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A quoi joue l’Emirat du Qatar ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Bons offices tous azimuts pour dissiper les malentendus entre pays arabes rivaux, lobbying  actif et sous-jacent  pour faire pression sur les capitales arabes trop indépendantes… En bref, le minuscule Emirat gazier du Qatar  qui  il y a encore  20 ans était presque inconnu  de la scène arabe  et internationale est aujourd’hui en passe de devenir le barycentre d’un Monde Arabe en ébullition. Tous les chemins mènent à Doha ! ose-t-on s’exclamer devant cette montée fulgurante d’un émirat dont le seul poids se résume outre la chaîne Aljazeera à la base américaine du Centcom et aux gisements du Gaz.

A quoi joue donc ce petit pays - de moins d’un million d’habitants dont 80 % sont des étrangers - qu’est le Qatar ?

Pour répondre à cette question, il faut revenir un peu en arrière. Le milieu de la décennie 1990  a été marqué par deux évènements importants : les accords d’Oslo qui allaient mettre le processus de paix israélo-arabe sur une nouvelle voie et le processus de Barcelone qui jetait les bases d’un nouvel partenariat entre les pays riverains de la Méditerranée et l’Union européenne. Mais pour que ce deux processus aboutissent il fallait une adhésion sans réserve du Monde arabe aux deux projets.  Or la rivalité entre l’Egypte et l’Arabie saoudite sur qui va conduire le Monde arabe freinait des quatre fers, sans oublier le Maghreb qui faisait semblant de sentir étranger aux problèmes du Machrek (Moyen-Orient). C’est alors que certaines forces occidentales décisionnaires ont tranché en décidant que le futur pays arabe qui sera le nouveau centre de pouvoir du Monde arabe doit en plus d’être neutre et non belliciste, entretenir de bonnes relations avec toutes les forces de la région, aussi bien l’Iran, Israël que le reste du Monde arabe. En bref, le Qatar doit endosser l’ancien rôle de l’Egypte de Gamal Abdel Nasser et la chaîne Aljazeera celui de la fameuse radio La Voix des Arabes qui semait la zizanie partout dans le Monde arabe en appelant les armées et les peuples à renverser les régimes arabes qui refusaient de suivre le projet panarabiste de Gamal Abdel Nasser.

Cette stratégie parviendrait-elle à faire plier l’Arabie Saoudite et l’Egypte qui continuent de résister aux appels du pied de Doha ? 

Peut-être que oui. Mais ce qui est sûr c’est que ça va prendre du temps car en plus de ces deux pays, deux autres se liguent au Maghreb pour rejoindre le camp du refus.

 

 

 

Photo : L’émir du Qatar serait-il le nouveau Gamal Abdel Nasser après avoir dressé les pays récalcitrants ?

Publié dans Verbatim

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Mémoire-Shoah : le projet onusien Aladin lancé à Paris

Publié le par Avec MAP

Paris-La conférence de lancement du projet Aladin pour un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel, s'est ouverte vendredi en début d'après-midi au siège de l'UNESCO à Paris.

OUVERTURE A PARIS DE LA CONFERENCE DE LANCEMENT DU PROJET ALADIN POUR UN DIALOGUE INTERCULTUREL

Paris-La conférence de lancement du projet Aladin pour un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel, s'est ouverte vendredi en début d'après-midi au siège de l'UNESCO à Paris.

Initié par la fondation pour la mémoire de la Shoah, le projet Aladin qui jouit du soutien de nombreuses personnalités parmi lesquelles des intellectuels, des historiens et des personnalités de premier plan du monde arabo-musulman, vise à rendre disponible dans les langues arabe, persane et turque, des informations objectives sur les relations judéo-musulmanes, la Shoah et la culture juive sur la base d’un dialogue fondé sur la connaissance et le respect mutuel.

La cérémonie d’ouverture de cette conférence placée sous le patronage de l’UNESCO, s’est déroulée en présence du président sénégalais et président de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), Me Abdoulay Wade, de l’ancien président français, M. Jacques Chirac (Président de la Fondation Chirac : Ndlr), de l’ancien Chef d’Etat mauritanien, M. Ely Ould Mohamed Vall, du directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, ainsi que de Mme Simone Veil (Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la shoah : Ndlr) et M. David de Rothschild, respectivement présidente d’honneur et président de la fondation pour la mémoire de la Shoah.

Prennent part également à cette conférence le conseiller de SM le Roi et président de la Fondation Anna Lindh, M. André Azoulay, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, M. Ahmed Toufiq et l’ambassadeur du Maroc en France, M. El Mostapha Sahel.

