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Contre qui s’arme Abou Dhabi?

Publié le par Abdelkarim Chankou

En pleine crise financière internationale et alors que tous les indices boursiers des pays du Golfe sont en chute libre (sauf celui des Emirats, il est vrai), la capitale fédérale des Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi, annonce ce mercredi 25 février à la surprise générale la commande la commande de 48 avions d'entraînement M346 à l'Italien Alenia Aermacchi.

 

« Alenia Aermacchi va fournir aux forces armées des Emirats 48 avions pour leurs besoins d'entraînement », a déclaré le général Obeid al-Ketbi à la presse au quatrième jour de l'IDEX 2009, présenté comme le plus gros salon de l'armement au Moyen-Orient. Sans toutefois préciser la valeur de cette commande.

 

Mieux : la veille, Abou Dhabi a annoncé des commandes de 16 avions de transport militaire aux constructeurs américains Boeing et Lockheed Martin. Cette fois le coût est précisé : 2,9 milliards de dollars sonnants et trébuchants. On sait même u  peu plus sur les détails de cette commande : Boeing va fournir quatre C-17, un avion de transport géant, dans le cadre d'un contrat d'une valeur globale de 4,8 milliards de dirhams (1,3 milliard de dollars) alors que Lockheed Martin, quant à lui, va fournir aux mêmes forces aériennes émiraties 12 avions de transport de type C-130J (photo), un contrat d'un montant de 5,9 milliards de dirhams (1,6 milliards de dollars).

 

Le général Ketbi justifie ces commandes par la volonté de son pays de moderniser sa flotte vieillissante. Il ajoute que « ce sont là des contrats définitifs. Allusion  faite à l’annulation en début de mois par une société spécialisée dans le leasing aéronautique à  Dubaï d’une commande de 16 Boeing 787  Dreamliner.

 

Nonobstant l’occasion de la  tenue du salon IDEX 2009, on ne peut que se poser des questions sur le timing choisi par Abou Dhabi d’annoncer ces importantes commandes militaires.

 

Si l’on élimine la probabilité que ces commandes étaient en partie destinées à exprimer le mécontentement des Emirats du rapprochement à tous les niveaux entre la France et le Qatar, on ne peut, par contre en faire de même avec un évènement qui a secoué la semaine dernière la région du Golfe persique ou arabique. A savoir  le fait que Ali Akbar Nateq Nouri, haut responsable du Bureau du Guide suprême iranien, ait qualifié le Bahreïn de « 14e province iranienne » historique. Notant qu'il disposait d'un représentant au Parlement. Une annonce qui nous rappelle une autre annonce, celle de Saddam Hussein qui, durant l’été 1990, avait déclaré le Koweït « 19e province irakienne ». La suite on l’a connaît. Mais ce n’est pas notre sujet.

 

C’est donc cette déclaration de Ali Akbar Nateq Nouri qui a mis le feu aux poudres ou plutôt la puce à l’oreille du gouvernement émirati. Car comme le Bahreïn (1) les Emirats ont un différend frontalier avec l’Iran. Les Emirats sont opposés à l'Iran au sujet des îles d'Abou Moussa, de la Petite et de la Grande Tomb.

Vers la fin de l’année 1971, le Chah d’Iran avait même refusé de reconnaître l’indépendance des Emirats si Téhéran ne récupérait par l’île d’Abou  Moussa dépendant de l’Emirat de Charjah, et les deux îles Tomb, qui relèvent de l’Emirat de Ras-el-Khaymah.

 

Donc les commandes militaires de Abou Dhabi peuvent se lire plutôt comme un avertissement clair à l’adresse de Téhéran. A savoir ceci à  peu près : « Si Manama boycotte votre gaz, nous, Emiratis, on n’hésitera pas d’en venir aux armes.

 

(1) Le 23 février la Libye réaffirme l'arabité du Bahreïn  Mais il y a quelques semaines le colonel Kadhafi avait déclaré que l’écrasante majorité de Bahreïnis est de souche iraniennes ! Rabat a convoqué son chargé d’affaires ad interim à Téhéran pour consultations  en solidarité avec Manama.

Publié dans Focus

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La majorité accuse le PS de récupération politique des incidents en Guadeloupe

Publié le par AFP

Le secrétaire d'Etat à l'Outremer Yves Jégo a regretté lundi que le Parti socialiste « joue la mouche du coche » et "essaie de jeter de l'huile sur le feu » en Guadeloupe et il a réaffirmé que sa démission n'était pas à l'ordre du jour.

