La vraie cause des ennuis du Qatar : la monnaie chinoise !

Publié le par Abdelkarim Chankou

La vraie cause des ennuis du Qatar : la monnaie chinoise !
Le renminbi, la monnaie chinoise, serait la vraie cause des ennuis du Qatar. L’adoption du renminbi (RMB) par ce minuscule émirat dans ses ventes de grandes quantités de gaz à des pays asiatiques dont la Chine serait donc l’explication de ses déboires avec ses voisins et partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le financement du terrorisme et l’hostilité de la chaîne Al Jazeera envers certains régimes arabes dont le régime égyptien serait donc de simples prétextes. C’est du moins ce qu’affirme un stratégiste américain basé en Allemagne. Selon M. William Engdahl ,se serait en effet, la monnaie chinoise, le renminbi, qui est le véritable déclencheur de la crise du Qatar. Lequel est depuis le 5 juin dernier mis en quarantaine par trois de ses voisins du Golfe : l’Arabie, le Bahreïn et les Emirats, suivis par de pauvres pays satellites comme la Tunisie et l’Egypte. « Des sources bien informées en Hollande, ont affirmé que Washington voulait punir le Qatar pour avoir accepté de vendre son gaz naturel à la Chine. Non pas en dollars américains, mais en renminbis. Cela a apparemment alarmé Washington, car le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz liquéfié (GPL). Dont la plus grande partie part vers l’Asie. » Sacrilège ! On ne menace pas les intérêts de big brother impunément. D’autant que le petit émirat a osé ouvrir sur son sol en 2015 Qatar le premier Centre pour la Compensation et le règlement en renminbi pour le Moyen-Orient ! (Photo ) Mais en adoptant la « monnaie du peuple » dans ses transactions gazières Doha n’a ni innové ni fait du zèle. Doha qui au début aurait eu l’aval de ses partenaires du CCG avant qu’ils ne changent d’avis brusquement [Trump y serait pour quelque chose] voudrait simplement tirer profit de l’intégration de cette monnaie dans les changes mondiaux par le FMI himself. En effet le payement en renminbi avantage le commerce chinois dans ce sens que la stabilité du RMB par rapport au dollar minimise les pertes liées au risque de change causées entre autres par les fluctuations du dollar. Les entreprises adoptant le RMB n'ont plus à se soucier des fluctuations du billet vert par rapport au renminbi et au billet vert. Autrement dit l’acceptation du RMB par le Qatar a dû certainement doper les commandes chinoises en gaz de provenance de cet émirat. En effet à compter du 1er octobre 2016, le RMB fait partie du panier de devises qui composent les droits de tirage spéciaux (DTS). Le renminbi rejoint ainsi le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling dans le panier du DTS. Dans un entretien publié en septembre 2016 sur le site du FMI ,Siddharth Tiwari, Directeur du Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, évoquait cette question : « l’inclusion du RMB constitue un jalon important du processus d’intégration de l’économie chinoise dans le système financier international. Le FMI déclare que le RMB est une monnaie librement utilisable, ce qui reflète le rôle croissant de la Chine dans les échanges mondiaux et la forte augmentation de l’utilisation internationale du renminbi et du volume de négociation de cette devise. Cela témoigne aussi des avancées de la Chine dans la réforme de ses systèmes monétaire, financier et de change, en vue de la libéralisation, l’intégration et l’amélioration de l’infrastructure de ses marchés financiers. Grâce à son inclusion dans le panier du DTS, la devise chinoise devrait être plus largement utilisée dans les transactions internationales et couramment échangée sur les marchés de changes. »
CHINOISERIES
Parmi les pays ayant flairé la bonne affaire qu’offre le RMB en plus du Qatar il y a le Canada qui a annoncé en 2014 sa décision d’établir le premier centre de négociation du renminbi dans les Amériques . « Comme le renminbi devrait s'affaiblir par rapport au dollar canadien en 2015, les contrats réglés en renminbis seront plus intéressants pour les acheteurs chinois que ceux libellés en dollars canadiens ou américains. » lit-on sur le site de la Banque d’affaires britannique HSBC ,leader sur le marché chinois. Maintenant en guise de conclusion cette question : si le RMB est la véritable cause des ennuis du Qatar alors pourquoi l’Arabie saoudite s’est-elle empressées de s’acharner contre son voisin et partenaire qatari au point d’ameuter d’autres pays comme l’Egypte, le Bahreïn, les Emirats… dans sa guerre contre l’émirat ? Les raisons sont nombreuses mais cette-ci suffit : le royaume Wahhabite possède 750 milliards en bons du Trésor et d'autres actifs aux États-Unis sans compter d’autres milliards placés par de richissimes particuliers saoudiens dans les banques yankees. D’où la crainte que le RMB n’affaiblissent un « très cher » billet vert déjà vacillant. Pour rappel : bien avant le Qatar d’autres pays ont essayé de nuire au dollar américain. Bien mal leur en a pris. En pleine crise irano-occidentale, « Le 18 décembre 2006, le porte-parole du gouvernement iranien M. Gholâmhossein Elhâm a officiellement annoncé la décision de son pays d’abandonner l’usage du dollar pour adopter l’euro comme monnaie de règlement de ses transactions internationales. En 2010, à l’initiative du colonel Kadhafi de Libye, Zine el-Abidine Ben Ali de Tunisie et Hosni Moubarak d’Egypte avaient exprimé leur souhait d'émettre un Dinar en or arabe et d'exiger le paiement de leurs exportations de pétrole avec cette nouvelle monnaie unique et non en dollars américains. Des emails qui auraient été envoyés par la secrétaire d'État d’alors Hillary Clinton à son conseiller en Libye laissent penser que le fin malheureuse du triumvirat arabe était liée à leur très mauvaise initiative de former l’embryon d’une banque panarabe. Le printemps arabe serait donc un écran de fumée pour maquiller l’élimination de Kadhafi, l’exil de Benali et la destitution de Moubarak. Même la monnaie unique des pays européens pourtant très proches des Etats-Unis n’est pas épargnée par les foudres de l’Oncle Sam du moment qu’elle fait de l’ombre au sacré billet vert. « Les Etats-Unis n’ont jamais caché leur hostilité envers toute devise qui fait de l’ombre à la suprématie de leur dollar. L’euro en première ligne. «L’euro est une expérience qui a échoué.» Il n’est pas rare d’entendre cette phrase sur le sol américain. Le premier à l’affirmer a été Martin Feldstein, professeur d’économie à l’université Harvard et ancien conseiller économique du président Ronald Reagan. Autres expressions habituelles : l’euro est «un cauchemar», «un piège», «un catalyseur d’extrémisme», «antidémocratique», etc. Les Américains reprochent aux fondateurs de l’euro d’avoir fait fi des contingences économiques dans les années 90 : on n’instaure pas une union monétaire comme ça ! » Alors !

Publié dans Grand Angle

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