A l’issue de cette rencontre, il sera procédé à la signature d’une déclaration symbolique baptisée « Appel à la conscience » qui prône l’approfondissement d’un dialogue fondé sur la connaissance et le respect mutuel.


Message de SM le Roi à la conférence de lancement du projet Aladin pour un dialogue interculturel

Paris - SM le Roi Mohammed VI a adressé un message aux participants à la conférence de lancement du projet Aladin pour un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel, qui s'est ouverte vendredi au siège de l'UNSECO à Paris.

Voici le texte intégral de ce message dont lecture a été donnée par le ministre des Habous et des Affaires islamiques, M. Ahmed Toufiq :

Excellences, Mesdames et messieurs.

« Quel choix et quelle responsabilité d’avoir fait appel au mythe d’Aladin pour nous inviter collectivement à réfléchir autrement à l’un des stigmates les plus tragiques et les plus indicibles de l’histoire contemporaine.

Responsabilité en effet et choix singulier s’il en est, car aucun d’entre nous, Mesdames et Messieurs, ne peut prétendre à une lecture de l’holocauste qui ne soit pas totale, irréfragable et sans concession ou compromission.

Concession ou compromission qui seraient dictées par les conjectures de l’instant ou les fragilités d’une mémoire coupable parce que délibérément sélective.

Ma lecture de l’holocauste et celle de Mon Peuple ne sont pas celle de l’amnésie.

Notre lecture est celle d’une blessure mémorielle que nous savons inscrite dans l’un des chapitres les plus douloureux, dans le Panthéon du Patrimoine universel.

D’autres que Moi sauront à juste titre vous dire à cet égard que s’agissant du Royaume du Maroc, ce propos n’est pas nouveau et il ne sera jamais un propos de circonstance.

Si J’en esquisse aujourd’hui le rappel, c’est justement pour qu’Aladin, votre groupe de Réflexion se fixe l’objectif prioritaire de dire enfin au reste du Monde, ce qu’a été la résistance au nazisme des Pays qui, comme le Mien, à partir de l’espace arabo-musulman, ont su dire non à la barbarie nazie et aux lois scélérates du gouvernement de Vichy.

La communauté des Nations s’est trop longtemps accommodée d’une lecture sélective de l’histoire de cette période sombre et régressive.

Une lecture par défaut qui a permis à tous les fantasmes de s’épanouir.

Dans quels manuels d’histoire et d’éducation civique apprend-on en effet aujourd’hui en Occident, que le Maroc dès les années 30, avait ouvert ses portes aux Communautés Juives Européennes qui avaient vu à temps, le danger pointer à l’horizon.

Dans quels instituts ou carrefours intellectuels en Europe ou aux Etats-Unis discute-t-on de l’attitude exemplaire et historique de Feu Mon Grand-Père, Sa Majesté le Roi Mohammed V que Dieu le garde en Sa Sainte Miséricorde. Lui qui malgré un pouvoir bridé par les réalités implacables du protectorat français, avait su s’opposer à l’application des lois racistes de Vichy aux citoyens Marocains de confession juive.

Chacun comprendra ici qu’en vous appelant à une lecture exhaustive et fidèle de l’histoire de cette période, Je ne rends pas seulement justice aux faits.

Nous sommes en effet dans un temps qui n’est pas neutre. Un temps où l’imaginaire collectif de toutes nos sociétés est aussi nourri par la perspective de l’exclusion et de l’échec quand se profilent les promesses du dialogue de nos civilisations, de Nos cultures et de Nos religions.

Nous devons donc ensemble partir à la reconquête de la raison et des valeurs qui fondent la légitimité d’un espace de convivialité où les mots de dignité, de justice et de liberté auront à s’exprimer de la même façon et à se conjuguer avec les mêmes exigences, quelles que soient nos origines, nos cultures ou nos spiritualités.

C’est notre lecture au Maroc du devoir de mémoire que nous dicte la Shoah.

Un devoir de mémoire qui dans sa profondeur et dans sa tragique singularité, nous impose avec force les contours éthiques, moraux et politiques qui seront demain les vrais garants de cette paix faite de Justice et de Dignité également partagées et à laquelle aspire la majorité des Palestiniens et des Israéliens ».

Publié dans Dialogue des cultures

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Les Arabes et la Shoah

Publié le par Abdelkarim Chankou

La Shoah ou l'extermination par l'Allemagne nazie de cinq à six millions de juifs, selon les estimations des historiens, de l'Europe occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, constitue l'un des événements les plus marquants et les plus étudiés de l'histoire contemporaine. Cependant, excepté le Maroc, cette catastrophe humanitaire est presque absente des littératures orales et écrites des pays arabes, comme de l’Iran et la Turquie.

