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Le Maroc, un exemple de coexistence et de tolérance

Publié le par Avec MAP

http://www.webzinemaker.com/achankou/photo/pho1_365273.jpgNew York (Nations-Unies)- Le Maroc a de tout temps été un exemple de coexistence et de tolérance, y compris durant les sombres moments de l'histoire de l'humanité, ont souligné, jeudi 28 janvier à New York, plusieurs intervenants lors d'une conférence intitulée « les Marocains de confession juive durant la 2e guerre mondiale ».

Feu SM Mohammed V a assuré protection aux Juifs durant une période sombre de l'histoire de l'humanité

Cette conférence, organisée par l'ONU, a été notamment l'occasion pour le conseiller de SM le Roi, André Azoulay, l'ambassadeur itinérant du Souverain, Serge Berdugo, et les universitaires Peter Geffen et Micha Stettin, de souligner le rôle d'avant-garde de feu SM Mohammed V en assurant protection aux Juifs durant cette période sombre de l'histoire de l'humanité, et de mettre en exergue les valeurs de tolérance et de coexistence qui ont toujours prévalu au Maroc.

Dressant une rétrospective de la vie des Juifs au Maroc, M. Berdugo a expliqué comment feu Mohammed V avait contré la politique raciste du protectorat et atténué la rigueur des mesures antisémites. « A l'évidence, le Sultan, pour sauvegarder les sujets de confession juive, a pris des risques d'autant plus considérables que son pouvoir était battu en brèche par le protectorat français, lequel n'hésitera pas à le destituer et à l'exiler en 1953 », a affirmé M. Berdugo.

Dès lors, a-t-il ajouté, « on comprend la vénération que les Juifs marocains vouent à feu Mohammed V, qui, dans leur mémoire collective, est pour l'éternité le +Juste parmi les Nations+ qui les a sauvés des griffes nazies ».

SM le Roi Mohammed VI se fait un devoir de protéger ses sujets Juifs au même titre que ses sujets musulmans

Se référant au message de SM le Roi Mohammed VI, du 18 mars dernier, aux participants à la cérémonie de lancement le 27 mars 2009 au siège de l'Unesco à Paris du projet « Aladin pour un dialogue interculturel fondé sur la vérité historique, la connaissance et le respect mutuel », M. Berdugo a relevé qu'en « assumant son rôle spirituel de commandeur des croyants, SM le Roi, descendant du Prophète, se fait un devoir de protéger ses sujets Juifs au même titre que ses sujets musulmans ».

« Le sultan est garant de la sécurité des trois composantes du Royaume, arabe, berbère et juive, qui ont vécu, des siècles durant au Maroc, dans l'harmonie et la fraternité », a affirmé l'ambassadeur itinérant de SM le Roi.
Il a ajouté qu' « aujourd'hui, SM le Roi Mohammed VI, fidèle à ces principes, réaffirme Sa responsabilité religieuse, historique et constitutionnelle dans la préservation des personnes, des droits et des valeurs sacrées de Ses sujets de confession juive ».

Les Rois du Maroc, a-t-il poursuivi, ont toujours fait preuve de sollicitude envers cette composante de la population marocaine et « l'attachement des Juifs à leur marocanité ne s'est jamais démenti qu'ils soient restés au Maroc ou qu'ils vivent sous d'autres cieux ».

« S'il y a une leçon fondamentale à retenir de l'action des Rois du Maroc de Hassan 1er à SM le Roi Mohammed VI en passant par feu SM Mohammed V et feu SM Hassan II, c'est bien l'importance du rôle que peut jouer un chef d'Etat dans l'instauration d'un climat apte à la reconnaissance et au respect des droits et des libertés des minorités religieuses », a insisté M. Berdugo.

Les Juifs sont citoyens au même titre que tous les autres Marocains

Intervenant en vidéoconférence depuis Paris, M. Azoulay a, pour sa part, souligné que tout en étant « un Etat arabe et musulman, un Etat qui se bat pour les droits des Palestiniens à vivre à côté d'Israël, le Maroc reste un pays pacifique où les Juifs sont citoyens au même titre que tous les autres marocains ».

