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Le cercle vicieux de la haine

Publié le par Karim El Maghribi

Depuis l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le temps semble s’arrêter au Moyen-Orient. Braqués jour et nuit sur l’ex-Mésopotamie, débarrassée de son despote Saddam Hussein, les caméras médiatiques ont un peu oublié ce qui se passe en Israël-Palestine, à savoir  les territoires sous souveraineté palestinienne est israélienne. La recherche du scoop et du sensationnel  en Irak ou en Afghanistan a détourné  les regards des journalistes et aussi des observateurs sur la vie quotidienne en Israël et dans les terres sous tutelle de l’Autorité palestinienne. En réalité presque tout le monde avait cru que dès le retour de Yasser Arafat en Palestine en 1994 et la création de l’Autorité palestinienne -l’ébauche d’un futur Etat indépendant-, les carottes étaient cuites et que la paix était définitivement mise sur les rails. Grosse sinon grossière erreur !

 

Le retour triomphal de Yasser Arafat de Tunis avait en réalité marqué le début des vrais problèmes. L’immense foule qui avait accueilli avec les you-you et les chants révolutionnaires le retour de Abou Ammar après 27 ans d’exil avait masqué la haine et l’amertume de ses frères ennemis palestiniens, ceux du Djihad islamique et du Hamas mais aussi de certains factions de l’OLP.

 

Les longues années d’exil de Arafat au Liban puis en Tunisie avait divisé les Palestiniens en quatre catégories. Les Palestiniens d’Occident, aisés et qui ne suivent ce qui se passe au Moyen-Orient  que de loin ; les Palestiniens d’Israël (les Arabes de 1948) qui ne savent où donner de la tête ; les Palestiniens de certains pays arabes qui attendent le jour où on les embarquera vers une quelconque destination et en fin les Palestiniens des Territoires, particulièrement de Gaza que la misère et l’endoctrinement a fini par leur faire croire qu’ils sont les derniers vrais résistants face à Israël. Ceux qui n’ont pas désarmé, ceux qui ont tenu bon face à l’abdication du Fatah.

 

L’établissement d’une feuille de route pour la paix sous tutelle du Quartet  (Onu, Russie, Etats-Unis, UE) en 2003 et la mort de Arafat l’année suivante ont laissé lez champ libre au ennemis du Fatah pour occuper le terrain. La réoccupation de la Cisjordanie et le siège de la Mouqataa (palais présidentiel palestinien) à Ramallah en 2002 par Tsahal et surtout l’élimination du chef spirituel du Hamas, Cheikh Yassine en mars 2004,  avait  fermé les yeux aux Israéliens qui ont un peu observé avec une certaine bienveillance la montée du Hamas.

 

L’évacuation unilatérale de Gaza en août 2005 par les Israéliens avait été la goutte qui a fait déborder le vase. Le Hamas, alors au faîte de sa force, avait vendu cette évacuation aux habitants de Gaza comme une victoire de ses ailes armées et de celles du Djihad. La suite on la connaît. En septembre 2007,  le cabinet restreint israélien  déclare la bande de Gaza «entité ennemie», ce à quoi Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, avait répliqué en  déclarant que cette décision israélienne était une « déclaration de guerre. »



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Publié dans Focus

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Mortel malentendu

Publié le par Abdelkarim Chankou


Si  les Israéliens n’ont pas pu  faire la paix avec un gouvernement palestinien unique, l'on se demande comment ils pourront la faire avec deux gouvernements  palestiniens, qui plus est antagonistes ?

 

Au risque de froisser  beaucoup de monde, je pense qu’Israël a commis au moins deux fautes stratégiques.  D’un côté en favorisant le radicalisme islamiste palestinien (qui a généré le Hamas en 1987) au détriment de l’OLP. Et de l’autre, en évacuant unilatéralement Gaza en août 2005,  évacuation  qui a induit ou plutôt conduit à la formation de deux gouvernements palestiniens. L’un siégeant en Cisjordanie sous l’autorité du président Mahmoud Abbas (Fatah-OLP) et l’autre à Gaza sous la direction de Ismaël Haniyeh (Hamas). Ce dernier étant considéré par le premier comme illégitime puisqu’il a été dissous par  Mahmoud Abbas le 14 juin 2007.