  

La Turquie a toujours été pénétrée par les idées nazies et ce même avant la deuxième guerre mondiale ; en plus il y a le génocide arménien. Donc l’absence d’une littérature objective en turc sur la Shoah se comprend. Idem de l’Iran qui même avant la révolution islamique de 1979 entretenait des relations étroites avec l’Allemagne. Rappelons que le Shah recourut à l'aide des Allemands dans sa lutte contre la domination anglaise et en 1941, les Alliés déposèrent Reza Shah et le forcèrent à abdiquer en faveur de son fils, Mohammad Reza Pahlavi.

 

Par contre pour ceux qui est du monde arabe, c’est un peu différent. La Shoah a été zappée des manuels scolaires et ignorée par les chercheurs et historiens sauf quand il s’agit de la dénigrer à cause du problème israélo-arabe.

 

Interrogé par L'Express (peu avant sa mort, le 2 juillet 2008 d’un cancer), le philosophe égyptien Abdel Wahab el-Messiri  et qui se voulait aussi critique à l'égard de l'antisémitisme et du négationnisme qu'envers le sionisme, jugeait le débat sur la Shoah faussé. Pour lui « Les Arabes ne trouvent pas juste qu'Israël ait été donné aux Juifs en compensation de ce qu'ils ont subi et que les Palestiniens en paient le prix, expliquait l'auteur de L'Encyclopédie des juifs, du judaïsme et du sionisme, un pavé en arabe en 8 volumes et qui représente 20 ans de recherches. « L'Holocauste ne devrait pas non plus être sacralisé. Le fait qu'on ne puisse pas en parler, même scientifiquement, ne fait que nourrir les suspicions de grande conspiration juive.» ajoute celui qui a fini sa carrière en devenant un militant du mouvement Kefaya qui réclame la fin du « Moubarakisme ».

 

Au Maroc, qui est un pays arabe où Juifs et Musulmans se respectent, la Shoah est largement vulgarisée. Mais, il faut le reconnaître, elle l’a été d’abord grâce au cinéma et à la presse étrangère. Puis par le biais des écrits négationnistes du philosophe Roger Garaudy qui ont envahi les campus universitaires marocains et français durant les décennies 1980 et 1990.

 

La visite historique du Premier ministre israélien Itzhak Rabin à Casablanca en septembre 1993 et surtout à la Grande Mosquée Hassan II a été l’étincelle qui a fait explosé les débats et les écrits sur la présence de 500.000 Juifs marocains en Israël et surtout sur la Shoah.

 

En mars 2008, un colloque a été organisé pour la première fois à la Bibliothèque Nationale du Maroc à Rabat où une cinquantaine de chercheurs, universitaires, historiens, journalistes et personnalités politiques se sont réunis pour débattre sur l'attitude des musulmans et arabes face à l'Holocauste. Les représentants du Projet Aladin ont pris aussi part aux débats.

 

Les locuteurs marocains, en particulier M. Driss Khrouz, Directeur de la BNRM, M. Rachid Benmokhtar Ben Abdellah, Président de l'université Al-Akhawayne, Dr. Mohammed Kenbib, éminent historien et M. André Azoulay, conseiller de S.M. le Roi Mohammed VI, ont exprimé leur fierté concernant l'histoire du Maroc représentant un modèle de coexistence religieuse et décrit l'histoire du judaïsme marocain.

 

Robert Satloff, expert américain du monde politique arabe et islamique a parlé de son récent livre, « Parmi les Justes». Satloff a vécu pendant deux ans au Maroc et pour découvrir les histoires des héros arabes qui ont sauvé la vie des Juifs , a voyagé dans onze pays.

 

Le représentant du Projet Aladin, M. Abe Radkin, a souligné l'importance du dialogue entre les musulmans et les Juifs et du respect mutuel et a précisé que la facilité d'accès aux sources peuvent combler l'énorme fossé de l'ignorance, les mythes et les idées fausses dans chaque côté.

 

De son côté, Sara Bloomfield, Directrice de l'United States Holocaust Memorial Museum, a exprimé son souhait d'organiser des expositions pour pouvoir ainsi faire la lumière sur le rôle positif que le Maroc a joué au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le Roi Mohammed V est largement reconnu pour avoir protégé le royaume de la population juive des nazis et de leurs alliés de Vichy.

 

Le colloque à Rabat a été une belle initiative soulignant le rôle positif du Maroc d'avant-garde dans le dialogue entre les cultures.