Le « PS joue la mouche de coche, essaie de jeter de l'huile sur le feu et je trouve que ce n'est pas très digne face à une crise dont chacun comprend bien qu'elle est compliquée. D'ailleurs, moi j'attends toujours de savoir de la part du PS quelles sont ses solutions », a déclaré M. Jégo sur LCI.

« Il y a un temps où il faut être en Guadeloupe, j'y ai été beaucoup. Il y a un temps où il faut travailler les solutions à Paris » a-t-il répliqué à François Hollande. Peu avant, l'ancien premier secrétaire du PS avait déploré l'absence de représentants du gouvernement aux obsèques du syndicaliste guadeloupéen.

« Il y a une tentative de récupération, de politisation », a également déclaré M. Jégo, commentant les déclarations de Ségolène Royal en Guadeloupe. Selon lui, « c'est trop facile de venir dire : +c'est la faute au gouvernement, c'est la faute au président de la République+ ».

Dimanche, l'ex-candidate PS à la présidentielle avait reproché à « ceux qui nous gouvernent » de rester « enfermés dans leurs palais dorés », et demandé au Premier ministre François Fillon de venir assister aux négociations sociales en Guadeloupe.

M. Jégo a par ailleurs réaffirmé que sa démission n'était « pas à l'ordre du jour ». Mais « si demain ou après-demain le Premier ministre ou le président de la République me le demandent, je le ferai dans la seconde », a-t-il dit.

Publié dans Actualité

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Le gag des députés jordaniens

Publié le par Abdelkarim Chankou

Pour un gag ce n’est un ? Pour une blague elle est de très mauvais goût. Le Parlement de Jordanie se fait remarquer en annonçant qu’il allait saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour les  « crimes de guerre » commis par  l’armée israélienne à Gaza en décembre et janvier derniers.

 

L’annonce suscite l’enthousiasme des masses dans le Monde arabe avant que les honorables députés ne se ravisent en décidant de reporter sine die leur saisine dudit tribunal  siégeant à La Haye.

 

Mais que s’est-il donc passé de grave pour que ces représentants exaltés de la nation jordanienne fassent volte-face ?

 

Il s’est passé que la Jordanie bien qu’elle soit l’unique pays arabe avec le Djibouti et les Îles Comores à avoir ratifié le Statut de Rome portant création du CPI est la moins qualifiée pour  prendre une telle initiative. Et ce pour deux raisons que voici :

 

1) La population de Jordanie est constituée d’au moins 50 % de Palestiniens. Fait qui relativise la portée symbolique de cette initiative parlementaire : a-t-on voulu absorber une probable colère de ces derniers ?

2) En septembre 1970 suite à l’appel de Yasser Arafat de renverser la monarchie des Hachémites,  l’armée hachémite massacre des dizaines de milliers de Palestiniens. Le carnage entre dans l’histoire sous le nom de « Septembre noir ». Mais sans plus. Aucune action en justice ni locale, ni arabe, encore moins internationale n’a été entreprise à cet égard.

 

S’il est vrai qu’en 1970 il n’existait pas encore de CPI (entré en fonction 32 ans plus tard), un  pays arabe ou des pays arabes pouvait (ent) bien constituer un tribunal international pour juger ce massacre de septembre 1970. Or non seulement rien de tel n’a été entrepris mais tout dit qu’il en sera ainsi pour très longtemps encore. Alors que cinq hiérarques du régime du Kampuchéa démocratique (nom du régime khmer rouge) sont poursuivis officiellement depuis mardi dernier pour crimes contre l’humanité commis entre 1975 et 1979.


Moralité : le chameau ne voit jamais sa bosse... 

Légende photo : Feus Yasser Arafat et le roi Hussein de Jordanie

Publié dans Edito

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A Londres, André Azoulay appelle à une mobilisation solidaire des Musulmans et des Juifs contre l’antisémitisme et l’islamophobie

Publié le par SCSM

Le Conseiller de S.M. le Roi et Président de la Fondation Euro-Méditerranéenne Anna Lindh, Mr André Azoulay a appelé mardi à Londres à une mobilisation commune et solidaire des communautés musulmanes et juives pour lutter contre la montée de l’antisémitisme et de l’islamophobie dans le monde.