 

En menant une opération d’envergure contre Gaza ce matin et qui a fait  une dizaine d’heures plus tard plus de 220 morts et 700 blessés, Israël aura commencé sa troisième faute de stratégie, même si, il est vrai, il n’a pas beaucoup de choix tant les missiles artisanaux Al Kassam pleuvaient sur Sderot et Ashkelon en faisant des morts et des blessés. La troisième faut c’est l’affaiblissement définitif du président Abbas et de son gouvernement. Ce qui signifie dans peut de temps les Israéliens n’auront plus d’interlocuteur ; car aucun Arabe aussi raisonnable soit-il ne pourra  prendre parti pour le Fatah contre le Hamas.

 

Il ne restera plus à Israël que de réenvahir Gaza, mais c’est très improbable et surtout suicidaire pour Tsahal. A moins d’éliminer tous les habitants de Gaza.

 

Le premier ministre démissionnaire Ehud Olmert essaye d’expliquer que l’assaut aérien contre Gaza est dirigé contre le Hamas mais pas contre les habitants de Gaza. C’est autant bombarder un ferry-boat et dire que c’est l’équipage qui est visé et non les voyageurs.  Pardon pour la comparaison mais dans cette histoire beaucoup de monde est mené en bateau. Particulièrement le Palestinien moyen  qui ne demande qu’à vivre décemment.

 

De son côté le Hamas commet une double faute de calcul. D’une part, il bataille durement pour donner à son différend avec Israël un caractère religieux, de  guerre sainte ; ce qui est faux : le problème israélo-palestinien ou israélo-arabe par extension est éminemment politique (un mortel malentendu) ; sinon pourquoi tous les Arabes vivant à New York n’ont pas plié bagages plutôt que de rester vivre dans une ville dont le Maire est un juif ; en l’occurrence Michael Bloomberg ? Et de l’autre, il croit affaiblir les régimes arabes, spécialement le régime égyptien, en les montrant chaque fois du doigt. Tout ce que le Hamas peut escompter de cette diabolisation anti-arabe, c’est l’effondrement du régime de Housni Moubarak et son remplacement par un autre susceptible de rééditer les « épopées » de Hama ou de Septembre noir…

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Publié dans Edito

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La guerre froide se réchauffe

Publié le par Karim El Maghribi


Les observateurs de la scène proche-orientale et de la guerre qui y mènent discrètement Russes et Américains sont de plus en plus convaincus que les stratèges des deux puissances semblent d’accord au moins sur un point : la fin de la guerre froide avec la chute du mur de Berlin en il y a 20 ans n’a pas été aussi bénéfique pour l’humanité que le chantaient les Américains. La dislocation du camp communiste a non seulement laissé le champ libre à la montée du terrorisme islamiste mais a encouragé le capital mondial, enivré par tant d’euphorie, à aller droit vers le mur.

La crise financière qui secoue le monde depuis son annonce à mi septembre dernier s’explique en fait par l’absence brutale d’un contre poids moral et idéologique à l’ultralibéralisme ; en l’occurrence le communisme.

Conséquence : Moscou et Washington se dirigeraient vers un compromis qui favoriserait le retour de la bipolarité d’antan. Aussi bizarre que cela puisse paraître et avec le recul, la situation d’avant 1989 semble moins catastrophique que ce que vit le monde actuellement.

