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Le minaret est tombé, pendez le Suisse !

Publié le par Abdelkarim Chankou

Suite à la proposition d’un parti politique, les Suisses ont été appelés, ce dimanche (jour du Seigneur) à se prononcer par référendum sur les minarets des mosquées qu’abrite leur Confédération.

A la surprise des instituts de sondage qui ont presque tous prédit qu’une majorité confortable des Helvètes va dire « oui » à ce que ces mosquées continuent d’être dotées de minarets servant de perchoirs aux muezzins, c’est tout le contraire qui est sorti des urnes. A près de 58 %, les Suisses ont donc dit « non » et seuls 4 cantons sur 26 que compte de la confédération ont suivi les recommandations du Conseil fédéral qui souhaitait que le « oui » l’emportât pour préserver les intérêts et l’image du pays.

Dès l’annonce des premiers résultats qui donnaient vainqueur le camp du « non », la communauté musulmane suisse et des organisations islamiques locales ou internationales ont fustigé le choix souverain des Suisses en accusant le refus des minarets d’acte raciste surtout que la proposition du référendum émanait de l’UDC, un parti de droite populiste.

Si d’aucuns conviennent que le référendum ou la démocratie directe est un jeu purement aléatoire contrairement aux opérations de votes ordinaires qui elles sont plus ou moins encadrées par les formations politiques et les organismes concernés et de ce fait il arrive souvent que le résultat d’une telle consultation soit très relatif, il n’en demeure pas moins que tout le monde doit s’y plier. C’est le principe de base d’une démocratie. Et ce sont les musulmans naturalisés suisse on non qui doivent être les premiers à se ranger en s’abstenant de faire des commentaires insensés.

Ces musulmans qui ont tiré à boulets rouges sur le résultat de ce référendum ont oublié trois choses importantes.

1) S’ils vivent tranquillement en Suisse où le Smic horaire est dix fois supérieur qu’au Maroc, s’ils mangent et s’habillent comme il leur plaît, c’est en grande partie grâce à la démocratie suisse ;
2) Si 58 % des Suisses ont voté contre le minaret des mosquées, 100 % des musulmans du monde, eux, ne se sont jamais demandé pourquoi un Chrétien ou un Juif est interdit (sans aucun vote) de pénétrer dans les zones sacrées des mosquées et même des simples salles de prière quand bien même ces dernières se réduisent à un hangar ou un garage désaffecté ;
3) Pour se limiter au seul cas du Maroc mais l’exemple peut s’appliquer à l’ensemble du mode arabo-musulman, certains quartier chics de Casablanca ou Rabat non seulement sont interdits de minarets mais carrément de mosquées !


Le minaret est tombé, pendez le Suisse !

En photo du centre : la mosquée de Genève

Publié dans Edito

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H1N1 : 3 décès au Maroc, autant en Algérie

Publié le par Karim El Maghribi

Ce 27 novembre le Maroc a enregistré officiellement deux nouveaux décès dus à la grippe mexicaine qui s’ajoutent ainsi au premier cas de décès dû à cette pandémie il y a dix jours à Oujda.

Les deux nouvelles victimes, une femme de 29 ans à Ouezzane, et un homme de 41 ans à Casablanca, souffrent toutes, selon les autorités sanitaires, de maladies respiratoires ou cardiaques. Au jour d’aujourd’hui, le total des personnes atteintes de cette maladie a dépassé les 1622 cas dont la moitié enregistrée dans le milieu scolaire.

Le fait que le voisin algérien, qui a des caractéristiques sociales et démographiques analogue à celles du Maroc, ait enregistré le même nombre de décès à la même date prouve que le virus se propage selon une logique statistique létale normale, même si certaines sources marocaines perlent d’une « accélération » de la propagation du virus.

Cependant, le fait qu’en même temps l’Algérie n’ait recensé que 274 cas confirmés, soit 6 fois moins que le Maroc, prouve que le facteur exogène est déterminant dans la vitesse de la contamination par le virus H1N1 ; le Maroc étant plus exposé aux flux migratoires et touristiques que l’Algérie.

A noter que pour ce qui est des décès algériens, il s’agit d’une femme de 50 ans résidant à Biskra (425 km au Sud-est d'Alger) et une jeune femme de 27 ans ainsi que son bébé habitant Oran, la grande métropole de l'Ouest, voisine de la ville marocaine de Oujda.

Rappelons que la prévention, l'utilisation de masques de protection  PPF2, de solutions désinfectantes et la prise d'antalgiques en cas des premiers signes de fièvre, ne sont pas à négliger. Toutefois les antiviraux sont incontournables.

Publié dans Société

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La culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié

Publié le par Avec SCSM

C’est quoi le bonheur ou le bien-être ? Avoir une belle villa, une belle voiture, un compte bancaire bien garni, un bon boulot et une bonne santé… ? Certes ce sont là les ingrédients de la félicité même. Mais des moments d’intense bonheur peuvent se vivre à la lecture d’un bon livre, l’écoute d’une bonne musique, la vue d’un bon film ou pièce de théâtre et surtout  au sentiment  d'être fier d'être soi-même, un sentiment que seule la culture procure. Car la culture est le sel du bien-être qui s’il se réduit aux seuls chiffres macro-économiques risque d’avoir un goût d’inachevé. Ne dit-on pas que « la culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié ? »* 

Invités du ministre français de la Culture, M. Frédéric Mitterrand, le Conseiller de Sa Majesté le Roi, M. André Azoulay et le Ministre de la Culture, M. Bensalem Himmich, ont participé ce week-end au Forum international d’Avignon consacré à la rationalisation et à l’optimisation des relations entre les mondes de la culture, de l’économie et des médias.

Trois cents personnalités venues de l’Union Européenne, d’Amérique du Nord et du Maghreb ont ainsi débattu pendant trois jours de « l’innovation culturelle pour construire la croissance de l’après crise à partir d’un nouveau modèle économique intégrant la création artistique et les industries de la culture comme espace de création de richesses ».

MM. André Azoulay et Bensalem Himmich ont mis en relief dans cette perspective l’émergence au Maroc d’une dynamique culturelle qui s’impose graduellement comme un facteur déterminant de cohésion sociale et d’attractivité territoriale dans plusieurs régions du pays.

Le débat en cours au Maroc sur la nécessité « d’aller au-delà de la seule lecture statistique et traditionnelle du PNB pour penser le monde de demain » a également contribué aux nombreux échanges du Forum d’Avignon autour de « l’urgence de remettre à niveau les indicateurs conventionnels de performance économique et sociale en les élargissant à la culture, au bien-être et à l’éducation ».

Evoquant le programme de la Fondation Euro-Méditerranéenne Anna Lindh, M. Azoulay qui est également membre du Comité stratégique du conseil culturel de l'UPM a souligné « la centralité de la diversité culturelle en tant que fondement stratégique de la légitimité de l’Union pour la Méditerranée » notant au passage que dans les 43 pays membres de cette Union, les industries culturelles génèrent actuellement des flux financiers et commerciaux supérieurs à 1 milliard d’euros et emploient plus de 6 millions de personnes.

La conjonction significative et heureuse de ces réalités économiques et sociales et de la centralité culturelle choisie par l’Union pour la Méditerranée doit inciter et encourager les Etats à se montrer moins frileux pour doter le secteur culturel des moyens et de l’attention qu’il mérite a souligné le Président de la Fondation Anna Lindh en rappelant que malgré les aléas politiques, cette institution demeure l’une des plus dynamiques de l’espace socio-culturel euro-méditerranéen.

