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Essaouira ou quand la culture est l’ultime rempart contre la bêtise humaine

Publié le par Karim El Maghribi

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Parce qu’elle s’adresse directement à la conscience collective humaine, la musique s’impose comme l’ultime liant culturel universel. Elle est le seul art qui ne fasse intervenir qu’un seul sens : l’ouïe. Même une sculpture on a envie, après l’avoir regardée, de la toucher ! C'est dire la pureté du message musical.

Là où tous les discours notamment politiques ont lamentablement échoué à fédérer les hommes et les âmes de divers horizons et races, la musique a non seulement continué à rassembler mais a scellé durablement des amitiés entre des peuples que langues, coutumes, fois séparaient.

Un vieux hadj du sud marocain qui vibre au son du flamenco sans comprendre un mot à l’Espagnol, un jeune new-yorkais qui atteint le nirvana en écoutant la musique gnaoui, c’est là le secret et la force de la musique.

Le festival des Andalousies Atlantiques organisé depuis 2003 dans la ville d’Essaouira veut cristalliser ces moments de bonheur intense que procure la musique. Et comme le rêve andalou ne se limite pas aux seuls sud de l’Espagne et nord du Maroc, il y a toute l’Amérique du Sud et centrale, sans perdre de vue les parties hispanophones des Etats-Unis et le Mexique, le festival s’est fait gratifier du qualificatif « atlantique ».
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« Le festival des Andalousies Atlantiques n'est pas seulement un moment d'émotions partagées, mais un espace privilégié où la culture, la musique et la création instrumentale ainsi que les voix qui s'expriment savent résister à l'archaïsme et à la régression », a estimé, vendredi à Essaouira, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi Mohammed VI et Président-fondateur de l'Association Essaouira Mogador. La chanteuse hors classe Raymonde el Bidaouia  (photo) qui a comme d’habitue enflammé la scène à Essaouira s’est déclarée éblouie par la multitude des origines aussi bien artistes que des publics. C’est ça la force d’Essaouira. Sa vocation de cité œcuménique.

Intervenant à l'ouverture de la 7e édition du forum d'Essaouira et des Andalousies Atlantiques placé sous le thème le « partage des cultures, espace privilégié de résistance à l'archaïsme et à la régression » et auquel des personnalité de premier plan ont été convié comme Mme Leila Chahid la déléguée de l’Autorité Palestinienne auprès de l'Union européennne, M. Azoulay a expliqué que la « culture est le dernier espace sorti indemne de toutes ces années régressives », ajoutant que la culture a réussi là où la politique et les idéologies ont souvent trouvé leurs limites ». Tout est dit.

Photo : 3e édition en 2005

Publié dans Société

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André Azoulay rend hommage au Regretté Professeur Mohamed Arkoun

Publié le par MAP

arkoun.jpgCasablanca - M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi, a affirmé lundi soir à Casablanca avoir puisé la force et la liberté de pensée dans les œuvres du philosophe et historien de l'islam feu Mohamed Arkoun.

M Azoulay, qui s'exprimait lors d'une cérémonie commémorative du quarantième jour du décès de ce grand nom de la pensée, a ajouté que les réflexions du disparu lui ont permis de se libérer au niveau intellectuel.

Tout en regrettant le peu d'occasions de rencontres personnelles avec le disparu, M. Azoulay, Président de la Fondation Anna Lindh, a mis en avant la valeur intellectuelle des œuvres de Mohamed Arkoun qui a contribué pour beaucoup dans le rapprochement des civilisations et le dialogue des religions.

Les autres témoignages prononcés lors de cette cérémonie, organisée en présence d'un parterre d'intellectuels, d'amis et de proches du disparu, connu pour son profond attachement à notre pays, ont insisté sur l'importance des contributions et de la réflexion de Mohamed Arkoun sur le registre de la pensée islamique, soulignant que cet illustre intellectuel n'a eu de cesse de plaider pour le dialogue des civilisations tout en s'opposant farouchement à toutes les formes de fanatisme et de discrimination idéologique ou ethnique.

Les témoignages ont aussi relevé la démarche critique de Mohamed Arkoun et sa lecture approfondie du patrimoine, qualifiant sa disparition de grande perte pour la pensée arabe et universelle.

Mohamed Arkoun, disparu à l'âge de 82 ans, était professeur émérite d'histoire de la pensée islamique à l'Université de la Sorbonne (Paris III) depuis 1993. A son actif, plus d'une quinzaine d'ouvrages dont une compilation encyclopédique, sous sa direction, sur l' « Histoire de l'islam et des musulmans en France: Du Moyen-âge à nos jours ».