 

Le temps n’a pas été perdu ; puisqu’un an plus tard, le 27 mars prochain exactement, sous le patronage de l’UNESCO - Initié par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS) que dirige Mme Simone Veil, le Projet Aladin sera présenté officiellement à Paris. En présence de personnalités de premier plan dont M. André Azoulay et l’ancien président français Jacques Chirac. Un important et très attendu message de S.M. le Roi Mohammed VI sera lu à l’occasion.


Le
Projet Aladin est un programme éducatif et culturel indépendant. Soutenu par de nombreuses personnalités parmi lesquelles plus de 200 intellectuels, historiens et personnalités de premier plan du monde arabo-musulman, il vise à rendre disponibles en arabe, en persan et en turc des informations objectives sur la Shoah, les relations judéo-musulmanes et la culture juive.


En Photo : le Rabin Moshe Amar reçu par S.M. Mohammed VI.

Publié dans Dialogue des cultures

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Ces Juifs marocains qui ont pris le maquis pour leur pays

Publié le par Abdelkarim Chankou

C’est certes parce que le mouvement de la résistance marocaine et les Forces armées royales qui en sont issues dès 1956 ne comptent pas beaucoup de combattants ou de soldats que les Juifs marocains ont souvent été accusés de « collabos ». Une sale et grave accusation qui a été vulgarisée par les militants du parti de l’Istiqlal et certains officiers de la résistance acquis aveuglement aux idées panarabistes et antijuives de l’Egypte de Nasser, elle-même noyautée par la confrérie Musulmane. N’oublions pas la première ébauche des Forces armées royales a été crée avec l’aide de l’armée égyptienne qui leur « avait fourni les premières médailles et insignes » me confiait, il y a neuf ans, feu le général de division Driss Benomar dans un premier entretien en vue d’un livre testament qui, malheureusement, n’a jamais vu le jour. N’oublions pas aussi que ces idées nassériennes avaient failli coûté la vie deux fois- voire trois fois- à feu Hassan II. Fermons la parenthèse.
Je disais que si les soldats ou les résistants Juifs n’étaient pas légion dans l’armée ou la résistance marocaines ce n’étaient sûrement pas parce qu’ils n’aimaient pas assez leur pays, le Maroc, ou qu’ils étaient des fanatiques admirateurs de l’occupant. La vérité et autre. D’abord elle est historique. Pendant très longtemps, les Juifs marocains avaient été interdits de propriété ; ils ne pouvaient même pas posséder un cheval, animal réservé à la noblesse Musulmane. Ils avaient juste le droit d’avoir un âne ou une mule ! Et ce n’est pas en chevauchant des bêtes de somme qu’on apprend à être un guerrier. Puis comme d’aucuns peuvent en convenir, la structure de la famille juive marocaine à l’instar de certaines familles berbères est matriarcale ; dans le sens que le rôle de la mère y est prépondérant. En clair, un garçon Juif très attaché à sa mère (la relation est réciproque) n’ira jamais s’engager dans une armée ou une police ; non pas par lâcheté mais par peur de ne plus pouvoir revoir sa mère aussi le plus souvent et aussi par peur de la perdre (1)… Il est de notoriété publique que le métier des armes prend énormément de temps.
Enfin, il faut le dire, on ne s’engage dans l’armée que si on appartient à une communauté ou ethnie qui a longtemps été un réservoir pour le recrutement militaire ou bien si on a besoin de gagner sa vie quand touts les portes sont fermées. Or les Juifs marocains bien que majoritairement indigents non seulement éprouvaient rarement le besoin de porter le treillis, les mécanismes de solidarité intercommunale jouant bien leurs rôles, étaient loin de faire partie d’une quelconque communauté réputée fournir les rangs des armées en hommes.
Néanmoins il y a quelques exceptions. Lesquelles ne peuvent que prouver que lorsque les conditions sociales et familiales et sociales dans lesquelles il vit le permettent, le Juif marocain réagit à l’appel des armes comme n’importe quel autre de ses compatriotes Musulmans. L'ancien résistant Juif marocain Messaoud Benbrahim Levy est un exemple. Longtemps ignoré du public, son nom fut médiatisé pour la première fois le 1er février 2008 quand le haut commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération, Mustapha El Ktiri, lui a remis, à Rabat, le Ouissam d'Al Moukafaa Al Watania de l'ordre de Commandeur (2).
Lors d'une cérémonie organisée au musée national de la résistance, M. El Ktiri a souligné que cette distinction royale constitue un gage de fidélité et de reconnaissance à l'un des pionniers de la résistance pour les actions louables et les sacrifices qu'il a consentis pour la libéralisation du Maroc.
Faisant partie des membres de la résistance dans la ville de Taza (Nord), Messaoud Benbrahim Levy a été parmi les grands soutiens à la lutte de l'armée de libération contre l'occupant, a-t-il ajouté.
De son côté, le président de la communauté Israélite du Maroc, Serge Berdugo, a estimé que cette distinction royale décernée par S.M.. le Roi Mohammed VI à M. Levy, âgé aujourd'hui de 90 ans, « est pour notre communauté un magnifique présent que nous allons faire vivre », soulignant que dans la nation marocaine, il n'existe aucune distinction entre Juifs et Musulmans car, en définitive, « il n'y a que des Marocains ».
Trois années plutôt, c’était un autre Juif marocain qui a eu droit à une décoration royale pour avoir combattu dans les rangs de la résistance nationale. Il s’appelle Simon Levy. Ancien professeur de linguistique à la Faculté de Rabat, il s’occupe aujourd’hui, entre autres, du musée du judaïsme marocain à Casablanca.
Alors cessons de dire que les Juifs marocains sont des collabos ou des gens qui ne cherchent qu’à quitter leur pays le Maroc. D’ailleurs les Juifs marocains vivant à l'étranger ne sont que moins d’un million contre 3,2 millions de Musulmans. Cherchez l’erreur.

