Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le moteur franco-allemand sous haute pression

Publié le par Abdelkarim Chankou

Copie-de-Chankou-copie-3.jpgOn a toujours soutenu que le moteur de l’Union européenne est le binôme Paris-Bonn. L’actualité récente et en cours renforce cette vérité.  A peine sortie du marasme des subprimes américaines qui ont plongé le monde dans la plus grave crise économique depuis 1929 qu’un des anciens membres de l’ex CEE, la Grèce,  découvre sa vraie santé : une santé économique  plombée de mauvaise graisse et qui pour se remettre debout a besoin d’une perfusion de 150 milliards d’Euros  dont les Allemands ne veulent pas entendre parler (trop cher), certainement parce qu’ayant bien étudié la civilisation hellénique depuis ses origines ont fini par se convaincre que les Grecs excellent dans l’art de dépenser sans penser, comme quoi il faut toujours se méfier des dorures de Byzance  qui sont souvent des cache-misère. Last but not least et un malheur ne venant jamais seul, l’Agence de notation Standard & Poor's, sans doute craignant d’être encore  montrée du doigt, baisse brutalement la note d’Athènes, plongeant du même coup le cours de  l’Euro vers les abysses pour atteindre son niveau le plus bas face au dollar depuis un an. Mais ce n’est pas fini, les notes de Portugal et d’Espagne sont également revues à la baisse. Résultat : ces deux pays dont les économies ne tenaient que par la peinture (de l’immobilier) s’effondrent davantage.

Et pour couronner le tout, la Belgique qui s’apprête à présider l’Union européenne dans quelques semaines  plonge encore une fois dans la crise politique à cause de querelles interminables entre Wallons et Flamands : le gouvernement  Leterme en mettant un terme à sa fonction  donne sa démission et le Roi des Belges l’a accepte.

En bref : c’est la bérézina. Et je ne parle pas d’une Angleterre dont le premier ministre travailliste collectionne laborieusement les bons points en vue d'un scrutin législatif décisif, qui est totalement désindustrialisée « civilement » et qui ne vit plus que de l’armement moderne, du négoce et des opérations boursières.

Au milieu de son sombre tableau  clignotent deux points verts : la France et l’Allemagne. La première s’en sort grâce à sa politique extérieure intelligente et à sa classe politique imaginative et innovatrice, alors que la seconde s’en sort plutôt  grâce à l’agressivité de son commerce extérieur et à l’esprit du sacrifice de sa classe ouvrière. Mais que peuvent ces deux capitales face à une vieille Europe minée par l’indiscipline en matière de gouvernance et les nationalismes interethniques ? That’s the question.

En attendant une réponse ou plutôt de savoir  qui passe à la caisse ou à la casse une chose semble sûre : le rapprochement vers la rive sud de la Méditerranée est plus que jamais vital pour l’UE.

Publié dans Edito

Partager cet article

Repost 0

Azoulay met en exergue la singularité du judaïsme marocain

Publié le par MAP

journée-judeo-marocaine-M.jpgIfrane - Le Maroc en tant qu'Etat-Nation a eu le talent de forger au fil des siècles une culture nationale nourrie et enrichie par l'addition des histoires et des spiritualités de ses communautés, a affirmé M. André Azoulay, le conseiller de SM le Roi Mohammed VI.