 

S’exprimant à Lancaster House devant près de 300 parlementaires venus d’Europe, des Etats-Unis et d’Amérique Latine, Mr Azoulay a déclaré que le dossier palestinien et israélien « était politique et imposait une réponse politique » tandis que la résistance à l’islamophobie et à l’antisémitisme relevait « de la conscience universelle et de l’éthique qui détermine l’action de chacun d’entre nous ».

 

Dénonçant avec force « les dérives coupables du négationnisme », le Conseiller de S.M. le Roi a longuement développé les choix historiques et constants du Maroc où la Communauté nationale « perçoit la résurgence de l’antisémitisme et de l’islamophobie comme une menace pour notre peuple et pour tous les peuples du monde ».

 

Cette réalité d’aujourd’hui reflète et conforte « l’ancrage profond du Maroc dans les valeurs de modernité et d’humanisme qui forgent la conscience nationale des grands pays et des grandes civilisations » à ajouté Mr Azoulay en appelant l’assistance à résister à une amnésie collective et sélective qui « réduirait la perception du monde arabo-musulman aux choix de ceux qui veulent instrumentaliser le conflit israélo-palestinien en le réduisant à un conflit entre religion et cultures ».

 

Mettant en relief la démarche exemplaire et historique de Feu S.M. le Roi Mohammed V dans sa résistante au nazisme et aux lois scélérates de Vichy, Mr Azoulay a souligné la permanence et la cohérence de la politique du Maroc en rappelant qu’après les attentats du 11 septembre, S.M. le Roi Mohammed VI avait immédiatement organisé dans la grande cathédrale de Rabat, une cérémonie œcuménique réunissant les autorités des trois grandes religions du livre.

 

S’adressant plus directement aux responsables des grandes organisations juives américaines et européennes présentes dans la salle, le Conseiller de S.M. le Roi a ajouté « voilà le message que mon pays, le Maroc, envoie à une communauté internationale minée par le doute, la frilosité et la tentation du repli identitaire ».

 

Plus récemment, a ajouté le Conseiller de S.M. le Roi, le Maroc a été le premier pays arabe à signer avec le musée américain du mémorial de l’holocauste un accord portant sur la coopération dans le domaine des archives et l’ouverture des dossiers classés relatifs à la persécution et aux actes d’antisémitisme de l’époque.

 

Mr Azoulay a, par ailleurs, rappelé son engagement pour la mise en place, en collaboration avec plus de 200 personnalités et historiens venus de 30 pays y compris du monde musulman, du projet Aladin visant à combattre en commun le déni de l’holocauste, l’islamophobie et l’antisémitisme. 

 

Annonçant la tenue dans les semaines qui viennent au siège de l’UNESCO à Paris, d’une importante conférence avec la participation de personnalités du monde arabe et d’Europe, Mr Azoulay a souligné que tous ces progrès, qui ont été réalisés malgré toutes les crises, confirment avec éclat qu’il existe, dans le monde musulman, des hommes et des femmes de conscience, convaincus que la ligne de démarcation ne se situe pas entre les cultures, les religions et les civilisations mais bel et bien entre ceux qui sont engagés en faveur du respect des valeurs universelles de justice, quelles que soient les religions, et ceux qui ne le sont pas.

 

Et de souligner qu’il ne peut y avoir de politique de deux poids, deux mesures dans le cadre de la lutte contre l’antisémitisme et l’islamophobie.

 

L’allocution du Conseiller de S.M. le Roi, qui a été introduit par M.M. John Mann, haut responsable du parti travailliste (au pouvoir en Grande Bretagne ) et Ian Duncan Smith, l’un des leaders du Parti Conservateur (principale formation de l’opposition), a été longuement applaudie par les participants à cette conférence.

 

Réunie à la Lancaster House à Londres, cette conférence a vue la participation de plus de 300 parlementaires venus de 42 pays dont le Maroc, la Tunisie et la Turquie, en plus des dirigeants des plus grandes organisations internationales actives dans le domaine de la défense des droits humains.

 

Lors de son séjour dans la capitale britannique, Mr Azoulay a pris part à un forum, qui a réuni pour la première fois depuis la tragédie de Gaza, près d’une centaine de journalistes, d’universitaires et d’experts européens et du Moyen Orient pour débattre de la façon dont les médias avaient rendu compte de cette guerre et pour en évaluer l’impact sur les opinions publiques notamment en Europe et dans l’espace arabo-musulman.

 

Il a également présidé une réunion extraordinaire du Conseil Consultatif de la Fondation Anna Lindh.