Son livre « Humanisme et Islam: Combats et propositions » a été réédité par la maison d'édition marocaine Marsam en 2006.

Mohamed Arkoun, qui a développé la discipline « Islamologie appliquée » dans diverses universités européennes et américaines, a formé et initié plusieurs générations d'étudiants aux recherches sur la civilisation arabo-islamique, notamment en France et au Maroc.

Publié dans Hommage

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Le rôle des médias dans la construction de l’Union pour la Méditerranée

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Les travaux du 27e Congrès des journalistes du détroit de Gibraltar, organisé à Séville du 21 au 24 octobre par l'Association de presse du détroit de Gibraltar (La Asociación de la Prensa del Campo de Gibraltar : APCG), a porté pour une grande partie de la journée du samedi, sur le thème « Le rôle des médias pour la construction de l'Union pour la Méditerranée. »

La table ronde a vu la participation du président de la Fédération Espagnole des Journalistes (FAPE), Elsa González (Photo), du représentant européen au Comité exécutif de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), Paco Audije, et du président du syndicat  national de la presse marocaine, Younès Moujahid. Les participants ont tous convenu, au-delà des différences de chaque pays, que tous les journalistes sont actuellement confrontés à des défis communs et à des difficultés majeures : à la précarité de la profession de journaliste, à la banalisation des contenus et à la tendance à discréditer la réputation du journaliste.

Le porte-parole des journalistes espagnols, Elsa González a déploré que, dans ces temps de l’information numérique, Internet en tant qu'outil au service de la liberté d'expression, les journalistes ont à lutter dans le même temps, contre la désinformation. « La crise économique et l’insécurité de l'emploi ont entraîné une déperdition de la qualité, car de nombreux employeurs sont devenus très regardants sur le profit si bien que les journalistes durent céder sur les aspirations éthiques et esthétiques », a-t-elle déclaré, notant également que « dans certaines régions méditerranéennes, le combat pour une presse libre, sérieuse, rigoureuse et engagée soit se poursuivre ».

Par ailleurs, Mme lvira Saint-Girons, Directrice de la Fondation des Trois Cultures (dont le siège se trouve sur l'île de la Cartuja à Séville), a rendu un vibrant hommage au Maroc, en la personne du conseiller de SM le Roi, M. André Azoulay, président-délégué de cette fondation pour son soutien et son implication active dans le dialogue interculturel.

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Maroc-UE : 40 ans de partenariat mais quel avenir ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Les mariages mixtes ne durent que si les époux se mettent d’accord pour respecter chacun la différence de l’autre. Dès que l’une des parties commence à dicter sa conduite à l’autre, les premières fissures d’une rupture pointent à l’horizon.

Voilà plus de quatre décennies que le premier accord commercial a été signé entre le Maroc et l’ex-CEE. Tout le long de cette période des moments difficiles et de tension ont surgi sans que cet accord ne soit jamais menacé dans sa vie. Pourquoi une telle longévité ? Réponse : parce que depuis 1969 aucun des Six pays fondateurs de l’actuelle Union européenne, puis des Dix etc. jusqu’aux Vingt-sept actuels n’a jamais essayé ou envisagé de soustraire le Maroc à ses traditions et spécificités. Ce qui explique pourquoi le royaume qui a toujours été assujetti à une logique de progrès économique et politique pro-occidental par ses partenaires a non seulement accepté cet assujettissement mais y a même prix goût. Parfois au risque de mécontenter certaines couches de la société marocaines non encore préparées à de tels changements.

Le 20 octobre prochain, c’est-à-dire demain, le Maroc et ses Vingt-sept partenaires européens fêteront le deuxième anniversaire du « statut avancé » qui lui a été octroyé par cette communauté. Un statut « moins qu’une adhésion et plus qu’une association » comme le définissent les technocrates de Bruxelles. Ce nouveau statut est censé apporter une nouvelle dynamique et un nouveau souffle au nouvel accord d’association de 1996, entré en application en 2000. Or à part des discours laudatifs, rien de concret n’est encore venu conforter Rabat dans ses attentes. Depuis deux ans, ce sont surtout des fonds arabes débloqués dans le cadre de la solidarité interarabe qui ont répondu à l’appel pour contribuer aux nombres chantiers de développement et structurants lancés par le Souverain Mohammed VI.

Certes l’octroi dudit statut avancé au Maroc par l’UE a coïncidé avec le début de la crise financière internationale, on a vu comment les Vingt-six ont peiné pour se mettre d’accord pour sauver l’économie de la Grèce, mais ça n’explique pas tout.

