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Débat public : 50 ans après, la télé marocaine fait toujours pitié!

Publié le par Karim El Maghribi

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La télévision marocaine s’est certes démocratisée mais n’a pas pu pour autant se départir ni des mauvaises langues ni des langues de bois. Tout le contraire ! Le phénomène a même pris de l’ampleur depuis ces 10 dernières années. Mais ne croyez surtout pas que n’importe qui est autorisé à venir gesticuler et pérorer sur le plateau en faisant l’expert qui a tout compris ou l’avocat de la veuve et de l’orphelin qui a tout à donner ! Les invités à discuter comme ceux à  applaudir sont triés sur le volet. Et sur le plateau toujours les mêmes poires : la traditionnelle gueule de bois ou le mec qui a mal dormi, chevaux hirsutes et voix pâteuses ; le profil chèque en bois ou la mine du parfait parvenu qui affiche une mise nettement au dessus de ses moyens, et enfin la langue de bois maniée avec maestria par le traditionnel cornichon à l’air constipé qui toussote chaque fois qu’il prend la parole en prenant bien soin d’ajuster ses lunettes et sa cravate à 10 balles.

Si votre tronche ne correspond pas à l’un de ces profils, ne désespérez pas ! La Maison accepte aussi les femmes les plus gourdes à condition d’être maquillées et voilées ou à défaut coincées dans un tailleur strict noir et blanc, style standardiste d’une agence de pompes funèbres.

Bref ! L’essentiel c’est que  l’émission on live ne dérape pas, d’autant que son animateur  ne contrôle que dalle, pas même sa personne ! Les convives lui ont souvent imposés par une tierce partie, mais avec le temps les habitués deviennent ses amis, et là c’est carrément grave. On connait le cas où l’animateur s’adresse à une intervenante avec tellement d’émotion qu’on dirait un lycéen en pro-adolescence.

Résultat de ce casting digne des années Pravda : l’émission n’est plus en fait qu’un moyen pour meubler le temps ; on aurait pu passer à la place une séquence d’images bucoliques pendant 90 minutes et ça aurait aussi bien. Les questions du public par email ou SMS sentent le faux flagrant et les réactions des anonymes dans les reportages ne signifient plus rien après le passage de la tondeuse à mouton du monteur.

Maintenant deux exemples concrets :

Bien que Lahcen Daoudi, invité de l’émission de la première chaîne publique « Kadaya Wa Arae » du 26 février dernier, ait aligné une série d’incohérences et d’anachronismes, aucun des invités n’ai pas pu lui en faire la remarque, si bien que le ministre l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres pérorait comme s’il récitait l’évangile. Daoudi nous sort même la théorie de la « période en économie » pour expliquer le taux de chômage élevé chez les jeunes diplômés alors que cette thèse de feu Raymond Barre a fait son temps depuis 40 ans ! Mieux, il ose nous bassiner par les  35 % de chômeurs chez les diplômés  italiens ou les 50 % chez leurs camarades espagnols pour montrer que l’université marocaine ne pouvait pas faire mieux. Mais l’ancien étudiant en économie à Lyon, fief de feu Raymond Barre, oublie-t-il qu’au Maroc l’indemnité de chômage n’existe pas comme c’est le cas en Espagne ou en Italie, pays où le montant de la bourse étudiant équivaut au salaire d’un cadre moyen au Maroc ? Et pour terminer avec Daoudi avant de passer à 2M, le ministre lance en guise de conclusion, sans ciller, la boutade selon quoi s’il y a autant de chômeurs au Maroc c’est parce que les femmes marocaines sont prolifères ! Soit. Mais qui a combattu la vulgarisation de la pilule  et des autres moyens de la planification familiale lors du sommet du onusien du Caire en 1994 ? Les islamistes pardi ! Daoudi, l'islamiste, s’en souvient-il ?