 

Le Conseiller de S.M. le Roi a, en outre pris part à une réception au 10 Downing Street (primature britannique) et à une autre organisé au siège du Ministère Britannique de la Défense au Whitehall (quartier général du gouvernement britannique au centre de Londres).

 

Mr Azoulay a également assisté à une autre réception offerte par l’archevêque de Canterbury et prima de l’église anglicane, le Dr Rowan Williams

Publié dans Dialogue des cultures

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La Fondation Anna Lindh et l'Alliance des civilisations lancent une initiative commune, à la suite de la guerre dans la bande de Gaza

Publié le par MAP


Organisé à l'initiative de la Fondation Anna Lindh (FAL) en partenariat avec la Commission Européenne, le Centre Arabe des Médias relevant de l'université londonienne de Westminster et l'Alliance des Civilisations (Nations-Unies), le forum s'est réuni à huis-clos à Londres et a axé ses travaux sur l'aggravation de la polarisation des opinions après la guerre entre Israël et Gaza. Une centaine de journalistes, d'universitaires et d'experts européens et du Moyen-Orient étaient présents.
M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, a fait une importante déclaration dont voici les idées-forces.


Lors de son intervention, le Conseiller de SM le Roi a souligné le « caractère pédagogique et pluraliste de cette initiative souhaitée et attendue de tous les participants »

Après avoir mis en relief les profonds changements qui ont « remodelé et reconditionné les attitudes et les esprits dans l'espace euro-méditerranéen », M. Azoulay a évoqué dans ce contexte un « avant et un après Gaza qui impose désormais aux décideurs et aux prescripteurs d'opinion dans la région un autre registre et un autre agenda pour répondre aux attentes et aux exigences de leurs sociétés civiles ».

Le Président de la Fondation Anna Lindh a évoqué dans cette perspective le projet en cours d'une grande conférence qui réunirait les représentants de 2000 ONG membres de la Fondation et qui sont réparties dans les 43 pays fondateurs de l'Union pour la Méditerranée.

Cette conférence, selon M. Azoulay, contribuerait à « restaurer et à remettre à niveau un processus de paix au Moyen Orient qui aura tiré toutes les leçons de la tragédie de Gaza ».

Ce sont les sociétés civiles les plus directement touchées par ce drame, accompagnées par leurs homologues des autres pays du pourtour méditerranéen qui aideront à donner le ton et l'orientation à la nouvelle feuille de route d'une paix qui reste à inventer entre Palestiniens et Israéliens, a ajouté M. André Azoulay, en insistant sur la vocation naturelle et légitime de la Fondation Anna Lindh à contribuer à ce processus de « restauration de la confiance » dans la région.

Le Conseiller de S.M. le Roi a rappelé à cet égard la « force et la crédibilité des signaux que donne le Maroc en s'opposant à toute confusion, amalgame ou instrumentalisation de nos religions respectives et de notre diversité culturelle par rapport à la nature exclusivement politique des drames que connaît depuis trop longtemps le Moyen Orient ».

Avant ce forum, M. Azoulay a présidé également à Londres une réunion extraordinaire du Conseil Consultatif de la Fondation Anna Lindh. Il a également pris part à une conférence interparlementaire réunissant plusieurs centaines de personnes venues débattre de la résurgence de l'antisémitisme et du racisme dans le monde.

Publié dans Dialogue des cultures

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La Fondation Anna Lindh envisage d’organiser une visite à Gaza en soutien à la société civile

Publié le par Le site de la Fondation

Réuni à Londres, le Conseil Consultatif de la Fondation Anna Lindh met en garde contre l’impact de l’opération militaire sur Gaza et de la crise économique sur la société civile de l’espace euro-méditerranéen, et appuie un programme d’action visant à restaurer la confiance et à recréer des liens dans la région.

Les membres du Conseil Consultatif de la Fondation Anna Lindh, comprenant des membres venant du Moyen Orient, d’Europe et de Turquie, se sont réunis à la demande du Président de la Fondation, André Azoulay, afin de réévaluer le programme d’action dans le nouveau contexte de l’Union pour la Méditerranée.



Durant la réunion et les discussions, les membres du Conseil Consultatif se sont accordés sur les nouveaux défis qui se sont présentés à la société civile dans la région à la fois au regard de l’opération militaire sur Gaza et de la crise financière en termes de tensions interculturelles, de radicalisation et d’incompréhension entre les deux rives de la Méditerranée et au sein des sociétés de l’espace euro-méditerranéen.