(1) C’est vrai que Tsahal compte beaucoup de Juifs marocains, mais le passage par l’armée est un acte nécessaire pour affirmer sa citoyenneté et presque tout le monde est assujetti à cette obligation nationale.

(2) Médaille du Mérite national de l’ordre de Commandeur.





En photo :  de gauche à droite : Simon Levy, Abdelkarim Chankou, Gabriel Axel Soussan au Musée juif de Casablanca (novembre 2006).

Publié dans Focus

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Israël : Crise politique en vue

Publié le par Abdelkarim Chankou

Peinant à former un gouvernement de coalition stable, fiable, viable et durable, Binyamin Netanyahu, alias « Bibi », a demandé et obtenu du président de la république, Shimon Pères, un délai supplémentaire de 14 jours. Si les difficultés à former cette coalition (au minimum 61 députés) persistent à  l’expiration du deadline, le président a le droit de demander à un autre député d’essayer de former un gouvernement. Tzipi Livni, la cheftaine  de Kadima qui devance le Likoud d’un siège (28 contre 27), attend cette occasion de pied ferme. Alors que le patron du parti travailliste qui a réalisé le plus mauvais score de son histoire à 13 sièges se déclare prêt à rejoindre l’équipe de Netanyahu si, en contrepartie son parti sauve la face en se voyant accorder des ministères importants. Mais une grosse question demeure :  comment Ehud Barak,  bien qu’il soit le général le plus décoré de l’Etat hébreu, pourra-t-il convaincre Israël Beintinou d’Avigdor Liberman, qui a obtenu 15 sièges, de se contenter de portefeuilles  moins importants que ceux qu’il lorgne ?
Imaginons que le parti d’Israël Beitinou parvienne à décrocher le ministère des Finances  et celui de la Sécurité intérieure. Et que le Shas (11 députés) se voit accorder les ministères des Affaires sociales et de l’Education nationale (des postes qui lui est sont chers ; étant donné que le terrain de prédilection de ce parti ultra-orthodoxe qui mobilise beaucoup de juifs marocains a toujours a toujours été le terrain social et spécialement les écoles talmudiques), le parti travailliste se contentera-t-il de la Défense ( même si ce ministère est convoité également par la Likoud ) ? Difficile de répondre surtout que les Affaires étrangères ne pourront pas échapper à M. Liberman dont la formation politique est la colonne vertébrale de toute coalition dirigée par Netanyahu ; sauf si Tzipi Livni décide se rallier à Bibi, une hypothèse peu probable étant donné que ce dernier refuse catégoriquement (du moins pour le moment) la solution des deux Etats, chère à la patronne de Kadima, aux Arabes, à Washington et à l’Union européenne, autant dire à tout le monde.
En revanche, sur le papier Binyamin Netanyahu a déjà une majorité de 65 députés si on compte les divers petits partis de droite. Mais elle est très fragile et est à la merci des sautes d’humeur d’aussi bien Avigdor Liberman  qu’Eliyahu Yishai  du Shas, et dans un contexte de crise économique et de hausse de chômage, d’éventuels coups de gueule suivis de lâchages aussi bien  imprévisibles  que brutaux ne sont point à exclure.
En fait, la durabilité et la viabilité de toute coalition pilotée par Netanyahu dépendent de cinq facteurs primordiaux :

1)   De l’arrêt des tirs des missiles palestiniens ;
2)   de la réussite du programme de sauvetage de l’économie lancé par Barack Obama (*) ;
3)   De la cohésion du parti travailliste (**) ;
4)   Du maintien des corridors de coopération  économique entre Israël et certains pays arabes (***) ;
5)    De l’augmentation des budgets des programmes sociaux réclamée par le Shas.

