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Condition féminine : Quand Israël frise le mur du çon

Publié le par Martine Gozlan (harissa.com)

Israël. Les femmes se heurtent à un mur (titre d'origine)

A Jérusalem, devant le Mur des lamentations, des femmes qui souhaitent prier sont victimes d'une police aux ordres des ultraorthodoxes. Le symbole de l'emprise croissante des religieux sur la société et des menaces sur l'égalité des sexes.

C'est à n'y pas croire. Pas plus en Dieu dont c'est, paraît-il, l'un des sanctuaires, qu'en les hommes. Devant le Mur des lamentations, lieu le plus saint du judaïsme, dernier vestige du second Temple de la Judée antique, la police arrête des femmes, les fouille brutalement et les emprisonne. Des terroristes présumées ? Pas un instant. 

Des Israéliennes et des juives de la Diaspora venues simplement prier et chanter. Avec leur talith, le châle de prière traditionnel, et à voix haute. Attention, cela ne constitue pas un acte de piété, mais un crime ! Selon le peloton de barbus ultraorthodoxes qui dirige la Fondation pour le Mur occidental, chargée de maintenir l'ordre moral autour de la muraille bimillénaire, le port du talith est interdit aux femmes. 

Quant à leur voix trop mélodieuse, elle ne peut résonner en public dans un lieu sacré sans déclencher des ondes d'impureté. Pourtant, comme les intégristes de tout poil et de toute religion, ces bricoleurs de «fatwa» ne s'appuient sur aucune source autorisée. Ils ont mitonné leurs interdits avec les ingrédients habituels : obsession de la souillure féminine, discrimination farouche des filles d'Eve. 

 

«PROSTITUÉES ! PROVOCATRICES !»

 

La police de Jérusalem n'a rien de religieux. Elle comprend des femmes comme des hommes. Ces femmes et leurs collègues sont en théorie neutres et laïcs : on ne leur demande pas quel est leur rabbin ou s'ils ou elles sont athées. Néanmoins, cette police s'est mise aux ordres de la secte. 

Les officiels ne peuvent rien refuser à la Fondation du Mur occidental, que chapeaute le rabbin Shmuel Rabinovitch, proche du Shas, le parti ultrareligieux des séfarades. Le Shas fait et défait les coalitions gouvernementales. Un nombre croissant d'Israéliens, à droite comme à gauche, ne peuvent plus supporter son archaïsme. Et l'affaire des femmes du Mur, après celle des rues et des bus séparés pour mâles et femelles dans certains quartiers, ajoute une nouvelle épine à la couronne de scandales qui barre le front obtus des ultraorthodoxes. 

«Je portais mon châle. Je n'ai même pas eu le temps de réciter le «Chema Israël»[«Ecoute, Israël», la prière fondatrice du judaïsme]. On m'a arrêtée, menottée. J'avais les poignets et les chevilles entravés. Au commissariat, on m'a entièrement déshabillée pour me fouiller. Quelle bombe est-ce que je portais sur moi en dehors de ma volonté de pratiquer ma religion en femme juive digne près de notre lieu le plus saint ? Ensuite, j'ai été jetée dans une cellule et détenue pendant vingt-quatre heures avec deux prisonnières de droit commun...» Anat Hoffman, fondatrice du mouvement Femmes du Mur (Nashot HaKotel), raconte encore avec incrédulité le traitement qu'elle a subi le 16 octobre dernier. 

Cette psychologue de 58 ans, née à Jérusalem d'une famille qui fonda en 1921 le kibboutz Ramat-Rachel, se bat depuis longtemps pour que les femmes cessent d'être des ombres aux lèvres chuchotantes dans une atmosphère qui ferait horreur aux pionniers et aux pionnières de l'Etat hébreu. 

Dans le minuscule bureau de son organisation, à Jérusalem, enclave au cœur des locaux plutôt chic du Mouvement israélien pour le judaïsme réformé, Anat déploie le talith du scandale : une large étoffe en lin, tissée de couleurs solaires, ornée aux quatre coins des noms des quatre«Mères d'Israël» : Sarah, Léa, Rachel, Rebecca. Ce bel objet agit comme un chiffon rouge sur les bigots et bigotes du Mur. 

Dès qu'Anat et ses compagnes, de plus en plus nombreuses, parviennent sur l'esplanade, drapées dans leur châle, les rouleaux de la Torah dans leurs bras, les insultes fusent :«Prostituées ! Provocatrices ! C'est vous qui retardez la venue du Messie ! C'est à cause de vous, impudiques, qu'il y a le terrorisme et le Hamas !» Un Israël en noir s'enfonce dans l'obscurantisme tandis qu'un Israël en blanc et en couleurs, féminin et fervent, refuse d'être expulsé de lui-même. 

 

UNE MILICE DE LA PUDEUR

 

Les Femmes du Mur ont porté plainte des centaines de fois, toutes les procédures dirigées contre elles étant illégales. La Cour suprême, embarrassée, est allée d'esquive en esquive. Une première décision, qui leur donnait l'autorisation de prier onze heures par an, soit chaque premier jour du mois hébraïque, a jeté dans la rue 250 000 ultraorthodoxes hystériques. La cour renvoya l'affaire devant neuf autres juges. Mais les recours se perdent dans les sables mouvants. 

Selon la loi, les femmes ne peuvent être déclarées coupables. Et, cependant, elles sont pourchassées et brutalisées. Au terme de sa détention, après une nuit enveloppée dans son châle, sur le sol de sa cellule, on signifia à Anat Hoffman qu'elle n'était pas coupable. Alors ? 

«Alors, explique-t-elle, sa haute silhouette réchauffée, dans le pluvieux hiver de Jérusalem, par le beau châle si mode mais si maudit, la police a reçu l'ordre des rabbins de la fondation de multiplier les intimidations physiques. C'est très grave. On a donné les clés du Mur des lamentations à une faction du peuple juif qui s'en sert contre nous, contre le reste d'Israël, contre les valeurs juives et contre la Diaspora. Notre histoire est le symbole de toute une série de nouvelles atteintes au droit et à la dignité des femmes. Désormais, une milice de la pudeur se précipite sur les petites filles de 6 ans dès qu'elles arrivent sur l'esplanade pour leur couvrir les épaules !» 

Qui soutient les Femmes du Mur en Israël ? Peu de braves, tout le monde ayant peur de se mettre à dos les religieux de l'institution quasi intouchable qui administre le Kotel, le nom hébreu du Mur. Contester la gestion de ce lieu où viennent prêter serment soldats... et soldates ? Dangereux ! 