S'exprimant lors de la 2e Journée culturelle judéo-marocaine, organisée récemment à l'université Al Akhawayn d'Ifrane à l'initiative de « Mimouna Club », M. Azoulay a souligné que c'est dans cette logique de la synthèse qu'il lit et comprend la modernité du Maroc et sa singularité dans un environnement mondial qui est celui de la frilosité, du repli et parfois de la régression.
« Cet héritage, dont chacun d'entre nous est dépositaire au Maroc, est précieux et nous sommes collectivement responsables de sa pérennité et de son intégrité », a dit M. Azoulay qui préside notamment le la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures.
Et c'est dans cette perspective, a-t-il relevé, que l'existence du Club Mimouna, né de la seule volonté et de la lucidité sereine des étudiants d'Al Akhawayn, prend tout son relief et exprime toutes ses promesses pour le Maroc de demain, un Maroc dont « j'ai vu et entendu à Ifrane qu'il refuse de raisonner par soustraction ou par omission quand il s'agit de nos racines les plus profondes, celles qui depuis plus de 2000 ans façonnent et confortent la riche pluralité de notre identité ».
Pour sa part, M. Anis Birrou (Secrétaire d'Etat auprès du ministre du Tourisme et de l'Artisanat) a souligné que la culture judéo-marocaine constitue une composante indéniable du patrimoine national marocain. Mieux encore, la culture juive marocaine est une composante intégrante de la culture marocaine et qu'elle a ses racines dans les réalités marocaines les plus profondes et les plus authentiques, rappelant que la présence juive au Maroc remonte au 2e siècle av. J.-C.
Il a précisé, dans le même ordre d'idées, que les vestiges nombreux de cette coopération et de cette imbrication des hommes et des sensibilités, qui illustrent les différentes phases de l'épanouissement des juifs pendant cette longue histoire sur la terre marocaine, révèlent plus de similitudes que de différences entre les communautés juive et musulmane.
Evoquant la place du patrimoine judéo-marocain dans la culture marocaine, M. Birrou a souligné que le mode de vie et de pensée des juifs, leurs langues, habitat et coutumes ont été leurs grands traits jusqu'à la colonisation, ceux du pays en général, et de la région en particulier.
Et si la spécificité religieuse est la cause des particularités qui se sont affirmées au cours du processus historique, elle n'a pas abouti pour autant à une simple juxtaposition de deux cultures différentes, a-t-il estimé, précisant que le fond religieux juif était teinté de spécificité marocaine au niveau des coutumes (minhag), des ordonnances juridiques locales (taqqanot) et des accompagnements de la liturgie.
Les interactions entre la communauté juive marocaine et son environnement socioculturel ont eu pour résultat global un judaïsme, que le conférencier a caractérisé de typiquement marocain, ayant sa propre personnalité même au sein du rite sépharade.
Il a, en outre, fait savoir que les juifs marocains parlaient la langue de leur région: le Berbère pour les habitants du Haut Atlas (et aussi de l’Anti Atlas), l'Espagnol pour les habitants des villes du nord et l'Arabe pour le reste. Quant à l'hébreu, il était gardé comme langue savante du culte.
Il s'est également attardé sur les spécificités de ce patrimoine judéo-marocain, dont la reconstruction est loin d'être achevée.
De son côté, M. Simon Lévy, directeur du Musée du patrimoine culturel judéo-marocain de Casablanca, qui participe lui aussi pour la deuxième fois à cette rencontre, s'est félicité de l'initiative du Mimouna Club, qui a pour objectif de promouvoir le rapprochement entre les peuples et de faire découvrir la richesse culturelle du Maroc, à travers ses différentes composantes dont la composante juive.
Pour sa part, M. Driss Aouicha, président de l'université Al Akhawayn, a exprimé sa volonté d'encourager de telles retrouvailles sur les nobles valeurs de solidarité et de tolérance.
« J'aimerai que cette initiative de Mimouna Club se perpétue pour contribuer à l'enrichissement de l'action menée au niveau du paysage universitaire marocain », a-t-il noté.
Cette rencontre, tenue sous le thème « le patrimoine judéo-marocain dans la création artistique marocaine », a été marquée par l'organisation d'une exposition d'objets d'arts, provenant du musée de la Fondation du Patrimoine culturel judéo-marocain et d'une soirée musicale.
Créé en 2007, Mimouna Club s'est fixé pour objectifs de faire découvrir les traditions juives dans leurs différences et leurs similarités avec les traditions musulmanes dans le contexte marocain et la place du patrimoine juif dans la culture nationale.

Publié dans Dialogue des cultures

Partager cet article

Repost 0

L’USFP ou la rose qui se fane

Publié le par Abdelkarim Chankou

Copie-de-Chankou-copie-3.jpg

Que reste-t-il de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) 35 ans après sa création dans la douleur ; à savoir d’une session de l’UNFP en 1975, date de l’assassinat de Omar Benjelloun, un des cadres les plus en vue du parti, devant son domicile à Casablanca ? Réponse : rien ou presque. Le parti de Abderrahim Bouabid, premier ambassadeur du Maroc indépendant à Paris donne l’image à présent d’une rose fanée dont les pétales nécrosés par manque de sève neuve tombent pour se laisser emporter par le vent de l’air du temps. Ainsi, un peu plus de trois après la démission du cadrat M’hamed El Gahs du Bureau politique de l’USFP pour des raisons liées à la gestion du parti par la vieille garde (un dinosaure du parti aurait refusé que El Gahs soir reconduit dans ses fonction de ministre), voici trois autres noms qui ont leur poids au sein de la formation politique qui annoncent leur gel d’activité au sein de l’USFP.