(*) Edouard Herriot

Publié dans Société

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Livni au Maroc et alors ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chaque fois qu’un responsable israélien actuel ou ancien, homme ou femme, arrive au Maroc sans se cacher, c’est le tohu-bohu général. La fin du monde ! Et ce même si l’arrivant en question a été officiellement et dûment invité. Cela a été le cas encore une fois, hélas !, avec Mme Tzipi Livni, ex-ministre des affaires étrangères du gouvernement Olmert et actuelle patronne du parti Kadima, situé au centre-droit dans l’échiquier politique de l’Etat hébreu.

Le « front de refus » à la participation effective de Mme Livni au Forum MEDays qui s’est déroulé du 19 au 21 Novembre derniers à Tanger et qui a rassemblé une communauté de plus de 150 intervenants de très haut niveau (chefs d’états et de gouvernements, décideurs politiques, chefs d’entreprises, représentants de la société civile…) justifie sa position par le fait que Mme Livni a une responsabilité directe dans la guerre contre Gaza qui a fait quelque 1.500 tués palestiniens de la Bande et de ce fait elle doit être arrêtée pour « crimes de guerre ». Soit. Mais ledit « front de refus » constitué d’un ramassis qui a fait de la défense de la veuve et de l’orphelin son fonds de commerce ne se manifeste jamais et ne manifeste jamais quand un haut responsable américain ou britannique qui a été aux affaires lors de l’invasion de l’Irak ou l’Afghanistan atterrit au Maroc !
On peut multiplier les exemples de ce genre, la Russie et sa guerre en Tchétchénie… Mais ce n’est guère notre but ni notre propos ici. Bref, pour nos illuminés ni les Irakiens, ni les Afghans encore mois les Tchéchènes ne méritent d’être défendus comme les Gazaouis. En fait, leur défense ne paye pas …
Heureusement que dans les hautes sphères marocaines on compte encore des gens qui ont le sens de l’honneur. Mme Livni a été officiellement invitée à la 2e édition des MEDays, certes par un Think Thank indépendant (l’Institut Amadeus), mais elle a été invitée. Et quand on invite quelqu’un même s’il agit d’un ennemi on assure, on l’accueillant comme il se doit. A ce niveau, ça a été presque parfait. L’hôte exceptionnelle des MEDays dont le thème a été « le co-développement responsable », arrivée tard jeudi à Tanger, a non seulement participé aux journées de travail jusqu’au bout mais elle a pu effectuer une virée à Casablanca le vendredi soir et aussi à Marrakech le lendemain
Pour terminer, la moralité de l’histoire c’est que l’on est passé en 30 ans à des visites en catimini de dirigeants israéliens au Maroc à des visites en public. C’est déjà ça.
Rappelons que c'est à Rabat que Moshé Dayan, nouveau secrétaire des affaires étrangères de Bégin, rencontra l'émissaire égyptien du Président Sadate en 1977. Sans cette visite et la clairvoyance de feu Hassan II l’Egypte n’aurait jamais signé la paix avec Israël.

Publié dans Edito

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Azoulay : Essaouira, la seule cité « dessinée de la main d'un Roi », le Sultan Mohamed Ben Abdellah

Publié le par MAP

Essaouira ou Mogador est l’unique ville du Maroc dont la Médina est bâtie selon un plan carré. De ce fait, la cité des vents peut s’enorgueillir d’être aussi un pont entre le Maroc et la civilisation occidentale sur le plan urbanistique.

« Essaouira, la petite image, Essaouira la bien dessinée était historiquement prédestinée à accueillir la 4e rencontre nationale des agences urbaines du Maroc », a déclaré M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président-Fondateur de l'association Essaouira-Mogador.

Intervenant lors de ces assises, tenues les 13 et 14 novembre dans la cité des Alizés, sous le Haut patronage de SM le Roi, M. Azoulay a rappelé qu'Essaouira avait le privilège d'être la seule cité « dessinée de la main d'un Roi, le Sultan Mohamed Ben Abdellah », soulignant « la convergence entre la démarche de ce sultan au milieu du 18e siècle et la feuille de route tracée par SM le Roi Mohammed VI dans le dernier discours du trône pour une stratégie de développement territorial harmonieux, intégré et durable ».

« Cette convergence donne encore plus de relief et de légitimité à la rencontre d'Essaouira consacrée au développement et la régulation des espaces urbains »
, a ajouté M. Azoulay, rappelant qu'il y a une vingtaine d'années, la société civile souirie avait fait le choix d'une renaissance de la cité, fondée sur l'optimisation et la sauvegarde de son patrimoine urbain ainsi que sur une logique territoriale nourrie et soutenue par la créativité culturelle, artistique et musicale.

Les résultats obtenus et les acquis accumulés au cours des deux dernières décennies ne doivent pour autant masquer les fragilités qui demeurent et les risques que courait Essaouira de voir son patrimoine bâti déstabilisé par les extensions que connaît le périmètre urbain souiri et qui doivent être régulées et encadrées, a encore souligné le Conseiller de SM le Roi.

Les retards enregistrés dans la mise en place des infrastructures de base indispensables pour conforter le développement de la ville accentuent ce risque, a averti M. Azoulay en appelant pour conclure l'urgence à la signature d'une convention-cadre entre les différents départements ministériels, les autorités locales et toutes les institutions concernées afin que « soient pérennisés les acquis et que le développement d'Essaouira trouve un second souffle dans la mise en œuvre d'un plan ambitieux et vital pour la remise à niveau globale des infrastructures et des équipements de base la ville ».

Organisée par la Fédération des agences urbaines du Maroc « Majal », sous le thème « Pour un développement territorial intégré et durable », cette rencontre se propose de consolider et capitaliser les actions engagées auparavant par les Agences urbaines en tant qu'acteurs actifs dans le développement territorial du Royaume.

La Fédération souligne que le choix du thème est d'autant plus important que l'on assiste aujourd'hui à l'émergence de nouveaux leviers de développement urbain (structures de gestion et de développement des villes nouvelles), permettant de pallier aux carences du système de planification actuel, en faveur de nouvelles approches de développement intégrées, concertées, susceptibles d'inciter l'initiative privée.

Publié dans Focus

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Peur sur La Mecque

Publié le par Karim El Maghribi

Ce n’est pas tellement le spectre d’une pandémie de grippe mexicaine qui hante les autorités saoudiennes à quelques jours du début des rites du pèlerinage, ni les bousculades meurtrières (devenues monnaie courante), encore moins les fréquents incendies non moins meurtriers qui chaque année endeuillent le cinquième pilier de l’Islam.

C’est l’éventualité cauchemardesque d’une agression iranienne ou houtie, ce qui revient au même, qui donne des insomnies au régime saoudien.

La guerre que livrent les rebelles houties de rite chiite au régime yéménite du colonel Abdellah Saleh depuis plusieurs semaines et qui fait de part et d’autre plusieurs centaines de morts et blessés sans compter les milliers de déplacés a en obligeant l’armée de l’air de saoudienne d’entrer en danse aux côtés des frères yéménites (officiellement pour défendre sa frontière contre les incursions houties), donné une bonne raison à ces rebelles d’ajouter l’Arabie sur leur liste de cibles à embêter.

Une perspective qui n’est pas pour déplaire au régime des mollahs qui officie à Téhéran. Lequel régime avait dès le renversement du Chah en 1979 tenté par le biais d’un groupe armé de s’emparer de La Mecque en pèlerinage en y faisant même des otages.
Acte qui aurait pris des proportions imprévisibles et incalculables si la CIA et les services de feu Hassan II n’avaient fait avorter dans l’œuf le terrible projet des terroristes à la solde de l’Iran.