Au Parti travailliste, l'étoile montante, Merav Michaeli, ose pourtant les défendre. Et pour cause : cette animatrice de shows télévisés à succès avait lancé un groupe féministe :«L'affaire des Femmes du Mur va loin : elle touche un aspect négatif de notre société, l'exclusion des femmes. Tout cela a un rapport avec la dignité, les offenses, les humiliations, les viols. En 1996, j'ai voulu mener une action intitulée «Ezrat Nachim», «Aide aux femmes», qui est en fait le nom réservé à la section des femmes dans les synagogues. Je voulais transformer la discrimination en lobby !» 

La campagne a eu un succès fou, largement dû à l'énergie de Merav Michaeli. De nouvelles lois ont été votées. L'ancien président israélien, Moshe Katsav, purge une peine de sept ans de prison pour viol. Mais, paradoxalement, la ségrégation des sexes s'aggrave dans les quartiers ultraorthodoxes : entrées et files d'attente séparées aux caisses des supermarchés, draps tendus dans les rues entre le trottoir des femmes et celui des hommes. La séparation des garçons et des filles dans des fêtes dites «municipales», comme récemment à Petah Tikva, près de Tel-Aviv, traduit l'influence croissante des milieux haredi, très pratiquants. 

A l'armée même, la bigoterie grandissante des nouveaux conscrits commence à poser de sérieux problèmes. Les jeunes soldats religieux remettent en cause la participation des jeunes filles aux chorales, toujours au motif que leur voix déchaîne des désirs impurs ! Ils s'insurgent contre leur tenue. Les instructeurs protestent, réclament des excuses des pieux troufions à leurs trop jolies camarades. Peine perdue ! 

Les rabbins des séminaires militaires s'en mêlent, menaçant de retirer leurs troupes si on ne respecte pas les obligations religieuses d'une «armée juive». Qu'en sera-t-il si, demain, Benyamin Netanyahou remet en cause, comme il s'y était engagé, la loi Tal, qui permet aux jeunes ultraorthodoxes de ne pas faire leur service militaire ? «D'un côté, ce ne sera que justice, de l'autre, la vie des filles à l'armée deviendra encore plus intenable...» redoute Shulamit, une étudiante en philosophie, peu religieuse, mais qui se rend régulièrement au Kotel pour soutenir le mouvement d'Anat Hoffman. 

La dernière arrestation de femmes au Mur des lamentations a eu lieu le 14 décembre, pendant la fête d'Hanoukka qui commémore l'insurrection juive contre les Séleucides en 148 av. J.-C. Une Américaine, Elyse Frishman, par ailleurs rabbin dans le New Jersey (le judaïsme réformé, plus libéral que celui d'Israël, est majoritaire dans les communautés d'outre-Atlantique), a été interpellée dès ses premiers pas avec son châle et soumise à un interrogatoire «illégal et sans aucun sens». 

Le déni de la loi et la perte du sens : c'est, dans l'Israël d'aujourd'hui, toute l'histoire violente des filles du Mur. 


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Azoulay : "A Essaouira nous avons une histoire enracinée dans le terroir"

Publié le par Jihane Bougrine

En aparté, André Azoulay raconte Essaouira (titre d'origine)

Par Jihane Bougrine

25 décembre 2012 

 

 



On dit que l’autre peut changer par la force de  l’amour. C’est sans nul doute ce qui est arrivé à Essaouira grâce à l’amour d’un homme qui a toujours cru en elle et qui ne l’a jamais oubliée : André Azoulay. Car quand vous dites à l’homme politique que vous aimez Essaouira, il vous répond «merci» comme si la ville faisait partie de lui. C’est en 1991 qu’il esquisse l’idée que la ville doit renaître de ses cendres et doit grandir grâce à un développement durable, vrai et qui ressemble à Essaouira : celui propulsé par la culture. «La renaissance d’Essaouira ne s’est pas faite grâce à l’industrie ou aux investissements mais par un choix délibéré et je me souviens que lorsque l’idée est née, cela a suscité plus de scepticisme que d’enthousiasme», explique l’homme politiquement culturel, qui a milité dès lors pour un développement durable à la façon «souiri», avec ce que la ville disposait et qui ne pourrait jamais lui être enlevé. «À Essaouira, nous ne sommes pas amnésiques, nous avons une histoire enracinée dans le terroir, cette histoire a des pages où la culture est partout. Et puis, les vieilles pierres ont toutes de belles histoires à raconter, on s’est dit qu’on allait les faire parler».


C’est ainsi que toute une équipe s’est mobilisée autour de la ville pour faire parler la culture et les aspirations artistiques. De l’art et la création plastique, qui a une place réelle et non fictive, en témoignent les écoles de peinture de la ville, des valeurs d’altérité et bien sûr de la musique très présente et très diverse, s’est construit une politique culturelle basée sur les fondements et l’histoire de la ville. «La musique m’a accompagné toute mon enfance et adolescence avec les grands maîtres gnaoui de la ville, le malhoun, al-ala et le samâa. «Essaouira aime la musique et toutes les musiques aiment Essaouira», raconte André Azoulay, qui se souvient que les grands du jazz se sont déjà intéressés à la musique gnaoua et qu’il fallait donc lui donner plus d’importance et de valeur. «Nous avons mis tout cela en perspective, nous avons rassemblé les valeurs, la musique, la peinture, la littérature et cela a donné une vraie stratégie de développement durable. Quand nous avons commencé, il y avait 6 hôtels à Essaouira, aujourd’hui, il y en a plus de 200. Voilà ce que la culture sait faire. Voilà ce que le patrimoine nous rapporte. Voilà ce que les vieilles pierres nous ont permis de réaliser». Des vieilles pierres qui ont permis, grâce à la mémoire, à l’histoire et à la culture de donner naissance à des rendez-vous devenus internationaux, comme le festival de Gnaoua, le printemps des alizés, le festival des Andalousies Atlantiques. La ville attire artistes et créateurs et inspire pour des tournages. «Ici la culture a trouvé une adresse légitime et quelque part, la culture nous protège. Nous n’avons pas un tourisme industriel ou un développement artificiel, ce n’est pas une culture de convenance c’est quelque chose d’enraciné, qui est ressenti et qui est authentique». En somme, Essaouira a réussi son développement grâce à la culture, un défi qu’elle a relevé haut la main, mais qu’en est-il des autres villes du Maroc ? De la politique culturelle du pays ? «Ce qui est fait ici peut être fait ailleurs», insiste André Azoulay. «Je ne parle pas de problème culturel au Maroc, je dis aujourd’hui qu’il y a une renaissance culturelle exceptionnelle.


