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Sans précédent : Israël va extrader un citoyen impliqué dans des crimes en Bosnie

Publié le par israel-infos.net

Israël - Extradition d'un citoyen accusé de génocide (Titre d'origine)

par Benjamin Fredj
Pour la première fois, Israël s'apprête à extrader un de ses citoyens accusé de génocide.

La Cour suprême a statué jeudi qu'Aleksandar Cvetkovic sera extradé vers la Bosnie, où il aurait été impliqué dans un massacre en 1995.
Cvetkovic avait fait appel d'une décision similaire rendue par la cour du district de Jérusalem en août dernier, c'est donc ce jugement que la Cour suprême a confirmé.

Cvetković est soupçonné d'avoir pris part au massacre de Srebrenica, en Bosnie orientale, en 1995. Plus d'un millier de musulmans a été tué à la ferme de Branjevo selon les documents d'extradition.
A en croire les informations transmises par la Bosnie-Herzégovine, Cvetkovic était parmi les huit soldats servant dans le peloton d'exécution.
La demande d'extradition, approuvée par la Cour suprême, s'est appuyée sur les témoignages de trois hommes avouant avoir pris part au massacre et assurant que Cvetkovic y aurait eu également un rôle actif.

Quelques années après ces atrocités, Cvetkovic a épousé une femme juive et, en 2006, le couple a immigré en Israël avec ses enfants.
Son mariage lui a permis d'obtenir la citoyenneté israélienne sans que les autorités n'aient à enquêter sur son passé et donc avoir connaissance de ses exactions en Bosnie.

Gal Levertov, directeur du Département international du Bureau du Procureur, a déclaré que selon les témoignages, "pendant dix heures, Aleksandar et ses pairs ont assassiné des centaines de gens, groupe après groupe" avant de les enterrer dans une fosse commune.

Le ministère de la Justice devrait donc approuver l'extradition, et livrer Cvetković à la justice Bosniaque.

 

http://www.israel-infos.net/Israel--Extradition-d-un-citoyen-accuse-de-genocide-9475.html

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Taqa Vs Bouhemou : Maghreb Confidentiel condamné à un euro symbolique

Publié le par Maghreb Condidentiel

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En publiant le 12 mai 2011 un article intitulé Maroc : l’ex-patron de Taqa accuse Hassan Bouhemou, Maghreb confidentiel a "participé à l’information légitime du public professionnel (…) auquel est destiné l’hebdomadaire". C’est ce que dit le jugement en date du 19 novembre, prononcé par le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, suite à une plainte en diffamation engagée par le PDG de la holding royale SNI contre Maghreb confidentiel (MC nº1036). Les magistrats soulignent que, dans cet article, "le journaliste adopte un ton mesuré et ne fait que restituer de manière objective, sans insinuation, ni amalgame les informations tirées de l’existence d’une plainte devant la justice américaine et du courrier du 11 janvier 2011". Ce dernier a été adressé à la Securities and Exchange Commission (SEC) par l’avocat de Peter Barker-Homek, à l’époque directeur général du groupe émirati Taqa. Les magistrats retiennent aussi que l'article reprend "les informations contenues dans ce courrier adressé à la SEC" et "comporte bien des accusations de Peter Barker-Homek à l'encontre de Hassan Bouhemou, ainsi que l'annonce le titre de l'article."

Le tribunal a cependant considéré que Maghreb confidentiel n’a pas suffisamment établi "dans les faits" que Hassan Bouhemou était "le principal animateur" du festival de musique Mawazine qui aurait reçu des fonds de Taqa. Ils condamnent donc Maghreb confidentiel à un euro de dommages et intérêts [montant demandé par M. Bouhemou : Ndlr]

Nous publions le jugement complet du TGI de Paris ainsi que l’intégralité de la lettre adressée à la SEC par Barker-Homek (voir la traduction).

Publié dans Document

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André Azoulay parmi les quatre attributaires du Prix Saint-Augustin pour le Dialogue interreligieux à Milan

Publié le par KEM

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Au Premier plan, gauche à droite : MM Le noir, Ghazi Bin Talal,  Azoulay et Mgr Scola.

 

Le Prix Saint-Augustin pour le Dialogue interreligieux a été attribué à quatre personnalités œuvrant à la paix et au rapprochement des cultures : André Azoulay, le Président de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le Dialogue des cultures, le journaliste Frédéric Lenoir, auteur du Petit traité d’histoire des religions (paru en avril 2012 chez Pointdeux Editions), le Cardinal Scola, Archivêque de Milan, initiateur de la Fondation Oasis pour la rencontre entre chrétiens et musulmans et le Prince Ghazi Bin Talal de Jordanie Promoteur du projet « Une parole commune entre vous et nous », une lettre ouverte adressée par 138 personnalités musulmanes de nombreux pays au Pape et aux Chefs des autres confessions chrétiennes en octobre 2007.


Le prix - expliquent les promoteurs - est dédiée à Saint Augustin parce qu'il « a été un pionnier des liens entre les deux rives de la Méditerranée » et vise à « renforcer les initiatives euro-méditerranéennes qui se sont particulièrement distinguées pour leur engagement majeur au niveau national ou international dans le cadre du dialogue interreligieux, avec une référence particulière aux trois religions du monothéisme abrahamique ».