Signe des temps : sous les yeux bienveillants de la Maison Blanche, la Russie aurait commencé à livrer à l'Iran des missiles sol-air S-300 susceptibles d'être utilisés par Téhéran lors d'une attaque aérienne israélienne ! Mieux : Moscou se découvre même une âme charitable en donnant gratuitement un lot de 10 Mig 29 au Liban dont les Forces aériennes se limitaient à deux malheureux appareils qui ne payent pas de mine ! Mieux encore : les protestations israéliennes contre la transaction des S-300 ne sont pas allés à Téhéran comme on devait s’y attendre mais à Damas, via une lettre de mise en garde où l’Etat hébreu aurait vivement déconseillé à Damas de tenter de faire profiter le Hezbollah de capacités d’interception anti-aériennes ; comme si Téhéran se préparait à partager sa livraison de missiles S-300 avec son allié damascène.

Mais la question de savoir si ce manège russo-américain va aider ou non à enrayer la crise demeure entière. Toutefois une chose est sûre : quel que soit le résultat de ces manœuvres, la Chine et l’Inde seront les grands perdants de ce retour « arrangé » de la guerre froide.

Photo : des Missiles S-300

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Publié dans Confidentiel

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Un Belkhadem nommé délire

Publié le par Abdelkarim Chankou









 
Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN et ministre d’Etat représentant personnel du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a le don de l’anachronisme et des déclarations à tort et à travers quand il s’agit du Maroc.

L’ex-islamiste qui s’est converti au FLN pour poursuivre son djihad contre le Maroc sous une étiquette plus acceptable par l’Occident ne mâche pas ses mots.
M. Belkhadem qui est l’un des rares membres barbus du FLN a dénoncé avec force ce week-end à Alger les « campagnes médiatiques et parfois para-partisanes marocaines contre l’Algérie». Et l’ancien premier ministre de continuer : «Nous disons aux Marocains que vous êtes nos frères et, de ce fait, nous ne pouvons que vous souhaiter tout le bien qui soit».

Mais M. Belkhadem qui s’exprimait à l’ouverture des travaux de la 3e session ordinaire du conseil national de son parti en plein campagne électorale de soutien à Bouteflika qui brigue un 3e mandat après une réforme de la Constitution (pouvoir, quand tu nous tien !), ne s’arrête point là. Puisqu’il a ajouté cette phrase : «nous disons à nos frères marocains que l’Algérie n’a jamais cessé de soutenir le droit des peuples en lutte pour leur autodétermination, et cela est l’un de nos principes», en précisant que «si nous soutenons le peuple sahraoui représenté par le Front Polisario, c’est par fidélité à ce principe fondamental du peuple algérien» !

Notre commentaire :

Pour ce qui des Marocains frères des Algériens, nous sommes d’accord. Moi-même compte plusieurs algériens amis au Maroc et en France. Je puis même certifier qu’à ce jour je n’ai rencontré que des Algériens braves et honnêtes.

Mais hélas. Certains dirigeants de l’Algérie semblent venir d’autres planètes tellement ils ne ressemblent pas à leur peuple. Y compris M. Belkhadem que je viens d’apprendre qu’il a des principes.

Or si Belkhadem a un seul principe qui tienne la route c’est bien celui de ne rater aucune occasion pour nuire aux intérêts de son voisin marocain.

Déjà en avril 2008, à Tanger, M. Belkhadem s’était adressé à un chef de parti marocain en des termes qui affirment que l’homme couve de la haine pour le Maroc.

« Voulez-vous que l'Algérie renonce à ses principes. Mon pays fait face à des accusations », avait lancé alors M. Belkadem. Il avait fallu que le Premier ministre marocain Abbas El Fassi intervienne pour que la salle se mette en silence pour laisser continuer le délire de de M. Belkhadem ».

Mais admettons que M. Belkhadem a vraiment des principes, qui sont ces principes ? L’appui des peuples en lutte pour leur autodétermination, dit-il. Soit.

Mais qu’a fait M. Belkhadem pour aider le Kosovo musulman à retrouver son indépendance ? Réponse : Rien. Alger ne pouvant froisser le Kremlin, son bienfaiteur devant l’éternel. Mieux : le régime algérien n’a même pas daigné reconnaître l’indépendance du Kosovo proclamé en mars dernier pour faire plaisir à ses amis serbes.