La créativité, les débats, les forums, les festivals, cela explose de tous les côtés. C’est un signe de vitalité qu’il faut juste canaliser et savoir exploiter».Canaliser et exploiter. En effet, mais pourquoi rien est fait ? Où se trouve le blocage ? Pourquoi on boude la culture alors que l’exemple de la ville portuaire pourrait servir de modèle ? Utiliser la culture comme vecteur de développement est possible et elle aura su le prouver et le démontre encore et toujours, puisque Essaouira continue et ne se repose pas sur ses lauriers. Pendant que la construction du musée du thé avance, la ville a pour projet de restaurer une synagogue vieille du 18e siècle pour en faire un lieu de partage, où les «compatriotes musulmans pourront comprendre la religion juive et le pourquoi du comment». De plus, un centre d’études et de recherche sur le judaïsme verra le jour dans les années à venir pour rappeler l’histoire commune entre Essaouira et le judaïsme. Et pour clore l’entretien, André Azoulay nous fera une confidence, qu’il se refuse de développer par pudeur ou superstition puisqu’il parle des prémices d’un projet. «Le dernier projet d’Oscar Niemeyer (une des plus grandes figures de l’architecture moderne, décédé récemment le 5 décembre 2012), avant de disparaître, est pour la ville d’Essaouira. Il nous en a fait cadeau». Un cadeau dont Mogador saura sûrement fait bon usage puisque la ville qui sait «additionner toutes les sensibilités de ses habitants et passionnés», sait recevoir pour mieux donner.

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Coca-Cola Maroc anticipe la décompensation du sucre industriel ?

Publié le par Karim El Maghribi

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The Coca-Cola Company qui fête ses 65 ans au Maroc aurait anticipé sur une prochaine décompensation du sucre industriel qui est le constituant de base de sa gamme de sodas non light. L’anticipation est simple mais astucieuse : dans les quartiers populaires le litre du Coca-Cola ou de Fanta -et autres marques similaires-, conditionné en bouteille de verre consigné, est vendu par les détaillants 5 dirhams contre 6 dans les  quartiers moyens. Le but de la majoration d’un dirham n’est pas la recherche d’un quelconque équilibre financier ! L’objectif recherché par la société qui dessert [et tout dans dessert] quelque 130.000 points de vente à travers le Maroc, directement ou par l’entremise d’industriels sous licence, est montrer que si elle sait gagner de l’argent en se sucrant sur le dos des finances publiques, elle sait aussi se montrer philanthrope en pensant aux couches démunies dont le coca-cola fait office de dessert [cf. Abbas El Fassi ex-Premier ministre].

 

En effet, selon une source anonyme, « même avec un prix généralisé de 5 dirhams le litre, Coca-Cola Company rentre largement dans ses frais, d’autant que l’eau, puisée directement dans les barrages, est purifiée grâce à l’osmose inverse, une technique de purification d’eau pas cher. » Technique, par contre, assez « hydrivore »  ; puisqu’il faut environ 2,5 litres d’eau pour produire un litre de coca. Mieux : le procédé d’osmose inverse est largement amortie par Bonaqua : une marque d’eau de table pétillante, artificiellement gazéifiée, commercialisée depuis 1996.  Mieux encore : En plein débat sur la nouvelle loi 10-95 sur l’eau (dont les décrets d’application se font toujours attendre et ce depuis le 16 août 1995 !), le ministère de la Santé publique de l’époque délivrera- fissa- à The Coca-Cola Company l’autorisation de mise sur le marché de Bonaqua. La firme d’Atlanta ne siégeant pas à important comité interministériel pour rien !

 

Coca-Cola (près de 90 % de parts de marché), Pepsi et Ice profitent  depuis 2007 de plus de 70 millions de  subventions étatiques par an, à raison de 1 dirham par kilo de sucre utilisé. 

Publié dans Confidentiel

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Maroc : Où l'ont voit que la RSE n’est pas toujours celle que l’on croit

Publié le par Karim El Maghribi

 

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Passée la vague de l’informatisation voici venue le temps de la Responsabilité Sociale - ou sociétale - de l’Entreprise. La RSE est définie comme étant un « concept dans lequel les entreprises intègrent d’une manière volontariste les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes.» La RSE est actuellement le nec le plus ultra de la communication de l’entreprise. On ne jure plus que par la RSE si bien qu’une entreprise qui ne communique pas sur ce concept risque d’avoir un air négligé telle une veste à qui il manque un bouton ou une paire de chaussure aux lacets défaits.

 

Pourtant la RSE, c’est pas forcément cher et ça peut rapporter même très gros. Il suffit par exemple d’organiser une cérémonie de remise gratuite d’une centaine d’ampoules « low energy » ou basse consommation à une école rurale et d’ameuter la presse pour célébrer un évènement à la fois écologique et social. Sachant que des lampes de ce type sont disponibles sur le marché à partir de 20 dirhams la pièce, l’opération « brosse à reluire » n’aura pas coûté au plus 200 euros en frais d’ampoules, disons un total de 15.000 à 20.000 dirhams si l’on compte les frais de bouche et du transport. Une dépense qui correspond au tarif d’une page intérieure de publicité dans un magazine ou journal moyen. Car la RSE c’est avant tout de la pub. N’ayons pas peur des mots ! Les minibus donnés à des écoles portent le nom et le logo de l’entreprise donatrice, les 4x4 offerts à des hôpitaux ou à des communes rurales arborent l’identité du donateur etc.