La chaîne casablancaise 2M, la cadette de la TVM, n’échappe pas à la règle. La dernière émission « Moubachatan Maakoum » d’hier soir, consacrée au phénomène des vendeurs ambulants  qui colonisent l’espace public, a elle aussi collectionné les incohérences et les banalités à dormir debout. Je ne vais pas m’attarder longtemps sur le sujet ni sur les têtes invités, je ne les connais pas et je ne veux pas les connaître,  mais disons que le thème méritait mieux que le blabla. On a entendu pour la millionième de fois que  si les vendeurs ambulants sont de plus en plus nombreux c’est à cause de la baisse du pouvoir d’achat   d’une majorité de Marocains. Faux ! Ou partiellement du moins. Nombre de camelotes exposées sur les trottoirs ou devant les mosquées sont proposées à des prix  beaucoup plus chers que lorsqu’elles sont en vente dans les magasins.  Une autre contre-vérité : s’il y a de plus en plus de vendeurs ambulants dans les villes c’est à cause de l’exode rural. Là aussi pas totalement vrai. Beaucoup de vendeurs à la sauvette et autres commerçants à l’étalage sont des immigrés marocains, vivants en Italie ou en Espagne du commerce informel notamment. A cause de la crise qui sévit en Europe ils ont décidé de rentrer au bled pour y faire la même chose en attendant que ça s’arrange dans leurs pays d’accueil.

Alors la télé je m’en b…

Publié dans Focus

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André Azoulay plaide Maroc à l'UCLA et à Berkeley

Publié le par labass.net & UCLA

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Un long périple en Maryland et en Californie a mené M. André Azoulay à donner une série de conférences où le Conseiller de S.M. le Roi Mohammed VI et Président de la Fondation Euroméditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures a plaidé Maroc, son identité diverse, ses atouts et sa posture singulière...

Ci-après sa conférence, donnée le week-end dernier, à l'Université califorienne de Los Angeles. Avant une autre qu'il donnera, demain mardi,  à la fameuse université de Berkeley (UCB) de San Francisco.

Croque Cactus.

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André Azoulay réaffirme les avancées du Maroc (titre d'origine)

 

Le Conseiller a précisé lors d’une conférence organisée par l’Institut International de l’Université de Californie et de Los Angeles, que le Maroc a consolidé son leadership régional grâce à la cohérence et à la globalité des réformes initiées par SM le Roi.

« Dans une région en pleine mutation et où les processus de transition seront longs et parfois incertains, le Maroc a consolidé son leadership fondé sur la cohérence, la dynamique et la globalité des réformes initiées par SM le Roi Mohammed VI », a souligné André Azoulay, Conseiller du Souverain, lors d’une conférence organisée par l’Institut International de l’Université de Californie et de Los Angeles (UCLA) en partenariat avec le Centre Culturel Maroco-Américain de Los Angeles, fondé en 2004 par le scientifique à la NASA Kamal Oudrhiri,  sur le thème: Croissance et stabilité en Afrique.

Ajoutant que : « Ancrées dans le consensus national autour des institutions du Royaume, ces réformes s’appuient et se nourrissent de l’écoute et des apports de la société civile marocaine qui a su trouver sa place dans le débat national, dans la richesse et la diversité de toutes les sensibilités ». Notamment, dans un environnement régional en quête de repères, le Maroc a passé un seuil décisif et exemplaire avec sa nouvelle constitution plébiscitée lors de la consultation référendaire de juillet 2011 et dont le préambule réaffirme la profondeur plurielle de l’identité marocaine riche de ses influences amazighe, arabe, hébraïque, andalouse, hassani et méditerranéenne, a indiqué le Conseiller de SM le Roi.

Par ailleurs, il a souligné que « la stabilité politique et économique du Maroc se [traduisait], chaque année, par des flux d’investissements directs étrangers (IDE) de plusieurs milliards de dollars, ce qui renseigne sur la santé et l’attractivité de l’économie marocaine aux yeux des investisseurs internationaux à la recherche d’espaces stables de croissance et de valeurs ajoutées ».

André Azoulay, qui s’exprimait devant un parterre d’académiciens et d’hommes d’affaires, a indiqué que cette stabilité a permis au Maroc, signataire d’un accord de libre-échange avec les Etats Unis, de se positionner en tant que plate-forme idéale d’accès au continent africain, dans un prolongement naturel des relations privilégiées du Royaume avec plusieurs pays de cette partie du monde. Les compagnies marocaines spécialisées dans les domaines des télécommunications, du secteur bancaire et du transport aérien, entre autres, sont aujourd’hui présentes dans plusieurs pays africains dans une logique de gagnant-gagnant fortement imprégnée de respect mutuel, en droite ligne d’un passé commun riche en échanges culturels et humains.

Enfin, le Conseiller a parlé de la richesse du projet de développement mis en œuvre à Essaouira fondé sur le patrimoine, la culture et les valeurs d’altérité et de synthèse spirituelle et culturelle portées par tous les festivals qui forgent l’identité contemporaine de la Cité des Alizées.