Cette sombre perspective risque de se répéter dans quelques jours d’autant que Ryad qui a mobilisé de colossaux moyens de prévention ne pourra pas parer à 100 % contre une éventuelle attaque terroriste téléguidée par les mollahs iraniens. D’abord on ne peut pas fouiller tous les pèlerins. Puis il suffit qu’un énergumène malintentionné crie au bon moment au feu ou à la bombe pour que les pèlerins soient pris de panique et se piétinent entre eux.  Et avec 3 millions de fidèles le drame sera inévitable.

Pour réitérer son appui à Ryad, Rabat a demandé à deux porte-paroles officiels et de premier plan de conduire les pèlerins marocains à La Mecque. L’un parle au nom du gouvernement, en l’occurrence Me Khalid Naciri (qui est également ministre de l’information), l’autre est le syndic des patrons, à savoir le très pieu Mohamed Horani.

Le message de Rabat à l’adresse de sa sœur Ryad est clair. Nous politiques et hommes d’affaires marocains sommes avec vous. Pour le meilleur et pour le pire.

Publié dans Confidentiel

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Azoulay : La vision du Maroc quant à ses relations avec l'UE est marquée par la volonté d'aller de l'avant

Publié le par MAP

La vision du Maroc quant à ses relations avec l'Union européenne (UE) est marquée par la volonté d'aller de l'avant dans l'approfondissement de ces liens, a souligné mercredi à Casablanca, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et président de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures.

S'exprimant à l'ouverture d'un colloque international organisé par L'ESCA (Ecole Supérieure du Commerce et des Affaires) dans son amphithéâtre « Casablanca » sur le thème « Quelle reconfiguration de la géo-économie après la crise? », M. Azoulay a mis en exergue le rôle indéniable de l'UE dans le succès des réformes mises en œuvre par le Maroc au cours des deux dernières décennies et l'importance que revêt l'approfondissement du partenariat entre l'UE et les pays du Sud de la Méditerranée.

Après avoir rappelé le contexte et le cadre de l'émergence de l'Union Pour la Méditerranée (UPM), le Conseiller de SM le Roi a fait remarquer que cette Union ne peut se réduire à une simple somme de projets et qu'elle constitue une dynamique qui permettra d'aller au-delà des formes actuelles de coopération.

L'UPM est riche de promesses, a affirmé M. Azoulay, soulignant que les postulats de sa Charte qui ont pour noms Parité, Copropriété et Co-gouvernance vont contribuer à une évolution des mentalités et permettront l'incarnation de ses promesses dans la mesure où cette évolution se réalise.

Traitant du thème « Europe et Méditerranée : quelles institutions, quels enjeux, quel avenir? », le Professeur Jean-Marc Huissoud, enseignant à Grenoble et spécialiste des questions géopolitiques, a exposé les visions que les Européens ont de l'espace méditerranéen, une mer intérieure, un espace où coexistent des civilisations différentes ou encore une frontière.

Il a, par la suite, dressé un tableau des obstacles qui empêchent l'émergence d'une vision commune aux deux rives, notamment les bouleversements géopolitiques en Europe centrale et orientale et les divergences d'intérêts stratégiques des Etats européens qui n'ont pas favorisé la convergence vers une vision commune et partagée avec les pays du Sud.

Et de conclure que la régionalisation de l'économie mondiale poussera l'Europe à intégrer son voisinage dans une logique de rééquilibrages des rapports de force, que la mise en place des institutions de l'UPM enclenchera une dynamique propre au projet euro-méditerranéen comme ceci a été le cas pour le projet européen lui-même et qu'enfin les attentes des peuples des deux rives impulseront une dynamique de coopération et de partenariat.

Dans sa communication portant sur « Développement durable : quel enjeu géoéconomique ? », Mme Bouchra Rahmouni Benhida, Pr. à l'ESCA, a exposé les impératifs d'unpartenariat renouvelé qui intègre le développement durable et ce dans l'intérêt mutuel de l'UE et des pays du sud de la Méditerranée, citant dans ce sens le secteur des énergies renouvelables.

Notant que l'énergie et son contrôle sont au cœur des enjeux de l'influence économique et partant du rayonnement diplomatique, elle conclut sur la nécessité d'imaginer des relations de partenariat qui dépassent le modèle économique remis en cause par la crise.

Le vice-président de l'Institut Amadeus, M. Younès Slaoui, abordant la place de la coopération Sud-Sud dans le processus de sortie de la crise économique, a indiqué que l'intégration économique Sud-Sud est une clef pour réussir un partenariat moins déséquilibré avec les puissances économiques du nord.

Evoquant les nouvelles tendances de la cooptation Sud-Sud, il a évoqué deux approches qui dominent l'attitude des Etats du Sud: une vision de la coopération dans le cadre d'une « rupture avec l'impérialisme » comme le suggère quelques Etats latino-américains et une vision réformiste qui cherche à coupler cette coopération Sud-Sud avec une intégration au système mondial.

Mme Leïla Sijelmassi, experte-comptable et spécialiste des normes « IFRS » et membre du réseau international « Price Waterhouse Coopers » est intervenue sur la problématique de « L'information financière, crise et géo-économie ». Dans ce cadre, elle a traité trois points importants : la responsabilité des normes IFRS dans la crise économique actuelle, l'information financière comme enjeu clef et enfin quelle organisation comptable envisager?

Auparavant, M. Thami Ghorfi, président de l'ESCA avait indiqué que le processus de mondialisation en cours interpelle les écoles de management en terme de cursus scolaire lequel doit intégrer davantage la dimension géopolitique dans la formation des futurs managers.

Il a ensuite souligné que les compétences requises pour manager dans le monde de demain ne se réduisent plus aux techniques de gestion qui ont fait l'essentiel des programmes de formation dans le passé, ajoutant que les programmes d'échange d'étudiants dans lequel s'est engagé l'école exige une préparation des étudiants aux réalités d'un monde fait de diversité et de complexité.

Publié dans Géopolitique

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Quelle capitale pour les Palestiniens ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Les Palestiniens modérés qui ont adhéré au processus  d’Oslo rêvent à un Etat indépendant dont le territoire, constitué de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie,  aura pour  capitale  Jérusalem-Est. Evidemment les extrémistes et autres nihilistes des deux bords ne veulent  entendre parler  ni d’un Etat palestinien indépendant ni  d’un Etat juif. Ceux-là  bien que leurs poids soient non négligeables dans toute équation de paix entre Israéliens et Palestiniens ne doivent pas pour autant nous empêcher de réfléchir à une solution à ce casse-tête qui dure depuis plus d’un siècle et qui fait couler autant d’encre que de sang. Hélas !


Tout le monde parle donc, ces derniers temps, de la solution à deux Etats israélien et palestinien dont les capitales respectives seront Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est. Des voix comme celle de Simone Süskind*, cette Belge de mère roumaine et de père polonais ayant échappé à l’Holocauste, ne cachent pas leur adhésion à cette solution.