 

Et la presse - surtout écrite - qui est appelée à pérorer sur l’évènement pour lui donner plus de boucan n’y gagne souvent que dalle ! Enfin pas toute la presse. Deux ou trois titres qui ont pignon sur rue sont arrosés pour faire bonne impression et sauver les apparences. Ironie du sort : Le gros des titres oubliés ou ignorés ne perçoit aucune subvention publique, aide qui atteint pour certains canards, bourrés de pubs, la somme de deux millions dirhams par an ! Où est la responsabilité sociétale dans tout ça ? C’est vrai qu’un journal est en lui-même une entreprise et qu’il est appelé en tant que tel à faire lui aussi dans la RSE. Eh bien, par le passe, la presse marocaine a participé volontairement à diverses opérations de dons (Bayt al Mal Al Qods, Solidarité nationale…) en offrant des pleines pages gratuites ou des journées de salaires et ce bien avant que la RSE ne devienne à la mode ! Mais à part ça un journal est avant tout un faiseur d’opinion, un garde-fou de la diversité culturelle, cultuelle, ethnique, un poste avancé dans le combat pour la liberté…

 

 

Affaiblir la presse en n’en maintenant qu’une petite partie sous prétexte que celle-ci fait du slogan « tout le monde il est bon tout le monde il est gentil » sa marque commerciale est une grave erreur, une insulte à l’avenir. Au lendemain des deux coups d’Etat fomentés par le général filon Mohamed Oufkir contre le roi Hassan II aucun titre de presse de cette époque là n’avait osé écrire que les deux tentatives de régicide étaient des actes abjects auxquels le peuple marocain n’avait jamais adhérés. Le silence radio des médias était le résultat logique de la mainmise d’Oufkir et ses services sur toute la presse marocaine y compris le Petite Marocain du « Groupe Yves Mas » qui avait titré au lendemain du carnage du palais de Skhirat : « Des cadets d’Ahermoumou attaquent le palais de Skhirat. Sans plus ! Sinon une photo de la plage avec des gens en fuite ».

 

Donc une publicité dans un journal est un investissement dans l’avenir avant d’être une charité ou une récompense pour service rendu. Un service qui comme c’est souvent le cas peut être superflu. En effet, à quoi sert d’inviter un groupe de journalistes à se déplacer dans une ville pour leur remettre des dossiers de presse téléchargeables sur le site internet de l’entreprise organisatrice ? Enfin, heureusement qu’il existe des entreprises qui sortent du lot en bâtissant des relations professionnelles, citoyennes et responsables avec le presse sur la base du concept win-win et du respect mutuel, sans aucune arrière pensée ; à savoir faire d’une insertion non un message publicitaire mais un signal codé à l’adresse de destinataires occultes.

Publié dans Médias

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Casablanca : Un tram nommé délire !

Publié le par Karim El Maghribi

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Finalement le tramway de Casablanca,  une solution à la crise du transport public urbain que les Casablancais ont attendue depuis la fin des années 1970, a démarré hier, jeudi 13 décembre. Un démarrage chaotique, à tous les étages. J zéro pointé ! Suivez Miloud, le guide.

 

Le délire commence à la station Ghandi, angle boulevards Omar Al Khayyam et Ghandi. Direction Sidi Moumen. Il était  environ 18h30 et il faisait déjà noir comme dans une tombe. Une foule s’est agglutinée autour des trois distributeurs de tickets dont un était en panne. Les deux jeunes préposés aux deux en service sont dépassés. Ils doivent non seulement prendre les billets pour des gents supposés tous ne rien comprendre au système mais leur expliquer comment cela fonctionne sans oublier d’autres questions relatives notamment aux tarifs unitaires ou forfaitaires. Miloud se rapproche du but. Mais il n’a pas encore  arrêté sa décision. Dilemme. Doit-il prendre un ticket pour assouvir sa curiosité ou opter pour son bocadillo quotidien faits aux œufs, tomate et maquereaux, qui pour 6 dirhams lui cale la panse jusqu’au lendemain. Miloud a juste une pièce de 10 dirhams dans la poche et un trou dans l’estomac. Calcul mental fait fissa : s’il monte dans le tram pour descendre à la station Nation Unies, la plus proche de son domicile, situé à l’ancienne médina, il lui restera juste 4 dirhams, une petite monnaie qui lui sert tous les jours de prendre la ligne 19 ou 35 du bus pour rentrer chez lui.

 

Le cri du préposé au guichet automatique l’arrache brutalement à son voyage arithmétique. «  Allez donne a khouya ! »  lui dit ce dernier. Pris de court, Miloud lâche avec affection sa pièce de dix balles. Tant pis ! Il dînera de deux œufs durs ou d’un paquet de biscuits Bimo. Mais Miloud n’a rien pigé à la monnaie rendue ! Il s’attendait à 4 dirhams mais n’en a reçu que 3 ! Le cerbère et une flopée de badauds lui expliqueront que la première fois le ticket coûte 7 dirhams et non 6. Et une fois le ticket rechargé 10 fois il ne vaudra plus un clou ; il faudra alors en acheter un autre à 7 et ainsi de suite… Miloud a failli exploser mais s’est retenu in extremis : avec 3 dirhams il pourra toujours avaler deux œufs durs dans la mahlaba, près de chez lui. Un rapide et nerveux coup d’œil  à sa montre-bracelet « solex » made in China et payée 20 dirhams (quand même) lui dira qu’il était 18h45. Miloud souffle lentement et fait la queue. Le pauvre fera le pied de grue jusqu’aux alentours 20h00 pour voir arriver la rame. Entre temps, la foule qui s’est densifiée a pris son mal en patience en spéculant sur les raisons de ce long retard : « a-t-il écrabouillé un piéton ou une vache ? » questionne  un client. Un autre dira que la rame, prévue pour 600 passagers, en a pris le triple et n’arrive plus à rouler à sa vitesse normale de 10 km/h ! Ce dernier ne sera pas loin de la vérité ; puisque le tram se pointera bondé comme un bus afghan. Après avoir bataillé durement, Miloud se fera une petite place près du hublot.

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Photo2

La rame démarre doucement. Les personnes âgées rouspètent car leurs jambes ne les portent plus. Dans un coin, un petit groupe de jeunes excités, aux yeux révulsés,  chantent à tue-tête au rythme du tambourin « wa tam zid al gouddam ! ». Œuvre hautement vocale qui se traduit approximativement par « Tam avance ». Tam est une marque populaire de thon en boite.  Mais le plus pathétique de ce spectacle ahurissant sur fond  de mioches qui chialent à se rompre les cordes à cause de la chaleur qui les a étouffés (il faisait 15 degrés dehors) est celui d’un passager qui n’a pas cessé de regretter d’avoir pris un abonnement d’un mois ! S’il se voit obligé de dépenser 4 heures chaque jour pour aller au boulot et d’en revenir, on le comprend.

 

Station Mohammed V. Près du tiers des passagers descendent, beaucoup d’entre eux iront prendre la relève des pigeons près de la fontaine lumineuse. L’un de ces habitués de la place al hmam quittera non sans regret son siège pour lequel il a pris le tram au terminus Aïn Diab, en marchant 15 minutes. Une station après et Miloud met pied à terre.