On peut multiplier les exemples comme celui du peuple tibétain, mais ce n’est pas notre but. A bon entendeur salut !

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Publié dans Edito

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Maroc : redéploiement policier pour prévenir le terrorisme

Publié le par Karim El Maghribi

La Direction générale de la sûreté nationale et l‘Inspection générale des Forces auxiliaires ont mis au point un plan rationnel de redéploiement  de leurs agents respectifs pour mieux prévenir la menace terroriste sans être obligé de grever le budget de l’Etat par le recrutement de nouveaux agents.

 

L’équation est la suivante : comment libérer des effectifs de la police en les affectant à la prévention du risque terroriste sans exposer davantage le pays à la montée de la petite délinquance et le banditisme ?

 

Réponse : en procédant à un redéploiement  intelligent des moyens de bord. C’est-à-dire en comblant les effectifs de policiers affectés la lutte contre le terrorisme par des agents des Forces auxiliaires, jeunes et nouvellement formés au maintien de l’ordre dans les agglomérations à fortes délinquance et incivilité et aux points chauds  connus de la police.

 

Sachant que le Maroc compte à peine un policier pour 750 habitants soit un total de quelque 45.000 agents, le ratio le plus faible du Maghreb, il s’avère donc urgent de faire appel au corps des Forces auxiliaires, soit quelque 60.000 hommes dont une partie est affectée en priorité à la lutte contre le trafic de drogue et l’immigration clandestine ; le reste attendant les traditionnelles occasions pour sortir de leurs casernes dont les déplacements intérieurs du Roi ou les matchs de football…

 

Charki Draiss, le patron de la DGSN,  étant un ancien caïd, donc connaissant bien l’administration territoriale, et son collègue des Forces auxiliaires, le général de division Hamidou Laanigri étant très au fait des besoins de la police pour avoir été son police entre 2003 et 2005, l’équilibre a été vite trouvé.

 

L’expérience s’étend actuellement à la préfecture de Casablanca-Anfa après avoir concerné les annexes administratives de la préfecture d'Al Fida Mers Sultan, et 10 autres annexes des préfectures de Ben M'Sick et de Moulay Rachid. Elle sera ensuite  étendue au fur et à mesure aux autres préfectures et villes du Royaume.

 

Ainsi un contingent de près de 200 éléments des Forces auxiliaires, ayant bénéficié d'une formation spéciale de trois mois, vient d'être redéployé au niveau des différentes annexes administratives de la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa, dans le cadre d'un plan relatif à la réorganisation et au renforcement de l'administration territoriale. Pas moins de 17 annexes administratives réparties sur le territoire de cette préfecture seront renforcées par ces éléments et équipées notamment de nouveaux véhicules (17) et matériels de communication. Et ce dans le cadre de la politique de proximité ; l'objectif étant de mettre en place un système efficace d'administration de proximité et de renforcer davantage la sécurité des biens et des personnes.

 

Ce redéploiement vise à « ériger le caïdat et l'annexe administrative en unité de base par l'implantation d'un dispositif d'encadrement jouissant d'une certaine autonomie en matière d'action préventive de proximité et d'une vaste opération de redéploiement des éléments des Forces auxiliaires à l'échelle du Grand Casablanca. »

 

L'agent d'autorité territorialement compétent, en l’occurrence le caïd ayant un grade de lieutenant, « disposera, ainsi, d'un détachement des Forces auxiliaires doté d'effectifs suffisants de moyens de mobilité et de communication adéquats pour assurer une meilleure protection des personnes et des biens dans le cadre d'une action préventive de proximité, particulièrement dans le domaine de la lutte contre la petite délinquance et les incivilités. »

 

Le détachement, d’un effectif de 15 à 17 éléments, dont certains seront équipés de motos cross, sera directement commandé par un adjudant qui disposera d’une arme à feu  comme l’avaient été tous les adjudants des Forces auxiliaires avant le milieu des années 1980.