Ali Bouabid (fils de feu Abderrahim), Mohmed Al Achaari (ancien ministre de la Culture) et Larbi Ajjoul (ancien secrétaire d'état auprès du premier ministre charge de la Poste et des Nouvelles technologies de l'information), ont gelé leur activité pour protester contre l’affairisme qui s’est emparé de certains bulldozers du parti (allusion à Abdelouahed Radi, premier secrétaire qui vient de retrouver le perchoir à la chambre basse et à Driss Lachgar qui a retourné sa veste en sautant sur le poste de ministre chargé des relations avec le parlement après avoir longuement critiqué la participation de l’USFP au gouvernement.


En bref, l’intéressant dans tout ça ce n’est pas de savoir qui dit vrai ou non, mais de constater que la guerre qui jadis opposait les radicaux aux réformistes a été remplacée par une autre, plus féroce et insidieuse, qui met désormais face à face les boudeurs et les opportunistes. Autrement dit un camp de militants et cadres qui sont en colère d’être marginalisés et un autre constitué de sans états d’âmes qui n’ont pas froid aux yeux si bien qu’ils foncent tête baissée dans la mêlée dès qu’il y a quelques grains à picorer. L’action politique, la vraie, se réduit pour ces derniers à la participation au gouvernement même figurative, à la présence au parlement ou à la nomination à la tête des établissements publics ou certaines grandes mairies sans perdre de vue les grandes ambassades... L’encadrement des masses, la production d’idées, pour eux, ça ne mange plus de pain. Et ils n’ont pas forcément tort quand on sait que désormais la mode c'est la rupture. La rupture avec un passé où la force d'un parti était mesurable dans l'espace réel. Aujourd'hui elle l'est dans un espace virtuel entretenu par les médias. Or pour avoir un droit d'accès à cet univers virtuel il faut exister à chaque instant.  Et pour exister il faut être in, au cœur de l'action quotidienne, au gouvernement, au parlement... En somme là où il faut pour être bien vu... Car l'histoire a attrapé la maladie de Parkinson.

Publié dans Edito

Partager cet article

Repost 0

Communiqué de presse : Gouvernement kabyle provisoire

Publié le par Arezki Boussaid

http://www.ahlamp3.net/fille/images_music/la_kabylie_au_coeur.jpg
Constitution d’un gouvernement kabyle provisoire et nombreuses manifestations à l’occasion du 30ème anniversaire du « Printemps berbère »

A l’occasion du 30e anniversaire du « Printemps berbère », plusieurs manifestations se sont déroulées ce week-end en Europe et d’autres sont prévues demain en Kabylie, entre autres à Tizi-Ouzou, Vgayet et Bouira qui verront certainement des dizaines de milliers de Kabyles descendre dans la rue pour commémorer le combat public initié il y a trois décennies pour la défense de leurs droits mais aussi et surtout pour lui donner un nouvel élan.

Hier, en effet, à Paris, à l’issue d’une manifestation qui a rassemblé près de 10 000 personnes, Ferhat Mehenni, le Président du MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie ) a annoncé qu’il allait constituer un gouvernement kabyle provisoire. Une conférence de presse sera tenue demain  [20 avril] pour annoncer les modalités de sa mise sur pied, ses objectifs, ainsi que les délais pour sa concrétisation.
Il s’agit d’une étape décisive dans notre lutte pour nos droits et libertés !

Le gouvernement provisoire pourra en effet être l’interlocuteur désigné d’Alger pour négocier les contours de l’autonomie sans laquelle notre région et notre peuple ne se développeront jamais. Il sera également notre représentant à l’étranger si, comme on peut le craindre, Alger répond une fois de plus à nos demandes par la brutalité et la répression.

Ces dernières semaines, plusieurs délégations kabyles se sont entretenues notamment avec des députés au Parlement européen, avec des diplomates au Quai d’Orsay, avec le Président de la Commission des Affaires Etrangères à l’Assemblée Nationale française, des députés et élus belges, etc. Si demain, Alger ne reconnaît pas notre droit à l’autonomie, nous pourrons aller plus loin grâce à notre gouvernement provisoire !