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Source : http://www.labass.net/4122-andre-azoulay-reaffirme-les-avancees-du

 

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International Institute Student Association
ANDRÉ AZOULAY, SENIOR ADVISOR TO H. E. KING MOHAMMED VI OF MOROCCO

ANDRÉ AZOULAY, SENIOR ADVISOR TO H. E. KING MOHAMMED VI OF MOROCCO

GROWTH & STABILITY IN AFRICA. Mr. Azoulay will discuss Morocco’s role in Africa and importance of continent wide cooperation. He will address the importance of peace and stability as prerequisites to economic growth and share his predictions and expectations for Africa.

Wednesday, February 20, 2013
5:00 PM - 6:30 PM
Korn Convocation Hall
Entrepreneurs Hall (Building C)
UCLA Anderson School of Management
Los Angeles, CA 90019

André David Azoulay is Senior Advisor to His Majesty King Mohammed VI of Morocco, President of the Anna Lindh Euro-Mediterranean Foundation for the Dialogue between Cultures, President of the Executive Committee of the Foundation for the Three Cultures and the Three Religions, based in Seville, Spain, a founding member of the C-100 Davos Forum for the Dialogue of Civilizations and religions and Chairman of the International Advisory Board of the Shimon Peres Center for Peace.

Born in Essaouira-Mogador, Morocco, Mr. Azoulay was educated in Paris where he studied economics, journalism and international relations. He is presently Senior Advisor to His Majesty Mohammed VI and before that to his father, His Majesty the late King Hassan II. In his capacity as advisor, he is largely credited with implementing economic reforms that have revitalized the private sector and encouraging international investments that have powered economic growth in Morocco. Prior to his current position, he had a long career with the Paribas Bank in Paris as Executive Vice-President of Middle East and North Africa Regions as well as head of the Bank Public Affairs department. Mr. Azoulay is an ardent ambassador of Morocco throughout the world and has been instrumental in improving relations with the European Union and the USA.

In addition to his professional responsibilities, Mr. Azoulay is a strong advocate for peace and dialogue between the Arab Muslim World and that of the Jewish Communities in Europe, the United States, Morocco as well as the global Arab and Jewish diasporas. For over 30 years he has taken an active part in supporting organizations and initiatives whose primary purpose is to foster better understanding and mutual respect between Islam and the Western World.  He is well known for contributions to the peace process in the Middle East and for the many interfaith cross-cultural initiatives he has spearheaded.

In 1974, Mr. Azoulay founded “Identité et Dialogue”, a Sephardic Jewish group, in Paris, which later became one of the first Jewish organisations to call for a Palestinian State that co-exists in peace, side by side with Israel. In 2005, Mr. Azoulay was nominated member of the High Level Group for the Alliance of Civilizations, set up by the United Nations, co-sponsored by Spain and Turkey to address relations between Islam and the Western World. In 2006, Mr. Azoulay received an honorary doctorate from Ben-Gurion University of the Negev “as a Jew whose roots lie in Morocco, who has devoted his time and energy to a life-long quest for coexistence between Jews and Arabs in the Middle East and Northern Africa.”

Mr. Azoulay is also a fervent supporter of the revival of his home town which has a specific place in the historical, cultural and spiritual heritage of Morocco. He is the founding President of the Essaouira-Mogador Foundation for Arts, Culture and Heritage as well as the President of the Association Essaouira-Mogador which has established an original approach to the durable development of the city based on its cultural and spiritual legacy.

Mr. Azoulay belongs to the Board of several economic and financial institutions. He is also a member of the Royal Academy of Morocco and of the Royal Academy of Spain for Economic and Financial Sciences. Doctor Honoris Causae of the Desert University (Bersheva), he has been honoured with the titles of “Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’Honneur (France) and also “Commandeur dans l’Ordre du Trône” (Morocco).

 RSVP for this event here http://ucla.in/Tx2peO

Parking: Parking is available for $11 in P4. From Sunset Blvd turn onto Westwood Plaza proceed straight ahead to the ramp leading to the underground Parking and Information Kiosk in Parking Structure 4 (P4).