Mais concrètement et logiquement est-ce que cette solution  est réaliste ? Surtout au moment où le monde libre a fêté en grande pompe et faste le 20e  anniversaire de la chute du mur de Berlin qui scindait la ville en deux ? Autrement dit si cette solution du partage en deux de Jérusalem est adoptée, comment les administrations palestinienne et israélienne devront-elles s’y organiser pour que le partage soit durable, fiable et surtout viable ? Si les Arabes et Juifs arrivent à peine à cohabiter dans la Jérusalem actuelle, on voit mal comme ils arriveront à se sentir une fois que la cité sera coupée en deux. Ils y parviendront, peut-être, en faisant appel aux services d’un bon « syndic d’immeuble » ; car, et il ne faut pas rêver, pour que deux voisins de palier cohabitent sans anicroche il faudra que le bon voisinage soit garanti par un bon syndic comme dans les immeubles en copropriété. Qui jouera donc ce rôle  de syndic ? Les Anglais ? Ils n’y sont plus,  pas plus que les Turcs ?   L’Europe ?  Elle est non seulement faible et impuissante mais  profondément partagée quant à  la posture même à adopter  face aux deux antagonistes. Les Etats-Unis ? Elles sont tellement absorbés par la crise et leur embourbement en Irak et Afghanistan sans oublier le dossier nucléaire iranien qu’elles ne s'hasarderont pas à plonger dans une nouvelle mélasse.

Alors le statu quo ? Pas forcément. Pour la simple raison que le temps joue contre la paix, la vraie. Pas la peine de faire un dessin pour comprendre que les chances d’un arrangement durable antre Palestiniens et Israéliens n’est possible qu’avec les politiques de deux camps qui ont goûté aux horreurs de la guerre. Ces officiers et politiques  sont aujourd’hui âgés et n’ont pour beaucoup d’entre eux que quelques années à vivre avant de passer définitivement l’arme à gauche. En partant, ils laisseront derrière eux des jeunes générations que le sentiment fort de propriété et d’identité empêcheront de voir plus loin qu’un jet de pierre. Ce sera la tuile. La vraie.

Alors que faire ? Sans aucune intention de  m’ériger en donneur de leçon, je crois que le modèle monégasque et surtout romain avec le micro-Etat  du Vatican pourra donner à réfléchir…

 

(*) Invitée, hier lundi 9 novembre, de l’excellente émission « Mais encore » qu’anime le journaliste Abdelhamid Berrada sur la chaîne 2M.

 

Publié dans Edito

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La tuerie de Fort Hood : « l’acte terroriste le plus grave commis aux Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001 » ?

Publié le par Claude Moniquet


Par Claude Moniquet Président de l’Esisc

Au-delà de la tragédie, l’affaire de Fort Hood apparaîtra comme extrêmement intéressante à tout expert du terrorisme parce qu’elle offre un éclairage cru sur le mécanisme de radicalisation individuelle pouvant affecter des personnes n’ayant pas de liens avérés avec une structure terroriste et les transformer en «djihadistes auto-recrutés ».


Malheureusement, la même tragédie nous en dit également beaucoup sur les dysfonctionnements systémiques de la chaîne de commandement au sein des forces armées américaines et des agences de renseignement et de law enforcement. Car la tuerie ne doit rien à la fatalité et aurait fort probablement pu être évitée. Il eut suffi que chacun se contente de faire son travail sans se laisser polluer par une approche politiquement correcte ou une logique purement « utilitariste ».
Un « politiquement correct » qui semble pousser les enquêteurs et la presse à traiter ce dossier comme un horrible mais simple « fait divers » et non comme un acte terroriste. Le président Barack Obama, par exemple, a déclaré gravement qu’il ne fallait « pas sauter trop rapidement aux conclusions ». Le même, par ailleurs, minimise symboliquement la portée de cette tuerie : comment expliquer, sinon, qu’il n’ait trouvé le temps de se rendre à Fort Hood que six jours après le drame ?
Quant à la presse, très majoritairement, elle nous assène à longueur de journées qu’il existe peu de preuves liant cette affaire à un complot terroriste et que l’on ne peut donc que s’interroger sur les motivations du tueur…
Il est évident qu’il reste des zones d’ombres dans ce dossier, ce qui est très normal puisque l’enquête a commencé il y a quelques jours à peine et que le principal « suspect », le major Nidal Malik Hasan qui, jusque samedi, était placé sous respirateur artificiel, n’a pas encore pu être entendu par les enquêteurs. Lundi matin, il était encore dans un « état critique mais stable. »
Il n’empêche que, comme l’écrit l’éditorialiste américain Mark Steyn : « Treize morts et 31 blessés seraient un mauvais jour pour l’armée américaine en Afghanistan, et une grande victoire pour les Talibans » (1). Or, comme le souligne Mark Steyn, alors que l’incident se déroule au cœur de la plus grande base militaire du monde, en plein centre des Etats-Unis, politiques et médias s’entendent à le traiter comme « une tragédie » - sous-entendu « encore une de ces tueries aveugles et imprévisibles qui voit un homme devenu fou tirer sur tout ce qui bouge sur son lieu de travail, dans un centre commercial ou dans la rue. »
Et tous s’entendent à n’évoquer que du bout des lèvres une possible motivation idéologique du tueur.
Mais pour cerner exactement les contours du débat, il faut d’abord faire le point sur les faits eux-mêmes, puis sur la personnalité du major Hasan.

A) Les faits bruts

Le jeudi 5 novembre, vers 13h 30, un tireur agissant seul et qui, un peu plus tard, sera identifié comme étant le major Nidal Malik Hasan, psychiatre militaire, fait irruption dans une salle du Soldiers Readiness Center de Fort Hood où environ 300 militaires passent des examens des yeux, reçoivent de vaccins et remplissent des formulaires en vue de leur prochain déploiement en Irak ou en Afghanistan. Armé de deux pistolets automatiques, il bondit sur une table et, après avoir crié, selon de nombreux témoins, « Allah Ô Akhbar ! » (2) (Dieu est grand), il ouvre le feu sur la foule, tuant douze personnes (une treizième décédera de ses blessures le lendemain) et en blesse une trentaine – il n’est malheureusement pas impossible que certains ne survivent pas. Le nombre de coups de feu et de victimes touchées implique que le major Hasan ait rechargé ses armes à plusieurs reprises puisque, au total, une centaine de cartouches ont été tirées. Il a, par ailleurs, agi dès son arrivée sur les lieux, « méthodiquement et avec sang-froid » (3), menant les choses « d’une manière mesurée et calme » (4) et s’acharnant sur ses victimes. Un soldat témoigne : « J’ai été touché une première fois puis touché une fois encore après avoir commis l’erreur de bouger »(5).
Le major Hasan a ensuite été touché par au moins quatre balles tirées par deux jeunes policiers, les sergents Mark Todd et Kimberly Munley, une jeune femme qui, en sauvant des vies, a elle-même été blessée durant son intervention.