Et d'ajouter : « nous sommes fiers de notre pays musulman qui milite pour toutes les causes arabes, y compris pour la recherche d'une paix juste et durable entre les peuples palestinien et israélien avec deux Etats vivant dans la logique de la coexistence, d'une meilleure entente et de construction d'une vision de convivialité ».

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:AQ2AGAce1KlToM:http://img516.imageshack.us/img516/6136/berdugo4mj.jpg

Ce qu'a fait le Maroc durant la sombre période nazie est en « parfaite cohérence avec l'histoire du Royaume et nous sommes aujourd'hui dans la continuité, avec les mêmes valeurs, le même engagement et la même rationalité », a insisté le Conseiller de SM le Roi.

LE MAROC : UN HAVRE DE PAIX POUR LES MILLIERS DE JUIFS EUROPEENS FUYANT LE NAZISME

Durant la période du nazisme, le Maroc a adressé au reste du monde un message d'humanité en résistant à l'application sur son territoire des lois de Vichy, a-t-il précisé, ajoutant que le Maroc a été un havre de paix pour les milliers de Juifs européens, qui fuyaient leurs pays pour sauver leur vie.
Quant à M. Geffen, il a fait part de son étonnement que ce pan de l'histoire du Maroc reste méconnu, s'engageant à n'épargner aucun effort pour faire connaître « l'attitude exemplaire de feu Mohammed V qui reflète tous les idéaux des droits de l'Homme ».

Il a, en outre, plaidé pour une mobilisation en vue de mieux faire connaître la noble action du père de la Nation, le regretté SM Mohammed V, aux Etats-Unis et à travers le monde. Micha Stettin a, pour sa part, appelé à tirer des enseignements de cette période et à transmettre aux générations futures l'exemple du Royaume, riche en symboliques de cohabitation et de tolérance.

Lors du débat, les participants ont rendu hommage aux Souverains marocains pour leur humanisme, esprit de tolérance et d'ouverture, valeurs plus que jamais d'actualité.

Cette conférence s'est déroulée en présence, notamment de l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, M. Mohamed Loulichki et d'une nombreuse assistance composée des représentants d'ONGs accréditées auprès des Nations unies, des Etats-Unis et de plusieurs autres pays, de hautes personnalités de l'organisation mondiale et du monde diplomatique ainsi que de membres de la communauté marocaine, de confession juive et musulmane, établie aux Etats-Unis.

Photo du haut  (Au siège dec l'UNESCO le 27/03/09) : Assis à droite, M. Azoulay ; debout à gauche , M. Ahmed Toufiq,  le ministre marocain des Affaires islamiques et des Habous.

Photo du bas : M. Serge Berdugo

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Politique spectacle

Publié le par Karim El Maghribi

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Le jour où les politiques marocains feront la moitié ce qu’ils disent le pays fera un vrai pas en avant. Et comme dit l’adage français « charité bien ordonné commence pare soi-même ». De quoi s’agit-il en fait ?

Il s’agit de la politique spectacle dans sa version la plus burlesque. Les politiques de la nouvelle vague nés de la dernière averse s’ingénient à donner des leçons à leurs aînés. « Il faut pénaliser l’absence injustifiée des parlementaires » ; « Il faut des partis politiques qui recrutent des militants qui ne courent pas derrière les privilèges » ; « Il faut mettre un terme à l’enrichissement personnele des responsables politiques », « Il faut bannir l’embauche des proches dans les établissements publics» etc. La liste des slogans est longue. Tout ça est beau. On en convient. Mais quid de la réalité sur le terrain ? Quid de ce qui se passe dans la tête des politiques qui nous bassinent avec ces slogans à longueur de journée.

Exemple non exhaustif de cette hypocrisie qui ne dit pas son nom. Jusqu’à la rédaction de ces lignes aucun politique qui aime répéter ces formules n’a donné l’exemple, le vrai exemple.