 

De même les caïds qui commanderont aux adjudants pourront être dotés de la qualité d’Officier de police judiciaire (OPJ), ce qui les autorisera à  procéder à des arrestations et rédiger des procédures de transfert devant les tribunaux compétents des personnes arrêtés. A cet égard, toutes les geôles des Caïdats et Annexes Administratives vont devoir rouvrir leurs portes pour abriter les personnes en garde à vue avant leur transfert devant la justice.

 

L’octroi de la qualité d’OPJ aux caïds ne manquera pas de désengorger les arrondissements de police (commissariats de quartiers) dont les officiers pourront s’occuper de tâches plus ardues.

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Publié dans Stratégie

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Le plan triennal de la Fondation Anna Lindh adopté à Nice

Publié le par SCSM


Le Conseil des Gouverneurs de la Fondation Euro-Méditerranéenne Anna Lindh a adopté à l’unanimité le plan d’action triennal (2009-2011) présenté par M. André Azoulay, Conseiller de  S.M. le Roi et Président de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures.

 

Réuni mercredi à Nice dans le cadre de la Présidence française de  l’Union Européenne, en présence des représentants des 43 pays membres de l’Union pour la Méditerranée, le Conseil a également ratifié plusieurs amendements apportés aux statuts de la Fondation qui fera désormais rapport de ses activités au Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de l’Union pour la Méditerranée.

 

« La Fondation Anna Lindh dispose maintenant d’une feuille de route cohérente, engagée et ambitieuse qui à terme, donnera aux sociétés civiles des deux cotés de la Méditerranée la place qui leur revient et qui donnera toute sa légitimité à la destinée commune que leur propose l’Union pour la Méditerranée » a déclaré M. Azoulay à l’issue des travaux du Conseil de Nice.

 

Le processus de ratification de ce plan triennal avait commencé au printemps dernier à Bruxelles devant les responsables de la politique euro-méditerranéenne, la Commission Européenne, le Parlement Européen et l’Assemblée Parlementaire Euro-Méditerranéenne. Les axes stratégiques autour desquels s’articule le plan présenté par M. Azoulay avaient également été débattus par le Conseil Consultatif et les Chefs de file du réseau de la Fondation Anna Lindh qui compte plus de 2000 ONG réparties dans les 43 pays du partenariat euro-méditerranéen.

Avant la réunion de Nice, M. Azoulay s’était rendu à Alexandrie et au Caire pour présenter son plan aux équipes de la Fondation qui siège à Alexandrie ainsi qu’aux principaux responsables égyptiens dont le pays assume avec la France, la co-présidence de l’Union pour la Méditerranée.

 


Photo : Remise des prix de la Fondation à 4 journalistes les 29 et 30 mai 2008 à Athènes.


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Publié dans Dialogue des cultures

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Madrid peine à percer au Maroc

Publié le par Mansour Sahraoui

Malgré des relations séculaires, une histoire et une culture en partie communes, une proximité géographique (seulement 12 km séparent les deux pays), un Espagnol sur 5 porte dans ses veines du sang marocain…, le royaume ibérique peine toujours à se faire une place qui sied à son rang chez son voisin immédiat du sud : le royaume du Maroc.

 

Pourtant depuis l’avènement de Mohammed VI il y a 9 ans, les intérêts espagnols au Maroc en pris une tournure radicale, leur valeur grimpant en flèche, si bien qu’en 2007 les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Espagne ont atteint quelque 4 milliards d’euros, contre environ 6,2 milliards pour la France, le premier partenaire économique, politique et culturel du royaume chérifien.

 

Mais attention ! cela ne signifie pas pour autant que Madrid est prête de rattraper Paris. Loin s’en faut. La France étant plus présente plus profondèment au Maroc à travers les industries, lourde et de transformation, qui sont réputées pour employer une main d’œuvre nombreuse allant de l’ouvrier sans aucune qualification à l’ingénieur polytechnique. Et c’est justement là où le bât blesse.