La cérémonie de remise des prix s'est déroulée dans la salle d'apparat de la prestigieuse Bibliothèque Ambrosiana à Milan, dépositaire de l'une des plus riches collections européennes de manuscrits arabes, emblématiques de la philosophie, de la science et de la théologie quand le monde méditerranéen parlait et écrivait en arabe. »


« C'est cette période qu'il nous faut revisiter, celle où la foi et la raison savaient se retrouver et où nos spiritualités respectives avaient le talent de s'identifier à un monothéisme éclairé, foyer du progrès, de l'humanisme et de la modernité » a déclaré André Azoulay en rappelant le rôle historique de passeur joué par Saint-Augustin, ce Maghrébin né à Hippone (aujourd'hui Annaba en Algérie) qui fut avec Saint-Ambroise, l'Européen rencontré à Milan, un pionnier visionnaire pour le dialogue interreligieux sur les deux rives de la Méditerranée.

Publié dans Dialogue des cultures

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L’Iran le grand perdant de la trêve entre le Hamas et Israël

Publié le par Abdelkarim Chankou

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La rue arabe a été stupéfaite d’apprendre, après huit jours d’intense violence, que les faucons et les va-t-en guerre du gouvernement Netanyahu se sont finalement résignés au principe d’une trêve avec le Hamas, d’autant que, selon les sondages, plus de 80 % des Israéliens soutenaient la poursuite des raids aériens sur Gaza !

 

Que s’est-ils donc passé pour que cette trêve, voulue tant par les Américains et les Européens que les Arabes et avec à leur tête l’Egypte, soit finalement signée le mercredi 21 novembre entre les deux belligérants ? Il s’est passé que le gouvernement de Netanyahu se serait subitement rendu compte que la menace iranienne était plus prioritaire que le Hamas. En effet, si les raids de l’armée israélienne s’étaient éternisés et surtout si celle-ci était centrée à Gaza, les Mollahs de Téhéran auraient arraché leurs barbes de joie. Et comment ! Pour être plus explicite, si Téhéran ne semble pas regarder à la dépense quand il s’agit d’armer le Hamas en lui fournissant notamment des missiles à moyenne portée, c’est pour que le Hamas occupe Tsahal le plus longtemps possible, et plus celle-ci guerroie dans/contre les territoires palestiniens plus l’éventualité d’une attaque de l’Etat hébreu contre les installations nucléaires iraniennes s’éloigne.

 

Maintenant que la trêve est entrée en vigueur, le 21 novembre à 19h00 GMT, est-ce que l’Etat hébreu va s’occuper de l’Iran ? Oui. Mais pas directement. Israël va essayer de capitaliser sur le fait d’avoir accéder aux souhaits des pays arabes et des occidentaux amis en signant la trêve avec le Hamas devenu par la même occasion plus présentable depuis son positionnement pro-occidental sur la Syrie. Autrement dit, Israël attend le retour de l’ascenseur. Un « retour sur investissement » qui pourrait avoir l’allure d’une union sacrée américano-arabo-euro-israélienne contre l’ennemi commun du moment : l’Iran des mollahs. Une mobilisation que Washington a tenté d’obtenir depuis bien longtemps mais sans réel succès. Maintenant que c’est presque chose faite c’est une première grande victoire diplomatique à mettre à l’actif de l’administration d’Obama. De même, que s’est-ils passé pour que le Hamas adhère à ladite trêve lui qui a toujours appelé ouvertement à la destruction d’Israël et à la libération de toute la Palestine ? Il s’est passé que l’accession aux affaires de la confrérie musulmane en Egypte a encouragé le Hamas -qui est sa branche palestinienne- d’accepter une vieille recette qui permet de faire la paix sans la faire réellement ; à savoir accepter d’être le voisin paisible d’Israël sans pour autant renoncer à lorgner au-delà de la nouvelle ligne verte qui fait des frontières du 4 juin 1967.

 

La recette qui se dit al houdna en arabe (trêve en français) a été signée par le prophète Mohammed et les tribus Qurayshites pour éviter la guerre d’entrée à la Mecque qui aurait pu être désastreuse pour les troupes musulmanes si elle avait lieu ; le messager de l’Islam ne disposait encore à cette époque que d’une petite armée de quelque 700 suiveurs, presque tous mal équipés et mal formés les uns que les autres. Les tractations entre les la petite armée du prophète et les puissantes tribus polythéistes mecquoises a abouti au traité dit de « al Hudaybiyyah », malgré l’opposition farouche de Omar Ibn Al Khattab, à la signature d'un pacte de paix d'une durée de dix ans. Période qui fut suffisante au messager de l’islam puisqu'en moins de deux ans il a pu mettre sur pied une véritable armée qui non seulement libérera la Mecque mais ira à la conquête du monde. Une trêve qu’Arafat avait louée, le 4 mai 1994, lors de la signature de l'accord de Jéricho-Gaza, qui investissait la nouvelle autorité nationale palestinienne de pouvoirs limités : « Je vois cet accord comme n'étant pas plus que l'accord signé entre notre Prophète Muhammad et les Qurayshites à La Mecque » avait dit Abou Ammar (1).