Le problème c’est que les technocrates de Bruxelles continue d’avoir une vision monolithique des conditions que doit remplir le Maroc pour répondre au moule bruxellois. Or d’aucuns conviennent à penser que les réformes politiques et économiques ne peuvent se faire à la même vitesse. Quelle que fusse la bonne volonté de Rabat. Le Maroc ne peut pas réaliser en deux ans ce qu’a réalisé l’Europe en plusieurs années ; n’oublions pas qu’il a fallu à l’Espagne plus de neuf ans après son adhésion à l’UE en 1986 pour abolir la peine de mort !

Cependant, le Maroc se considère à la fois comme privilégié et comme responsabilisé de son appartenance à cet espace euro-méditerranéen qui l’a vu naître.

« Si l'Union européenne est dans notre région la première de la classe partout, premier client, premier fournisseur, premier investisseur, le Maroc peut effectivement et sans complexe se présenter à l'Europe comme le partenaire exemplaire par l'ancrage de la société marocaine dans le socle des valeurs universelles des droits humains, de la diversité culturelle et de la convergence économique et sociale qui détermine le cadre général de la construction européenne et de l'espace euro-méditerranéen ». Ces mots sont de M. André Azoulay qui s’exprimait aux côtés de M. Steven Vanackère, vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, dans le cadre d'un colloque international sur le thème « Maroc-UE : les enjeux du partenariat », organisé hier à Bruxelles par la Mission du Maroc auprès de l'Union européenne et placé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Autrement dit le Conseiller de S.M. Mohammed VI, M. Azoulay, voulait dire que le Maroc attend de l’UE des gestes concrets pour l’encourager à continuer sur sa lancée sans que ces gestes ne soient culturellement et socialement réducteurs.

« L'oubli de la dimension locale et de la complexité enserrant la vie réelle de milliards de personnes singulières qui peuplent cette planète ne peut être que porteur de désordres globaux. Il est synonyme d'une mondialité sauvage, aveugle, à la dérive, errant à mille lieues de ses desseins et ses idéaux. » Extrait du Discours de S.M. Mohammed VI adressé aux participants de la 3e édition de la World Policy à Marrakech, le week-end dernier.

Publié dans Edito

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Le prix spécial du journalisme Anna Lindh 2010 à Jean Daniel et Mona El Tahawy

Publié le par Euromedalex.org

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Monaco, 14 octobre 2010 : Les lauréats de l’édition 2010 des « Prix de Journalisme de la Fondation Anna Lindh » ont été rendus publics aujourd’hui par SAS le Prince Albert II au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée en Principauté de Monaco en présence de nombreux représentants de la société civile et des médias des deux rives de la Méditerranée.

 

Parmi les lauréats, Jean Daniel – écrivain et journaliste français, fondateur du « Nouvel Observateur » qui a reçu un prix spécial pour son engagement visionnaire et pionnier pour une « Méditerranée réunifiée et réconciliée », tandis que Mona El Tahawy – éditorialiste égyptienne et prescripteur d’opinion à l’échelle internationale – a vu reconnaitre son courage et sa lucidité dans l’écriture de ses articles et dans ses différentes interventions.

 

Présidé par le philosophe et le sociologue français Edgar Morin, le jury comptait parmi ses membres André Azoulay, Président de la Fondation Anna Lindh (qui a qualifié cette édition de « millésime exceptionnel avec un palmarès en totale cohérence avec les idéaux méditerranéens de partage, d'écoute et de synthèse sociale respectueuse de toutes nos identités et de la riche diversité de nos sensibilités culturelles et spirituelles tout en soulignant l' +immense contribution+ du sociologue et écrivain Edgar Morin, Président du jury »), Abdel-Rahman Al-Rashed (Directeur général de la chaîne de télévision Al Arabiya), David Gardner (Rédacteur en chef pour les Affaires étrangères au Financial Times), Hala Hashish (Directrice du Réseau de chaînes satellites Nile Television), Juan Luis Cebrian (Fondateur du journal El Pais), Alessandra Paradisi (Secrétaire Générale du Réseau Audiovisuel Méditerranéen COPEAM), et Rana Sabbagh (Directrice exécutive du « Arab Reporters Investigative Journalism »)

 

La liste des autres lauréats de l’édition 2010 du Prix Méditerranéen de Journalisme de la Fondation Anna Lindh sont comme suit :

 

Catégorie Presse : Sarfraz Manzoor (Pakistan-Royaume Uni) pour son article dans le « Guardian » « My Month of Being Jewish ».