En avril 1980, la Kabylie s’était soulevée pour réclamer la reconnaissance de l’identité berbère en Algérie, le pluralisme politique et syndical ainsi que la promotion des droits de l’Homme. La « démocratie » à laquelle nous avons accédé depuis 1988 est restée au stade d’un pluralisme de façade. Derrière le FLN et ses alliés, c’est toujours le clan présidentiel qui dirige et pille le pays. L’affaire Sonatrach en est la meilleure illustration. Et, pour nous, Kabyles, rien n’a changé !

A l’heure où nous nous levons à nouveaux pour nos droits et ceux de nos enfants, nous nous rappelons également les martyrs du « Printemps noir ». En 2001, à la suite de l’assassinat d’un jeune kabyle par des gendarmes, des manifestations avaient été sauvagement réprimées : 125 kabyles furent abattus tandis que plusieurs milliers d’autres étaient blessés et mutilés.

Leur sacrifice et leur mémoire doivent rester vivants !

Avec Ferhat Mehenni, nous appelons nos sœurs et frères résidant en Algérie à faire de ce 20 Avril 2010 le jour de Gloire de la Kabylie.

Vive la Kabylie Autonome !
Vive le Gouvernement Provisoire du peuple Kabyle !
Longue vie à la mémoire de nos martyrs !

Nous sommes nés libres nous vivons en hommes libres
et nous mourrons en hommes libres
Arezki Boussaid
Président du MAK en France

Fin de communiqué
Pour plus d’informations: http://mak.makabylie.info
Pour suivre l’anniversaire du « Printemps Kabyle » et de la crise : www.esisc.org

 

Publié dans Communiqué

Partager cet article

Repost 0

Un islamiste armé d'un sabre fait irruption devant le Palais royal de Tétouan

Publié le par Karim El Maghribi

 

http://4.bp.blogspot.com/_TRtPvqRlYeI/SlnGQXkHSEI/AAAAAAAAD60/XQ16GO2fIWU/s400/P1120439.JPGC’est un vrai état d’exception qu’a vécu la ville de Tétouan (nord du Maroc) dans la matinée d’hier jeudi 15 avril. Vers le coup de 10h00 GMT, un barbu hystérique a attaqué au sabre, le Plais royal de la ville. Habillé à la mode afghane et aux cris d’Allah Akbar, le forcené faisait tournoyer son arme longue de près d’un mètre et demi !


Arrivé aux premiers cordons de sécurité constitués de gendarmes, de policiers, de militaires et d’agents des Forces auxiliaires, le fou a réussi à blesser trois agents de sécurité dont deux grièvement. Avant d’être maitrisé par une cohorte d’éléments des Forces auxiliaires qui l’ont roué de coups de bâton.
L’intégriste a été transporté à l’hôpital sous une forte escorte policière ainsi que les trois policiers blessés.
Jusqu’à hier soir l’identité du forcené est demeurée inconnue. Mais des témoins affirment qu’il est originaire de la région de Zagora (sud) et qu’il est marié à une Tétouanaise (comme le font beaucoup d’intégristes du sud qui préfèrent s’unir à des femmes du Rif). Etabli à Tétouan il vit gagne sa vie comme vendeur ambulant.
D’autres témoins croient savoir que l’agresseur a été expulsé d’Espagne où il est entré clandestinement. Et que son retour au pays l’a totalement affecté.
En tout cas la Brigade Nationale de Police Judiciaire s’est saisie de l’affaire pour essayer de comprendre les raisons qui ont poussé cette personne à s’attaquer à l’esplanade du Palais royal (Place El Feddan) ; surtout que le Roi vient de quitter la ville de Tétouan après un long séjour.

Publié dans Sécurité

Partager cet article

Repost 0

La Kabylie : Répression et projet d’autonomie

Publié le par Karim El Maghribi

http://k2raguelid.unblog.fr/files/2007/12/389465853small.jpgPar Dimitri Dombri Chercheur associé à l'Esisc
Le 20 avril 2010, plusieurs manifestations sont prévues en Algérie, notamment à Tizi-Ouzou, Vgayet et Bouira, afin de commémorer le trentième anniversaire du « Printemps berbère » qui avait vu la région s’embraser, au printemps 1980, et la population réclamer l’officialisation de la langue tamazighe et la reconnaissance de l’identité berbère en Algérie. Mais trente ans plus tard, où en est la Kabylie ? Retour en arrière et état des lieux.