Cost: Free and open to the public with RSVP

Special Instructions

RSVP here: http://ucla.in/Tx2peO

For more information please contact

UCLA African Studies Center
Tel: 310-825-3686
africa@international.ucla.edu
www.international.ucla.edu/africa

Sponsor(s): Center for Near Eastern Studies, Department of History, Center for Jewish Studies, Anderson Center for Global Management/CIBER, Moroccan-American Cultural Center in Los Angeles

Evening of Moroccan Gnawa Music
An evening of music with the godfather of Gnawa music, Hassan Hakmoun, one of the most notable figures in contemporary Moroccan music.
2/23/2013
7:30 PM 9:30 PM
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Publié dans Conférence

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Pourquoi la France est visée en Afrique francophone

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou

La conviction ou du moins l’opinion de François Hollande, le Président de la République de France, à propos du kidnapping, il y a quatre jours, de sept touristes français au Nord du Cameroun, selon quoi les intérêts de la France étaient menacés avant l’intervention, le sont durant et le resteront probablement après par le terrorisme indiquerait  une certaine idée qui prévaudrait  à l’Elysée et au Quai d’Orsay ; à savoir que la France est bien la cible privilégiée de groupes armés, qu’ils soient constitués de bandits de grands chemin ou de djihadistes à vocation  terroriste.

Evidemment ce qui chiffonne pour ne pas dire déroute les analystes attitrés des plateaux de télévision comme de petits fours, et par la même occasion fait couler beaucoup d’encre dans les rédactions parisiennes, c’est pourquoi la France est plus visée que d’autres pays occidentaux comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne…

Outre le fait que la France apparaisse aux yeux des filières du rapt et du djihad au Sahel comme la capitale occidentale qui est la plus prompte à payer d’éventuelles rançons en échange de la libération de ses ressortissants, il y a d’autres faits qui sont bien là et qui font de Paris une cible toute indiquée du djihad international et de ses sous-traitants que sont les filières du kidnapping. Ces faits sont nombreux et notre propos n’est pas de les égrener tous ici. Ils sont liés à la politique internationale de Paris, mais aussi à sa politique intérieure. C’est-à-dire que la France qui lutte contre les Talibans en Afghanistan et  s’active contre  le régime despote de Bachar Assad s’affiche en même temps bras dessus bras dessous avec d’autres régimes non moins liberticides comme celui du Qatar ! De même, la France légalise le mariage gay en grande pompe comme si elle veut donner plus de piquant à sa décision de pénaliser le port du voile. Enfin les putschs successifs ou les élections présidentielles mouvementées font toujours apparaître la France aux yeux du camp perdant comme, passez moi l'expression, un «fouteur de merde».  Evidemment tous ces faits font que l’Hexagone apparaît aux yeux des fanatiques islamistes ou de nationalistes en perte de vitesse comme un grand Satan qu’il faut combattre.

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Néanmoins, une question brûlante demeure entière : pourquoi la guerre des filières djihadistes contre la France semble se concentrer sur le Sahel et certain  pays frontaliers ?

Si l’on examine la « carte vigilance » mise au point par le Quai d’Orsay à l’adresse des voyageurs français,  on constate que seule une partie du Mali, de Mauritanie et du Niger est surlignée en rouge (zones formellement déconseillées), le reste de la Mauritanie (côté ouest) et des deux autres pays (côtés sud) sont colorés en orange (déconseillé sauf raison impérative). Alors que des voisins comme le Burkina (ex Haute Volta) et le Sénégal le sont en jaune (vigilance normale). Et c’est là où réside effectivement l’erreur d’appréciation des services concernés. Le côté pépère du Sénégal ou du Burkina endort en quelque sorte la vigilance de ces services. Qui ne décèlent pas toutes subtilités liées à des changements significatifs qui naissent dans ces pays «débonnaires». Qui aurait cru qu’un jour des slogans de type «France dégage!» allaient être brandis à Tunis ? Une preuve de ce manque de « discernement » de la part de qui de droit est le Cameroun, où sept touristes français ont été kidnappés il y a quatre jours par des filières du rapt qui vont probablement les « fourguer » à des groupes djihadistes situés plus au nord. Le Cameroun n’apparaît même pas sur la carte du ministre des Affaires étrangères ! Idem du Bénin (ex Dahomey), de la Cote d’Ivoire et du Togo. Qui se souvient encore d’une certaine «Organisation commune africaine et malgache» (OCAM), née à Nouakchott le 12 février 1965 ? Elle réunissait douze pays africains francophones : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Niger, le Tchad,  le Madagascar, la Haute Volta (actuel Burkina Faso), le Dahomey (actuel Bénin), la République centrafricaine, le Congo Brazzaville ainsi que du Gabon, le Rwanda et le Congo. Or il se trouve que la majorité de ces pays ont été le terrain d’activisme de plusieurs missionnaires durant plus de 25 ans de l’internationale islamiste (et ça continue sous d’autres formes), surtout durant les décennies 1960 et 1970. Tenant une mallette de billets verts d’une main et le coran de l’autre, ces ambassadeurs de la confrérie musulmane ont profondément semé les graines de l’extrémisme et du tribalisme dans ces pays. Retrouvant un climat propice, ces semis sont tout simplement en train de germer !