 

Catégorie Audiovisuel : Pierre Mari (France) pour « Female Emigration » diffusé sur Radio Kantara, et Ali Gohine (Egypte) pour « Illegal Migration » diffusé sur le réseau satellite Nile Television

 

Médias en ligne : Dalia Ziada (Egypte) pour « Unveiling the minds of Young Muslim Women » publié dans Bikya Masr.

 

Patrimoine culturel : Yizhar Beer (Israël) pour « The city and the dogs » publié dans le Huffington Post (USA).

 

Les Prix Méditerranéen de la presse décernés par la Fondation Anna Lindh sont désormais perçus comme la compétition de référence dans l’espace méditerranéen pour tout ce qui touche à l’expression médiatique des cultures et des civilisations dans la Région.

 

Liste des Finalistes 2010 :

2010 finalists

 

Pour plus d'informations veuillez contacter :

Paul Walton: paul.walton@bibalex.org 

Ingy Sedky: ingy.sedky@bibalex.org

Publié dans Dialogue des cultures

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France 24 dame le pion à Al Jazeera

Publié le par Karim El Maghribi

http://backoffice.ugocast.tv/Medias/Images/Content/France24-Arabic-logo~Cnt.JPG

La chaîne d’information continue France 24 qui appartient à l’Etat français n’aura mis quatre ans, son âge, pour damer le pion à Al Jazeera, la chaîne de même type émettant depuis Doha, la capitale de l’Emirat gazier du Qatar. Et qui elle existe depuis 16 ans !
En effet, ces derniers jours le téléspectateur francophone comme l’arabophone ou l’anglophone- France 24 existant en trois versions linguistiques indépendantes-, aura remarqué que la chaîne créée en 2006 à l’initiative de l’ancien président Jacques Chirac qui voulait empêcher que Al Jazeera s’empare du Maghreb passait des spots publicitaires pour le moins étonnants. Et pour cause ! Des pubs de la compagnie aérienne égyptienne Egypt Air et ceux de la Banque islamique de développement (basée à Djeddah, en Arabie saoudite, pays qui en est également le plus gros actionnaire parmi les autres pays islamiques) passent régulièrement et en prime time SVP !

Ce pied du nez fait à Al Jazeera qui jusqu’ici n’est arrivée à séduire outre des entreprises qataries (Qapco et Qatar Airways entre autres) que quelques offices du tourisme notamment du royaume de Thaïlande, d’Indonésie et ou de Turquie. Dommage pour le personnel de cette chaîne qui pourtant fait preuve d’un professionnalisme digne de la BBC ou de CNN.

Il faut dire que les spots d’Egypt Air et de la BID ont redonné espoir au management de France 24 surtout à ses pimpantes et non moins professionnelles journalistes libanaises d’autant qu’une décision inspiré par Sarkozy a interdit la pub dans les télévisions publiques après 20h00.

Gageons que France 24 qui a opté dès le début pour une stratégie axée sur la danse du ventre envers les pays arabes clouera définitivement le bec à Al Jazeera qui elle aime plutôt tirer à boulets rouge sur certains régimes arabes, particulièrement saoudien et égyptien. Pays qui ont envoyé rendu la monnaie à Doha par le biais de la pub. L’arme fatale.

Boostée par ce succès auprès des annonceurs arabes, la chaîne française basée à Issy-les-Moulineaux, compte déjà élargir davantage son audience. La première télévision française à proposer une chaîne arabophone entièrement dédiée à l'information internationale, lance ses 24 heures d'antenne en langue arabe depuis le 12 octobre dernier à midi heure française.

La chaîne largement diffusée en France, en Europe et en Afrique grâce aux satellites Hot Bird, Arabsat et Nilesat, sera passée donc d’une diffusion de 4 heures par jour à ses débuts le 2 avril 2007, puis à 10 heures quotidiennes en avril 2009. Et maintenant c’est carrément le non stop!

Publié dans Stratégie

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Investissement étranger au Maroc : Les Saoudiens préfèrent la joint-venture

Publié le par Karim El Maghribi

http://www.webzinemaker.com/achankou/photo/vign_368454.jpgLes businessmen saoudiens qui investissent au Maroc sont de trois types. Il y a ceux qui s’allient à de grands groupes scandinaves ou suédois et qui achètent les fleurons de l’industrie du royaume dans les domaines porteurs tels que l’énergie, le tourisme ou créent des entreprises dans les secteurs également juteux comme l’agroalimentaire. Puis il y a ceux qui agissent souvent en solo mais leurs déclarations fracassantes appuyées par des sommes faramineuses finissent souvent en eau de boudin. Et enfin il y a la catégorie des snippers qui sont en réalité des hommes de paille d’hommes d’affaires de même nationalité, pleins aux as, mais dont l’odeur de sainteté ne franchit guère les frontières de la péninsule arabique.