 

Place des Nations Unis. Fin de  galère. Pour lui au moins ! Il respire un bon coup en pensant avec tendresse aux deux balles de pim-pom à 3 balles qu’il avalera avant de roupiller dans son gourbi. Mais il n’a toujours pas compris l’histoire du ticket à 7 dirhams la première fois (*). En levant la tête il distingue près  d’un distributeur un homme avec un gilet jaune fluorescent, celui des préposés aux guichets et à la sécurité. Il lui posé la question. Le type le fixe deux secondes avec une paire d’yeux inquiets puis éclate d’un rire de demeuré en affichant une mâchoire inférieure à moitié édentée. Miloud qui n’a rien compris répond au quart de tour : « Est-ce que je t’ai raconté une blague ? » Mis ainsi en demeure, le demeuré réplique avec un sourire forcé : « Excuse moi c’est sécurité, pas tickets… ». Si la sécurité est confiée à des énergumènes pareils, alors ça craint grave les amis. Au tram citoyens !

 

(*) Comme le montre la photo 2 pour lire les explications sur la tarification dans des panneaux d’affichages plantés près des stations  le client risque de se faire écraser par les voitures !

Publié dans Coup de gueule

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Yassine, le cheikh-fondateur de la confrérie Al Adl Wal Ihsane est mort

Publié le par Benjamin Roger (jeuneafrique.com)

13/12/2012 à 11h:49 Par Benjamin Roger

Le très charismatique Cheikh Abdessalam Yassine, sortant de son domicile de Salé, le 19 mai 2000.
Le très charismatique Cheikh Abdessalam Yassine, sortant de son domicile de Salé, le 19 mai 2000. © AFP

 

Abdessalam Yassine, plus connu sous le nom de "Cheikh Yassine", est mort, jeudi 13 décembre. Malade, le leader d'Al Adl Wal Ihsane ("Justice et bienfaisance"), était âgé de 84 ans.


« Cheikh Yassine » n'est plus. Le fondateur et leader d'Al Adl Wal Ihsane, confrérie islamiste doublée d'un mouvement politique non autorisé mais toléré au Maroc, est mort jeudi 13 décembre à l'âge de 84 ans (*).


Le cheikh avait réduit ses activités ces dernières années. S'interdisant tout recours à la violence et au jihad mais refusant de reconnaître les institutions, son mouvement incarne la dissidence islamiste marocaine. Les militants d'Al Adl Wal Ihsane avait notamment participé aux manifestations populaires de 2011 aux côtés du mouvement du 20 février.


Selon le portail d'Al Adl Wal Ihsane, une cérémonie de funérailles sera organisé vendredi 14 décembre à la mosquée Assounna de Rabat, après la prière du vendredi.

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121213113038/maroc-deces-de-cheikh-yassine-fondateur-d-al-adl-wal-ihsane.html

 

(*) 87 ans selon le site internet de la confrérie :

http://www.yassine.net/ar/index/index.shtml

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9e Andalousies atlantiques : Essaouira en fête du 27 au 29 décembre 2012

Publié le par Association Essaouira Mogador

http://www.castano-flamenco.com/typo3temp/fl_realurl_image/bettina-castano-weisses-kleid-01-05.jpg

C’est à Dar Souiri que les Andalousies Atlantiques feront escale du 27 au 29 décembre pour leur 9ème édition. Un choix qui fait écho à la programmation de cette année dont la signature résolument féminine, trouvera à Dar Souiri le cadre intimiste et l’exception acoustique qui invitent au partage, à l’écoute et à la fête.

 

Des femmes et pas n’importe lesquelles. Beihdja Rahal tout d’abord qui nous vient d’Alger et dont les critiques les plus exigeants disent d’elle qu’elle apporte par le timbre de sa voix et la légèreté de son luth « la joie des âmes  dans la splendeur des paradis andalous ». Elle sera sur scène avec Françoise Atlan et Bahaa Ronda, deux icônes emblématiques de ce patrimoine, pour un trio pluriel et maghrébin qui a invité Amine Debbi (Chabab Al Andalus) et ses musiciens pour une rencontre de tous les talents qui fera date dans les annales.

 

Femmes encore venues de Tétouan, de Fès et bien sûr d’Essaouira pour revisiter les répertoires de Chekara, Salim El Halali et les plus belles pages du melhoun souiri.

 

Des pages que signeront également Abdelfettah Bennis et son orchestre (Fès) en ouverture du festival et Ben Omar Ziani en clôture pour que demeure l’esprit et résonnent les notes du « Matrouz » auxquels Essaouira a depuis longtemps choisi de s’identifier.

 

Le Matrouz qui sera au cœur du concert de l’ensemble oujdi dirigé par Ahmed Fakir qui nous dira à sa façon le gharnati dans le patrimoine que nous ont légué Samy El Maghribi, Zohra El Fassia ou Cheikh Mouizo.

 

Bien évidemment, le Flamenco ne sera pas en reste à Essaouira, loin de là, avec successivement un duo inédit entre Hakim Ludin (Afghanistan) et Bettina Castaño (Séville) et la Compagnie Flamenca de Valeria Saura. Deux spectacles  qui ont été la révélation 2012 des Biennales de Séville.

 

Emotion garantie et rencontres d’exception comme le sera aussi celle de ces musiciens palestiniens, compagnons de route à Essaouira et qui chaque année viennent témoigner avec talent et générosité de leur amitié et de leur adhésion au souffle et à l’esprit qui inspirent la Cité des Alizés.

 

-          Direction Artistique : Mme Françoise Atlan (Email : francoiseatlan.faae@yahoo.fr)

-          Organisation : Mme Nassima Touati (Email : nassima.touati@gmail.com)

-          Dar Souiri : Mlle Nora Saraoui  (tél +212 5 24 47 52 68 - Email : essmog@gmail.com)

 

 

Jeudi 27 Décembre, Dar Souiri                                                

21h00-22h00: L'Orchestre Ikhlas de Tétouan dirigé par Wafae Asri, qui rendra, entre autres, un hommage appuyé au grand Maalem  Chekara.

22h15-23h30: Abdelfattah Bennis, l’une des plus belles voix du répertoire « Ala » de Fès, dans la tradition du grand Maître Abdelkrim Rais.

Au delà de Minuit : Le Groupe de Femmes de la tradition  Gnawa d’Essaouira, dans le style du grand Maallem Mahmoud Guinea, dirigé  par Zayda Guinea.

Vendredi 28 décembre, Dar Souiri:

10h00-13h00: « Matinées-Colloques »    

Moments Précieux, Dar Souiri :

16h00-17h00: « L’Esprit d'Al Qods »

Un Moment Musical intimiste chargé d'émotion, en compagnie de magnifiques artistes qui nous viennent  de Palestine.