« Alors que l’opération militaire sur Gaza présente à la Fondation et à son cadre politique – l’Union pour la Méditerranée – un défi majeur sans précédent » a déclaré M. Azoulay, « le rôle de la Fondation Anna Lindh dans ce contexte est de toute évidence plus vital que jamais», soulignant « dans ce contexte, l’urgence que représente le besoin pour l’Union pour la Méditerranée ».



Le Conseil Consultatif a validé le nouveau programme, présenté lors de la réunion par le Directeur et adapté à la nouvelle situation, incluant le lancement de l’Appel à Propositions de Projets vers le réseau de la Fondation d’acteurs de la société civile et la préparation du premier Rapport Annuel sur les Comportements Interculturels au sein de la région euro-méditerranéenne.



En outre, le Conseil s’est accordé sur l’importance d’une visite programmée à Gaza, en Cisjordanie et en Israël par une délégation de Chefs de File des Réseaux nationaux et de membres du Conseil Consultatif de la Fondation afin d’évaluer les besoins des réseaux locaux Anna Lindh et de mettre en place des initiatives de soutien aux membres de la société civile de la région.


Pour de plus amples informations, veuillez contacter la Fondation :
Contact

Source

Légende de la photo :  Nice le 17/12/08 : De gauche à droite : MM Andreu Claret (Directeur exécutif de la Fondation Anna Lindh), André Azoulay (Président) et Serge Telle (ambassadeur pour l’Union Pour la Méditerranée)

Publié dans Dialogue des cultures

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Un ex-ministre marocain à Jérusalem

Publié le par Abdelkarim Chankou

M. Abdelkbir Alaoui M'daghri, ancien ministre des affaires islamiques du Maroc et actuel Directeur de l'Agence Bayt Mal Al Qods (Fonds pour la sauvegarde du ...

M. Abdelkbir Alaoui M'daghri, ancien ministre des affaires islamiques du Maroc et actuel Directeur de l'Agence Bayt Mal Al Qods (Fonds pour la sauvegarde du ...

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Pourquoi les Marocains ne vont-ils pas prier à Jérusalem ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Ma question ne s’adresse pas aux Marocains de confession juive, ni à  ceux vivant au Maroc, ni à ceux du monde encore moins à ceux vivant en Israël. Ça  s’entend. Ma question interpelle en premier lieu les Marocains musulmans, et dans un sens plus large tous les musulmans qu’ils soient arabes ou pas.

 

Mais pour des raisons évidentes mon propos se limitera aux seuls Marocains musulmans.

 

Voilà une éternité que les Marocains musulmans ne s’orientent plus vers la direction de Jérusalem pour accomplir les cinq prières de la journée mais vers la Mecque alors que Jérusalem- ou Al Qods- est la première des deux Qibla (direction de prière par laquelle se lève le soleil). Voilà aussi des lustres que le hadj (pèlerinage) -ou le cinquième plier de l’Islam- n’inclut plus la Mosquée Al Aqsa mais uniquement la Qaaba et la Mosquée Al Haram de la Mecque ainsi que leurs dépendances. Voilà aussi des lustres que les Marocains musulmans n’osent plus mettre le pied dans la ville de Jérusalem. Même pas dans sa partie Est où se trouvent encore les anciens quartiers arabes.

 

Pourquoi tous ces boycotts ?  Réponse évidente : la question palestinienne et la solidarité arabe obligent.

 

Or plusieurs années avant le Sommet arabe de Fès de septembre 1982 qui a implicitement reconnu Israël  dans ses frontières d’avant 1967, sur aucun passeport marocain n’était mentionnée une destination interdite de voyage. Même pas l’Afrique du Sud  en pleine période d’apartheid !  

 

Pourtant les Marocains continuent de faire comme si Jérusalem n’existe pas sur la carte. Les voyages à Jérusalem quand ils ont lieu s’effectuaient dans le secret total et quand ils sont rendus publics, les voyageurs avoient du mal à cacher leur gêne. Le cas lors d’un voyage de presse, organisé il y a plus de 10 ans pour des journalistes marocains à Gaza à l’occasion de l’inauguration de l’aéroport international de la ville (construit par les Marocains et financée par la CEE). Cet éductour était  ressenti par une majorité de Marocains  y compris  ceux qui étaient du voyage comme un sacrilège. La gêne se voyaient nettement sur les visages de certains ayant posé pour des photos notamment avec des soldats israéliens en faction dans un passage frontalier de l’Egypte.

