Netanyahu chasse en terres françaises

Publié le par Jpost.com/editionfrancaisee

Dimanche 8 février, le Likoud francophone invitait les membres de la communauté à venir écouter le Premier ministre, à Jérusalem. Une première de mémoire d’électeurs, signe que la question des nouveaux (et anciens) immigrants de France prend de l’importance aux yeux des politiques. Des cars affrétés par l’organisation ont permis à ceux qui n’habitent pas la capitale d’assister à l’événement ; beaucoup sont venus de Natanya. Convoqués à 16 h 45, les derniers arrivés ne s’assiéront que deux heures plus tard. C’est la rançon du succès : pour voir Benjamin Netanyahou, il faut se plier aux désagréments de contrôles de sécurité dignes d’un embarquement avec El Al.
A la tribune, les responsables du Likoud francophone déroulent leurs objectifs (traduction des sites gouvernementaux en français, équivalence des diplômes…), le public s’impatiente. Mais les deux heures passées à attendre dans le froid sont vite oubliées quand Bibi fait son entrée, accompagné de sa femme Sara. La foule scande son nom. Netanyahou, acclamé comme une star de cinéma, est en terrain conquis. On sait la communauté francophone plutôt portée à droite. L’objectif de cette rencontre n’est donc pas de convaincre le public que Bibi est le Premier ministre idéal (ils le pensent déjà), mais qu’il faut voter Likoud. En effet, dans la file d’attente, beaucoup partent du principe que toute voix donnée à droite ira à Bibi et veulent accorder la leur au Shas ou à Yahad-Otzma Yehoudit.

Le rav Ben Ichay est le premier à s’exprimer. Responsable de la communauté Emouna Chelema de Jérusalem, il est proche du Premier ministre depuis la tuerie d’Itamar il y a quatre ans. Il apporte son soutien officiel au Likoud et à Benjamin Netanyahou, qui « fait briller le nom d’Israël à travers le monde », respecte les traditions juives et est prêt à accueillir les olim de France comme il l’a affirmé après les drames de Toulouse et de Vincennes. Son intervention a été suivie de celle, en vidéo, de Meyer Habib. S’il ne pouvait être présent pour des motifs professionnels, le député de la 8e circonscription des Français de l’étranger a tenu à réaffirmer son soutien inconditionnel à Netanyahou, le seul capable selon lui de « défendre les intérêts vitaux et l’intégrité d’Eretz Israël ».
Promesses aux olim
Le Premier ministre prend enfin la parole. Son discours, en hébreu, est sans surprises. Quelques jours avant la fin du mois de deuil pour les victimes de l’Hypercacher, il appelle à nouveau les juifs français à faire leur aliya, en masse et dès que possible, parce qu’« ici, on peut dire dans la rue “Je suis juif”, c’est mon pays, c’est mon foyer sans avoir peur ». Il évoque ensuite les mesures mises en place pour accueillir cette aliya de France : les équivalences de diplômes, évidemment, et la construction de logements dans le Néguev et en Galilée desservis par de nouvelles lignes de train. Des projets qu’il promet de faire avancer s’il conserve son poste.
Il parle ensuite de la menace iranienne, de l’accord qui se prépare entre les puissances occidentales et la République islamique, de ses efforts pour faire entendre la voix d’Israël sur la scène internationale. Après une pique adressée à ses adversaires du Camp sioniste sur leur (in)capacité de leadership, il reprend les grandes lignes de sa campagne et exhorte le public à voter Likoud, car « chaque bulletin qui ne va pas au Likoud est une chance supplémentaire pour la gauche » de quitter l’opposition. Une opposition qui annonce que, si Herzog devient Premier ministre, sa première réunion sera « avec Abou Mazen à Ramallah ». De quoi discuteront-ils ? demande Bibi. Et de conclure que lui n’abandonnera jamais Jérusalem.
Un discours calibré pour son auditoire, qui l’a acclamé du début à la fin.
© Jerusalem Post Edition Française
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