Sait-on que jamais de l'histoire contemporaine du Maroc un ministre n’a encore osé dire ni en public ni en off que la rente qui lui permet de continuer à toucher lson salaires à vie après avoir quitté le gouvernement (dahir N° 1.74.331 du 23 avril 1975, modifié en janvier 1996 et qui curieusement n’a jamais fait l’objet d’une publication au Bulletin Officiel du Royaume) est un privilège anachronique à bannir ?

C’est vrai qu’il est difficile de cracher dans la soupe. Mais tout de même...

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La presse au Maroc selon Human Rights Watch

Publié le par Abdelkarim Chankou

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L’ONG HRW souligne le « dynamisme » de la société civile et l' « indépendance » de la presse au Maroc. Le Maroc continue d'avoir une société civile « dynamique » et une presse « indépendante », relève l'organisation internationale des droits de l'Homme, Human Rights Watch, dans son rapport mondial 2010 présenté hier mercredi à Washington.
Ouah ! Super ! On a envie de sauter au plafond.

L’ONG HRW souligne le « dynamisme » de la société civile et l' « indépendance » de la presse au Maroc. Le Maroc continue d'avoir une société civile « dynamique » et une presse « indépendante », relève l'organisation internationale des droits de l'Homme, Human Rights Watch, dans son rapport mondial 2010 présenté hier mercredi à Washington.

Ouah ! Super ! On a envie de sauter au plafond.

Zoomons sur cette presse ; car sans elle il n’y a pas de société civile. C’est grâce à la presse que cette dernière se manifeste, existe. Et examinons de plus près ce secteur. Actuellement il se subdivise en quatre sous-secteurs. Il y a la presse partisane qui vit des aides de l’Etat. Mais aussi de celles de certains pays étrangers qui renflouent ses caisses via le parti politique dont relève chaque journal. Puis il y a la presse privée « dite indépendante ». Celle-ci se scinde en deux volets : d’un côté la presse des « moul chekkara », c’est-à-dire des hommes d’affaires pleins aux as qui ont besoin d’un haut-parleur et d’une caméra pour briller et gueuler chaque fois qu’ils en ont envie. Ils ne comprennent généralement rien aux métiers de la plume. De l’autre on a  la presse des snipers ou des franc-tireurs qui sont le plus souvent les gérants uniques de leurs canards et qui forts de leurs expériences d’anciens journalistes salariés savent titrer en les yeux ; ceux qui fait d’eux des gens très recherchés. Ensuite on trouve la presse qui fait partie des grands groupes de communication appartenant à des  apprentis Rupert Murdoch ou Silvio Berlusconi. Enfin le quatrième sous-secteur, celui de la presse officielle ou officieuse, c’est selon…

Mis à part quelques snipers, le plupart ont droit à des aides de l'Etat. Et on ne sait pas toujours pourquoi.

Donc tenter de chercher un brin d’indépendance dans ce capharnaüm médiatique  ça équivaut à chercher une aiguille dans un tas de foin. La presse partisane est non seulement dépendante du pouvoir politique qu’elle sert mais également des bailleurs de fonds nationaux ou étrangers qui soutiennent ce dernier. Idem de la presse des grands groupes de communication. Sa dépendance et des patrons et de l’Etat qui entretient ces derniers à coups de privilèges est évidente. Quant aux moul chekkara, c’est pire : presque aucune entreprise de presse dirigée par ce type d’investisseurs ne survivra au plus humain des redressements fiscaux…
Pour ce qui des snipers de plus en plus obligés d'user de gros calibres pour se faoire entendre, dans cette jungle médiatique, ils vivent au jour le jour entre Charybde et Scylla. Entre le risque de se faire envoyer  à chaque instant en taule pour diffamation où violation de la loi et le risque de se faire boycotter par les annonceurs sans lesquels ces franc-tireurs ne peuvent pas survivre.
Alors de quoi parle HRW ? Une chose est sûre! L'ONG n’a fait qu’un constat sans profondeur. Pour que son jugement soit plus précis elle doit mener une vraie enquête de terrain dans le milieu de la presse au Maroc. Et nous sommes sûrs  que si elle le fait qu’elle arrivera à cette conclusion : sans une bourgeoisie libérale et une classe dirigeante convaincues que leur salut est dans la liberté et la démystification des codes sociétales, il ne peut y a avoir de presse vraiment indépendante.