B) Ce que l’on sait du major Hasan

Le major Hasan est un psychiatre militaire âgé de 39 ans. Né aux Etats-Unis, et donc citoyen américain, il est d’origine jordano-palestinienne et une partie de sa famille vit encore dans un petit village proche de Jérusalem. Appartenant à une famille de la classe
moyenne – ses parents géraient des magasins et un restaurant – il a, tout d’abord, fait des études de biochimie à la Virginia Tech University avant de rejoindre l’armée en 1997 sur base d’un contrat (très classique aux Etats-Unis) qui engageait le Département de la Défense à payer ses études de médecine en échange d’un certain nombre d’années de service.
Lieutenant en 1997, il est diplômé de médecine et promu capitaine en 2003. Affecté au Walter Reed Army Medical Center, il y fait son internat en psychiatrie et soigne, entre autres, des soldats revenant d’Afghanistan ou d’Irak et présentant des troubles liés au stress post-traumatique. Au printemps 2009, il est transféré à Fort Hood en prévision d’un déploiement en Afghanistan ou en Irak et affecté au Darnall Army Medical Center.
Il semble manifeste qu’au moment où il fait le choix de s’engager, Nidal Malik Hasan est
fier d’être américain et heureux de servir son pays. Selon l’un de ses cousins, Nader Hasan, il a décidé de cette carrière contre l’avis de ses parents, argumentant « qu’il était né aux Etats-Unis et que c’était son devoir par rapport à ce pays » (6).
Au bout de quelques années, pourtant, les choses changent. Après 2001, Hasan se plaint
d’être victime de harcèlement et de propos blessants du fait de sa foi musulmane. Il ira jusqu’à consulter un avocat sur ses possibilités de rompre le contrat le liant à l’armée (7), mais ce dernier lui expliquera qu’il n’a aucune possibilité de le faire. Hasan semble se résigner, mais son entourage note qu’il se replie davantage sur lui-même et sur sa pratique religieuse. Ses parents décèdent respectivement en 1998 et 2001 et, toujours d’après son cousin, cette perte l’a amené « à devenir plus pratiquant » (8). Le même cousin affirme qu’il n’a jamais entendu Nidal Malik Hasan tenir des propos radicaux ou anti-américains.
Ce n’est toutefois pas ce qui transparaît à la fois de son parcours au cours de ces deux dernières années et des souvenirs de ses collègues et camarades.
Ainsi, le lieutenant colonel Terry Lee, qui a été son supérieur à Fort Hood, se souvient de ses commentaires « bizarres », comme par exemple : « Il faudrait peut-être que les musulmans se lèvent tous pour combattre l’agresseur »(9).
Par ailleurs, il est certain que son déploiement sur un théâtre d’opérations en Irak ou en Afghanistan était ce que le major Nidal craignait le plus : toujours selon son cousin, il avait commencé à s’opposer à ces guerres en écoutant les horreurs racontées par les
soldats qu’il soignait et était « honteux » (10) de ce déploiement (11).
Le colonel Lee souligne que « le major Hasan s’était montré optimiste sur le fait que le président Obama commencerait à retirer des troupes d’Irak et d’Afghanistan. Mais lorsque cela ne s’est pas concrétisé aussi vite qu’il l’espérait, il a été en colère » (12).
Plusieurs officiels non identifiés (13) « suggèrent qu’il aurait pu souffrir depuis longtemps de problèmes émotionnels qui ont été exacerbés par les tensions [provoquées] par son travail avec les vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan qui rentraient à la maison avec de sérieux problèmes psychiatriques… »
Autre élément intéressant : Nidal Malik Hasan était célibataire, ce qui semblait lui poser un énorme problème. Adnan Haider, un professeur de statistiques retraité de Georgetown University, qui l’a connu dans un centre islamique du Maryland, raconte que, juste après lui avoir été présenté, à l’issue de la prière, un jour de 2008, Hasan l’interrogea : « Connaissez-vous une jolie fille musulmane que je pourrais épouser ? » « C’était une chose étrange à demander à quelqu’un que vous aviez rencontré deux secondes plus tôt. Il était clair pour moi qu’il était sous pression… » (14), souligne Adnan Haider.
Il est par ailleurs décrit par sa famille et ses collèges comme un solitaire, incapable ou peu désireux de se faire des amis et « ne socialisant pas avec ses camarades officiers »(15).
Certes, l’aspect psychologique – peut-être pathologique – a très probablement joué un rôle dans l’évolution comportementale du major Hasan. Le stress traumatique secondaire – encore appelé « fatigue compassionnelle » – qui peut toucher les intervenants médicaux et sociaux en contact avec la misère et la souffrance est bien connu et étudié depuis que les premiers cas ont été diagnostiqués dans les années 50 chez des infirmières (16). Mais on ne peut réduire le cas du major Hasan à une « simple » crise de burnout l’amenant à l’acte fatal.
Tant la littérature médicale que les entretiens que nous avons eus avec certains spécialistes tendent à prouver que, si le spectre des conséquences d’un stress traumatique secondaire est très large – il peut aller de l’auto-dévalorisation au doute généralisé sur l’utilité du travail effectué, au désintérêt total pour ce travail ou à une forme de dépression (pouvant entraîner un abus de substances euphorisantes ou mener au suicide) – cette affection, en règle générale, ne pousse pas le sujet à des actes agressifs vis-à-vis de son entourage.
Il est hors de question de poser ici un diagnostic médical qui dépasserait largement nos compétences, mais il est permis de penser que l’on ne peut pas traiter uniquement le cas du major Hasan comme un drame dû au stress. Certes, son état mental l’a peut-être aidé à briser le tabou de l’atteinte à la vie et facilité le passage à l’acte, mais celui-ci semble, à l’évidence, avoir été motivé par une position idéologique tranchée. S’il s’agissait uniquement d’un cas psychiatrique, Nidal Malik Hasan aurait pu se suicider ou ouvrir le feu sur des passants, de manière indiscriminée. Or, le fait est qu’il a choisi de tuer des militaires en partance pour l’Irak ou l’Afghanistan et ce, après avoir démontré à de multiples reprises que sa propre position sur ces guerres s’était radicalisée.