1) Le combat identitaire kabyle depuis l’indépendance de l’Algérie

La Kabylie est une région montagneuse densément peuplée, située dans le nord de l'Algérie, à l'est d'Alger. Entourée de plaines littorales à l'ouest et à l'est, au nord par la Méditerranée et au sud par les Hauts plateaux, elle est dénuée d'existence administrative globale et est le foyer d’une population berbère : les Kabyles. On compte entre 3 et 3,5 millions de « kabylophones » en Kabylie pour une population totale d’environ 35 millions d’habitants en Algérie. Les Kabyles sont également entre 2 et 2,5 millions dans le reste du pays, notamment à Alger où ils représentent une forte proportion de la population. Ils sont aussi présents en France (un million), dans d’autres pays européens et au Canada.

Depuis 1962 et l’indépendance de l’Algérie, l’idée d’autonomie et celle d’un projet politique propre à la Kabylie font leur chemin ; le FFS, le Front des Forces socialistes, conteste l’autorité du parti unique et les textes fondamentaux de l’Algérie qui occultent la dimension berbère. Le parti d’Hocine Aït Ahmed mène une insurrection armée considérée comme une tentative sécessionniste par les autorités. En 1965, c’est le coup d’Etat militaire.

En dépit du fait que le Conseil de la révolution est essentiellement composé de Berbères, la propagande berbériste est durement réprimée et l’Algérie demeure arabo-islamique.

La Kabylie a, de tout temps, suscité l’inquiétude et la méfiance du pouvoir qui craint que ses revendications ne contaminent d’autres franges de la population.

A la fin des années 80 et au début des années 90, l’idée refait surface même si le combat public pour l’identité amazighe reprend dès avril 1980 avec le « Printemps amazigh ou Printemps berbère » : la Kabylie et les universités algéroises manifestent durant plusieurs mois pour réclamer la réhabilitation de l’identité berbère, le pluralisme politique et syndical, la promotion des droits de l’Homme, etc.

Ce sont les émeutes de Constantine, en 1986, puis celles d’octobre 2008 qui « apporteront » le multipartisme mais feront entre 500 et 800 morts.

La mise du pays sous état d’urgence avait initialement pour but d’empêcher le Front islamique du salut (FIS) de remporter les élections. Cette mesure, mise en place dès 1992, aura surtout servi de prétexte pour soi-disant « maintenir l’ordre » mais surtout pour réprimer l’opposition.

Depuis, chaque événement dramatique vécu par la Kabylie vient renforcer la conviction que l’autonomie est la seule solution pour sortir de l’impasse qui l’oppose au pouvoir central algérien (le boycott scolaire de 1994-1995, les émeutes qui ont suivi l’assassinat du chanteur Matoub Lounes - crime resté impuni jusqu’à aujourd’hui -, la promulgation en 1998 d’une loi généralisant l’usage de la langue arabe dans tous les domaines, etc.).

Mais, c’est véritablement au lendemain des événements tragiques du «Printemps noir » en avril 2001 que le mouvement prend de l’ampleur et se structure. L’assassinat d’un jeune étudiant kabyle, Massinissa Guermah, par des gendarmes à Béni Douala (près de Tizi-Ouzou) et l’arrestation arbitraire de trois collégiens par le même corps engendrent un profond sentiment d’injustice. La population se soulève et les graves émeutes qui suivent pendant plusieurs semaines accentuent la rupture avec les autorités.

Cent vingt-cinq kabyles sont abattus par les services de l’Etat algérien, des milliers d’autres sont blessés et mutilés, et on compte des dizaines de disparus.

Après l’insurrection, des intellectuels signent une pétition réclamant un statut de large autonomie pour la Kabylie, le
MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) voit le jour et se structure…

ESISC©2010

Lire la suite sur esisc.org

 

Publié dans Analyse

Partager cet article

Repost 0

Paix au Moyen-Orient : Le 6e forum de Paris relève de nouvelles donnes encourageantes

Publié le par Avec MAP

http://a33.idata.over-blog.com/2/35/56/03/Azoulay3.jpg.gif

Plusieurs personnalités du monde académique, des médias et de la politique ont rehaussé de leur présence cette 6e édition du Forum de Paris dédiée au processus de paix au Moyen-Orient et au débat sur la trilogie « Europe, Etats-Unis et Méditerranée ». Ont été présents notamment, M. Henri Guaino, Conseiller du Président Nicolas Sarkozy, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, le ministre français de la défense, Hervé Morin, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président de la Fondation Euro-Méditerranéene Anna Lindh, l'ancien chef de la diplomatie française et ex-secrétaire général de l’Elysée, Hubert Védrine, l'ancien Conseiller du président Bill Clinton, Robert Malley, ou l'ancien directeur des opérations de la CIA, Jack Devine, M. Daniel Kurtzer, Professeur à Princeton et ancien Ambassadeur des Etats-Unis en Egypte et en Israël.