Publié dans Analyse

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Le CCG au bord de l’éclatement

Publié le par Karim El Maghribi

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Selon des informations concordantes, les Emirats Arabes Unis (EAU) envisageraient de claquer la porte du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Et ce pour des raisons politiques et économiques. D’un côté, on a la Fédération émiratie qui ne gagnerait plus grand-chose à demeurer dans l’union qui comprend aussi l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn et Oman ; et de l’autre il y a les nouvelles règles de fonctionnement du club imposées par Ryad pour contrer l’influence iranienne et peser sur la guerre en Syrie qui sont autant d’entraves à la liberté de manœuvre d’Abou Dabi. Lequel veut avoir les coudées franches pour mener se affaires et négocier tranquillement son différend territorial avec l’Iran (Îles Hanish), et surtout préserver le climat de liberté qui prévaut dans certains Emirats de la Fédération notamment Dubaï dont le tourisme du business et le commerce sont tributaires du mode de vie occidental dubaïote. Or, ces dernières années, la Fédération émiratie assiste avec inquiétude à la montée en puissance de l’influence des frères musulmans, au Bahreïn et au Koweït, alors que les mécanismes de fonctionnement du CCG se raidissent à la défaveur des intérêts d’Abou Dahabi ; dans ce sens que la Fédération ne gagne presque plus rien en termes d’échanges commerciaux avec ses partenaires. D’autant que Ryad ne cacherait pas son souhait de voir le Yémen (pays cher à l’Arabie saoudite) rejoindre le CCG une fois la paix y sera revenue. Une éventualité qui donnerait des cauchemars aux Emiratis rien qu’à y penser !

Une chose néanmoins est déjà acquise : si ce n’est pas les EAU qui claquent la porte du CCG ce sera le très riche Emirat Dubaï qui le fera indirectement en quittant la Fédération émirati. CQFD.

Publié dans Confidentiel

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Sud marocain : Démolition d’une ancienne école juive à Inezgane

Publié le par Karim El Maghribi

 

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Depuis  samedi matin, l’ancienne école Al Fadila (La vertu) n’est plus qu’un amas de ruines après que les bulldozers aient démoli son aile jouxtant le Café Tazi. Fermée depuis le milieu des années 1980, elle a servi de local aux œuvre sociales de l’éducation nationale et occasionnellement de centre de dépistage du Sida. Sous prétexte qu’elle menaçait ruine et constituait de ce fait un danger public, un arrêté préfectoral en a ordonné la démolition pour construire à sa place un centre de soin et un jardin public.

Mais les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. En publiant un communiqué où ils dénoncent la décision de démolition, ils appellent le public à un sit-in, demain lundi 18 février à 18h30, devant l’école (communiqué ci-joint). En fait les syndicats et la société civile soupçonnent que  derrière l’acte de démolition se cachent de puissants lobbys de l’immobilier.

Ayant vu le jour dans les années 1940, elle accueillait durant les années du protectorat les enfants marocains de confession juive et ceux de la communauté française. S’étendant sur 3500 m2, elle était située au mellah (quartier juif) à côté de la synagogue d’Inezgane, l’un des fiefs du parti islamiste PJD, au pouvoir.

 

 

Communiqué :

https://ajax.dedikam.com/ajaxplorer/public/6b3a8b6991dc2b6041349de0e1928506.php?dl=true

 

Articles liés :

http://chankou.over-blog.com/article-31944390.html

http://chankou.over-blog.com/article-31549693.html

Publié dans Société

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Cinéma marocain : le 7ème ciel à défaut du 7ème art !