C) De multiples signes de radicalisation

Outre les propos rapportés par le colonel Lee et déjà évoqués ci-dessus, et outre la désaffection du major Hasan pour l’armée (dont témoigne son cousin Nader), on notera en effet que :
- Lorsqu’il soignait des traumatisés de la guerre à Walter Reed, Hasan a fait l’objet d’une évaluation négative (17) apparemment justifiée par le fait qu’il aurait verbalement agressé des personnels militaires qui défendaient la politique américaine en Irak et en Afghanistan.
- A Walter Reed toujours, au cours d’une conférence sur le Coran, Hasan aurait affirmé
que les « infidèles devaient être égorgés » et qu’ils étaient condamnés « à brûler en enfer ». Il aurait ajouté se sentir « d’abord musulman et ensuite américain » (18).
- Cette « distanciation » par rapport à sa citoyenneté américaine transparaît également lorsque, remplissant dans une mosquée un formulaire de participation à un programme de recherche d’une épouse musulmane, il nota dans la case « nationalité », à la plus grande surprise de l’imam présent, palestinienne (19).
- Plus récemment, alors qu’il suivait un séminaire de spécialisation à l’Uniformed Services University of the Health Sciences (Bethesda Hospital, Maryland), en 2008-2009, Hasan a, durant les cours, multiplié les interventions tournant souvent à la diatribe politique accusant les Etats-Unis de mener une « guerre contre l’islam ». Une fois au moins, il fera une présentation défendant les attentats suicides. Le Docteur Val Finnell et d’autres médecins présents à ce séminaire s’en sont plaints auprès du directeur de l’Université, évoquant une véritable « bombe à retardement amorcée » (20) mais aucune enquête n’a été ouverte et aucune mesure n’a été prise (21).
- Un camarade officier, converti à l’islam et priant régulièrement dans la même mosquée que celle fréquentée par Hasan, affirme l’avoir entendu « exprimer des sentiments antisémites et défendre les attentats suicides » (22).
- Un premier examen de son ordinateur par les enquêteurs fait apparaître qu’il s’est régulièrement connecté à des sites prêchant l’islam radical et qu’il a échangé des courriers électroniques avec des personnes partageant cette idéologie,
« certains résidant peut-être à l’étranger » (23).
- On sait par ailleurs que, depuis six mois, le FBI avait repéré, sur certains sites et forums extrémistes, un certain « Nidal Hasan » qui « postait » régulièrement des messages défendant « l’héroïsme » des auteurs d’attentats suicides et d’autres positions extrémistes. L’agence fédérale n’a toutefois pas pu établir à l’époque que « Nidal Hasan » était le major Nidal Malik Hasan et aucune enquête officielle n’a été ouverte (24).
- Il semblerait qu’il ait montré une certaine satisfaction (25) après qu’un recruteur militaire ait été tué à Little Rock, en juin 2009 (26).
- A peu près à la même période, des témoins affirment l’avoir entendu dire : « peut-être
que des gens devraient s’attacher des bombes au corps et aller à Times Square »(27)
- Osman Danquah, sergent à la retraite, vétéran de la première Guerre du Golfe et cofondateur de l’Islamic Community of Greater Killeen (la ville qui abrite Fort Hood) a fait état de plusieurs conversations durant lesquelles Hasan lui demandait : «que répondre à des soldats qui ont des doutes sur le fait de combattre des frères musulmans». Danquah lui rappela alors que tous ces militaires « étaient des volontaires et que, par ailleurs des musulmans combattaient des musulmans en Afghanistan, au Pakistan ou dans les territoires palestiniens… »
Mais le plus important de tous ces indices a été révélé par le quotidien britannique The Daily Telegraph : le Major Hasan pourrait avoir été lié à deux des terroristes du 11 septembre 2001. Au printemps de cette année-là, en effet, Nidal Malik Hasan, alors étudiant en médecine, fréquentait la mosquée Dar-al-Hijrah, à Great Falls (Virginia).
C’est également dans cette mosquée que furent dites les prières des funérailles de la mère de Hasan, en mai 2001. Dar-al-Hijrah était considérée comme un endroit particulièrement sensible du fait de la personnalité de l’imam qui y prêchait alors. Citoyen américain d’origine yéménite, Anwar al-Awlaki est, pour la communauté américaine du renseignement, un soutien indéfectible à al-Qaïda, plus spécialement chargé de la propagande à destination des jeunes musulmans anglophones et, singulièrement, américains et anglais. Charles E. Allen, l’ancien sous-secrétaire au Renseignement du Department of Homeland Security l’a qualifié, en octobre 2008, de « supporter d’al-Qaïda et guide spirituel de trois des pirates de l’air du 11 septembre… » (28)
A l’époque où Hasan priait avec ferveur à Dar-al-Hijrah, en effet, Nawaf al Hamzi et Hani Hanjour, deux des terroristes du 11 septembre, participaient régulièrement aux mêmes prières. Un troisième, Khalid al-Midhar, avait rencontré à plusieurs reprises l’imam al-Awlaki à San Diego (Californie).
L’enquête devra évidemment déterminer si Hasan et les deux complices de Mohamed Atta ont eu davantage que des contacts fortuits, mais cet élément pourrait s’avérer déterminant.

D) Le comportement du major Hasan dans les jours précédant la tuerie

Dans les jours et les heures qui ont précédé le passage à l’acte, le major Nidal Malik Hasan n’a montré aucun signe de fébrilité, d’angoisse ou de nervosité. Au contraire, très calmement, il a liquidé ses affaires, comme un homme qui s’apprête au grand départ.
Ainsi, il videra en grande partie son appartement, offrant ses meubles – souvent accompagnés d’un exemplaire du Coran – à des voisins. A une voisine, il fait cadeau de ses plats surgelés et de quelques tee-shirts et offre 60 dollars pour « nettoyer son appartement après son départ »(29). Ceux qui sont alors en contact avec lui ont l’impression qu’il doit partir d’un jour à l’autre pour l’Afghanistan et que c’est pour cette raison qu’il met ses affaires en ordre (30).
Dans les jours précédant le 5 novembre, il utilisera à plusieurs reprises l’ordinateur et la connexion Internet d’un de ses voisins, Willie Bell (qu’il paie pour cet usage), comme il en a pris l’habitude depuis quelques mois. La question est évidemment de savoir pourquoi il n’utilise pas son propre ordinateur et sa propre connexion à Internet.
Moins de 48 heures avant le massacre, Alice Thompson, qui gère avec son mari l’immeuble à appartements de deux étages où habite Hasan voit celui-ci raccompagner un visiteur qui est resté chez lui « environ 5 minutes » et qui est habillé d’une tenue arabe traditionnelle. Elle est étonnée car le major ne recevait jamais de visiteurs et avait, par ailleurs, interdit qu’on entre chez lui en son absence, « même pour des réparations »(31).
Le jour du massacre, à 2h37, il téléphone à Willie Bell, son voisin, et lui demande de brancher sa connexion Internet sans fil qu’il souhaite apparemment utiliser (32). Plus tard, il laisse un message téléphonique sur son répondeur : « C’était merveilleux de te connaître, mon ami, tu vas me manquer »(33). Il se rend ensuite, comme à son habitude, à la mosquée pour la prière précédant le lever du jour (al-Fajr), où il rencontre un camarade officier de Fort Hood, récemment converti à l’islam. Celui-ci le décrira comme étant, à ce moment précis, un homme « très détendu et aucunement troublé ni nerveux »(34).
Nous sommes environ 7 heures avant l’attaque…
Une vidéo de surveillance d’un « 7-eleven » où le major Hasan a ses habitudes enregistrera sa présence, un peu plus tard, alors qu’il achète un café et des hashbrowns. Les images montrent, à nouveau, un homme détendu, souriant, calme et sûr de lui, vêtu d’un costume arabe traditionnel d’un blanc immaculé, ce qui semble indiquer qu’il est alors sur le chemin du retour de la mosquée.
Dernière trace connue du tueur avant le passage à l’acte : vers 9 heures du matin, le 5
novembre, il offre son Coran à une voisine en lui disant : « Je vais faire du bon boulot
pour Dieu »(35)…
En confrontant l’ensemble des données biographiques de l’intéressé et les éléments de personnalité disponibles, tels que nous venons de les passer rapidement en revue, nous arrivons donc, en résumé, à ceci : un homme de 39 ans, intelligent et ayant un haut niveau d’études, déçu par son pays et l’armée dans laquelle il sert, ayant subi ou pensant avoir subi des discriminations, s’étant replié sur son identité religieuse et s’étant fortement radicalisé depuis plusieurs années, ne cachant pas ses idées extrémistes et cherchant à les conforter sur Internet et dans ses contacts par courriels avec d’autres fondamentalistes, refusant, enfin, de participer à une guerre dans laquelle il aurait à combattre « des musulmans ». Le fait qu’il ait été un solitaire ne pouvait que le pousser à ruminer sa situation. Ajoutons qu’il pourrait être l’auteur de messages hautement suspects sur Internet et qu’il a peut-être été en contact avec les terroristes du 11 septembre.
Même sans tenir compte de ces deux derniers éléments qui restent à prouver, on a là un profil qui correspond tellement à celui d’un djihadiste classique que c’en est presque un cas d’école.
La question de savoir si le major Hasan était ou non lié à une cellule terroriste, pour importante qu’elle soit, en devient dès lors secondaire, car il semble bien que c’est l’idéologie islamiste radicale qui l’ait poussé à mener son propre djihad individuel. Il va de soi que si cette hypothèse se confirmait, elle ne ferait que renforcer la perception de la menace que font peser les « terroristes de l’intérieur », ces hommes et ces femmes nés et élevés aux Etats-Unis ou en Europe, n’ayant aucun lien connu avec la mouvance terroriste, se radicalisant au fil de leurs rencontres et par la fréquentation assidue d’Internet, et décidant de leur propre chef de passer à l’acte contre des cibles qu’ils choisissent eux-mêmes.