M. André Azoulay
a prononcé une remarquable allocution dont voici les idée forces :


« L'UPM gagnera en légitimité en inscrivant à son agenda le potentiel de l'Initiative de Paix Arabe
»;
 

« Se mobiliser pour un Etat Palestinien doté de tous les attributs de la souveraineté, de la justice et de la dignité aidera à la mise en place de cette Union et redonnera ses chances à la paix au Moyen-Orient »;

 

« L'Union pour la Méditerranée (UPM) renforcera ses chances et gagnera en légitimité en inscrivant à son agenda le potentiel et les atouts de l'Initiative de Paix Arabe »;

 

« Se mobiliser pour un Etat Palestinien doté de tous les attributs de la souveraineté, de la justice et de la dignité aidera à la mise en place de cette Union et redonnera ses chances à la paix au Moyen-Orient »;

 

« La lucidité, le réalisme et la maturité des sociétés civiles euro-méditerranéennes qui contrastent avec la frilosité institutionnelle et politique qui souvent caractérise en Europe le traitement de la paix au Moyen-Orient »;

 

« La centralité du dossier palestinien pour la paix dans le monde et pour la sécurité des Américains »;

 

« Les atouts décisifs qui résulteraient pour la paix d'une convergence objective entre cette nouvelle approche américaine, un engagement plus marqué de l'Europe dans la même direction et une prise en compte réelle et significative de l'Initiative de Paix Arabe ».

Publié dans Verbatim

Partager cet article

Repost 0

Le réseau audiovisuel euroméditerranéen en marche

Publié le par Avec agences

Azoul-au-bureau--1--copie-1.jpg

Puissant média de masse, l’audiovisuel (surtout la radio et la télévision) s’avère être le moyen ad-hoc pour concrétiser rapidement la nouvelle vision euro-méditerranéenne, consistant en la création d’un espace commun aux deux rives de la Mare Nostrum et que résume le projet d’Une Union Pour la Méditerranée. Tenue à Paris du 8 au 11 avril, la 17e conférence de la COPEAM s’inscrit dans cette optique.

Forte d’une expertise en matière de réseaux humains euro-méditerranéens, la Fondation Anna Lindh apporte son appui à ce réseau audiovisuel méditerranéen qu’est la COPEAM.

Cette 17e Conférence Permanente de l'Audiovisuel Méditerranéen (COPEAM) placée le haut patronage du président français, M. Nicolas Sarkozy, avec le soutien des ministères français des Affaires étrangères et de la Culture, s'est donc ouverte jeudi dernier à Paris pour se clôturer ce dimanche avec l'ambition « d'aller plus loin » dans la concrétisation de ses projets phares destinés à contribuer à l'émergence d'un paysage audiovisuel méditerranéen.

Placée sous le thème « Le pari audiovisuel de la Méditerranée », elle est l'occasion de dresser un bilan du plan d'action stratégique adopté par l'Assemblée Générale de la COPEAM, réunie en avril 2009 au Caire, et de prendre la mesure des investissements requis pour bâtir un paysage audiovisuel méditerranéen.

Parmi les dix projets retenus par cette instance, qui fédère une grande diversité d'acteurs du monde de l'audiovisuel et de la culture représentant pas moins de 26 pays dont le Maroc, celui de « la chaîne pour la Méditerranée » est sûrement l'un des plus emblématiques.

 

Cette chaîne de télévision « multiculturelle et multilingue » que la COPEAM appelle de ses vœux, devra « produire, exploiter et valoriser » les émissions de divertissements et la diffusion de documentaires culturels, scientifiques et économiques et les reportages à « vocation méditerranéenne et culturelle » dans un esprit de service public.

Ce projet attendu de longue date, l'étude de faisabilité y afférente ayant été lancée dès janvier 1997, un an après la création de la COPEAM au Caire, est entré dans une phase expérimentale depuis avril 2009, sous l'appellation « Terramed ».

Ce programme est diffusé tous les jours pendant une heure par satellite sur un canal de la chaîne de télévision publique italienne RAI (RailNews24/RAIMED).