Cette dernière catégorie préfère particulièrement l’investissement qui rime avec la devise « miser le minimum pour empocher le maximum » (en 2006, l’investissement saoudien au maroc n’a guère dépassé les 30 millions d’euros). C’est pourquoi la forme joint-venture semble leur convenir puisqu’elle a la fâcheuse faculté de ne créer aucun nouvel emploi. Le Saoudien se pointe avec sa mallette bourrée de dollars, scrute le terrain et finit par dénicher un entrepreneur marocain en mal de financement mais à la tête d’une bonne affaire. Il lui propose alors de mettre du fric dans les caisses en échange d’une partie du capital, dépassant souvent les 50 %. Cette solution a un double avantage ; dans ce sens que non seulement il ne crée aucun nouvel emploi mais permet au Saoudien de faire faire à son associé marocain le sale boulot ; à savoir arnaque du fisc et de la CNSS, exploration jusqu’à la corde des employés et autres avanies. Après un certains temps et dès que la boîte commence à se relever, l’associé saoudien demande une série d’augmentations de capital jusqu’à ce que son associé marocain baisse les bras. Celui-ci se trouve alors devant un méchant dilemme : Soit vendre ses parts à son associé, soit continuer à voir ces d’actions se diluer à coups d’augmentations de capital. Jusqu’à avoisiner zéro. Moment attendu depuis longtemps par le Saoudien qui souvent décide de vendre la société et s’envoler vers d’autres cieux encore plus cléments notamment en ce qui est de la législation sur le travail et la fraude fiscale.

Autre forme d’activité qui leur sied comme une ample dishdasha : la franchise avec un goût prononcé pour les enseignes de luxe en difficulté. Là aussi ils n'auront aucun mal à convaincre les franchiseurs à traiter avec eux arguant du fait que le Maroc qui a démantelé ses barrières douanières regorge d’une main d’œuvre qualifiée et bon marché, corvéable à merci et qui ne dispose d’aucun recours en cas de conflit.

Enfin, il ne faut pas croire que les businessmen marocains sont tous des anges. Loin s’en faut. Il y en a beaucoup qui feront rougir de jalousie le plus aguerrie des escrocs saoudiens. En tout cas, un businessman saoudien ne s’associerait jamais avec un Marocain qui lui fera la morale. Amen !

Publié dans Focus

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Azoulay : « ma religion juive n'est pas celle d'une rupture, mais celle de l'écoute de l'autre »

Publié le par Al Ittihad Al Ichtiraki d'après qantara.de

AzoulayArabWeek-copie-2.jpgLe conseiller du souverain marocain, André Azoulay, constitue un cas exceptionnel dans le monde arabe et musulman : il est le seul juif marocain qui appartient au premier cercle du pouvoir au Maroc depuis vingt ans. Notre collègue Rim Najmi, qui étudie le journalisme en Allemagne, après une licence à l'Institut supérieur de journalisme de Rabat, l’a interviewé il y a quelque jours pour le compte du célèbre site électronique culturel, Qantara.de, appartenant à la Fondation allemande Deutsch Welle.

Ci-après la traduction approximative de quelques passages dudit interview, reproduit dans l’édition de ce week-end du quotidien marocain Al Ittihad Al Ichtiraki, l’organe arabophone du parti de l’Union Socialiste des Forces Populaires.


Rim Najmi : M. André Azoulay, vous participerez le mois prochain à Berlin à une réunion internationale sur le dialogue entre les civilisations et les cultures dans le cadre de la conférence internationale convoquée par Qantara.de, le site mondial pour le dialogue avec le monde musulman. Quel est votre pari sur cette participation ?