 

Cela signifie-il que le Hamas espère reprendre les hostilités là où il les a laissées pour libérer « toute la Palestine » une fois sa trêve avec Israël arrivée à échéance ? Franchement, mise de côté la littérature religieuse, non. Tout d’abord, parce qu’Israël a exigé une accalmie assez longue de 15 ans, ensuite parce que les gens d Hamas même devenus plus nombreux en 2028 (le nombre d’habitants palestiniens sera égal à celui des habitants juifs à la fin 2014, soit environ 6,1 millions, au taux de natalité actuel de 32,8 pour mille habitants dans les territoires palestiniens, contre 26,2 en Israël.) ne fera toujours pas le poids face à Israël.

 

Enfin et last but not least, l'un des dégâts colatéraux de cette guerre éclair dont aucun média n'a fait état : Au Maroc les manifestations pour Gaza ne sont plus ce qu'elles étaient ; dans ce sens qu'un courant, certes encore embryonnaire, commence à prendre forme. Constitué pour l'instant de radicaux libres (sans jeu de mots) ou politisés son mot d'odre peut se résumer comme suit : les Gazaouis sont capables maintenant de de défendre, voyons ce qu'on peut faire ici. Autrement dit, la dizaine de missiles Fajr-5 tirés par le Hamas sur les environs de Tel-Aviv et que les chaines spatiales ont diffusés en boucle a eu un effet bomerang sur la cause hamasienne.

 

(1) Sauf erreur d'appréciation de notre part, le défunt dirigeant plestinien (trop content de retourner en terre palestinienne après plusieurs années d'exil) disait cela pour amortir le choc que la signature dudit accorcd aurait eu sur une opinion publique arabo-palestinienne.

Publié dans Analyse

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Le chocolat ce péché mignon qui a nobélisé Arafat !

Publié le par Abdelkarim Chankou

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L’information a fait le tour du web plus vite que les propos de Jean-François Copé sur les « pains au cocolat » ! Et il y a de quoi. Lisez vite cette tartine au leurre de caco. Comme quasiment tous les médias européens, Le Point rapporte : « Plus la population d'un pays mange de chocolat, plus il compte de prix Nobel, une indication que le cacao doperait les capacités mentales, selon une étude publiée jeudi dans la très sérieuse revue médicale américaine New England Journal of Medicine. »

 

Si après ça on ne chope pas le diabète c’est que la statistique cartomancienne aura fait des ravages dans les cerveaux des pauvres consommateurs de « stats » comme de chocolaterie. « Les flavonoïdes, de puissants antioxydants qu'on trouve en grande quantité dans les fèves de cacao, le thé vert et le vin rouge, ont montré qu'ils réduisaient le risque de démence et amélioraient les fonctions mentales chez les personnes âgées, note le Dr Franz Messerli, de l'Université Columbia à New York et auteur de cet essai. » Très sérieux et grave le mec ! Une pensée pour Alphonse Allais qui a avait été en avance sur son temps en prédisant la décadence du parent le plus pauvre des sciences : la statistique. « La statistique a démontré que la mortalité dans l'armée augmente sensiblement en temps de guerre. » avait écrit le journaliste Allais dans l'hebdomadaire Le Chat Noir du 11 Janvier 1890. Mais non seulement le chocolat n’a rien à avoir, ni de près de loin, avec le prix Nobel mais tout ce qui porte la mention « chocolat » ne contient pas que du beurre de cacao ! Loin s'en faut.

 

En effet dès la fin des années 1990, la commission européenne a autorisé l’usage sur une grande échelle des succédanés de chocolat si bien que pour manger du vrai chocolat il fallait soit se ruiner soit croquer les fèves du cacao directement ! Bien que l’Espagne et l’Italie eussent interdit en 2001 la commercialisation sous la dénomination « chocolat » des produits contenant outre le beurre de cacao d'autres matières grasses végétales tout en obligeant les industriels de la confiserie et les maîtres-chocolatiers aà mentionner sur de telles marchandises frelatées la dénomination « succédané de chocolat », leur décision courageuse qui a suscité en son temps l’indignation de la commission européenne (L'Union européenne remportera pour ça le prix Nobel de la paix 2012 ! ) ne s’est pas pour autant traduite par la nobélisation de quelques scientifiques ou militants espagnols ou italiens.

 

Cependant, la corrélation causale entre le bon chocolat et la nobélisation semble bien un fait sinon pourquoi feu Yasser Arafat, grand mangeur de chocolat devant l’éternel, avait décroché le Nobel de la paix le 14 octobre 1994 ? Mieux : c’est en croquant à longueur de journée des barres de chocolat que les éminences grises de la NASA se sont sentis subitement capables d'envoyer des hommes sur Mars… Mieux encore : c’est peut-être en se gavant de chocolat au riz soufflé que le dissident chinois Mo Yan a eu le prix Nobel de littérature 2012. Idem de son compatriote Liu Xiaobo qui a eu, lui, celui de la paix en 2010. Alors !