17h15-18h15: Un Flamenco inédit avec la danseuse  Bettina Castaño et Hakim Ludin, Maitre de percussion Afghan, un duo époustouflant : une vision du Flamenco totalement atypique  et d'une singulière beauté.

Les Soirées, Dar Souiri : 

21h00-22h00: L’Esprit de Grenade d'Oujda, dirigé par Ahmed Fakir, un vibrant  hommage à Samy EL  Maghrébi, Cheikh Mouizo, Zohra EL Fassya...

22h15-23h30: Beidhja RAHAL, l'une des plus belles voix de l’École Gharnatie D'Alger, accompagnée par Amine Debbi et ses musiciens, rejoints par les chanteuses Baha Ronda et Françoise Atlan.

Au delà-de Minuit : Hommage au Cheikh Abdelmajid Souiri, natif de la cite des Alizés, hommage rendu par l’Association Al Anouar Al Mohammadia, conduite par Mr  Hamza Jorti.

Samedi 29 Décembre, Dar Souiri:

10h00-13h00: Matinées-Colloques 

Moments Précieux, Dar Souiri:

16h00-17h00: L’Orchestre  de Femmes de Fès, dirigée par Ikram Idrissi, dans un répertoire ala, Melhoun, et tradition Chaabi  avec un hommage à  Salim Halali.

17h15-18h15:

Compagnie Flamenca Valeria Saura

Un guitariste, un baile et 3 femmes au chant et aux « palma ».

Valeria Saura, danseuse au "baile" authentique et plein de fougue, est élève de Manolo Marin et Belen Maya.

Elle est l’une des dernières révélations de la fameuse Biennale de Séville.

Les Soirées, Dar Souiri : 

21h00-22h00:  

Un grand moment de Flamenco: la danseuse Bettina Castaño et Hakim Ludin (percussions) nous font partager un moment Exceptionnel  et plein d'audace, entre tradition musicale Afghane et Flamenco « puro».

22h15-23h45:

Omar Ziani, le chantre de la Qasida Maghrebiya, et plus particulièrement du style judéo- marocain « Chgouri ».

Au-delà de Minuit :

Groupe de Femmes d'Essaouira sous la houlette de Haj Marina.

Publié dans Communiqué

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Presse féminine : Pourquoi « Citadine » paraît illégalement

Publié le par Karim El Maghribi

Presse féminine : Pourquoi « Citadine » paraît illégalement

Depuis avril 2012, une nouvelle entorse à la loi marocaine sur l’édition et la presse est venue enrichir le palmarès de cette publication, créée en 1994, à partir de presque rien et qui a entamé une vertigineuse descente aux enfers dès 2005, date où deux associés marocains de Abdellah Khizrane ont cédé leurs actions au Saoudo-yéménite Jamal Mohammed Ahmed Baamer, soit plus de 60 % du capital.



Presse féminine : Pourquoi « Citadine » paraît illégalement
Citadine, le magazine féminin de langue française, le seul rescapé avec Les cahiers du médecin du massacre qu’a subi la Sarl « Les Editions Lilas » qui avant 2008 publiait plus de sept titres, n’affiche plus les noms de ses cogérants comme le stipule l’article 10 du Code de la presse (voir l’encadré ci-dessous et la photo du numéro de février 2011). Citadine qui a retrouvé les kiosques en juin 2011 après un arrêt de 8 mois décidé unilatéralement par son patron le Saoudo-yéménite Jamal Mohammed Ahmed Baamer n’en est pas à sa première violation de la législation en vigueur.

Encouragé par une curieuse « bienveillance » des autorités à son égard mais qui ne profite pas à toutes les autres publications comme l’affaire du quotidien Le Soir Echos. (1) Le magazine féminin collectionne les entorses à la loi, et pas uniquement celle dont il est question ici mais aussi de la loi du travai. Pour épargner au lecteur son temps, égrenons maintenant ce long collier de perles qui contraste gravement avec la ligne éditoriale- si ligne éditoriale il y a- qui se veut moderniste. Aucun exemplaire de Citadine n’est remis à l'autorité gouvernementale chargée de la communication ni au tribunal de première instance comme le stipule l’article 8 du Code de la presse. Le nom du directeur de la publication n’est jamais affiché en première page comme le prévoit l’article 9 de la loi sur la presse.

Même les noms des propriétaires gérants ne sont pas affichés (et ce depuis le numéro de mars 2011) comme l’exige l’article 10. Encore moins le nom de la Sarl éditrice : Les Editions Lilas ! Les patrons qui détiennent la majorité du capital des Editions Lilas (inscrite à deux adresses différentes pour la CNSS !) sont des Saoudo-yéménites, n’ayant pas ni la nationalité marocaine ni la dérogation spéciale de publication, ce qui équivaut à une violation pur et simple des articles 12, 27 et 28 du Code de la presse. Et j’en passe des vertes et des pas mûres comme le fait que le magazine est imprimé chez Estudios Graficos Europoeos SA à Séville, ville où Jamal Baamer (portrait en bas ci-dessous) aurait de solides appuis.

 

(1) L'affaire le Soir Echos "Le Soir Echos" a régularisé sa situation par le transfert des actions de son associé étranger à un Marocain Le ministère de la Communication a indiqué, mercredi, que le journal le "Soir Echos" a régularisé sa situation depuis le 22 juin dernier en procédant au transfert des actions de son associé étranger à un autre actionnaire Marocain. Un communiqué de ce département explique que les services compétents du ministère avaient demandé aux responsables de l'entreprise éditrice du journal, après avoir constaté la participation d'un associé étranger dans son capital, de régulariser cette situation conformément à la procédure en vigueur et aux dispositions des articles 12 et 28 du Code de la presse et de l'édition. Le document relève que les responsables du journal ont donné suite favorable, et de manière "rapide et positive", à cette requête à travers le lancement de la procédure de transfert des actions de l'associé étranger à un participant Marocain, tout en informant les autorités concernées de cette décision en date du 22 juin 2012. Le ministère rappelle qu'il avait adressé au cours de cette année une correspondances à un groupe de publications pour régulariser leur situation conformément à l'article 27 du code de la presse et de l'édition, selon lequel "est réputé étranger au regard du présent Dahir, quelle qu'en soit la langue d'expression, tout journal ou écrit périodique qui est soit créé ou publié en tout ou en partie au moyen de fonds étrangers, soit dirigé par un étranger", y compris "Le Soir Echos". La même source ajoute qu'après avoir examiné le dossier de demande de ce journal d'obtenir le numéro de la commission paritaire de la presse écrite par une sous-commission technique composée de représentants de la Fédération marocaine des Editeurs de journaux et de représentants des départements gouvernementaux concernés, ladite sous-commission a constaté la participation d'un étranger dans le capital de la société éditrice, ce qui nécessite le recours de l'entreprise à la procédure d'autorisation et de publication en vertu d'un décret. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la mission quotidienne des services chargés de la révision des documents des entreprises éditrices, conformément au Code de la presse et de l'édition, (articles 12, 27 et 28) pour vérifier la nature de leur capital et la nationalité des actionnaires et responsables en charge de l'édition, et ce dans le cadre des attributions du ministère et du suivi des publications éditées au Maroc, tant nationales qu'étrangères, ajoute le communiqué.