 

Ne restant aux investisseurs ibériques que les secteurs de service et quelques industries agro-alimentaires où le retour sur investissement est de longue durée et modeste sans oublier la forte concurrence dont ces secteurs sont l’objet de la part de mastodontes mondiaux, Madrid a l’impression que son avenir économique au Maroc est de plus en plus incertain. D’autant que les investisseurs espagnols au Maroc souffrent déjà de l’absence d’un conseil marocain de la concurrence indépendant et impartial.

 

Ainsi l’homme d’affaires ibérique se trouve pris en sandwich entre l’étroitesse d’un marché dominé par certains groupes bien implantés et l’inexistence d’une concurrence parfaite- ou du moins normale- quand bien même le resserrement des liens politiques entre les deux royaumes semble impotent devant cet état de fait.

 

Pourtant Madrid ne semble pas désarmer devant tant d’embûches. Tout le contraire. Sur le volet politique, le Palais de la Monlcoa ne cesse de passer des messages positifs en direction de Rabat tout en lâchent du lest quant à la proposition d’autonomie marocaine pour ses provinces sahariennes. Sans perdre de vue le rôle d’avocat des intérêts marocains que joue Madrid assidûment au sein d’une Union européenne pas toujours acquise aux intérêts marocains, surtout en ce qui est de sa branche législative, chasse gardée des politiques qui parfois sont contraints pour montrer qu’ils sont là de prendre des positions non-conformistes et surréalistes.

 

Au rayon économique, Madrid ne semble pas plus prête à se résigner. A l’occasion de l’actuelle tenue de la 9e réunion  de haut niveau entre le Maroc et l’Espagne, Madrid a surpris la délégation marocaine, conduite par le Premier  ministre istiqlalien Abbas El Fassi, en allouant la somme de 520 millions d’euros (6 milliards de dirhams) à divers projets de développement au Maroc, une enveloppe jamais débloqué par Madrid en faveur d’un pays étranger ami, même pas pour les pays d’Amérique latine !

 

Côté culturel, on peut dire sans médire que c’est le parent pauvre des relations entre les deux royaumes.

Malgré une politique de délivrance des visas au Marocains désirant se rendre dans les Etats de l’Espace Schengen des plus fluides et souples, la lange espagnole, hormis dans les ex-colonies, demeure aussi élitiste que l’était le latin dans l’Europe médiévale. Le grand peuple c’est plutôt l’anglais. Pourtant les centres culturels et écoles espagnols ne manquent pas au Maroc. Mais ils se caractérisent par un manque d’agressivité et une timidité souvent incomprise.

 

En bref, seule la coopération anti-terroriste ne souffre d’aucune vicissitude et se porte comme charme.

 

En revanche, Madrid ne cache pas parfois son mécontentement. Et elle le montre bien par des gestes symboliques mais percutants.

 

A l’occasion de cette 9e réunion de haut niveau entre les deux pays, le roi Juan Carlos de Bourbon a tenu à recevoir en audience le président du patronat marocain, Moulay Hafid Elalamy, en premier avant de recevoir le Premier ministre Abbas El Fassi. Il a reçu le premier lundi après midi et le second 24 heures plus tard ! S’agit-il là d’une erreur du protocole du palais royal de la Zarzuela ? On en doute  fort. Surtout que Abbas El Fassi a été « issu » en principe des urnes populaires, alors que Moulay Hafid Elalamy n’a été élu que par ses collègues de la CGEM qui plus est ne représente même pas 5 % des entreprises marocaines. Il faut donc voir dans cette entorse volontaire aux règles de bienséance un  message indirecte et ferme de Madrid qui voudrait dire, supposons-le, « ça se passe mieux avec le Patronat qu’avec un Abbas El Fassi dont le parti est connu pour ses sorties tonitruantes quant aux présides de Ceuta et Melilla  que revendique officiellement Rabat.