 

NB : certains  n'auront pas besoin d'une bonne dose de chocolat pour nous faire remarquer le Nobel de la Paix n'entre pas dans le domaine chocolaté de l'étude du Docteur Messerli, on leur répond fissa qu'on le savait : les militants de la paix n'ont pas besoin de chocolat pour se faire nobéliser mais de paix tout court. Nous aussi.

Publié dans Humeur

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Le salaire mensuel du Roi du Maroc est inférieur à celui du Prince de Belgique

Publié le par Karim El Maghribi

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Selon le projet de loi de finances 2013, le Roi du Maroc, Mohammed VI, perçoit un salaire annuel de 6 millions de dirhams, soit un peu plus de 45 454 euros pars mois. Excepté sa fortune estimée par Forbes 2,9 milliards de dollars, le Souverain du Maroc toucherait donc beaucoup moins que prince de Belgique qui est à 76.865,00 euros par mois ! Comparé avec les rétributions des dirigeants des entreprises du CAC 40, le salaire que verse l’Etat marocain à son chef ressemble à une indemnité. D’après Le Parisien, « le président du géant des cosmétiques L'Oréal, Jean-Paul Agon, a touché cette année-là [Ndlr :2012] 10,7 M€, Bernard Arnault (LVMH) et Carlos Ghosn (Renault) 9,7 M€, Bernard Charlès (Dassault Systèmes) 9,5 M€, Franck Riboud (Danone) 7,7 M€, Maurice Lévy (Publicis) 6,2 M€, Christophe Viehbacher (Sanofi-Aventis) 6,1 M€, Arnaud Lagardère (groupe Lagardère) et Henri de Castries (Axa) 4,9 M€ et Lars Olofsson (Carrefour) 4,8 M€. » Et même avec la décision du gouvernement Ayrault de plafonner les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques françaises à 450 000 euros annuels, on arrive à peine à passer en dessus du salaire annuel du Roi du Maroc qui est de l’ordre de 545454 euros.

Publié dans Focus

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Les « Fajr-5 » délivrés au Hamas par Téhéran : démenti d’un responsable iranien

Publié le par Karim El Maghribi

http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2012/08/27/article-2194183-14B37146000005DC-511_634x421.jpg

Alaeddin Boroujerdi avec Bachar al Assad

 

Alors que Alaeddin Boroujerdi , le président de la commission de sécurité nationale et de la politique étrangère au parlement iranien, a démenti  samedi via la chaîne Al Alam l’information donnée par Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, selon quoi l'Iran a  envoyé des missiles « Fajr-5 » à des groupes armés palestiniens à Gaza,  le ministre de la Défense iranien, Ahmad Wahidi  a appelé, lui, le monde musulman à des «représailles» contre Israël.

 

Alaeddin Boroujerdi a déclaré à la télévision iranienne de langue arabe «Nous démentons l’envoi des roquettes Fajr-5 à la résistance palestinienne. Le but de ces accusations était de montrer que la résistance est faible, mais elle est tout à fait capable de se procurer des es armes dont elle a besoin. »

 

La fusée « Fajr-5 » de fabrication iranienne. Dotée d’une portée de 75 km contre 15 km pour le missile « Qassam » du mouvement, ce missile, optimisé, a est tombé jeudi tout près de Tel-Aviv, la vile plus grande et la plus européenne d’Israël. Cette  information sans précédent dans l’histoire des conflits armés entre les palestiniens et Israël a été d’abord annoncée jeudi par le Djihad Islamique (autre faction militaire palestinienne armée qui a probablement procédé au tir) sans être démentie par Israël.

 

Fajr-5, pesant 915 kg et adaptable à des rampes de lancement mobile (sur véhicule pick-up) et capable de porter une charge explosive de 90 kg, n’a fait aucune victime à Tel-Aviv. Mais a fait entrer la confrontation israélo-hamassienne dans une zone d’incertitudes.

 

Par ailleurs, le fait que Alaeddin Boroujerdi ait apporté un démenti et connaissant les capacités des mollahs à jouer avec-et sur- les mots, signifie que le Fajr-5 est parvenu au Hamas par le biais d’un partie tierce, probablement syrienne. Ce qui reviendrait au même.

 

En tout cas et à notre avis personnel, cette histoire de Fajr-5 lève un coin de voile sur la stratégie iranienne de riposte à une éventuelle attaque israélienne ; à savoir une réaction qui acombine une réponse directe avec une autre par procuration. En effet le parapluie Dôme de fer aussi efficace soit-il ne pourra pas résister longtemps à une averse de missiles de type Fajr-5 qui plus est, tirés en masse de plusieurs endroits voire de plus pays...

Publié dans On en parle

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Patience, le monde arabe s’arme bien !

Publié le par Karim El Maghribi

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Le monde arabe est toujours un grand débouché pour l’industrie d’armement et du matériel de logistique militaire. Pas plus tôt que jeudi 8 novembre dernier, le pentagone a informé le congrès que l’Arabie saoudite a passé une commande de 6,7 milliards de dollars pour l’acquisition de 25 avions de transport : 20 C-130 et 5 KC6130. Le congrès dispose d’un délai de 30 jours pour d’éventuelles objections. Après ce délai le contrat de vente est signé si aucune objection n’est exprimée. Les firmes concernées par cet important marché sont Lockhead Martin, Rolls-Royce et General Electrics.