 

La même gêne est perceptible, 11 après, sur le visage de  M. Abdelkbir Alaoui M'Daghri (Photo) Directeur général de l’Agence Bayt Mal Al Qods (Agence du Trésor de Al Qods) actuellement en visite officielle à Jérusalem-Est et en Cisjordanie notamment pour s’enquérir de l’état d’avancement de certains chantiers de restauration de ces certains édifices arabes et la remise d’un chèque de 7 millions de dirhams (700.000 euros) à la communauté arabe de la ville etc.

 

Pourtant l’ex-ministre marocain des Affaires islamiques n’est pas un simple touriste venu flâner dans l’ancien quartier des Maghrébins  de Jérusalem-Est où des Maghrébins ont résidé depuis Saladin. L’homme a été nommé le 12 avril 2006 à cet important poste par S.M. Mohammed VI, Président du Comité Al Qods, en remplacement de M. Abou Marouane, ancien ambassadeur de la Palestine au Maroc.  Mieux : cette nomination répondait au souhait de l'Autorité palestinienne de voir une personnalité marocaine à la tête de l' « Agence Bayt Mal Al-Qods », créée en 1997, à l'initiative de feu Hassan II.

 

Pourquoi je me focalise sur cet aspect psychologique précis ? Parce qu’il est l’un des principaux obstacles qui empêchent de briser le mur de la méfiance entre les Arabes et les Juifs israéliens.

 

Tant que cette gêne persistera, tant que les Marocains musulmans et plus généralement tous les musulmans d’origine arabes ou pas continueront à considérer toute visite de Jérusalem-Est comme un péché tant qu’elle est sous administration israélienne, on peut dire sans médire que la paix, la vraie, n’est pas pour demain.

 

De la victoire de cette timidité dépendra l’avenir du dialogue isréalo-arabe ; car un dialogue  limité aux seuls dirigeants arabes et qui exclu les peuples n’est qu’un dialogue de sourds. La preuve en est su' il se trouve toujours  au Maroc et ailleurs dans le monde arabe des énergumènes qui considèrent que l'importation de ne serait-ce que qu'un grain  de blé (semence d'Israël comme un  péché.

 

A bon entendeur salut !

 

En pièce jointe un extrait du Journal Télévisé de 2M, diffusé le 13 février 2009 au soir. Copyright 2M.

 

 

Publié dans Focus

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« Elections israéliennes : Kadima l’emporte (provisoirement) mais le Likoud gagne les élections »

Publié le par Dimitri Dombret

Par Dimitri Dombret Chercheur associé à l’Esisc
En guise d’introduction
Les Israéliens – préoccupés par la situation sécuritaire – se sont désintéressés de ces élections dont ils auraient certainement préféré qu’elles n’aient pas lieu.
Au terme d’une campagne terne et dominée, ces dernières semaines, par la guerre avec le Hamas à Gaza, c’est finalement Kadima, le parti centriste, qui remporte – provisoirement – le scrutin, avec un siège d’avance sur le Likoud.
Mais si Tzipi Livni devrait logiquement être chargée par Shimon Peres de la formation du gouvernement, c’est Benjamin Netanyahu, pourtant battu, qui est le mieux placé pour former une coalition gouvernementale de droite,  principalement avec le parti nationaliste Ysrael Beitenou d’Avigdor Liberman. A l’heure où les défis qui attendent Israël sont considérables, la première tâche du futur Premier ministre sera de s’assurer que sa coalition – quelle qu’elle soit – sera suffisamment forte et cohérente dans la durée.