Le plan d'action de la COPEAM prévoit également la mise en place d'un portail Internet sur le patrimoine audiovisuel méditerranéen « MeD MeM », de « l'Université Audiovisuelle de la Méditerranée », premier réseau d'universités et d'écoles d'enseignement audiovisuel et de cinéma du bassin méditerranéen, et de « EuroMed News », projet visant le renforcement des échanges d'information avec la production de flux d'information, de magazines et de documentaires à caractère régional.

De même, il vise à appuyer le transfert de compétences et à renforcer la politique de formation et de dialogue entre les professionnels de la région, à favoriser la mise en place d'un cadre juridique partagé et à soutenir la production en développant les coproductions multilatérales.

La COPEAM envisage, en outre, la création d'un outil professionnel d'aide à la production et d'un Observatoire méditerranéen des médias, outre l'élaboration d'un accord-cadre visant à multiplier les projets de coproduction multilatérale et l'adoption d'une politique tarifaire favorisant l'accès aux archives méditerranéennes.

Au vu de ces programmes ambitieux, la COPEAM se présente comme un acteur majeur de l'espace culturel méditerranéen et partenaire privilégié des projets audiovisuels développés dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée.

Outre les ateliers des commissions et des groupes de travail de la COPEAM, le programme de cette session a prévu une séance plénière samedi avec la participation notamment du président de la Fondation Euro-Méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, M. André Azoulay (voir encadré), du Commissaire Européen à l'Education, la Culture, le Multilinguisme et la Jeunesse, M. Androulla Vassiliou, et du ministre français de la culture, M. Frédéric Mitterrand.

La COPEAM, présidée par Emmanuel Hoog, PDG de l'Ina, avec un Secrétariat Général basé à la RAI-Radiotelevisione Italiana, assuré par Alessandra Paradisi, réunit annuellement les opérateurs de l'audiovisuel et de la culture de la région euro-méditerranéenne.

Le mot de M. André Azoulay :
M. Azoulay a souligné, en ouverture de cette conférence, que « cette Union qui reste à construire des deux cotés de la Méditerranée, gagnerait en crédibilité et en faisabilité si les sociétés civiles des 43 pays membres étaient prises en compte et responsabilisées dans cet espace de 750 millions de personnes ».
« C'est dans cette perspective que les 10 chantiers proposés par la COPEAM avec l'appui de la Fondation Anna Lindh prennent toute leur signification », a ajouté M. Azoulay en rappelant le caractère stratégique de ce programme qui va de la création d'une chaîne de télévision méditerranéenne multilingue à la mise en place dès 2011 d'un site internet en français, en arabe et en anglais.

Publié dans Dialogue des cultures

Partager cet article

Repost 0

Essaouira fête le 10e anniversaire de son Printemps musical du 29 Avril au 1er Mai 2010

Publié le par SCSM

http://www.rabat-maroc.net/blog/uploaded_images/choeur64.jpgPour son 10ème anniversaire (29 avril-1er mai 2010), le Printemps Musical des Alizés à Essaouira, organisé en partenariat avec la Fondation des Trois Cultures (Séville), se devait de signer cette édition d’anthologie du sceau de l’exception.

En ouverture tout d’abord avec Carmina Burana de Carl Orff, cette œuvre éclatante, pleine d’humour et de force dont les notes vont résonner entre les remparts de Bab El Menzeh dont la scène sera investie pour l’occasion par plus d’une centaine de chanteurs et de musiciens du Chœur et du jeune Orchestre Symphonique d’Andalousie.

Ce sera un moment rare où l’émotion le disputera au talent et à l’audace. Essaouira en effet n’a pas seulement gagné le pari fait il y a dix ans en dotant le Maroc d’un festival de musique de chambre et d’art lyrique, qui a naturellement pris place parmi les rendez-vous reconnus et recherchés par les mélomanes. Essaouira a su le faire en ouvrant avec constance et détermination son espace musical aux jeunes talents qui savent se révéler et s’épanouir dans une cité des alizés plus universelle que jamais dans son goùt et son écoute de toutes les musiques.

Carmina Burana en ouverture et Dvorak en clôture avec son Stabat Mater dont chacun reconnaît la marque et la profondeur pour avoir été écrit et mis en musique à une période très particulière de la vie du grand compositeur.

Pour ce Stabat Mater, ce sont 150 musiciens et chanteurs du Chœur des Trois Cultures, né à Essaouira en 2003 et de l’Orchestre des Jeunes de l’Andalousie qui vont se retrouver sur la même scène où ils interpréteront le même soir des œuvres inédites en arabe et en hébreu spécialement écrites et arrangées pour le Festival d’Essaouira.