E) Le manque de réaction des autorités

Le plus étonnant et le plus préoccupant dans cette affaire est probablement le fait que certains des traits de personnalité inquiétants et des agissements et déclarations suspects de l’auteur étaient connus de plusieurs de ses collègues, de ses supérieurs et donc de l’autorité militaire. Or, celle-ci n’a jamais jugé bon d’ouvrir une enquête et de confronter le docteur Nidal à ces éléments pour obtenir des explications. Même quand ses camarades de cours ont formellement déposé une plainte contre lui auprès de leur supérieur, celle-ci n’a eu aucune conséquence.
Deux explications sont généralement avancées par les observateurs pour justifier cette étonnante passivité. D’une part, l’autorité aurait craint d’être accusée de « discrimination » en s’intéressant de trop près à la personnalité du major Hasan et, d’autre part, l’armée
manquant cruellement de psychiatres, elle est peu encline à se séparer de ceux qu’elle a
formés.
Autre question : pourquoi le FBI n’a-t-il pas ouvert une enquête sur les messages de « Nidal Hasan » et comment se fait-il que l’agence ait pu ignorer que le psychiatre avait fréquenté la même mosquée que deux des terroristes du 11 septembre dans les mois précédant les attentats de 2001 ?
Dans une interview accordée dimanche 8 novembre à CNN, le général Georges Casey, chef d’état-major de l’armée, déclarait « qu’il ne fallait pas se précipiter sur les conclusions » et que les révélations sur des signaux inquiétants n’étaient que « des spéculations basées sur des anecdotes… »
On comprend que l’une des plus hautes autorités militaires du pays ne souhaite pas que l’enquête mette en lumière les dysfonctionnements manifestes qui ont caractérisé le traitement du « cas Hasan », mais on ne peut s’empêcher de penser que si les « spéculations » avaient été examinées en temps utile comme elles auraient dû l’être, le massacre de Fort Hood aurait peut-être été évité.
Le sénateur (ex-démocrate devenu « indépendant ») Joe Lieberman ne s’y est d’ailleurs pas trompé en affirmant dès dimanche dernier qu’il comptait diriger une commission d’enquête sur la tuerie et soulignant qu’il y avait eu de « forts signaux alarmants » indiquant que le major Hasan était « un islamiste extrémiste » : « Si cela est vrai, le meurtre de ces 13 personnes était un acte terroriste, en fait l’acte terroriste le plus destructeur commis sur le sol américain depuis le 11 septembre » (36)…
L’enquête du sénateur Lieberman et de ses pairs devra répondre à quelques questions essentielles, si l’enquête judiciaire ne le fait pas d’ici là, et notamment lever les zones d’ombre suivantes :
1) Le major Hasan a-t-il agi seul dans la préparation de l’attentat ?
2) Est-il lié à un groupe ou à une cellule terroriste, a-t-il été influencé ou poussé à commettre cet acte ou bien s’est-il convaincu, seul, que c’était la seule solution qui s’offrait à lui ?
3) Quelle était la nature exacte de ses relations avec les terroristes du 11 septembre, si relations il y a eu ; quelles étaient ses relations avec l’imam extrémiste Anwar al-Awlaki ?
4) Dans le passage à l’acte, quel a été le poids réel de l’état psychologique qui était le sien ?
5) Enfin, comment se fait-il qu’aucun mécanisme de sécurité n’ait détecté – tant au sein de l’armée qu’au FBI – les nombreux clignotants rouges qui s’allumaient depuis au moins 2001 ou 2002 et qui s’étaient accumulés ces deux dernières années ?


Mener une enquête indépendante et ouverte à toutes les hypothèses est bien le moins que les Etats-Unis doivent aux victimes de Fort Hood ainsi qu’à l’ensemble des personnels militaires et civils qui concourent à la sécurité nationale. Certes, cette enquête vient trop tard pour empêcher les choses et elle ne rendra pas la vie aux morts et la sérénité ou l’intégrité physique aux blessés mais elle permettra peut-être, dans l’avenir, d’éviter la répétition de pareils drames.


1 Mark Steyn : « The hole at the Heart of Our Strategy: We are scrupulously non-judgemental about the ideology that drives terrorism », National Review on Line, 7 novembre 2009.
2 Ce fait est cité, entre autres, par plusieurs médias américains et partiellement confirmé, sur base « de témoignages de première main », par le Général Robert Cone, commandant de la base de Fort Hood.
3 Déclaration du Général Robert Cone à la presse, le jeudi 5 novembre, reprise notamment par Fox News.
4 Idem.
5 Cité par le Général Cone, idem.
6 The New York Times : « Hasan was mortified about deployment to war”, 6 novembre 2009.
7 Idem.
8 Idem.
9 Cité par Fox News, le 5 novembre 2009.
10 On notera que le cousin utilise bel et bien l’adjectif anglais « mortified » et non un autre qualificatif
tel que « affraid », « angry » etc.
11 The New York Times, article déjà cité.
12 Cité par Fox News, le 5 novembre 2009.
13 Cités, entre autres, dans le New York Times du dimanche 8 novembre 2009 : « Little Evidence of Terror Plot in Base Killings »
14 The Daily Telegraph: “Fort Hood shooting: Texas army killer linked to September 11 terrorists”, 7 novembre 2009.
15 Fox News: “Cousin says suspected Fort hood Gunman Feared impending war deployment”, 5 novembre 2009; Fox News: “Troubling portrait Emerges of Fort Hood Shooting Rampage Suspect”, 6 novembre 2009.
16 Voir, entre autres, Charles R. Figley: “Compassion fatigue: coping with secondary traumatic stress disorder in those who treat the traumatized”, Brunner/Mazel, New York, 1995.
17 Associated Press, “Troubling portrait emerges of Fort Hood suspect”, 6 novembre 2009.
18 Rapporté par The Daily Telegraph, 8 novembre 2009.
19 Témoignage de Faizul Khan, ancien imam d’une mosquée de Silver Spring (Maryland), cité par Associated Press : « Troubling portrait emerges of Fort Hood suspect », 6 novembre 2009.
20 Cité dans The Daily Telegraph: “Fort Hood Shooting: Texas army killer linked to September 11 terrorists”, 7 novembre 2009.
21 Fox News: “Some Saw Trouble With Fort Hood Suspect”, 8 novembre 2009.
22 Cité dans The Daily Telegraph: “Fort Hood shooting: Texas army killer linked to september 11
terrorists”, 7 novembre 2009.
23 The New York Times : «Little Evidence of Terror Plot in Base Killings », 8 novembre 2009.
24 Ce fait est cité par plusieurs medias américains et britanniques, notamment Fox News : « Sources
identify Major as Gunman in Deadly Shooting Rampage at Fort Hood », 5 novembre 2009.
25 The Investigative Project on Terrorism: “Introspection, Not Rationalization, Needed in Wake of Fort Hood Slaughter”, 6 novembre 2009.
26 Le 1er juin 2009, Carlos Leon Bledsoe, un citoyen américain converti à l’islam et se faisant désormais appeler Abdulhakim Mujahid Muhammad tuait le soldat William Long (23 ans) et blessait grièvement le soldat Quinton Ezeagwula (18 ans), dans un centre de recrutement de l’armée à Little Rock (Arkansas). Dans une interview téléphonique donnée à Associated Press depuis sa prison, il devait déclarer : « Je ne me sens pas coupable. Ce n’était pas un meurtre parce qu’un meurtre, c’est quand une personne tue une autre personne sans raison valable… C’était un acte de représailles ».
27 The investigtive Project on Terrorism, article déjà cité, 6 novembre 2009.
28 The Daily Telegraph : « Muslim groups linked to September 11 hijackers spark fury over conference », 27 décembre 2008.
29 The Daily Telegraph: “Fort Hood shootings: FBI given gunman’s name six months ago”, 6 novembre 2009.
30 Idem.
31 The Daily Telegraph : « Fort Hood shooting : inside story of how massacre on military base happened », 7 novembre 2009.
32 The Daily Telegraph : « Fort Hood shooting : inside story of how massacre on military base happened », 7 novembre 2009
33 Fox News: “Suspect could face Death Penalty in Fort Hood Shooting”, 7 novembre 2009.
34 The Daily Telegraph : « Fort Hood shooting : Texas army killer linked to September 11 terrorists », 7 novembre 2009.
35 The Daily Telegraph : « Fort Hood gunman had told US military colleagues that infidels should have their throats cut », 8 novembre 2009.
36 Le cas du major Hasan a connu un précédent, mais hors du territoire américain. Le 23 mars 2003, au Camp Pennsylvania (Koweït), où des éléments de la 101ème Airborne Division étaient casernés, lesergent Hasan Akbar lançait une grenade dans une tente, tuant deux officiers – le capitaine Christopher Seifert et le major Gregory Stone - et blessant quatorze soldats. Son avocat plaida la démence mais Akbar avait écrit peu avant l’attaque : « Peut-être que je ne tuerai aucun musulman, mais être dans l’armée, c’est la même chose. Je vais devoir choisir très rapidement qui tuer ». Cette déclaration avait été retenue par l’accusation pour prouver la préméditation. Akbar a été condamné à mort et a fait appel.