Azoulay: La bataille pour le dialogue entre les cultures et le rapprochement des religions, c'est la bataille de ma vie, qui a commencé il y a près d'un demi siècle, et probablement il ne sera pas possible pour moi d'assister à la fin de cette bataille pour voir la victoire qui sera obtenue ; mais cet engagement est le défi de ma vie. Aujourd'hui, je suis impliqué dans cette bataille plus que jamais ; car, malheureusement le monde a rétrogradé et a perdu la boussole de la raison. Je n'ai jamais pensé dans ma vie qu’un jour on sera confronté à des théories de choc des civilisations et de choc des religions. Ma civilisation en tant que marocain arabe de confession juive ne reflète ni le choc ni le rejet, mais au contraire, elle exprime l’ouverture et la communion. Ma religion n'est pas celle d'une rupture, mais une religion de l’écoute de l’autre, une religion de communion et de solidarité avec les autres religions monothéistes. On peut implorer Dieu dans une langue différente avec un Livre sacré différent, mais in fine il n’y a qu’un seul Dieu.

Ainsi m’a été enseignée ma religion par mon Maître et mon Rabbin dans la ville d’Essaouira. Les enseignements que j'ai reçus exigent que ma foi juive ne puisse exister qu’en étant en accord avec mon regard sur l’autre qui est mon voisin musulman (…)


RN : Vous êtes connu, Monsieur le Conseiller, pour être parmi les défenseurs de l'idée d'un Etat palestinien indépendant aux côtés de l'Etat d'Israël. Comment voyez-vous aujourd'hui cette question sur fond de tensions politiques actuelles ; êtes-vous optimiste?

Azoulay: Tout d'abord, je ne veux pas abandonner, jusqu’ici la réalité ne m’a pas rendu justice. Je lutte depuis 50 ans pour un Etat palestinien indépendant. En tant que militant juif, ma première rencontre avec l'Organisation de libération palestinienne fut quand j’ai fondé en l'Association « Identité et Dialogue » à Paris en 1973. A cette époque, pour un juif de l'establishment juif, et j'insiste sur cette qualité, ce fut une sorte de « grande trahison (…)

RN : Il est bien connu, que les Israéliens d'origine marocaine, constituent la plus grande communauté d'origine arabe en Israël. Pensez-vous que le Maroc pourrait avoir une influence sur la décision du pouvoir politique israélien à travers leur force électorale?

Azoulay: Il y a maintenant environ un million de juifs dans le monde considèrent le Maroc comme leur patrie et l'espace où sont ancrées leurs racines. En Israël il y a environ 600 000 juifs qui reconnaissent leur marocanité. Au Canada et en France, leur nombre est très grand, ainsi qu'en Amérique latine, où vivent de millions de juifs qui ont émigré il y a près de deux siècles (…)

RN : M. André Azoulay, vous jouissez d’une situation exceptionnelle dans le monde arabe et musulman, vous êtes le seul marocain juif à faire partie du premier cercle du pouvoir au Maroc en tant que conseiller du Roi du Maroc; comment voyez-vous le symbolisme de cette situation ?

Azoulay: Tout d'abord, je remercie mon pays, mon Roi et ma communauté pour ce privilège et cette responsabilité. C’est un signe de modernité et d’humanisme adressé par le Maroc aux autres (…)

RN : M. André Azoulay préside la Fondation « Anna Lindh » pour le dialogue et le rapprochement entre les cultures, quelles sont les étapes que vous allez suivre pour garantir la réussite de la mission de cette institution de rapprocher les différentes cultures?

Azoulay : Tout d'abord, il convient de noter que j'ai été élu président de la Fondation «Anna Lindh » en tant que candidat de la Ligue des États arabes, et c'était la première fois dans l'histoire de la Ligue qu’un arabe juif est élu pour prendre la tête d'une institution mondiale (…) Les objectifs de la Fondation Ana Lindh est de faire en sorte que 750 millions de personnes appartenant à l’espace méditerranéen de prendre conscience des défis communs et des difficultés. Et pour que ces objectifs ne restent pas prisonniers des bureaux des ministres, il fallait parier sur la société civile (…)


RN : Comment évaluez-vous le rôle des médias qui contribuent à la diffusion d’une culture de tolérance et créent un dialogue entre les cultures ?

Azoulay : Je tiens à vous remercier pour votre travail et vous encourage aussi, c'est en fait la deuxième fois que je participe à un dialogue avec vous. Je remercie la Fondation « Deutsche Welle » dont la voix arrive au monde entier en raison de sa diffusion dans de nombreuses langues aussi bien allemande, arabe, française, anglaise ou russe ainsi qu'en d’autres langues... C'est très important. Et je rêve qu’un jour existera au Maroc une Fondation de cette dimension et cet engagement (…)

Al Ittihad Al Ichtiraki du 09/10 octobre 2010 d'après qantara.de
Photo : André  Azoulay à côté de Amr Moussa, le Secrétaire général de la Ligue arabe

Publié dans Dialogue des cultures

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Azoulay : « La Méditerrané, espace où se fabrique et se construit la civilisation »

