Pourquoi le monde court inexorablement à son autodestruction

Publié le par Abdelkarim Chankou

Pourquoi le monde court inexorablement à son autodestruction
Reculer les aiguilles de l’horloge apocalyptique n’y fera rien, sinon repousser temporairement l’issue fatale. Le monde court inéluctablement à sa fin. Si l’idée conforte et unit les fatalistes de tout poil, les disciples de Nostradamus comme les croyants au jour du jugement dernier elle divise et inquiète les athées et la communauté scientifique. Pourtant il semble bien que ce soient les premiers qui ont raison. À toute chose, une fin, à tout commencement, un terme. Quelles que soient les tentatives des seconds d’éviter le scénario de la fin de la vie sur Terre. Qu'on peut comparer à un système thermodynamique à l’échelle planétaire, dont l’entropie est en continuelle augmentation ! Or qui dit augmentation de l’entropie dit augmentation du désordre donc fin du système à terme. Le trou noir. Le monde a commencé par un trou noir il finira par un trou noir. L’agitation sociale qui va crescendo partout dans le monde est une forme de désordre dû à la montée de l’entropie sociale. Celle-ci considère qu’une société est structurée par une organisation sociale. La fin de la dialectique entropique autrement dit la fin des frontières et la lutte entre les classes implique la fin de l’histoire. Une idée défendue par Marx dans son Manifeste du parti communiste , mais qui au lieu de se terminer par le paradis sur terre s’achèvera bien par un enfer sur terre, qui engloutira tout. Laissons de côté l’entropie sociale et examinons les cas des entropies environnementale et politique. Ce n’est guère mieux. On se tue à vouloir enterrer du moins à réduire- les énergies fossiles pour baisser les émissions en gaz carbonique dans l’espoir de « maintenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en dessous de deux degrés Celsius au cours de ce siècle », mais on ne parviendra pas à arrêter la mécanique autodestructrice de la planète. En effet, ce système thermodynamique est très complexe si bien qu’il se comporte en véritable casse-tête. Dès que l’on croit résoudre un problème, c’est un autre qui remonte en surface. On résout le problème de la faim dans le monde par l’agriculture intensive ou productive qui se base sur l’emploi des pesticides nuisibles à la santé animale et humaine. On remplace ainsi la peur de mourir le ventre vide par la certitude de crever le ventre plein ; dans ce sens que l’agriculture biologique et non seulement hors de prix, mais ne peut nourrir des milliards d’humains et d’animaux.
FOYERS DE TENSION
Parmi les méfaits des pesticides, il y a les cancers qui ont connu une augmentation sans précédent au cours de ces dernières décennies. Le cancer étant en lui-même, à l’échelle microscopique, un cas de désordre entropique, causé par l’anarchie dans le renouvellement cellulaire. Pour ce qui est de l’entropie politique, elle a trait à la mort des valeurs universelles qui présidaient à toute action partisane noble et responsable. Dans le monde dit "démocratique" comme dans celui dit "autocratique" les partis politiques sont devenus des microcosmes d’intérêts personnels ou des lobbies par procuration, d’où la multiplication des guerres et des foyers de tension partout sur terre. On tue des êtres humains pour maintenir en vie des usines d’armement, le niveau de vie d'autres, le prestige d’une nation… Bref, on peut multiplier les exemples infiniment, on n’aura pas pour autant fait le tour de la question. Mais on peut conclure par ce raccourci futuriste. Imagions que l’homme réussisse à résoudre tous les problèmes sur terre, en éliminant totalement les pesticides agraires, en nourrissant et améliorant le niveau de vie de tous les habitants, en mettant fin à toutes les guerres, en utilisant exclusivement les énergies renouvelables, en battant définitivement les maladies létales comme les cancers, etc. aura-t-il pour autant stoppé ou du moins freiné longuement l’avancée fatale vers la fin du monde ? On n’en doute fort . Ne serait-ce que, ce faisant, il n’aura réussi qu’à multiplier le nombre des habitants sur terre qui sont déjà plus de 7,55 milliards. « (…) Il est peu probable que la planète puisse réellement supporter une population de 11 milliards d'habitants. » Estime Will Steffen professeur émérite de la Australian National University.
Et si d’ici là l’homme a découvert une autre planète habitable ? Le problème ne sera pas non plus résolu. La question de qui partira et qui restera engendrera des tensions entre les vulnérables et les puissants. L’entropie n’en finira pas de monter…

Publié dans Focus

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