Publié dans Médias

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Moi Abdelkarim Chankou suis un dissident du polisario selon Le Reporter de Bahia Amrani !

Publié le par Abdelkarim Chankou

NajmReporter.jpg

Alors que je sirotais un café à une terrasse d'une crémerie, ce vendredi en fin d’après-midi,  en  me demandant quels seraient les lauréats du Grand prix de la presse de cette année, un ami m’envoie un e-mail pour me dire qu’il ignorait que mon vrai nom était Najm Allal, un poète dissident du front polisario, et non Abdelkarim Chankou. Le comble !

 

D’abord j’ai pris le courriel pour une blague de mauvais goût, ensuite et après la lecture du texte et la visualisation de l’image jointe j’ai compris que c’était sérieux. Très grave même. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une brève illustrée occupant tout de même un quart de la page 8 du numéro du 6 décembre 2012 du magazine hebdomadaire « Le Reporter », édité à Casablanca, consacrée au poète dissident du polisario, Najm Allal, qui selon l’auteur de l’entrefilet, non signé, se trouvait en Mauritanie, ce dont je me fiche éperdument mais que sa photo illustrative soit bizarrement la mienne, ça  je ne peux pas foutre du tout. Vous comprenez bien, j’ai tout de suite appelé la rédaction du magazine. Nada. Walou. Ça sonne dans le vide. Puis je décide d’appeler sur son portable le journaliste Nourredine Miftah, le directeur de l’hebdomadaire « Al Ayyam » et le président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux. Là aussi sans succès. Je refaits le numéro mais sans résultat.

 

J’appelle alors un ami qui me communique le numéro du portable de Mme Bahia Amrani (photo), la directrice de publication et la rédactrice en chef de Le Reporter. Là aussi pas de réponse. Puis décide de lui envoyer un SMS dont voici le texte exact : « Mme Amrani : quand on tient un journal qui fait des conneries on répond au téléphone. Je m’appelle Chankou, je suis journaliste depuis 20 ans mais je ne suis pas Najm Allal du polisario. » Quelques temps après, je reçois la réponse à mon SMS qui dit texto : « Bsr Mr Chankou. Nous avons passé votre photo à la place de celle de Najem Allal. Vous m’envoyez désolée. Sur Internet, elle était, m’a-t-on dit, juste à côté de celle de Najem. Cela vous autorise-t-il à être insultant ? Ce que vous appelez connerie est une simple erreur que toutes les rédactions font. Aujourd’hui même l’Economiste a publié 1 photo de Zouhair Fassi Fihri avec le nom de son collègue Kabbaj. En ce qui vous concerne, je vous présente toute mes excuses pour cette erreur de l’équipe, que je veillerai à rectifier dans le prochain numéro. Mais je ne suis pas tenue être à côté de mon téléphone, ni de répondre à tous les appels. Si vous voulez une réponse à tout prix, appelez la rédaction et pas sur mon portable dont je ne vous ai pas donné le numéro, puisque je ne vous connais pas. »

 

En tant que rédactrice en chef et directrice de publication

Mme Bahia Amrani n’était-elle pas tenue à vérifier

ce qui se publie dans son canard ?

 

Avant de passer à ma réponse quelques remarques. C’est vrai ma photo était à côté de celle de Najm Allal quand on a tapé le nom de ce dernier Google images, mais plusieurs autres photos apparaissent également à côté de la mienne et qui non seulement représentent le poète du polisario mais n’ont rien à voir ni de près ni de loin avec la mienne. Aucune ressemblance ! Mieux : l’une d’entre elle que nous reproduisons porte le nom du poète en arabe ! Donc de deux choses l’une : soit l’auteur- ou l’infographiste- ne savait pas lire soit ne connaissait ni ma personne ni celle du polisarien. Ce qui nous amène à poser cette question : en tant que rédactrice en chef et directrice de publication Mme Bahia Amrani n’était-elle pas tenue à vérifier ce qui se publie dans on canard ? Parait-il non. Mme Amrani non seulement n’est pas tenue à être à côté de son téléphone mais à côté de son équipe non plus ! Pourtant pour journal qui reçoit une subvention de 700.000 dirhams (environ 65 000 euros) par année, pris sur l’argent du contribuable, peut s’offrir le luxe de recruter un bon rédacteur en chef adjoint pour se charger de la besogne. Mme Amrani termine son premier SMS par « je ne vous connais pas ». Ce n’est pas cela qui me vexe moi qui la connaît depuis qu’elle officiait à Jeune Afrique et à Maroc Hebdo et surtout depuis qu’elle décroché un crédit Jeune Promoteur à la fin des années 1990 pour créer son journal alors que nombre de jeunes peinaient même à déposer leurs dossiers sur le bureau de Dar Addamane.

 

Ce qui me vexe c’est en tant que journaliste qui a fait de l’affaire du Sahara sa spécialité Mme Amrani ne semble ne pas connaître la troche de Najm Allal non plus ! Mon SMS de réponse : « Mme Amrani : Là il s’agit du polisario ! Vous mettez ma vie en danger. Avant j’ai téléphone à la rédaction. Mais personne. En tant que directrice vous êtes censée contrôler votre revue. Je saisis la justice. » J’avoue que je me suis un peu emporté ici. Mais sachant l’amour qu’ont les Marocains pour les polisariens qu’ils soient des dissidents ou pas je craignais de recevoir un coup de couteau à tout moment d’un inconnu. Mais ce qui m’a le plus énerve c’est que mois qui a écrit des centaines d’articles anti-polisario je ne m’attendais à tous sauf à voir ma photo prise pour celle d’un polisarien ! Deux réponses SMS expédiées cette fois fissa par l’intéressée : Un : « Faites comme bon vent vous plaira. Je garde le SMS précédent ou je vous ai présenté mes excuses et je ferai ce que je me suis engagée à faire dans le prochain, avec ou sans vos menaces. ». Deux : Et pour votre information [là elle se moque carrément de moi], à supposer qu’on vous confonde avec Najm Allal, c’est un simple poète, dissident du Polisario. Vous ne courez donc aucun danger ! » Comme si tous les inconnus qui arpentent les rues et les terrasses de café savaient que Najm Allal était un poète dissident du polisario !