 (*) Washington compte sur les fonds souverains arabes  pour  investir dans l’économie américaine. Une éventualité qui ne peut se réaliser que si le processus de paix enregistre des avancées. Le cas du fonds d’Abu Dhabi qui  prend 9,1% du capital de Daimler est significatif.
(**) La menace de scission plane sur le parti travailliste du fait que certaines voix reprochent à Ehud Barak de n’être mû que par ses intérêts personnels.
(***) Seule une recrudescence du commerce entre Israël et certains pays arabes  modérés est à même de baisser la tension sociale dans cet Etat.

Publié dans Edito

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Le danger du chiisme au Maroc

Publié le par M.S.

Les traces d’une présence ancienne du culte chiite au Maroc sont indéniables. Elles seraient les derniers vestiges d’une pénétration chiite qui se serait effectuée par étapes entre le 16 et le 17e siècles, à l’époque de la dynastie saadienne, via la frontière Nord-Est du Maroc, à l’époque où l’actuelle Algérie était sous domination ottomane.
Aujourd’hui, ces traces se limitent à quelques us et coutumes à peine perceptibles et se concentrent dans les régions berbères de l’Anti-Atlas, du Souss, du Rif et de l’Oriental. Dans le Tafraout (Souss), les femmes s’habillent presque toutes en noir et certaines portent des Abaia qui ne différent pas beaucoup des tchadors en vogue en Irak ou en Iran. Pareil dans les environs de Tazenakht (Anti-Atlas) où en plus du tachador, les femmes ont la réputation de fabriquer les meilleurs tapis du Maroc, un savoir-faire transmis de « mère en fille » depuis des siècles ; sans perdre de vue que dans toutes ses régions les prénoms de Ali, Zahra et surtout Hassan et Hussein, les deux imams martyrs de Kerbala, sont toujours à la mode. Bien sûr il y a d’autres indices comme la prépondérance du personnage de Ali Ibn Abi Talib à tel point que son nom est confondu avec celui de son cousin germain Mahomet dans certaines épopées que les mères racontent à leurs enfants le soir pour les aider à s’endormir…
Ce chiisme réduit à l’état de traces commença à resurgir il y a une dizaine d’année avec la montée du berbérisme en tant que mouvement culturel et identitaire. Les autorités, soucieuses de ne pas déplaire aux Américains, ont laissé faire cette résurgence que certains rapports du département d’Etat ont saluée en son temps ; si bien que le Maroc passait pour l’un des rares pays arabes et musulmans à respecter les minorités religieuses et où l’Etat n’intervient pas directement dans les cultes.
Selon certaines sources, à un moment donnée, les autorités auraient même favorisé l’émergence d’un vrai
courant chiite qui en se muant en mouvement politique pouvait jouer un rôle de contrepoids aux mouvements salafistes sunnites ayant opté pour la violence comme la salafia jihadia ou le Groupe islamique combattant marocain qui identifié comme étant une organisation terroriste islamiste sunnite affiliée à Al-Qaida.
Cependant, cela ne signifie point que d’éventuels groupes chiites se seraient montrés pacifiques. En fait, ces derniers comme la mouvance de Al Adl Wa Al Ihsane (dont le chef spirituel est le cheikh Abdeslam Yassine) s’ils prônent publiquement la non-violence prêchent en catimini la politique de sape les fondements de la nation marocaine ; à savoir l’unicité autour de la commanderie des croyants assurée par le Souverain et autour du rite malékite sunnite.
Enfin un éventuel danger iranien résiderait dans le fait que ces groupes chiites qui ont généralement désargentés peuvent recevoir des aides matérielles conséquentes de la part du régime iranien contre allégeance.