Publié le par Karim El Maghribi

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Je ne regarde presque jamais de films marocains ! Non pas par snobisme ou mépris mais par choix personnel.  Je l’ai toujours répété, on regarde un film marocain en  cours d’après-midi, et le soir venu la star de ce film vous croise au hammam du quartier et vous demande sans ciller de lui la savonner le dos !  C’est en effet le misérabilisme déguisé en modestie des acteurs marocains, qu’ils soient de cinéma ou de halqa (théâtre), qui m’empêche à aller voir un film marocain, même quand il est encensé par des journalistes qui aiment les projections en avant première et surtout gratos. Ce misérabilisme qui s’explique par le manque de confiance des acteurs marocains dans leurs capacités et utilité sociale a des conséquences dramatiques sur les réalisateurs  et cinéastes ; dans ce sens que ces derniers ont tendance à considérer le monde des acteurs comme un cheptel d’ovins dont ils peuvent se servir comme ils l’entendent. Si nos acteurs étaient de véritables stars comme le sont les acteurs de Hollywood  qui négocient leurs contrats à coups de millions en posant et imposant leurs conditions, les producteurs et réalisateurs marocains auraient fini par se rendre à l’évidence en améliorant leurs camelotes. Mais tant qu’un réalisateur ou un moul chkara peut trouver à sa guise des acteurs sur simple coup de fil ou en faisant un tour rapide au café qui leur sert de moquef (bureau de placement), il continuera à leur proposer des rôles minables et bidon voire dégradants en contrepartie de quelques dirhams si modiques que la plupart sont obligés d’arrondir leurs fins de mois en tournant des sports publicitaires. Franchement ! Jusqu’à quand les cinéastes marocains continueront-ils à se cacher derrière  la modicité des aides publiques et la lourdeur des tabous sociaux pour justifier la médiocrité de leurs produits, tant sur la forme que sur le fond ? Sait-on que certains films sont faits en moins de deux mois ? Par des cinéastes qui se prennent pour des avant-gardistes  incompris alors qu’ils ne sont en réalité que des cameramen  de mariage.

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Ok ! Parlons du top. Casa Negra a séduit la critique et ceux qui l’ont regardé au ciné comme sur DVD. J’ai fait un effort et j’ai vu ce film. A part quelques passages émouvants qui peuvent être bien abordés dans le cadre d’un très court métrage, le reste c’est du mauvais copier-coller.  Du mauvais Tarantino (et pardon pour cet excellent cinéaste) à tous les étages. Quand on attend des plans osés de Casablanca by night la caméra nous sert des images plates et sépia si floues que le spectateur se demande si le film datait d’avant guerre. En fait cette façon simple de filmer cache un amateurisme technique et une pudicité stylistique.  Laquelle est bravée un bref moment par des images hard mais que la folie du comparse remet vite dans un cadre irréel. L’honneur est sauf ! Là on sent bien  le désarroi de l’auteur du film qui peine à faire une œuvre qui sort de l’ordinaire sans tomber dans le vulgaire.

Plusieurs fois j’ai trouvé « Les Larmes de regret » de Hassan Moufti (1982) beaucoup plus en avance sur son temps. Ma parole !


Publié dans Humeur

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Judaïsme marocain : la résurrection de Slat al Fassiyine

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Une vue de Slat al Fassiyine avant restauration à l'identique. Toshabim (de rite local), elle daterait du XVIe

Simon Lévy devrait être boire du petit lait dans sa tombe. L’ancien Directeur de La Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain (FPCJM) n’a jamais raté une occasion pour crier haut et fort qu’il fallait absolument sauver Slat al Fassiyine. Il me l’a encore répété au musée juif de Casablanca, deux avant sa disparition. En effet, décédé en décembre 2011, Simon Lévy qui a assisté et contribué à la restauration de sept ou huit synagogues au Maroc depuis le milieu de la décennie 1990, ne pourra jamais admirer la « résurrection » de al Fassiyine ni être parmi les nombreux convives, dont de très hautes personnalités, invitées pour son inauguration au mellah de Fès. Il faut dire que l’évènement est grandiose et a nécessité beaucoup d’argent : outre, André Azoulay, le Conseiller de SM le Roi, ont assisté à la cérémonie le Chef du Gouvernement, Abdelilah Benkirane, le Ministre de l'Intérieur, Mohand Laenser, le Ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi, le Président du Parlement Fédéral Allemand, Norbert Lammert, Serge Berdugo, le Président du Conseil de la Communauté Juive du Maroc, Driss El Yazami, le Président du Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CSME), Jacques Toledano, membre actif de la communauté juive de Casablanca, Samuel Lee Kaplan  Ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, le Président de la Communauté juive de Fès, Armand Guigi...