Auparavant et pendant trois jours, à Dar Souiri, à l’Alliance franco-marocaine et sous le chapiteau de Bab el Menzeh, sextuor à cordes, quatuor, lieder et airs d’opéra vont se succéder en puisant leur inspiration dans les répertoires de Brahms, Berlioz, Mozart, Bizet, Schonberg et d’autres encore.

Last but not least, une programmation inattendue va donner une tonalité et une dimension inédites à cette édition hors normes. Pour la première fois en effet le Festival des Alizés va faire une place de choix au chant classique arabe et à sa musique avec des moments rares dédiés à Mohamed Abdelwahad, Oum Keltoum, Abdelhalim Hafez et à quelques airs choisis dans le riche répertoire maghrébin judéo-arabe.

Edition d’anthologie donc mais aussi édition d’exception et de reconnaissance avec l’hommage que rendra le Printemps des Alizés au regretté Mohamed Boudrar, un chef d’orchestre trop tôt disparu mais qui dès les années 1970 avait su imposer sa marque et enrichir la scène musicale marocaine de son talent très vite reconnu par ses pairs et par les critiques les plus exigeants de la grande musique.

Publié dans Société

Partager cet article

Repost 0

Le 1er Mai sera chaud

Publié le par Karim El Maghribi

http://a6.idata.over-blog.com/299x198/0/07/76/29/images-3/Manif-le-havre-8-11-2008.jpgLe 1er Mai prochain va être très chaud. C’est certain. La crise financière mondiale, le discrédit de la classe politique et la montée conséquente de la contestation sociale non encadrée sont autant d’ingrédients qui risquent de faire exploser la rue en Europe, surtout.  Le problème c’est que les médias dans leur ensemble n’ont d’yeux rivés que sur les indices boursiers qui, chacun y conviendra,  ne représentent pas le tissu économique réel, lequel est fait de la PME et de la PMI. En France le CAC 40 peut afficher des records quand bien même l’emploi se détruit en province profonde. Pire : certains patrons de PME, surtout, ont vite titré bénéfice de cette crise financière, qu’ils ont ainsi retournée à leur profit. Exemple. Un  patron d’une PME de 50 employés qui ont tous donné de leur sang et de leur temps pour bâtir la boîte. Le boss s’est toujours demandé comment se débarrasser sans trop de frais d’une partie d’un personnel qui selon lui est pléthorique.

 

Et soudain la crise financière mondiale,  annoncée en septembre 2008, lui donne la clef de son problème. Il surfe donc et  fissa sur la conjoncture et il vire la moitié de ses employés contre de maigres compensations. Les syndicats, obnubilés par la médiatisation de la crise et la corruption, ferment les yeux tandis que l’inspection du travail se félicite d’un tel arrangement  humanitaire, fait à l’amiable. Alors  que l’autre moitié du personnel qui est restée lui est devenue encore plus reconnaissante et redevable qu’avant. Elle est heureuse que le patron l’ait gardée. Puis le carnet de commandes explose à nouveau. La machine tourne à plein régime. Le peu d’employés sur place peine à répondre à la demande et réclame la réembauche au moins des 25 employés licenciés. Le boss ne panique pas. La crise est son allié : elle lui donne le choix entre le recours à des temporaires ou au bâton déguisé en carotte; à savoir de payer les heures supplémentaires aux contestataires, invités ainsi à bosser la nuit et les jours fériés.

 

Evidemment si on est libéral on dira que le patron a droit de sauver l’entreprise en usant de moyens légaux comme la réduction d’effectifs ; car c’est l’entreprise qui prime sur tout le monde.  Si  on est socialiste on dira le contraire. Seulement ces deux courants majoritaires se sont essoufflés. Et la nouvelle tendance encore vierge, les verts, est mort née ; dans ce sens qu’un écologiste se sent plus perdu (d’avance) qu’un végétarien  dans un village de cannibales. En fait ceux qui croient que rouler à vélo c’est écologique ignorent ou oublient  que jusqu’à maintenant on ne connaît pas de bicyclette fabriquée à partir de produits autres que polluants comme l’acier ou le caoutchouc…

 

Bref : la crise a fait retourner le monde au début su siècle précédent avec en prime la mort du syndicalisme. Ça va chauffer !

Publié dans Conjoncture

Partager cet article

Repost 0