 

 

Photo : Abbas El Fassi & son homologue José Luis Rodriguez Zapataro à l'aéroport de Oujda le 12 juillet 2008.

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Alexandrie : Azoulay présente le plan triennal de la Fondation Anna Lindh

Publié le par Abdelkarim Chankou

M. André Azoulay, Président de la Fondation Anna Lindh pour la dialogue des cultures et Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, s’est rendu comme prévu en Egypte, du 13 au 15 décembre 2008. Sa première visite officielle au pays des Pharaons depuis son élection à la tête de la Fondation le 5 mars 2008. Compte tenu du rôle leader que joue l'Egypte au sein du Monde arabe, la visite de M. Azoulay à ce pays qui abrite le siège de la Fondation représente une opportunité de choix pour façonner la nouvelle dynamique du « Processus de Barcelone » matérialisée désormais par L’Union pour la Méditerranée dont le président égyptien Housni Moubarak co-préside avec son homologue français Nicolas Sarkozy.

Vu de cet angle, la visite du Président Azoulay se décline en deux volets. D'un côté, il vise à coordonner avec les responsables égyptiens le rôle de l'Égypte à dans cette Union pour la Méditerranée. Et de l'autre, de mobiliser les médias et la société civile pour participer activement dans l'élaboration de cette «Union pour la Méditerranée. En conséquence, la
Fondation Anna Lindh a co-organisée avec le Conseil égyptien des affaires étrangères une conférence sur le « rôle de l'Égypte au sein de l'Union pour la Méditerranée », ainsi que le rôle central joué par la Fondation Anna Lindh dans cette Union. Les membres du groupe sont M.M. Boutros Boutros Ghali et Ahmed Maher,* tous les deux d’anciens ministres égyptiens des Affaires étrangères ; Abdel Raouf El-Ridi, président du conseil égyptien des affaires extérieures, le célèbre peintre alexandrin M. Farouk Hosny et l’économiste égyptien le Dr Ismail Serraj-Eddine.

La conférence a lieu aujourd’hui, le 15 Décembre au Caire, et a réuni plus de 200 participants, y compris les ambassadeurs de l’Euromed en Egypte, des personnalités locales et étrangères, des journalistes, des représentants de la société civile, des artistes égyptiens, des chercheurs, des intellectuels et des hommes d'affaires. André Azoulay s’est également réuni avec M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue des États arabes pour discuter de l'actualité politique et culturelle du moment.

M. André Azoulay a également présenté les grandes lignes du programme de la Fondation Anna Lindh pour les trois prochaines années (2009-2011).

La veille, dimanche, M. Azoulay a effectué une visite au siège de la Fondation Anna Lindh à Alexandrie, où il a tenu une séance de travail avec le staff de cette institution et avec le gouverneur d'Alexandrie.


L’Institut suédois à Alexandrie et qui se partage avec la Bibliothèque de la même ville le siège de la Fondation (photo) a été inauguré le 3 octobre 2000 en présence de la ministre suédoise des Affaires étrangères,
Feue Anna Lindh, et son homologue égyptien M. Amr Moussa.


(*) Ahmled Maher est actuellement
le Président du Conseil national égyptien des droits de l'Homme


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Publié dans Dialogue des cultures

