Ne démolissez pas le sacré, l’ultime refuge des vulnérables!

Publié le par Abdelkarim Chankou

Femmes priant dans un mausolée au Maroc

Faut-il rappeler aux ressortissants des pays occidentaux riches notamment d’Europe de l’Ouest que, malgré quelques problèmes sociaux comme des taux de chômage et de pauvreté jugés relativement élevés, leur niveau de vie actuel ils le doivent amplement et indirectement à la misère endémique qui règne dans le tiers monde ? Savent-ils que leur niveau de vie dans les prochaines décennies ils le devront encore à cette misère qui saigne le dos des peuples asservis ? Savent-ils que ces grands mots dont leurs dirigeants les gavent à longueur de journée : croissance, image- ou place- du pays dans le monde, compétitivité, sécurité, bien-être, emploi etc. sont synonymes de l’autre côté de la barrière de pauvreté, chômage, maladies, guerres, analphabétisme, malnutrition… ? Pendant que je repose la question en sachant que beaucoup de ces peuples occidentaux savent de quoi je parle la Banque mondiale a consacré un milliard de dollars sur cinq ans pour dessiner les cartes minières de l'Afrique... Mais ces peuples ont tendance à oublier le prix que payent d’autres peuples pour maintenir leur mode de vie. Par la force de la spectacularisation de leur vie quotidienne. Les mains détentrices des rênes du vrai pouvoir les maintiennent, par le biais des médias et autres véhicules du divertissement orchestré, dans une sorte d’engourdissement où ils ne sont ni totalement inconscients ni complètement éveillés. Une situation encore inédite dans les pays pauvres même si par le jeu d’une mondialisation rampante et le copier-coller appelé sournoisement « transfert du savoir-faire » ces pays vont connaître bientôt cette manière de vivre pour vivre… Mais pour le moment malgré la vie de chien que mènent ces peuples lacérés par procuration ils peuvent encore aboyer, de temps en temps… Ils comprennent ces conditions de vie entre le réel et le virtuel de leurs homologues « mieux lotis », qui se nourrissent indirectement de leur sang mais attendent d’eux un vrai geste de compassion, fut-il un sourire. Mais non pas des leçons de morale qui ne servent au bout du compte qu’aggraver leur sort. Ces « chanceux » des temps modernes doivent comprendre que la religion est la dernière assurance-vie du pauvre tiers-mondiste, son ultime refuge après les drogues hors de prix...

Combien de ces déçus assaillis par le doute et la mal-vie auront été repêchés in extremis après une courte prière dans un mausolée ou dans une mosquée

Les peuples occidentaux avaient raison, il y a 20 ans, de considérer la religion comme une chape de plomb qui abaisse les peuples du Tiers Monde et les maintient dans la misère et l’ignorance. Mais ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui. Le vrai poids qui les avilit n’a plus pour nom la religion mais une mondialisation sauvage ? et son pendant l’argent-roi doublé de la pensée unique. Au contraire la religion amortit, soulage la douleur de ces masses indigentes et nécessiteuses. Non pas qu’elle fait le jeu du capital mondial mais les dote de moyens spirituels de résilience au désespoir et dégoût de la vie qui les guettent à chaque tournant et à chaque jour que Dieu fait. Combien de désespérés qui ont perdu toute volonté de vivre, combien de ces déçus assaillis par le doute et la mal-vie auront été repêchés in extremis après une courte prière dans un mausolée ou dans une mosquée. Chaque prière dans un marabout équivaut ou vaut une séance de psychothérapie gratuite. Il est juste et compréhensible que dans un monde où le djihad armé est livré au nom de l’islam la simple évocation d’une religion provoque répulsion et rejet en Occident. Mais, faut-il le souligner, ces égarés qui ne sont que le pur produit d’une mondialisation malheureuse n’ont pas réussi le test psychothérapique des mausolées et des mosquées. La preuve les extrémistes détruisent ces marabouts ? qui évitent aux tourmentés de les rejoindre. La faute est à qui ? Ceci pour conclure et surtout pour dire que ces peuples exploités, sacrifiés sur l’autel d’un semblant bien-être de leurs homologue, de leurs côté de la barrière, n’ont besoin ni recettes toutes faites pour vivre ni de catharsis provocateurs style Femen encore moins d’assistanat protocolaire. Il a besoin d’investissements productifs. A bon entendeur salut !

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Publié dans Opinion

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