Publié dans Confidentiel

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Le général Omar Hassan Al Bachir se risquera-t-il à Doha ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

 

Le général Omar Hassan Al Bachir sera-t-il assez gonflé pour aller à Doha  où il risque de la quitter les menottes aux poignets direction La Haye ? Personne ne sait encore si le président soudanais répondra positivement à l’invitation de l’émir du Qatar. Le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani qui l’a convié à participer aux deux sommets que compte organiser l’émirat du Qatar à la fin de ce mois , en l’occurrence les sommets arabe et  arabo-latino-américain, a-t-il lancé son invitation après avoir obtenu des garanties que le général, accusé par la cour pénale internationale (CPI) d’avoir participé indirectement à des crimes contre l’humanité et de guerre au Darfour, ne sera pas inquiété ? Ou bien cette invitation, il faut la mettre au compte  des règles de bien bienséance   toutes diplomatiques qui régissent les relations entre les chefs d’Etat membres de la Ligue arabe et ce même si la double invitation a été remise au président soudanais en mains propres par un émissaire spécial qatarie : Hamad Ben Nasser.

En attendant de savoir, toujours est-il que Laurence Blairon, la porte-parole du CPI, a officiellement déclaré, le 13 mars dernier, que la cour « compte sur le Qatar de coopérer » en procédant à l’arrestation du général contre lequel un mandat d’arrêt international a été lancé.

Cependant, tout laisse dire que ce dernier ne se risquera pas au Qatar quitte à décevoir les foules qu’il ne cesse de haranguer depuis le 4 mars dernier, date du lancement du mandat d’arrêt international contre lui. Et ce pour quatre raisons :

1)      Plusieurs chefs d’Etat arabes ont déjà prévu de se faire représenter aux deux sommets par des émissaires. L’absence du général Al Bachir ne sera pas donc un évènement ;

2)      Al Bachir peut toujours justifier son absence à Doha en disant qu’il ne voulait pas perturber le bon déroulement des deux sommets ni d’embarrasser  leurs organisateurs qataris ;

3)      Une absence du général en ce moment  peut catalyser  un putsch  qui non seulement réglera le problème Al Bachir une fois pour toutes mais ses éventuels auteurs seront sûrs d’être applaudis des pieds et des mains par toutes les grandes capitales occidentales même si parmi eux se cache des criminels de guerre ;

4)      Enfin, la junte de Khartoum sait  que tant que la demande sur le pétrole dont regorge le sous-sol soudanais, demeure au plus bas à cause de la crise, elle ne pourra pas trop compter sur son allié chinois pour le défendre.

 

En revanche si Al Bachir, gonflé par son orgueil, décide de tenter le coup, voici le scénario qui pourrait se dérouler :

Comme le CPI ne de sa propre police, ce serait à la force publique ou à l’armée du Qatar de procéder à l’arrestation. Mais là aussi c’est peu probable voire partiquement impossible : on n’a encore jamais vu une police d’un pays arabe menotter un dirigeant d’un autre pays arabe qu’il soit en exercice, en cavale, en disgrâce ou en retraite. Par contre les militaires américains, basés à Al Aadid en plein désert  qatari, pourraient bien se charger de la besogne si le conseil de sécurité leur en fait la demande officiellement. Une éventualité qui, si elle se réalise,  déclencherait quand même la colère de Doha soucieux de préserver à tout prix son panarabisme, sa deuxième richesse après le gaz. Seulement cette éventuelle crise diplomatique ne serait que du pain bénit pour Washington qui cherche un  prétexte en béton, depuis la baisse notable de la tension avec l’Iran, pour faire évacuer ses soldats du Qatar.

 

 

 

Publié dans Edito

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La Fondation des trois cultures fête son 10e anniversaire

Publié le par Abdelkarim Chankou

Séville- La Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée a tenu, mardi soir à Séville, à l'occasion de son 10e anniversaire, une réunion de son directoire, en présence de plusieurs responsables espagnols et marocains dont son président délégué M. André Azoulay ainsi que MM. Khalid Naciri et Ahmed Akhchichine respectivement ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement et ministre de l’Education nationale.

Cette réunion qui coïncide avec deux autres anniversaires, l’un heureux, celui du 1439e anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, l’autre bien triste, les attentats qui ont secoué les gares de la RNFE à Madrid le 11 mars 2004 et ayant fait près de 192 morts et plusieurs centaines de blessés, a été marquée par la lecture de deux messages royaux. L’un émanant de S.M. le Roi Juan Carlos de Bourbon et l’autre de son homologue S.M. le Roi Mohammed VI Ben Hassan Alaoui.

La « dimension européenne du royaume d'Espagne et les fortes connexions du royaume du Maroc avec l'Union Européenne singularisent nos liens bilatéraux et s'inscrivent dans le sillage de l'appui apporté par l'Espagne pour définir l'agenda qui conduit à un statut avancé dans les relations entre le Maroc et l'Union Européenne », a notamment écrit le souverain espagnol, dont le message a été lu par le président du gouvernement autonome d'Andalousie, M. Manuel Chaves.