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Alger menace Paris

Publié le par Karim El Maghribi


















A quelques semaines de sa deuxième visite officielle en France, probablement en février 2009, le président algérien Abdelaziz Bouteflika devra affronter avec le risque d’y laisser des plumes un grave imbroglio judiciaire sur fond d’assassinat politique.
La confirmation de la mise en examen du diplomate algérien, Mohamed Ziane Hasseni, dans l’affaire de l’assassinat en 1987 de Ali André Mecili à Paris a provoqué l’ire du régime algérien poudres en Algérie dont les gros bras s’inquiètent que cette mise en examen n’aboutisse, par effet boule de neige, à l’ouverture de la boîte de Pandore. La junte militaire qui tire les ficelles au Plais El Mouradia et les apparatchiks multiplie les menaces déguisées en langage diplomatique pour arrêter la procédure judiciaire surtout que la Garde des Sceaux, Rachida Dati, est de mère algérienne. Et pour donner plus de piment à ces menaces, Alger laisse entrevoir des représailles économiques ; à savoir l’annulation de contrats en cours entre Alger et Paris au bénéfice de cieux plus cléments.
Mais la justice française qui n’apprécie pas beaucoup que l’on lui dicte sa conduite surtout quand cela vient d’un pays étranger qui a une vision particulière de la démocratie et de la séparation des pouvoirs, a refusé, jusqu’ici, de se laisser faire. Et dans quelques jours il y aura l'audition par le juge d'instruction de deux autres témoins dans cette affaire. Mais Alger n'en démord pas : «Il n’y aura pas de procès Hasseni car le diplomate algérien est innocent ! » clame le ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la communauté nationale à l'étranger, Jamel Ould Abbès, après avoir rendu visite à l’avocat de l’ex-officier du renseignement algérien Mohamed Ziane Hasseni, détenu et placé sous contrôle judiciaire à Paris depuis le 14 août dernier sous le chef d’accusation d’ « assassinat », dans la capitale française. Seulement selon le site Mediapart un certain colonel Samraoui plus haut gradé de l'armée algérienne en exil et témoin clé de l'affaire Mecili, est aujourd'hui en mesure d'affirmer (…) que Mohamed Ziane Hasseni, le diplomate algérien arrêté le 14 août dernier à l'aéroport de Marseille, est bien le commanditaire de l'assassinat, en avril 1987 à Paris, de l'avocat et opposant au régime d'Alger André Ali Mecili (photo).
Néamoins le ministre Ould Abbès a au moins le mérite d’être clair: Alger ne veut pas d'un procès public qui mettrait sur la place publique des dossiers puants et des noms que le pouvoir n'aimerait pas voir cités publiquement surtout dans le contexte actuel où Alger ne dispose plus de carte maitresse face à Paris : son pétrole est de moins en moins nécessaire à une économie européenne en ralenti, idem de son gaz que peut fournir dans des conditions meilleurs l’émirat du Qatar.
Si à Alger, on sait que le juge Baudoin Thouvenot ne lâchera pas pris facilement, on espère au moins que de l'audition par ce juge de deux autres témoins n’aille pas au-delà des lignes rouges. Autrement dit, Alger veut une instruction lente qui s’achève sur un non-lieu.
Pour y parvenir, le régime de Bouteflika se déclare sur le pied de guerre et agite la menace des représailles économiques. A suivre…

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Publié dans Sécurité

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Maroc : Interpellation de plusieurs individus parmi les milieux islamistes

Publié le par Karim El Maghribi avec MAP


Comme nos l’avions écrit dans nos précédentes éditions à savoir que si des coups de filets dans les milieux terroristes il y avait, il y en aurait eu après la fête de l’aïd, en l’occurrence après le  9 décembre. En effet, les services de sécurité marocains ont procédé à l'interpellation de plusieurs individus parmi les milieux islamistes, annonce vendredi un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Cette opération, menée à l'approche de la période de fin d'année, a permis l'arrestation à Berkane de cinq activistes « salafi jihadi », membres d'une cellule islamiste qui s'apprêtaient à aménager un maquis et projetaient de s'attaquer à des établissements bancaires pour s'accaparer de fonds nécessaires à l'acquisition d'armes à feu, poursuit le communiqué.

Cette opération a également permis la neutralisation, dans différentes villes du Royaume, de personnes recherchées dans le cadre d'affaires de terrorisme, indique le communiqué, précisant que les personnes arrêtées ont été présentées à la justice.

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Photo : interpellation d'un suspect à Casablanca en avril 2007

Publié dans Sécurité

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