Publié le par Avec MAP

Azoulay3.jpg.gifRéalisé en collaboration avec l'Institut Gallup sur un échantillon de 13.000 habitants issus de 13 pays européens et sud-est méditerranéens, le rapport 2010 de la Fondation Anna Lindh [une sorte de phare pour la Méditerranée] propose une alternative réaliste et crédible à la théorie du choc des civilisations, a affirmé, vendredi à Rabat, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président de la Fondation Anna Lindh lors de la présentation des résultats de ce rapport portant sur les tendances interculturelles dans la région euro-méditerranéenne.
Sous forme d'enquête, le document (téléchargeable sur le site de la Fondation) ambitionne de réduire le fossé que s'est creusé dans les perceptions mutuelles entre les populations vivant des deux côtés de la Méditerranée et mieux comprendre les défis auxquels fait face la région euro-méditerranéenne.

Ci-après les idées-forces de l’exposé de M. Azoulay falors de cette rencontre qui a vu la participation de plusieurs personnalités des mondes diplomatique, culturel et scientifique dont M. Eneko Landaburu, ambassadeur de l'UE à Rabat, Youssef Lamrani, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Youssef Courbage, expert démographe libanais, Assia Alaoui Bensalah Zemrani, professeur et ambassadeur itinérant, Antoine Nasri Messara, historien libanais etc.

« J'ai la profonde conviction que pour tous ceux, gouvernements, sociétés civiles et institutions, qui depuis des décennies rêvent d'un grand soir de l'Union des deux côtés de la Méditerranée, il y aura un avant et un après la feuille de route que la Fondation Anna Lindh avec son Rapport, vient de tracer dans cette perspective exaltante » ;

« Nous savions en nous lançant dans ce projet sans précédent par son ampleur et par son audace que notre démarche pionnière et déterminée, n'était pas sans risque par les questions qu'elle posait et éventuellement par les réponses qui allaient y être apportées » ;

« Est-ce que les 750 millions de personnes qui composent le bassin démographique des 43 pays fondateurs de l'Union pour la Méditerranée ont perçu ce projet comme un énième exercice diplomatique, conçu et construit par les prescripteurs habituels et conventionnels du Mediterranean Business ou au contraire, l'ont-ils intégré et préempté dans la logique d'une rupture positive ? » ;

« Une rupture historique pour que se mettent en place demain les institutions et les règles du jeu d'une Méditerranée recomposée dans un espace euro-méditerranéen paritaire et apaisé, décidé à tourner le dos à toutes les régressions qui ont trop longtemps embrumé et fragilisé notre Région » ;

« Nos différences supposées aux plans culturel, social ou religieux, seraient-elles à ce point profondes pour que l'on renonce aux promesses d'un destin commun entre le Nord et le Sud de la Mare Nostrum ? »;

« Ce fossé théorique devenu pour beaucoup un postulat, rend-il caduque et irréaliste toute tentative de redonner à la Méditerranée les couleurs de modernité, d'humanisme et de solidarité qui ont aussi jalonné et éclairé notre route ? » ;

« Pendant des décennies, cette Méditerranée, celle de Braudel et de Paul Valéry, celle d'Amin Maalouf, d'Edward Saïd ou d'Edgar Morin, cette Méditerranée a subi les assauts et les outrages de tous ceux qui ont voulu habiller d'un alibi religieux et culturel les tragédies politiques que connaît notre Région, au Moyen-Orient et ailleurs, et qui imposent bien évidemment d'abord des réponses politiques » ;

« Nous avons été collectivement otages ou spectateurs passifs de cette régression collective qui a connu son point d'orgue quand la communauté internationale n'a pas su résister aux mirages et aux illusions d'un prétendu choc des civilisations et des religions, devenu l'alpha et l'oméga de tous nos maux » ;

« Cette période je le crois est révolue et notre Rapport va nourrir et conforter ce retour à la raison en apportant enfin les réponses objectives et exhaustives à toutes ces questions trop longtemps installées dans la logique dominante du cliché, des idées reçues et de la stigmatisation » ;

« Avec les données que nous propose le Rapport de la Fondation Anna Lindh, il sera plus difficile désormais pour les décideurs et pour les prescripteurs d'opinion de dire JE NE SAVAIS PAS » ;

« Pour les mêmes raisons, ceux qui s'étaient installés dans les fausses certitudes de la fracture et dans le confort du repli, ceux-là auront incontestablement maintenant une vie plus compliquée » ;

