية في ظل البطء الذي يميز عملية سن القوانين التي من شأنها أن تحمي حرية الصحافة.

وعلى صعيد آخر، تمثل البرازيل (99، +12) مصدر ارتياح نسبي، بعدما قفزت إلى نادي المائة الأوائل - ذي الطبيعة الرمزية - مستفيدة من حصيلة سنوية أقل عنفاً من العام الماضي، حيث قُتل صحفيان هذه المرة مقابل خمسة في الفترة التي شملها التصنيف السابق.

وفي القارة الأمريكية دائماً، ارتقت المكسيك (148) بشق الأنفس محققة زيادة بأربعة مراكز. بيد أن شهر نوفمبر\تشرين الثاني، الذي لا يدخل ضمن فترة تصنيف 2015، فقد شهدت أعمال عنف ضد الصحفيين خلال المظاهرات المتعلقة باختفاء 43 طالباً في ولاية غيريرو. وإجمالاً، أحصت مراسلون بلا حدود ثلاث قتلى في صفوف الصحفيين فوق الأراضي المكسيكية خلال عام 2014، حيث ثبتت صلة مباشرة بين دوافع اغتيالهم وعملهم الإعلامي، بينما شهد عام 2013 اثنين من الصحفيين.

 تصنيف 2015: أسباب التراجع المقلق

سواء تعلق الأمر بأوكرانيا أو سوريا أو العراق أو بقية بلدان الشرق الأوسط، فإن عام 2014 شهد العديد من النزاعات في مشارق الأرض ومغاربها، حيث شنت جميع الأطراف المتناحرة - دون استثناء – حرباً إعلامية بلا هوادة عبر الدعاية تارة والتعتيم تارة أخرى. فقد باتت وسائل الإعلام هدفاً من الأهداف الاستراتيجية، إذ سقطت ضحية الهجمات والاعتداءات وحملات تكميم الأفواه.

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من جهتها، لا تخضع الجماعات غير الحكومية لأي إطار قانوني في سعيها إلى تحقيق مصالحها الخاصة على حساب الحقوق الأساسية. فمن ميليشيا بوكو حرام إلى تنظيم الدولة الإسلامية، مروراً عبر تجار المخدرات في أمريكا اللاتينية والمافيا الإيطالية، تختلف الدوافع وتتعدد لكن السبيل واحد: تكميم أفواه الصحفيين والمدونين الذين يجرؤون على التحقيق في أعمال تلك المجموعات وإكراه أولئك الذين يرفضون الدعاية لها، تحت طائلة التخويف أو الاعتداء.

 [اقرأ استعراضنا التحليلي(يتبع): "الجماعات غير الحكومية، سيف دمقليس المسلط على وسائل الإعلام"]

هل بات الصحفي عدواً مشتركاً لدى المتظاهرين وقوات الأمن في بعض المسيرات الاحتجاجية؟ هذا هو الواقع المحزن الذي وقفت عليه مراسلون بلا حدود مرة أخرى هذا العام، حيث تميزت حصيلة 2014 بتكثيف موجة العنف ضد الصحفيين والمواطنين الإلكترونيين أثناء تغطية الاحتجاجات.

[اقرأ استعراضنا التحليلي(يتبع): "صعوبات متزايدة في تغطية المظاهرات"]

بعدما سجل الاتحاد الأوروبي أكبر تراجع بين نسختي 2014 و2015 من التصنيف العالمي، انكشفت بجلاء حدود هذا "النموذج الديمقراطي" وتبيَّن معها عجز آلياته عن الحد من هذا التقهقر، حيث يبدو الاتحاد منهَكاً غير قادر على التحرك لردع بعض الدول الأعضاء التي تحاول المزايدة على حرية الإعلام. ونتيجة لذلك، فإن الفجوة بين بلدان القارة العجوز آخذة في الاتساع إلى أن بلغت مستوى قياسياً، حيث يتراوح ترتيب دول الاتحاد الأوروبي على الهرم العالمي بين مقعد الصدارة والمركز 106.

[اقرأ استعراضنا التحليلي(يتبع): "أزمة النموذج الأوروبي"]

علاوة على ذلك، عادة ما أصبحت الدول الديمقراطية تتنكر لقيمها ومبادئها باسم حماية الأمن القومي. فسواء تعلق الأمر بمواجهة تهديدات حقيقية أو من وحي الخيال، باتت الحكومات تجند كل طاقاتها وخبراتها للخروج بترسانة تشريعية تهدف إلى إسكات الأصوات المستقلة، وهي ظاهرة نلحظها في الأنظمة الاستبدادية والديمقراطية على حد سواء.

[اقرأ استعراضنا التحليلي (يتبع): "الأمن القومي، ذريعة واهية"]

تعيش بعض بلدان أوروبا الشرقية وأفريقيا وآسيا والشرق الأوسط تحت وطأة أنظمة ديكتاتورية يحكمها في الغالب أشخاص أشبه ما يكونون بشخصيات الرسوم الكاريكاتورية المضحكة. وإذا كان فرض سيطرة مطلقة على المعلومات خاصية أساسية من خصائص تلك الحكومات، فإنها لم تدخر جهداً في عام 2014 لتضييق الخناق على الصحافة التي تترنح منذ سنوات. ورغم أن هذه البلدان ظلت تراوح مكانها في التصنيف العالمي، فإن 15 من أصل الدول العشرين التي تتذيل الترتيب سجلت تراجعاً واضحاً في رصيدها بالمقارنة مع حصيلة العام الماضي.

[اقرأ استعراضنا التحليلي (يتبع)، "أنظمة ديكتاتورية شديدة الرقابة على المعلومات"]

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