 

Même l’Irak qui vit des dons de farine américaine n’est pas en reste ! Le pays vient d’annuler un contrat d’achat d’armes russe d’une valeur de 4,2 milliards de dollars après que des soupçons sur d’éventuels pots de vins versés à l’une des parties aient couru. Mais le gouvernement ne renonce pas pour autant à cette transaction, il ne fera que la reformuler…

 

Ceux qui croient que cette fièvre acheteuse se limite au seuls pays du Moyen-Orient se trompent lourdement : l’Algérie est également de la fête. Selon l’hebdomadaire Der Spiegel daté d’aujourdhui, le groupe allemand de défense et d’équipements automobile Rheinmetall projette en effet de produire 1.200 véhicules blindés de type Fuchs pour le compte de l’Algérie. Le dernier char sera livrable à l’horizon 2022. En juillet 2011, le conseil de sécurité allemand avait donné son feu vert à ses industries militaires pour vendre du matériel de guerre à l’Algérie. Des firmes comme MAN SE (MAN), Rheinmetall AG (RHM), Daimler AG (DAI), ThyssenKrupp AG (ATG) et European Aeronautic, ont été invitées à galérer pour satisfaire les besoins de l'armée algérienne. Un marché de 14,6 milliards de dollars.

 

Comble des combles ! La version électronique de L’Expression, un journal algérien proche des milieux sécuritaires se moquait de l’émirat du Qatar qui a osé aligner 2 milliards d’euros pour acquérir 200 blindés de type Leopard 2 A7à la même Allemagne ! Un gadget qui séduit l'Arabie saoudite puisque le royaume wahhabite en avait commandé entre 600 et 800 exemplaires, affirmait le journal allemand Bild am Zonntag.

 

Le Maroc qui dispose lui de 3500 km de côtes maritimes penche plutôt pour des navires d'escorte. Pour compléter la panoplie des 24 chasseurs de combat F-16 Block-52 comandés en 2008 aux USA, des frégates françaises de type Fremm (multi-missions) et corvettes néerlandaises de type Sygma, la Marine royale étudie, selon certains médias, la possibilité de passer commande de deux sous-marins, l’un russo-italien et l’autre allemand. Pour ce dernier, il pourrait s’agir du modèle 209/1100 d’un coût estimé à 500 millions de dollars selon les informations publiées par ces médias.

Publié dans Actualité

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Il y a 30 ans disparaissait Léonid Brejnev

Publié le par D'après ina.fr

Photo : INA

 

Sa mort annonçait l'entrée de la guerre froide Occident-URSS dans une période de glaciation qui atteindra son poids culminant avec la pérestroïka de Gorbatchev, trois années plus tard, et qui sonnera le glas de l'empire sovietique. Retour sur image.

 

Léonid Ilitch Brejnev nait le 19 décembre 1906 à Dniprodzerjynsk en Ukraine. Fils de prolétaires russes, il suit les traces de son père et devient ingénieur en métallurgie. 1931. A 25 ans, le jeune homme intègre le Parti Communiste. Cinq ans plus tard, il part faire son service militaire où il se fait remarquer par sa hiérarchie. De retour à Dniprodzerjynsk, il monte rapidement dans la Nomenklatura et le parti lui confie la gestion des industries militaires de la ville.

La Seconde Guerre Mondiale

Lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate, Léonid Brejnev devient commissaire politique au sein de l’Armée Rouge. Son ascension continue. Il est nommé Colonel puis Général-major. Après la rupture du pacte Germano-soviétique, les Nazis envahissent l’Ukraine et occupent le pays. Brejnev est chargé de soutenir la ligne de front de l’Armée soviétique qui avance vers l’Ouest. C’est là qu’il fait la rencontre de Nikita Khrouchtchev. En 1945, à la capitulation allemande, il dirige le 4e front d'Ukraine.

Fulgurante ascension

Après la guerre, il devient Premier secrétaire de Dniprodzerjynsk et participe à la reconstruction de l’Ukraine. Il est nommé Premier secrétaire de Moldavie en 1950, et, en 1952, un an avant la mort de Staline, il intègre le Comité central du Parti communiste de l’URSS. 1953. Nikita Khrouchtchev succède à Staline. D’abord écarté du pouvoir central, Brejnev se voit confier la direction du Parti communiste au Kazakhstan. Soutenu par Khrouchtchev, il est rappelé à Moscou où il remplace Vorochilov à la tête du Praesidium du Conseil suprême de l’URSS. En pleine Guerre Froide, Brejnev prend part à un complot contre son mentor Khrouchtchev. Cette trahison le mène au poste de Premier Secrétaire du Parti. Nous sommes en 1964, Brejnev a 58 ans, il dirige l’URSS.