S.M. le Roi Mohammed VI a également  adressé une missive lue par son Conseiller M. André Azoulay, le président délégué de la Fondation  des Trois Cultures de la Méditerranée  qui loge depuis 1999 dans le Pavillon Hassan II à Séville (photo). Construit sur une superficie de près de 5.000 m3, ce pavillon offre aux visiteurs une large vision sur l'héritage scientifique légué par la présence arabo-musulmane dans la péninsule ibérique, une région du monde qui fut, des siècles durant, l'une des principales étapes des circuits du savoir.

« Forte du sceau consensuel et engagé du Maroc, de l'Espagne et de l'Andalousie, la Fondation des Trois Cultures et des Trois Religions s'est ainsi rapidement affirmée comme l'un des acteurs-clés en Méditerranée en portant le dialogue de nos civilisations au cœur du débat idéologique, de la scène politique ou du monde de l'économie et de la création artistique. » a  entre autres dit  S.M. Mohammed VI.

Président également la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des Cultures, M. Azoulay  a fait une importante déclaration à l’agence MAP où il a rappelé que la question palestinienne est au centre du dialogue des cultures.

Le « dossier palestinien est central et on ne peut pas parler de dialogue des  cultures et des religions sans donner la priorité à la relance d'un processus de paix véritable entre Palestiniens et Israéliens », a-t-il notamment déclaré.

La vidéo associée à cet article a été extraite du JT du soir, diffusé par de  la chaîne 2M le 10 mars 2009. Vu les circonstances, nous avons jugé utile de le passer intégralement.   Copyright 2M/Soread.



Publié dans Dialogue des cultures

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La Fondation des trois cultures fête son 10e anniversaire

Publié le par Abdelkarim Chankou

Séville- 10 mars 2009- La Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée a tenu, mardi soir à Séville, à l'occasion de son 10e anniversaire, une réunion de ...

Séville- 10 mars 2009- La Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée a tenu, mardi soir à Séville, à l'occasion de son 10e anniversaire, une réunion de ...

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Rabat remet Téhéran à sa place

Publié le par M.S.

Le nouveau président américain Barack Obama même s’il cherche à renouer le dialogue avec Téhéran fera tout pour que la république islamique n’ait jamais sa bombinette atomique. Alors les enturbannés noirs de Téhéran qui savent au fond d’eux que le temps ne joue pas forcément pour eux et que tôt ou tard la communauté internationale aura raison de leur régime médiéval enrobé de faux modernisme destiné à séduire les becs enfarinés parmi les jeunes désœuvrés et surtout certains pays d’Amérique Latine que le bolivarisme a rendu antiaméricains primaires cherchent à étendre leur emprise sur un maximum de pays. Le Monde arabe, divisé et affaibli par les luttes internes, s’offre dès lors comme un terrain de choix pour Téhéran. Mais pour contrôler le Monde arabe, il faut éjecter l’Egypte et surtout le Maroc qui y joue un rôle modérateur et unificateur.
La déclaration d’un haut responsable iranien selon quoi l’Etat arabe du Bahreïn était la 14e province iranienne n’était qu’un ballon d’essai destiner à tester la réaction des autres pays arabes. A ce niveau la réaction de Rabat fut immédiate et solidaire avec Manama. Une attitude qui n’a pas été du goût du régime des Mollahs qui croyait que le Maroc laisserait passer l’incident comme l’ont fait certains pays arabes noyautés par les enturbannés noirs. Téhéran qui est allée même jusqu’à convoquer le chargé d’affaire marocain auprès d’elle se fende de déclarations insultantes à l’égard du Maroc et de ses institutions.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manoucher Mottaki, s’est déclaré hier samedi, dans une conférence de presse « surpris que le Maroc n’ait pas participé à la conférence internationale sur la Palestine ayant pour thème « Soutien à la Palestine, symbole de résistance; à Gaza, victime d’un crime » qui s’est tenue à Téhéran.
Or chacun sait que le Maroc qui est un Etat souverain et qui a toujours défendu la cause palestinienne d’une façon rationnelle ne peut accepter que cette cause qui est d’abord arabe soit subtilisée par des pays qui cherchent un cheval de bataille pour s’imposer à une communauté internationale qui ne veut pas d’eux tant qu’ils refusent ses conditions.
La décision de Rabat à l’avant-veille, vendredi, de rompre toutes ses relations diplomatiques avec Téhéran est donc une réaction normale et saine, même si du côté de l’Iran cette décision a beaucoup surpris.
En clair le Maroc rejette les tentatives iraniennes de le mettre sous
tutelle.

Publié dans Nation

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