Le parlement allemand prend le Maroc pour Kandahar !

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le parlement allemand prend le Maroc pour Kandahar !
On sait qu’un fossé qui s’élargit sans cesse sépare les Exécutifs et les Parlements européens. Ce fossé qui est né de la divergence des deux institutions sur plusieurs questions économique et politique devient abyssal sur le terrain des relations internationales. Les pays nordiques surtout l’Allemagne sont les plus concernés par cet antagonisme politicien. Là où l’Exécutif œuvre avec rationalisme pour ménager les relations bilatérales de l’Allemagne avec des pays amis du Sud comme le Maroc, les parlementaires, plus soucieux d’assurer leurs arrières en mettant le maximum de chances de leurs côtés en vue des élections ultérieures, versent dans le populisme primaire. Genre le Maroc « n’est pas un pays sûr » pour que Berlin y renvoie ses ressortissants entrés illégalement au pays de Faust et dont les demandes d’asiles ont été rejetées. Une posture si elle plaît aux premiers concernés en leur offrant un sursis froisse par contre l’Etat marocain qui est un modèle dans la lutte contre le terrorisme et la transition démocratique. Mais pour les honorables représentants du Bundesrat (chambre haute) le royaume chérifien ne connaît pas assez d’agressions à la hache ou au camion bélier comme l’Allemagne pour mériter d’être qualifié de « pays sûr ». Cette curiosité de la chambre basse est d’autant plus bizarre que la chambre basse (Bundestag) a un autre avis sur la question. En effet cette dernière a adopté en 2016 un texte de loi déclarant le Maroc et aussi l’Algérie et la Tunisie comme pays sûrs, ouvrant ainsi la voie à l’Exécutif et à la chancelière Angela Merkel pour renvoyer des milliers de clandestins déboutés du droit d’asile dans leurs pays d’origine contre des compensations financières. Vendredi 10 mars, ledit projet n’a pas reçu la majorité nécessaire de 35 voix sur 69.
TOUJOURS LES MEMES GRINCHEUX
Evidemment dans de pareils cas ce sont toujours les mêmes grincheux qui se distinguent par leurs idées à contre courant, en l’occurrence l'opposition des Verts et de la Gauche radicale Die Linke. Pour brouiller les pistes, en camouflant l’anachronisme de leur position négative du moins envers le Maroc, les représentants des Länder définissent un « pays pas sûr » comme celui où « on suppose qu'il n'y a pas de persécution politique ou de droits humains bafoués. » Sans s’attarder sur le verbe « supposer » qui à lui seul suffit pour démonter le vote des Radicaux et des Verts, si l’on admet que cette définition tient la route alors pourquoi la Turquie dont le président Recep Erdogan, en pleine campagne électorale pour une réforme de la constitution, a dénoncé comme « méthodes dignes des nazis » le fait que Berlin ait interdit sur son territoire des meetings de la communauté turque en vue du référendum du 16 avril sur le régime présidentiel turc. Face à la gravité des mots, ni la chancelière Merkel ni son staff encore moins le parlement allemand, n’ont eu des mots durs contre l’invective d’Erdogan le marché allemand confirme sa reprise avec une augmentation de l’ordre de 98,11%, suivi par le marché national (+16,78%) et le marché français (+17,18%). Tout est dit.

Publié dans Focus

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