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Sahara marocain : le Roi Mohammed VI en colère contre les traîtres

Publié le par Avec MAP

Ouarzazate - SM le Roi Mohammed VI a adressé, vendredi soir depuis la ville de Ouarzazate [réputée pour son patriotisme à l'épreuve du temps], un discours à la Nation à l'occasion du 34e anniversaire de la Marche Verte. Le Souverain qui a mis en garde en les fustigeant les ennemis de la Nation qui profitent du climat de liberté pour comploter avec l’ennemi a annoncé d’importantes mesures pour accélérer le développement des provinces sahariennes du Maroc. Voici quelques extraits de ce discours qui rappelle que l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc est une « question d’existence et non de frontières. »

A-Nouvelle dynamique de développement :

« Aussi, avons-nous décidé d'imprimer une nouvelle dynamique à l'esprit de la Marche verte, afin de relever les défis actuels et à venir concernant notre cause nationale, en procédant, à cet effet, à la mise en œuvre d'un plan intégré, axé autour de cinq orientations majeures : »

1- Faire bénéficier les provinces sahariennes de la primauté dans le processus de régionalisation avancée escomptée, de façon à conforter leur capacité à gérer leurs propres affaires locales.

2- Veiller à ce que le gouvernement fasse de ces provinces un modèle de déconcentration et de bonne gouvernance locale, en mettant à leur disposition les meilleurs cadres et en leur conférant de larges compétences sous la supervision, légale et ferme, des walis et des gouverneurs de notre Majesté.

3- Engager la restructuration du Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes (CORCAS), dans la perspective de la fin de son mandat. Il s'agira de revoir sa composition et de renforcer sa représentativité en assurant son ouverture sur de nouvelles élites compétentes et patriotiques. Il faudra également opérer la mise à niveau de ses structures et de son mode de fonctionnement. Ceux-ci doivent, en effet, être mis en adéquation avec les nouveaux défis et ce, parallèlement à l'amélioration de l'efficacité de l'action du Conseil en matière de mobilisation en faveur de la défense de la marocanité du Sahara et de son développement.

4- Procéder à la révision du champ d'action de l'Agence de développement des provinces sahariennes et de sa compétence territoriale, en veillant à ce qu'elle focalise ses efforts sur les provinces sahariennes et qu'elle s'attache à mettre en œuvre des projets de développement humain, et des programmes locaux générateurs d'emplois pour les jeunes et de nature à renforcer la justice sociale et l'équité. Il lui appartient également d'œuvrer pour faciliter les conditions de retour de tous les repentis, des camps de Tindouf. Elle s'attachera, en outre, à assurer leur accueil et à favoriser leur intégration.

5- Œuvrer pour que les instances politiques, syndicales, associatives et médiatiques ainsi que toutes les forces productives et créatrices, assument les responsabilités qui leur incombent en matière d'encadrement des citoyens, et d'ancrage des valeurs de patriotisme et de citoyenneté effective. Car en effet, la mise en œuvre d'une telle stratégie n'incombe pas seulement à l'Etat et ses organes, mais elle requiert aussi la mobilisation totale de tous les acteurs aux niveaux national et local.

B- Grande fermeté : « On est patriote ou on est traître »

« Il n'en demeure pas moins que les adversaires de notre intégrité territoriale se sont évertués à contrarier la dynamique de négociation que notre Initiative a enclenchée au niveau onusien. Ils sont allés dans l'escalade et l'hostilité jusqu'à fomenter un plan de conspiration, recourant, entre autres stratagèmes et modes opératoires, à l'extorsion, aux pressions, à la provocation et à la perversion de l'esprit de la légalité internationale.
Tout en réaffirmant notre attachement au processus onusien de négociation autour de notre Initiative d'autonomie, nous considérons le moment venu d'affronter cette escalade belliqueuse avec toute la fermeté requise, en faisant montre d'un patriotisme sincère et d'une grande clarté dans nos positions, et en veillant à ce que chacun assume les responsabilités qui sont les siennes (…) »
« (…)Le temps est venu pour que toutes les autorités publiques redoublent de vigilance et de mobilisation afin de contrecarrer, avec la force de la loi, toute atteinte à la souveraineté de la nation, et de préserver, avec toute la fermeté requise, la sécurité, la stabilité et l'ordre public qui est le gage effectif de l'exercice des libertés.

En toute responsabilité, nous affirmons qu'il n'y a plus de place pour l'ambiguïté et la duplicité : ou le citoyen est marocain, ou il ne l'est pas. Fini le temps du double jeu et de la dérobade. L'heure est à la clarté et au devoir assumé. Ou on est patriote ou on est traître. Il n'y a pas de juste milieu entre le patriotisme et la trahison. On ne peut jouir des droits de la citoyenneté, et les renier à la fois en complotant avec les ennemis de la patrie (…). »

C- Le HCR et l’Algérie appelés à assumer leurs responsabilités

« Cette situation, douloureuse s'il en est, place l'Algérie et les organismes internationaux, notamment le HCR, devant leurs responsabilités pour que soit assurée à nos frères une protection effective. Ceci requiert, notamment, leur recensement, le respect de leur dignité, et la faculté pour eux d'exercer leur droit naturel à la circulation et au retour librement consenti dans leur patrie, le Maroc(…) »

D-Les efforts de l’Armée et de la Sureté nationale salués

« Nous tenons à saluer de nouveau la vigilance et la mobilisation dont les forces armées et de gendarmerie Royales, la Sûreté nationale ainsi que les Forces auxiliaires et l'Administration territoriale, font preuve pour la préservation de la sécurité et de l'intégrité territoriale de la Nation (...) »

Publié dans Nation

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