LE SYSTEME ELECTORAL ISRAELIEN

Si aucune démocratie n’est parfaite, les systèmes électoraux le sont encore moins. Le système israélien est un système à la proportionnelle. En d’autres termes, les différents partis en lice reçoivent un nombre de sièges calculé au prorata du nombre de votes qu’ils recueillent. Et, si le système a le mérite de donner à des petits (voire micros partis) l’occasion de participer au processus politique, il a l’énorme désavantage de fragmenter la scène politique et de compliquer la tâche – déjà bien difficile – de formation d’une coalition gouvernementale.
Lors de ces élections, 34 partis ont présenté des listes et 12 ont recueilli suffisamment de suffrages pour être représentés à la Knesset.
Le système électoral a été remis en question durant toute la campagne électorale par plusieurs partis. Par Avigdor Liberman, tout d’abord, qui prône un système présidentiel de gouvernement afin d’évincer de toute représentation à la Knesset les Israéliens arabes. Le leader nationaliste a même fait de ce sujet son principal argument de campagne et son slogan électoral : «Pas de loyauté, pas de citoyenneté» (1). Tzipi Livni, fidèle à ses prises de positions par le passé, a elle aussi expliqué à plusieurs reprises la nécessité d’adopter un système  présidentiel. Enfin, Ehud Barak a également remis en cause le système proportionnel en déplorant le nombre trop élevé de partis en lice.
En Israël, deux partis historiques, le parti travailliste (Ha’avoda) et le Likoud, se partagent le pouvoir depuis des décennies, parfois certes au prix d’alliances hétéroclites et donc de coalitions gouvernementales fragiles. L’introduction de l’élection directe du Premier ministre en 1996 avait permis aux petits partis d’augmenter leur représentation au détriment des deux grands partis. Ce système a rapidement été perçu comme une erreur et a finalement été modifié en 2001. Changer à nouveau de système électoral pour renforcer la représentation de ces deux partis favoriserait indubitablement la stabilité du gouvernement. Un changement qui n’a pu être mis en place jusqu’ici à cause de l’opposition logique des petits partis.
Au-delà du système, c’est véritablement la question de la participation des Israéliens arabes qui a été au centre de la campagne électorale. Un phénomène inquiétant, à tel point que le président Shimon Peres a du rappeler des choses évidentes : « Les Israéliens arabes sont des citoyens avec les mêmes droits en Israël (…) Tous les résidents, sans discrimination de leur nationalité, sexe, âge, ont les mêmes droits et responsabilités. C’est l’essence de la démocratie »(2).

SURVOL DES PRINCIPAUX PARTIS ET DES RESULTATS (PROVISOIRE)

a. Kadima
Contrairement à ce que les sondages annonçaient il y a encore deux semaines, c’est finalement Kadima, le parti formé par Ariel Sharon en 2005, qui remporte avec 28 sièges  (un siège d’avance sur le Likoud) les élections législatives. Une faible avance, certes, mais une victoire personnelle pour Tzipi Livni qui a réussi à combler ces derniers jours l’écart face à son rival Benjamin Netanyahu. La ministre des Affaires étrangères, qui a fortement été critiquée durant la campagne, a pu compter sur le soutien de l’électorat jeune et féminin. Le parti centriste a également réussi à rassembler bon nombre d’indécis de centre-gauche car Tzipi Livni représentait pour eux le meilleur le moyen de stopper Benjamin Netanyahu.
La plate-forme politique de Kadima inclut la restitution de territoires contre la Paix et l’établissement d’un Etat palestinien tout en maintenant Jérusalem comme capitale unifiée d’Israël. Le parti centriste entend également aboutir à un accord de paix avec les Etats voisins d’Israël en vue d’établir des frontières permanentes.

b. Likoud
Le Likoud a fait une percée exceptionnelle : avec 27 sièges, il fait plus que doubler son nombre actuel de sièges (12). Un résultat qui s’explique par une campagne menée avec efficacité autour de la question sécuritaire et de l’économie avec un slogan : « Fort sur la sécurité, fort sur l’économie »’. D’autre part, un grand nombre d’électeurs fidèles au Likoud et qui avaient voté pour Ariel Sharon lors des dernières élections ont préféré reporter leur vote sur le Likoud. Pourtant, le parti n’a pas réussi à tenir ses promesses et à s’imposer comme le premier parti, une défaite que l’on peut – en partie – attribuer au fait que le programme d’Ysrael Beitenou, plus marqué à droite, a séduit bon nombre d’électeurs du Likoud. Mais la défaite est aussi liée à la personnalité controversée de Benjamin Netanyahou...

(1) « No loyalty, no citizenship »

La suite sur www.esisc.org

Publié dans Analyse

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Israël : la rotatsia de retour

Publié le par Abdelkarim Chankou

Les premiers résultats « sortie des urnes » annoncés par des chaînes israéliennes aujourd’hui au soir (dont Canal 10) donnent le parti Kadima fondé par Arik Sharon (dans le coma depuis le mi janvier 2006) et dirigé depuis septembre 2008 par Tsipi Livni vainqueur des élections législatives anticipées en vue de la constitution de la 18e Knesset.

Sauf coup de théâtre de dernière minute, ce score inattendu est une véritable claque pour Benyamin Netanyahu alias « Bibi » qui dirige le Likoud même si le différentiel entre les deux partis n’est -pour le moment- que de deux sièges : 30 contre 28.