« Le rapport apporte en effet avec la rigueur scientifique qui s'impose les informations qui jusqu'ici nous faisaient en partie défaut » ;

« Je pense notamment aux paramètres qui déterminent au Nord comme au Sud, les fondements objectifs de la relation Islam-Occident. Je pense aussi à la place de la culture et de la religion dans nos sociétés quand sont convoquées au banquet de la pensée et du dialogue nos capacités respectives à l'altérité, à l'écoute et à une convivialité forgée par la connaissance et le respect de toutes nos histoires additionnées » ;

« Fidèle à la feuille de route qui lui a été tracée au départ et cohérente avec les objectifs que nous nous étions assignés dans notre plan triennal 2008-2011, la Fondation Anna Lindh peut ainsi sans état d'âme ou fausse pudeur proposer avec ce Rapport, un scénario alternatif, crédible et réaliste en contrepoint des théories régressives du choc des civilisations, de la fracture culturelle ou de la confrontation des religions » ;

« Libre ensuite à chacun d'entre nous de revoir son bréviaire euro-méditerranéen et de le relire à la lumière de ce qu'écrivait Paul Valéry il y a fort longtemps dans son essai sur « LA LIBERTE DE L'ESPRIT quand il nous disait qu'en vérité et quels que soient les aléas de l'histoire +la Méditerranée a été et restera pour toujours l'espace privilégié où se fabrique et se construit la civilisation+ ».

Publié dans Verbatim

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Alger au pied du mur

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou1.jpgEnfin !, les pressions de la communauté internationale aboutissent à quelque chose de palpable. Les mercenaires de l’entité fantoche « RASD » annoncent, aujourd’hui mercredi, la libération de Mustapha Salama Ould Sidi Mouloud, enlevé par les milices du Polisario le 21 septembre dernier alors qu’il retournait à sa maison située à Tindouf, camp de séquestration situé en territoire algérien.

Aussitôt arrêté, l’ancien inspecteur général de la soi-disant police du Polisario est enfermé seul dans un conteneur à marchandises sous un soleil de plomb. Son crime : avoir séjourné plusieurs jours au Maroc où il a exprimé librement son soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie des provinces sahariennes.

Certes Ould Sidi Mouloud est aujourd’hui « hors conteneur » ; car on ne peut pas dire qu’il soit vraiment libre de ses mouvements. Surtout que ni son père ni ses proches n’ont pu le joindre. Dans quel état de santé physique ou psychologique est-il ? Personne ne le sait encore, bien sûr à part les moustachus ventripotents de l’armée algérienne formés à l’école soviéto-cubaine.

Aux dernières nouvelles, Ould Sidi Mouloud aurait transféré à Lmhiriz, lieu se trouvant à mi chemin de Tindouf et assez éloigné de sa maison familiale.

En attendant que Ould Sidi Mouloud soit remis entre les mains d’une partie neutre en vue de subir des examens médicaux complets, on connaît les méthodes de la sécurité militaire algérienne qui excelle dans l’art de la « mort accidentelle » notamment l’empoisonnement à retardement, on peut déjà titre deux enseignements primordiaux de ce triste feuilleton :

a- Les méthodes expéditives du Polisario donnent une idée de ce que serait une future RASD si jamais la communauté internationale commet la folie de l’imposer. Séquestrer un homme au sein d’un camp de séquestration (un exemple édifiant de la double peine) uniquement pour avoir dit tout haut tout ce que les Sahraouis de Tindouf pensent tout bas révèle le vrai visage du Polisario et de son mentor : la Junte d’Alger. Notons qu’au Maroc il existe un parti marxiste léniniste du nom de la Voie Démocratique (Annahj Addimocrati), heureusement minoritaire, qui est non seulement reconnu par l’Etat amis tient régulièrement ses réunions où il ne rate jamais d’afficher publiquement son soutien au Polisario. Ni son chef, Abdellah Al Harif, ni les membres de son politburo encore moins ses adeptes n’ont été emprisonnés ni séquestrés pour leurs opinions.

b- Si les geôliers du Polisario ont donné une suite favorable aux injonctions de la communauté internationale assez rapidement, c’est surtout pour éviter un procès public qui peut déraper à tout moment, d’autant que selon nos sources des ONG occidentales de défense des droits de l’homme ont demandé aux parrains du Polisario la permission d’assister à un procès public et équitable de Mustapha Salama Ould Sidi Mouloud. Perspective qui a effrayé la bande à Abdelaziz Al Marrakechi. Or un tel procès risque d’être celui du Polisario…

Publié dans Edito

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