 

Mon unique consolation dans cette histoire rocambolesque c’est que Le reporter après 7 ans de parution était resté inconnu par un grand annonceur ; ce qui me désole en même temps : Comment se fait-il qu’un journal qui est resté inconnu par un annonceur durant sept ans et qui de plus confond un journaliste marocains avec un membre du polisario arrive-t-il à obtenir une aide publique de 65.000 euros ? Conclusion-moralité : si demain un de mes amis lit un article dans un canard marocain sur Bachar Assad avec ma photo ou celle de Pelé à la place de la sienne, qu’il garde le scoop pour lui. Qu’il en soit remercié d’avance !

Publié dans Coup de gueule

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Nouvelles colonies en Cisjordanie : Le cabinet Netanyahu mettra-t-il à exécution sa menace ?

Publié le par Jerusalem Post (Ed. Française)

Construira, construira pas... (titre d'origine)

En réponse à la reconnaissance palestinienne devant l’ONU, de nouvelles unités de logements dans la zone E1. Mais attention : il s’agit de projets, non de constructions.

 Constructions
Photo by : Reuters

Après la pluie de condamnations occidentales suscitées par l’annonce de 3000 unités de logements, Binyamin Netanyahou clarifiait sa décision, devant les membres du Likoud, dimanche 2 décembre. Il parlait de 3 000 planifications, et non de constructions réelles.
Si le gouvernement avait déclaré, dans le sillage de l’obtention palestinienne d’un statut d’Etat non-membre, qu’il donnait son feu vert au zonage et aux plans d’urbanisation dans la zone E1, celle située entre Jérusalem et Maalé Adoumim, il a rectifié le tir. Et tenté de bien se faire comprendre : son but consiste à signaler la reprise des constructions, si jamais la Palestine poussait plus loin ses actions unilatérales du type de la demande devant l’ONU, formulée jeudi 29 novembre.
Les Palestiniens affirment que la construction en zone E1 couperait Jérusalem du reste de la Judée-Samarie, en brisant la continuité territoriale d’un futur Etat palestinien.
Et sonnerait donc le glas d’une solution à deux Etats. Autre précision de Netanyahou à ses ministres : les 3 000 logements autorisés vendredi seraient construits dans les grands blocs d’implantations, à l’image des quartiers d’après 1967.
Selon un porte-parole du ministère de la Construction et du Logement, ces unités pourraient fleurir à Ariel, Elkana, Efrat, Karnei Shomron et dans les quartiers de Jérusalem : Pisgat Zeev et Gilo.
L’annonce du gouvernement des unités de construction supplémentaires est la réponse subite au succès palestinien d’acquérir leur statut d’Etat observateur non membre à l’Assemblée générale des Nations unies.
Dimanche, le ministre des Finances Youval Steinitz passait la deuxième couche : refuser les quelque 450 millions de recettes fiscales qu’Israël envoie chaque mois à l’Autorité palestinienne. A la place, ces fonds récoltés chez les Israéliens iront tout droit au remboursement des 800 millions de dette de l’AP à la Compagnie d’électricité israélienne.
La démarche de l’AP à l’ONU ne sera pas sans conséquence, a prévenu Steinitz, peu avant la réunion du cabinet dimanche.
En particulier, en ce qui concerne le transfert de taxes.
Israël, isolé ? 
A Ramallah, les responsables palestiniens ont qualifié la décision d’acte de piraterie et de chantage. Ils espèrent maintenant que les pays arabes respecteront leurs engagements en fournissant à l’Autorité palestinienne 100 millions de dollars par mois, pour compenser la perte des recettes fiscales israéliennes.
Hana Amireh, membre du comité exécutif de l’OLP, annonçait ainsi une réunion des pays de la ligue arabe, le 9 décembre prochain, pour discuter des moyens d’aider l’Autorité palestinienne dans le sillage de la décision israélienne. Selon Amireh, Israël est maintenant en conflit, non seulement avec les Palestiniens, mais avec tous les pays qui ont voté en faveur de la candidature de l’AP à l’ONU.
Pendant ce temps, les ambassadeurs de plusieurs pays clés de l’UE - la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas – ont demandé des éclaircissements en exhortant Israël à reconsidérer ses plans. La question devrait figurer en tête de liste des pourparlers entre Netanyahu et la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin cette semaine.
Et un diplomate d’ajouter que l’intention de poursuivre les constructions en zone E1 pose problème aux Européens, car elle sape la crédibilité d’Israël face à une solution à deux Etats.
Bibi, quant à lui, a ouvert la réunion hebdomadaire du cabinet en défendant les constructions en Judée-Samarie.
Pour ce faire, il citait la réponse de son prédécesseur Itzhak Rabin, suite au vote de l’ONU en 1975 qui assimilait le sionisme au racisme. « La riposte aux attaques sur le sionisme et l’Etat d’Israël consiste à renforcer et souligner la mise en oeuvre du plan de constructions dans tous les secteurs que jugera nécessaire le gouvernement ». Puis de continuer par les paroles de Rabin : « Aujourd’hui, nous construisons et nous continuerons à construire, à Jérusalem et dans toutes les zones stratégiques pour l’Etat d’Israël. » Pour Netanyahu, l’action de l’AP à l’ONU constitue comme une « violation flagrante des accords signés avec Israël ».
« Il n’y aura pas d’Etat palestinien sans un arrangement dans lequel la sécurité des citoyens israéliens sera assurée », a-til martelé. « Il n’y aura pas d’Etat palestinien jusqu’à ce que l’Etat d’Israël soit reconnu comme l’Etat du peuple juif. Il n’y aura pas d’Etat palestinien tant que les Palestiniens ne voudront pas déclarer la fin du conflit. Israël n’acceptera pas que la Judée-Samarie serve de base au terrorisme iranien, comme cela s’est produit dans les régions que nous avons évacuées dans la bande de Gaza et au Liban. » Le gouvernement a officiellement rejeté la résolution de l’ONU, à l’unanimité. 

Khaled Abu Toameh et Tovah Lazaroff ont contribué à la rédaction de cet article.

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