Dirigeant de l’Union Soviétique

Brejnev dirige l’URSS de 1964 jusqu’à sa mort en 1982.Durant cette période dite de « stagnation », la liberté d’expression reste limitée et la police politique voit son pouvoir d’action croitre. Brejnev assoit peu à peu son pouvoir personnel et domine la vie politique du pays jusqu’à s’autoproclamer Marchal de l’Union Soviétique en 1977. Au niveau international, Brejnev se montre ferme avec les Républiques socialistes. A l’inverse, il mène une politique de détente avec les Etats-Unis et le bloc de l’Ouest. Ainsi lors d’une visite de Richard Nixon à Moscou en 1972, il signe avec le président américain l’accord SALT I qui limite la course à l’armement. Le processus se poursuit avec la signature du traité SALT II en 1979 avec le président Carter. Cependant, la même année, il décide d’intervenir en Afghanistan, rompant ainsi la période de dégel avec les Etats-Unis qui soutiennent les insurgés afghans. Leonid Brejnev décède en novembre 1982. Il est remplacé par Iouri Andropov, ancien responsable du KGB.

Ina.fr vous invite à découvrir plusieurs archives sur l’ancien leader soviétique :
- Interviewé par Léon Zitrone en 1971, Brejnev parle de sa consommation de tabac
- Juin 1973. Brejnev est reçu par Georges Pompidou au château de Rambouillet.
- Entrevues avec les présidents américains Richard Nixon et Gerald Ford.
- 1977. Leonid Brejnev devient président du Praesidium du Soviet Suprême de l’URSS.
- 1980. Brejnev rend hommage à Tito.
- Jacques Chaban Delamas rencontre Brejnev à Moscou
- Dernières images du numéro un soviétique le 7 novembre 1982.

 

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Leonid Brejnev, secrétaire général du PCUS (parti communiste de l'Union soviétique) meurt au Kremlin, à 75 ans, au terme d'une longue agonie, le 10 novembre 1982. Dans les années précédentes, le dernier « tsar communiste » a été contraint à des reculades humiliantes sur la question des missiles, en Afghanistan et en Pologne.

Après lui, l'URSS entre en agonie. Lui succède au Secrétariat général du parti communiste de l'Union soviétique (le poste-clé du régime) Iouri Andropov. Sous des dehors inquiétants (l'homme a présidé le KGB, la police politique, pendant 15 ans), Andropov est de fait conscient des impasses du régime et des méfaits de la corruption. Il tente de réformer le régime tout en luttant contre les dissidences de toutes sortes. Mais il n'a pas le temps d'aboutir.

Malade, il meurt à son tour le 9 février 1984. Du coup, le Comité Central fait machine arrière et nomme à sa place un vieux brejnévien, Constantin Tchernenko (73 ans). Il disparaît au bout d'un an. Les réformistes reviennent à l'assaut en imposant le 11 mars 1985 au Secrétariat général le dauphin d'Andropov : Mikhaïl Gorbatchev (54 ans). Deux jours plus tard, le 13 mars 1985, il est élu par le Soviet Suprême à la présidence du Praesidium, en fait à la direction du pays.
Herodote.net

 

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Voir la vidéo (ina.fr)

Publié dans Mémoire

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L'Amérique vue par Russel Banks

Publié le par lemonde.fr

Russel Banks est un écrivain américain réputé. Il y a 6 jours, il a livré dans une  interview au Monde, que nous reproduisons ici, ses impressions sur son pays et surtout sur les élections présidentielles (KEM)


Russell Banks : "Si Romney gagne, les Etats-Unis se transformeront en ploutocratie" (titre d'origine)

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 01.11.2012 à 14h22 • Mis à jour le 06.11.2012 à 23h49 Par Raphaëlle Rérolle (propos recueillis)

 
27 octobre, Miami (Floride). Premier jour de vote anticipé pour l'élection présidentielle américaine au centre Stephen P. Clark. J Russell Banks. DR

Raphaëlle Rérolle (propos recueillis)

LES ÉCRITS DE RUSSELL BANKS

sont publiés chez Actes Sud.

Notamment : Lointain souvenir de la peau

(448 p., 24,20 €), La Réserve (2009), American Darling (2005), Le Livre de la Jamaïque (1991).

 

Russell Banks  n'est pas seulement l'un des meilleurs romanciers américains, c'est aussi l'un des plus engagés. Issu d'un milieu pauvre, ancien militant d'extrême gauche dans sa jeunesse, cet homme, né en 1940, a soutenu Barack Obama en 2008. L'auteur d'American Darling et de La Réserve, parus chez Actes Sud, observe aujourd'hui le paysage politique de son pays et exprime sa déception.

 

Barack Obama est en difficulté pour l'élection du 6 novembre. Etes-vous inquiet ?

 

Je suis même très inquiet. Romney Inc. a convaincu suffisamment de Blancs des classes moyennes et ouvrières de voter contre leurs intérêts. En d'autres termes, de faire confiance aux patrons. Les travailleurs américains sont en train de perdre leur travail, leurs économies, leurs maisons, et ce qu'ils ressentent, ce n'est pas de la rage, mais de la peur. Ils se comportent comme si une menace métaphysique pesait sur eux, comme si toutes leurs certitudes les plus élémentaires étaient bouleversées. Romney et ses laquais millionnaires ont exploité cette peur sans relâche.