Et vice versa.

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UPM : Les rôles de la société civile et de la Fondation Anna Lindh confirmés

Publié le par SCSM & Agences

Azoulay3.jpg.gifRéuni le mardi 13 janvier au siège de la Présidence de l’Union Européenne à Bruxelles, le Conseil d’Administration de la Fondation Anna Lindh a finalisé la définition des axes prioritaires de la Fondation pour l’année 2010 en mettant plus particulièrement en relief la « nécessité de renforcer le rôle des sociétés civiles dans le processus d’approfondissement et d’élargissement du partenariat euro-méditerranéen ».

Réuni le mardi 13 janvier au siège de la Présidence de l’Union Européenne à Bruxelles, le Conseil d’Administration de la Fondation Anna Lindh a finalisé la définition des axes prioritaires de la Fondation pour l’année 2010 en mettant plus particulièrement en relief la « nécessité de renforcer le rôle des sociétés civiles dans le processus d’approfondissement et d’élargissement du partenariat euro-méditerranéen ».

S’exprimant en leur qualité de co-Présidents de l’Union pour la Méditerranée, les représentants de la France et de l’Egypte ont souligné à cet égard le caractère unique de la Fondation Anna Lindh qui réunit aujourd’hui un réseau de près de 3000 ONG réparties dans les 43 pays fondateurs de l’U.P.M.

Le représentant de la France, l’Ambassadeur Serge Telle, en charge de l’Union pour la Méditerranée à l’Elysée, a déclaré pour sa part que « la Fondation Anna Lindh pouvait être considérée désormais comme l’un des instruments les plus innovants du processus de l’Union lancé en juillet 2008 à Paris ».

Le Président de la Fondation Anna Lindh, M. André Azoulay, a rappelé dans cette perspective, l’importance et le caractère sans précédent du grand forum que la Fondation organise à Barcelone du 4 au 7 mars 2010 et qui verra la participation exceptionnelle de plusieurs centaines de représentants de la société civile euro-méditerranéenne réunis pour débattre des fondements humains et socio-culturels de l’Union pour la Méditerranée.

M. André Azoulay s’est félicité par ailleurs de la mise en place prochaine à Barcelone du Secrétariat Général de l’UPM avec la nomination de l’Ambassadeur jordanien Ahmed Massadeh au poste de Secrétaire Général.

« L’UPM a maintenant un visage et aura bientôt une adresse et un numéro de téléphone et cela va permettre à la Fondation Anna Lindh d’élargir et d’optimiser sa démarche » a ajouté M. André Azoulay en soulignant le caractère emblématique et porteur de nouvelles promesses de ce Secrétariat Général confié à un pays du Sud, la Jordanie en l’occurrence, qui aura désormais la charge de mener à bon port le processus de construction d’un partenariat euro-méditerranéen revu, élargi et conforté par les objectifs ambitieux que s’est assignée l’Union pour la Méditerranée ».

La Fondation Anna Lindh, créée en 2005, est une institution partagée par les 43 pays de l’Union pour la Méditerranée, opérant un réseau régional de plus de 2400 organismes de la société civile, et mandatée pour œuvrer au rassemblement des peuples comme moyen de promouvoir le dialogue entre les cultures.
Pour plus d’informations, visitez le site de la Fondation sur: www.euromedalex.org
Ce projet est cofinancé par la Commission Européenne.