Mais le véritable malheureux de ce scrutin est le parti travailliste conduit par Ehud Barak, héros malgré lui, de la dernière guerre contre Hamas qui a fait 1300 morts palestiniens contre 10 officiers et quelques soldats israéliens.

Crédité de 13 sièges sur les 120 que compte l’hémicycle de l’Etat hébreu, le plus ancien parti d’Israël réalise là le plus mauvais score de son histoire.

Mais cette débâcle du parti travailliste(*) n’est pas vraiment surprenante. Pour deux raisons au moins :

Un : il est rare qu’un ministre de la défense israélien réussisse dans une élection générale organisé à quelques semaines après une guerre : il suffit qu’un seul israélien soit blessé pour que les chances du parti dirigé par celui-ci se compromettent sérieusement.
Deux : on assiste depuis 2007 à un phénomène de montée fulgurante des nationalismes et des droites un peu partout dans le monde (bolivarisme en Amérique latine). Cette percée de la droite israélienne dans ce scrutin, le parti ultra-orthodoxe sépharade Shass étant crédité de 9 sièges et le parti russophone Israël Beintenou de 14/15 sièges (en position d'arbitre), ça fait un total de 47/48 sièges pour les droites, s’inscrit donc en droite ligne dans le cadre de ce retour mondial des nationalismes et conservatismes.

Ceci dit, la prochaine premier ministre femme depuis Golda Meir (1969-1974) aura tout le mal du monde à former un gouvernement d’union nationale fiable, stable, viable et durable. Pour gouverner il faudra une majorité de (120/2)+1, soit 61 sièges à la Knesset. Tsipi Livni a donc besoin d’au moins 31 voix pour pouvoir gouverner. Avec le Shass (9 sièges) et Israël Beintenou (14/15 sièges) elle en a déjà 24. Mais non seulement c’est insuffisant pour gouverner mais ce n’est même pas acquis. Si les russophones d’Israël Beintenou peuvent apporter leur soutien à Livni (Arik le père de Kadima est né d’une mère russe), il n’en est pas de même pour les Israéliens du Shass dirigé par le Marocain Eli Yishaï qui en plus de leur désaccord avec les partis laïcs monnayent habituellement très cher leurs ralliements sur le plan des subventions sociales.

Cependant, il reste à Livni la solution de se s’allier aux travaillistes et aux Arabes du parti Balad (4 sièges). Ça fait un total de 17 sièges. Il lui reste à trouver 14 sièges à trouver. Sûrement au sein du Likoud où existent encore des députés qui se sentent très proches de leurs collègues de Kadima (un montage qui ne déplaira pas à Arik là où il est).

Mais en tout état de cause, Tzipi Livni si les résultats définitifs la consacrent vainqueur et si le président Peres, sous pression des ultras, ne lui préfère par Bibi, elle ne pourra jamais gouverner. Et pour éviter le spectre d’autres élections anticipées qui coûtent cher dans un contexte de crise économique, l’unique parade s’appelle la « rotatsia » ; c’est-à-dire la réédition du scénario de 1984 qui voulait que le Travailliste Shimon Peres soit premier ministre jusqu’à 1986 pour que Yitzhak Shamir la relève jusqu’à 1988. Cette rotatsia unique au monde avait permis d’éviter une grave crise politique. Elle peut l’éviter de la même façon un quart de siècle plus tard. Mais il faut ça soit Livni qui commence. Pas par galanterie mais par realpolitik.


(*) Désormais avec ce score le parti ouvrier est condamné à jouer les supplétifs. 

Résultats définitifs à 99% (11 février 2009)
Kadima : 28 sièges
Likoud : 27 sièges
Israel Beitenou : 15 sièges
Travaillistes :13 sièges
Shass (ultra-orthodoxe) : 11 sièges
Yahadout Hathora (religieux) : 5 sièges
H’adash (communiste) :7 sièges
Raam-Tahal (arabe israélien) : 7 sièges
Ih’oud Léumi (nationaliste religieux) : 7 sièges
Habyit Hayehudi (sioniste religieux) : 3 sièges
Meretz (extrême gauche) : 3 sièges
Balad (arabe israélien) : 3 sièges.
Source :
israel-infos.net
Les chiffres définitifs pas avant demain après le décompte des voix de l’armée (quelque 175.000 militaires) : cela représente 4 sièges.

Publié dans Edito

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