 

De son côté, Obama a mené une campagne terne, comme s'il était presque soulagé d'avance à l'idée de perdre et de retourner à sa vie d'universitaire. L'une de ses grandes qualités, c'est qu'il n'est ni fou, ni délirant, ni narcissique. Mais cette qualité-là, justement, fait qu'il a du mal à rester constamment sur la brèche. Visiblement, ça l'a ennuyé de faire campagne et de lever des fonds, pendant des mois. Il a trouvé le prétendu débat ridicule et il considère son adversaire comme un idiot et un lâche. Si on avait eu une campagne de huit semaines, avec un seul tête-à-tête, Obama se serait montré brillant et sa victoire aurait été écrasante. Là... peut-être qu'il va gagner, ou peut-être pas. Ça va se jouer à pile ou face.

 

Que va-t-il se passer si Romney gagne ?

 

La République se transformera en une ploutocratie. Le New Deal de Franklin Roosevelt sera définitivement enterré. Ce mouvement n'est pas nouveau : les ploutocrates y travaillent d'arrache-pied depuis des générations. S'ils arrivent à leurs fins, il n'y aura pas de retour en arrière, sauf s'il se produit une deuxième révolution. Mais, pour qu'il y ait une révolution, il faudrait qu'une ruine totale s'abatte sur le pays et, grâce à la mondialisation, sur le monde entier : famine, migrations forcées, augmentation dramatique du nombre de sans-abri, effondrement des services publics. Qui peut souhaiter cela ? Personne. Donc, il n'y aura pas de seconde Révolution américaine. Si Romney gagne, nous devrons réfléchir à la manière dont nos petits-enfants vont survivre dans un âge de ténèbres.

 

Comment percevez-vous le paysage politique américain ?

 

Ce qui est frappant, quand on regarde les derniers mois et même les dernières années, c'est de voir à quel point le spectre politique a glissé vers la droite. Les démocrates sont là où Reagan se trouvait il y a vingt ans. Il faut avoir mon âge pour se souvenir qu'aujourd'hui Nixon serait presque à l'extrême gauche, et qu'Eisenhower ne pourrait pas faire partie du Parti républicain. Je pense que le changement a commencé du temps de Reagan, quand l'opposition entre les deux partis est devenue d'ordre raciale. Dans l'imaginaire américain, les démocrates sont le parti des gens de couleur : Latinos, Asiatiques, Afro-Américains... et des Blancs libéraux, comme moi.

 

A l'inverse, le Parti républicain est un parti de Blancs. Or la ploutocratie américaine, qui est très effrayante, a réussi à faire naître des alliances dans lesquelles la race l'emporte sur la classe. C'est un événement historique : vous pouvez dresser des gens contre leurs intérêts si vous brandissez la question raciale. Des Blancs pauvres voteront pour les intérêts des Blancs riches, s'ils pensent que le parti adverse est associé aux Noirs. Aux Etats-Unis, on en revient toujours à la question raciale. Mais le moment est très intéressant, dans la mesure où les Blancs américains sont en train de devenir une minorité. Environ 45 %.

 

Pourquoi les Américains ont si peur ?

 

Il y a eu tant de changements : culturels, sociaux, économiques. La classe moyenne inférieure et les ouvriers, surtout les Blancs, ont l'impression qu'ils ont perdu le contrôle de leur vie. Les vieilles hiérarchies sur lesquelles s'appuyait la supériorité de l'homme blanc ont été renversées. Sans compter la disparition des emplois industriels stables, dans lesquels vous vous engagiez à 18 ans et jusqu'à la retraite. Vous pouviez vous payer une maison, envoyer vos enfants à l'université, acheter une voiture à crédit, vivre de manière correcte dans une banlieue, en tondant votre pelouse le dimanche et en invitant vos amis pour le barbecue. Ces jours-là sont révolus et ils n'ont été remplacés par rien de rassurant. C'est l'une des causes de cette peur diffuse qui traverse le pays.

 

L'homme blanc était-il si convaincu d'être le maître du monde ?

 

La nature de cette société capitaliste individualiste que nous avons établie entraîne un mode de vie à haut risque. Dans le rêve américain, tout le monde est supposé réussir par ses moyens, et si vous n'y arrivez pas, c'est votre faute, pas celle de la société. Une quête morale, en quelque sorte, qu'on est censés tenir pour une liberté, dans une économie ouverte. Mais cela engendre une pression terrible. C'est un débat intéressant qui se retrouve dans la campagne actuelle : l'aile droite du Parti républicain répète sans cesse que c'est chacun pour soi. Ils prêchent une espèce de darwinisme social. Ils disent : "Nous ne voulons pas devenir une autre Europe." Ce qui veut dire pas d'Etat-providence, mais une société capitaliste, individualiste à l'ancienne. Du côté démocrate, on plaide pour une plus grande responsabilité de l'Etat en matière sociale.

 

L'Europe est à ce point un contre-modèle ?