M. AZOULAY AU CA DU MUCEM
M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président de la Fondation Anna Lindh a été coopté lundi 11 janvier dernier au sein du Conseil d'Administration de l'Association de préfiguration du futur grand Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MUCEM), prévu à Marseille (Sud de la France).
Le MUCEM, dont la première pierre a été posée le 30 novembre par le ministre français de la Culture :, M. Fréderic Mitterrand, devra ouvrir ses portes au cours du premier semestre 2013 avec l'ambition de devenir un carrefour et un lieu d'impulsion d'une forte dynamique culturelle à l'échelle euro-méditerranéenne.
Dans le but d'accompagner le chantier de ce grand projet, une Association de préfiguration du Musée réunissant notamment des représentants des collectivités territoriales et partenaires du projet, a été mise en place.
Cette structure bénéficie du concours d'éminentes personnalités du monde culturel, parmi lesquelles M. Azoulay, comme l'a relevé le ministre français de la Culture. Ce choix a été officialisé lundi lors de la réunion, dans la capitale phocéenne, du Conseil d'Administration de l'Association de préfiguration du MUCEM, sous la présidence de M. Yves Aubin de la Messuzière, ambassadeur de France, arabisant et expert reconnu du Monde arabe et de la Méditerranée.
Il s'agira du premier espace vivant et interactif de cette dimension qui a fait le choix d'exprimer la synthèse de tous nos patrimoines, de toutes nos spiritualités et de toutes nos cultures, a déclaré M. André Azoulay, à l'issue de cette réunion. Qualifié de « Musée sans rivages » par ses promoteurs, le MUCEM nécessitera pour sa réalisation un investissement de plus de 150 millions d'Euros et il se développera sur près de 30.000 m2 installés autour et dans le site historique du Fort Saint-Jean à l'entrée du port de Marseille.
L'inauguration du MUCEM sera marquée par deux grandes expositions, l'une intitulée « Noir et Bleu, ou un rêve méditerranéen » pour exprimer les contrastes et la riche complexité du rêve méditerranéen et l'autre appelée « Féminin- Masculin » pour traiter du genre en question entre Europe et Méditerranée. Deux événements pour explorer et comparer les imaginaires euro-méditerranéens dans leur parenté et leur mouvement de différenciation et de rapprochement.


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Laissez parler le Pr. Arkoun !

Publié le par Karim El Maghribi

Chankou1.jpg« Pourquoi l’Occident a-t-il peur de l’Islam ? ». Le sérieux du thème m’a interpellé et je n’ai pas raté « Moubacharatan Maâkoum »,  émission arabophone et mensuelle que produit et diffuse la chaîne d’Etat marocaine 2M le mercredi.

Mal m’en a pris ! L’émission s’est révélée d’une qualité médiocre. Non pas à cause du profil des invités qui, il faut le dire, n’étaient pas tous à la hauteur du débat, mais de l’animateur qui n’a pas cessé de couper le Professeur et historien de la Pensée musulmane Mohamed Arkoun. Cet intellectuel d’origine algérienne qui a passé sa jeunesse à enseigner à Paris puis à Londres avant de se retirer à Rabat où il a choisi de passer le restant de sa vie (il est quinquagénaire et toutes ses neurones) n’a pas eu une seule occasion de compléter sa pensée. Tout le long de l’émission qui dure à peine une heure si on compte les longues minutes dédiées à un micro- trottoir toujours aussi débile, le Pr. Arkoun a été coupé par le jeune animateur visiblement pressé de clore une émission où il ne pige que dalle.

Pourtant le Pr. Arkoun qui a eu la courtoisie de participer à ce débat télévisé est l’avocat infatigable d’une approche moderne et novatrice pour éviter le clash des civilisations et des cultures. Le Professeur est partisan de la prise en compte de l’histoire dans toute étude islamique des autres religions. L’histoire, pas l’officielle, qui est souvent pipée mais celle qui est basée sur la recherche scientifique, linguistique, épigraphique, paléographique, archéologique, anthropologique… Autrement dit du solide. L’auteur de La Pensée Arabe (PUF, 1975) veut tout simplement dire qu’aucune religion n’est meilleure ou plus vraie qu’une autre. En clamant que l’Islam est la seule religion juste, les musulmans sous-entendent que les fois antérieures sont désuètes voire fausses ! Or pour soutenir ce genre de thèses sans se ridiculiser il faut des preuves solides ; d’où la nécessité de faire appel à la raison.