 


Après restauration.  Au 1er plan, Mohamen Laenser, le ministre de l'Intérieur

Al Fassiyine était la seule synagogue au Maroc où les prières étaient dites selon le rite ancien des « ahabat ha-qadmonim »*. « Historiquement, l’édifice a connu des péripéties depuis sa construction, il y a trois siècles. En 1791-1992, Moulay Yazid fit sortir les Juifs du Mellah pour les parquer dans un village de huttes, du côté de la kasbah des Chrarda. Slat al Fassiyine était alors une prison où furent enfermés des Juifs récalcitrants, tandis qu’une mosquée était établie au Mellah, désormais quartier militaire. Plus tard, le roi Moulay Slimane ordonna la destruction de la mosquée: «Elle est impure, expliqua-t-il, car construite sur l’injustice», lit-on sur l’une des brochures qui présente la synagogue et que le défunt Simon Lévy montrait avec ferveur à toute personnalité susceptible d’aider à sa résurrection. Sur une autre brochure, on lit ceci : « Les Juifs réintégrèrent leur quartier et prièrent encore longtemps, selon le rite «des Fassis».

En 1972, la Slat fut démantelée, dépouillée puis transformée en tapisserie ! La FPCJM et la communauté juive de Fès, avec plusieurs donateurs et institutions (des dons notamment de la République Fédérale d'Allemagne, de la Communauté juive de Fès, de la Fondation Jacques Toledano, de Serge et Jacques Berdugo et de la famille Simon Levyont réussi à lui donner une nouvelle vie, en mettant la main à la poche.

(*) «Ahbat ou ahvat qadmonim» signifie littérralement «amours anciens» en amazigh «amarg nwili zwarnin». Il s'agit de chants religieux d'extraction locale, dits à la gloire de Dieu et de ses Prophètes. Pour moi le mot hebreu «ahvat ou ahwat» aurait donné le mot berbère «ahwach» qui signifie chant.


Fass

Publié dans On en parle

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Une escroquerie nommé Citadine

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Ahmadinejad au Caire pour minimiser le leadership saoudien

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le rôle de meneur de pays arabes,  dévolu traditionnellement à l’Egypte depuis son indépendance, et qui a été mis en sourdine entre 1982 et 2012, sous Moubarak au bénéfice de l’Arabie saoudite, à cause notamment  de l’accord de paix avec Israël, revient en force avec l’élection de Mohamed Morsi en juin 2012. Mais le bras de fer entre le nouveau pouvoir représenté par Morsi et l’opposition, qui commence s’éterniser, a laissé un  petit espoir à Ryad pour garder son rôle par défaut de leader du monde arabe sunnite. Un espoir éphémère, en tout cas ; car la visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Caire à l’occasion du XIIe sommet de l’Organisation de la coopération islamique (la première visite du genre depuis la révolution islamique de 1979) vient  de rebrasser les cartes. Une visite win-win, où l’Egypte comme l’Iran ont tout à gagner. Si Le Caire peut l’utiliser pour redorer son blason et s’affirmer comme élément incontournable dans la région à la veille de la première visite officielle de Mohamed Morsi aux Etats-Unis, lesquels affichent leur intention  de ramollir le  ton face à l’Iran en ce qui concerne son programme nucléaire, Téhéran, par contre, verra dans la présence effective de Ahmadinejad au Caire une occasion inespérée pour remuer une minorité chiite de deux millions d’âmes (2,5 % de la population), qui a toujours  souffert de l’instabilité dans son existence  à cause de l’oppression et de la marginalisation. En effet la loi de 1937 sur la liberté des religions et des cultes donne l’absolue primauté aux sunnites dont les salafistes wahhabites aux détriments d’autres minorités musulmanes. Un état de fait qui explique la position hostile exprimée haut et fort par de Al Azhar, la plus haute autorité sunnite en Egypte, quant à cette visite du président iranien. En effet, les mollahs iraniens peuvent être tentés de manipuler à leur guise cette communauté chiite égyptienne comme le fait l’Arabie saoudite en manipulant la minorité arabe d’Al Ahwaz  en Iran.

Publié dans Edito

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