 

Beaucoup d'Américains ont peur de l'Etat-nounou, où les citoyens ne sont pas libres de contrôler leur propre destinée. "Ta maison est ton château" : vous devez pouvoir faire le tour de votre jardin avec votre fusil à l'épaule, sans que personne vienne vous ennuyer. Grimper sur votre cheval et partir vers l'ouest, vers des contrées sauvages où vous construirez votre propre château. Un individu robuste et libre, qui ne dépend de personne. C'est une particularité américaine, qui appartient à notre histoire, à nos mythes. Elle fait partie de nos classiques, on la retrouve dans Huckleberry Finn, dont le héros descend le Mississippi, ou dans Moby Dick, où le capitaine Achab part en direction de la haute mer sur son baleinier. Ces images puissantes ont forgé l'idée que les Américains ont d'eux-mêmes depuis des centaines d'années. On ne voit pas ça quand on regarde vers l'Europe.

 

Y a-t-il moins de liberté aux Etats-Unis aujourd'hui qu'il y a vingt ans ?

 

Ce qui est plus difficile maintenant, c'est d'obtenir la vérité. A cause des changements dans la structure capitalistique des médias. De plus en plus, les éditeurs de presse agissent d'abord dans l'intérêt des actionnaires et non dans celui du public. Cela dit, le développement d'Internet s'oppose à ce mouvement.

 

Le mensonge est-il très présent dans le discours politique ? Dans les mots utilisés ?

 

On est si accoutumés qu'on ne s'en rend même plus compte, à moins d'avoir gardé le souvenir d'autres discours, d'autres époques. D'autres manières de s'adresser aux électeurs et de discuter des problèmes en public. On n'a pas eu de conversation honnête et intelligente dans la vie publique depuis longtemps. Même quelqu'un d'intelligent et de structuré comme Barack Obama n'a pas réussi cela, sauf en de très rares occasions. Durant les quatre années de son mandat, quelque chose s'est désintégré dans son langage. Tiédi. Comme s'il était écrasé par le monde politique de Washington. Je suis de plus en plus déçu par la manière dont son discours s'est ramolli, affadi, rempli de clichés, vidé de son sens politique. Le discours qu'il a fait devant la convention démocrate au moment de sa nomination était si plat, si banal, comparé à ceux qu'il a faits avant d'être élu.

 

Que s'est-il passé ?

 

A Washington, vous vivez dans une bulle, personne ne parle franchement au président, sauf peut-être sa femme. Il est entouré de gens comme lui. Difficile de penser clairement dans une salle de miroirs.

 

Mais historiquement ?

 

Le niveau d'éducation a baissé aux Etats-Unis. On a arrêté d'investir. La capacité des Américains à utiliser le langage, et à le décrypter, s'est détériorée. Ils ont des diplômes mais plus les mêmes compétences linguistiques des années 1950 ou 1960. On est devenu une société de consommation à un point tel que ça a pris le pas sur le reste. Les enfants sont bombardés de milliers de pubs chaque jour. Voilà l'ambiance. Un monde marchand. Le langage a été relégué au second plan, quand la télévision, donc l'image, a fait irruption. Au début, on pensait que les pubs rendaient les programmes possibles, avant de comprendre que c'était le contraire. Et ça s'amplifie avec Internet : pourquoi est-ce que Facebook existe ? Pourquoi les réseaux sociaux ? Pour vendre de la pub. Et même Google. C'est son but. Il s'agit d'un changement anthropologique radical. Mon petit-fils de 4 ans a un cerveau façonné différemment du mien. Si on lui donne un livre, il essaie de tourner les pages en les faisant glisser, comme sur un iPad. Je voudrais être là dans une centaine d'années pour voir les conséquences de tout ça.

 

Obama aussi est pris dans ce système où la communication l'emporte sur le reste ?

 

Pour devenir président maintenant, il faut 500 millions de dollars. Et les démocrates prennent le même argent que les autres. Au début, j'étais très excité quand j'ai lu les livres d'Obama ; il utilisait les mots d'une manière qui respirait l'authenticité. Et puis il est devenu président. Je l'ai soutenu, j'ai été très heureux qu'il soit élu et je le suis encore, mais il est très, très modéré, centriste. Je n'attendais pas de mesures réellement progressistes, mais j'aurais aimé qu'il soit un peu plus actif dans le domaine exécutif. Je suis déçu qu'il n'ait pas fermé Guantanamo, par exemple, ou démantelé l'arsenal des mesures sécuritaires prises par Bush après le 11-Septembre.

 

La surveillance est l'un des grands thèmes de votre dernier roman paru en France, "Lointain souvenir de la peau". Le héros, un jeune délinquant sexuel, est socialement invisible et tout le temps visible, puisqu'il est observé par des dispositifs électroniques de sécurité.

 

Les moyens technologiques destinés à voir et à être vus ont comme effet de déshumaniser. Si vous avez le pouvoir de surveiller quelqu'un, vous le transformez en objet. Dans les villes américaines, vous ne pouvez plus vous trouver dans un ascenseur sans être observé par une caméra. Or, l'un des grands fantasmes américains, c'est de disparaître. Partir acheter du pain et ne pas revenir. On ne peut plus faire ça, ici. On ne peut plus se cacher.

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