Mieux : Ahmed Abbadi, Secrétaire général de la Rabita Mohammedia des Ouléma, autre invité de l’émission, n’a pas réussi, malheureusement, à porter secours à son collègue Arkoun qui se sentait aussi perdu et esseulé qu’un gardien de cimetière ; sinon à l’enfoncer davantage avec des « vérités » qu’il a débitées en les appuyant et assaisonnant chaque fois avec des versets coraniques. ? Idem d’un autre invité présenté comme un chercheur universitaire. Réciter le Coran continue donc d’être le moyen le plus efficace pour convaincre le public qu’on est un bon théologien. Or, de nos jours, il est facile et accessible à tout le monde de graver le Coran sur un CD ou DVD ; ce qui permet d’atteindre le verset recherché en un dixième de seconde sans se bousiller la cervelle. Apprendre par cœur le Coran et à le réciter ne sert plus à rien sinon à exorciser les démons qui peuvent certaines âmes. Mais on n’était pas là à « En direct avec vous », l’émission qui nous intéresse ici.

Pour terminer, on peut dire que cette émission a été non seulement bâclée mais elle a donné une image anachronique et rétrograde de la Pensée islamique. Seule la réserve de Driss El Yazami, Président du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger et la grande modération de Mohamed Moussaoui, Président du Conseil français du culte musulman, autres personnalités conviées, ont pu limier les dégâts.

Moralité : la bêtise a des raisons que le Pr. Arkoun ignore.

Publié dans Edito

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Fric et politique au Maroc

Publié le par Karim El Maghribi

4240700822_e1e551a585.jpgQuoique longtemps marginalisé par le pouvoir, le Nord du Maroc, surtout le Rif, a toujours été un réservoir intarissable de devises du Royaume. Les enfants de cette région quand ils quittent le pays travaillent dans les pays européens qui payent bien comme la Belgique, l’Allemagne, la Hollande ou encore la Scandinavie. A cette manne d’argent provenant de l’immigration s’ajoute un sens des affaires très particuliers des Rifains qui abhorrent de nature les besognes où l’employé corvéable jusqu’à la corde doit attendre le versement de sa maigre pitance à la fin de chaque mois.

« Il y a tellement de fric dans le Rif que Bank Al Maghrib (la Banque centrale) recourt régulièrement aux services de la Gendarmerie royale pour le transférer par hélicoptère à Rabat », confie un connaisseur de la région. Mais ce qui gagne les coffres de Bank Al Maghrib n’est qu’une petite partie du trésor. La plupart des Rifains préfèrent garder leur argent chez eux au chaud, tel quel, sans le changer contre le dirham.

C’est cet argent qui dort sous les matelas fait saliver bon nombre de Marocains du centre et du sud du Maroc, surtout les politiques d’entre eux ; car la « politique sans le fric c’est comme un slip sans élastique » comme dirait l’autre. Un parti marocain qui compte sur les cotisations de ses membres ou sympathisants ou encore sur les subsides de l’Etat c’est comme un journal qui compte sur les ventes et les aides du gouvernement en boudant la pub.

Et à part le journal officiel ou le parti de l’Istiqlal aucune formation politique ne peut survivre et fonctionner correctement sans beaucoup d’argent provenant sous forme de donations des milieux aisées tels le patronat, les lobbys et autres structures. Le journal officiel peut se passer de la pub et le parti de l’Istiqlal a eu le temps pour tisser des liens solides avec certains milieux industriels qui mettent la main à la poche sans compter afin de continuer de bénéficier des protections de l’Etat contre une ouverture des frontières inéluctable et de plus en plus menaçante.

Ce détour pour dire que tout nouveau parti qui veut perdurer et gagner les élections et les cœurs dont ceux des masses désœuvrées et en mal de reconnaissance doit d’abord s’assurer une source financière la plus durable possible. Les élites et les « gauchos » repentis c’est bien mais ça ne mange pas de pain. Le fric qui ronfle sous les oreillers dans le Nord devient donc de facto l’objet d’une féroce chasse au trésor. C’est à qui séduira le plus.

Ne dit-on pas que l’argent c’est le nerf de la guerre ? Guerre qui devient très féroce quand un politique plein aux as se trouve sur le chemin de gloire d’un autre fauché comme du blé...

Publié dans Confidentiel

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