Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Débat sur la darija au Maroc : Laroui remet Ayouch à sa place

Publié le par Karim El Maghribi

Laroui.jpg

Le Professeur Abdellah Laroui sur le plateau de 2M TV

La confrontation télévisée entre le professeur, historien et philosophe Abdellah Laroui et le publiciste et acteur associatif Noureddine Ayouch, diffusée en direct sur la chaîne casablancaise 2M, le mercredi dernier en prime time, a crevé l’abcès. Un abcès qui allait tourner en gangrène tellement la question de l’introduction des langues maternelles dans l’enseignement préscolaire intéresse gravement tout Marocain jaloux de son identité et soucieux de son devenir ; puisque c’est de l’avenir des générations futures de Marocains, donc du Maroc, qu’il s’agit ! Je ne vais pas revenir très en détail sur les quelques 70 minutes de débats entre les deux hommes, confrontation où Laroui a largement convaincu le public marocain de la frivolité de l’idée que défend le camp Ayouch ; à savoir l’usage des langues maternelles ou dialectes dans l’enseignement préscolaire. Mais je ne peux m’empêcher de zoomer sur quelques passages croustillants. L’auteur entre autres de « L’Histoire du Maghreb » (1970), a non seulement remarqué que l’usage des langues maternelles dans l’école est déjà une réalité puisque les enseignants et instituteurs ne s’interdisent pas de parler darija avec leurs élèves mais a attiré l’attention sur le fait que l’officialisation de cette idée outre sa difficulté d’être mise en pratique du fait de la multitude des dialectes maternels (excepté dans le cadre d’une vraie régionalisation, défendu par Laroui, mais on en est encore loin) risque de figer le pays dans une sorte d’ « autisme » linguistique et civilisationnel. Abdellah Laroui cite à cet égard une série d’exemples tous plus intéressants les unes que les autres dont celui de l’Etat de Malte, Etat européen dont la langue maternelle est l’arabe, langue que les croisés, explique Laroui, ont transposée en caractères latins dès leur récupération de l’archipel. Cette langue est enseignée dans les écoles maltaises, poursuit le philosophe, mais dès la classe de 5e les élèves apprennent l’anglais, ce qui fait que les Maltais ne connaissent, en réalité, que la langue anglaise. Le maltais est réduit ainsi à l’état d’une relique plus que morte ! Mais c’est sur l’UNESCO, l’un des arguments que Ayouch a mis en avant pour défendre son bifteck, que Laroui a tiré à boulets rouges. Le penseur marocain a comparé judicieusement cet organisme onusien, chargé de l’éducation, aux Instituts de Brettons Woods qui ne pensent qu’à libéraliser la monnaie en ignorant les spécificités et les contraintes du Maroc. L’homme de lettres a usé de ce comparatifs pertinents pour dire que l’objectif de l’UNESCO est en fait la formation de Marocains « fonctionnels », des sortes de citoyens « BCBG pasteurisés », bon pour travailler dans les usines, sans aucune possibilité de s’améliorer ni d’élever leur niveaux scolaires ; en somme des individus alphabétisés mais illettrés, de la volaille aptère ! A ce titre, l’intellectuel cite des pays de langue maternelle swahili comme la Tanzanie qui a connu presque le triste même sort linguistique que Malte. Enfin, en ce qui me concerne, j’adhère totalement à la position défendue par le professeur Laroui. En effet, je pense que personne n’a le droit de prendre en otage les prochaines générations de Marocains et d’en faire des manchots linguistiques ; personne n’a le droit de les priver de tirer bénéfice des centaines de milliers de tonnes de pages de trésors livresques écrits en langue arabe littéraire moyenne ou supérieure (1) par les penseurs, poètes, philosophes, théologiens, historiens, géographes, médecins, astronomes, juristes… arabes, perses, berbères ou juifs. Pour ce qui est du billet que j’ai publié suite à la série d’interviews de Abdellah Laroui dans Al Ahdath Al Maghribia (un quotidien arabophone de Casablanca) sur le même sujet, je fais amende honorable et je retire ce que j’ai écrit contre l’écrivain. Ma réaction qui j’avoue incompréhensible et effrontée, a été dictée par le fait que l’auteur de « Le Maroc et Hassan II » a impliqué le Coran dans ces répliques au journaliste de Al Ahdat, ce que je trouvais inutile ; car quel que soit ce que l’on pense de la langue du Coran, facile ou difficile, le miracle du Saint Livre ne réside pas tant dans son contenu ni dans son contenant mais dans la valeur qu’il a aux yeux de centaines de millions de personnes dans le monde, pour qui il demeure le premier livre lu (parfois l’unique, important dans un pays comme le Maroc ou les écrits profanes les plus lus sont les prospectus de supermarché ), le premier médicament bon marché (ça compte dans des pays où l’Etat n’assure pas même le service minimum en matière de santé publique à ces ressortissants indigents) et last but non least, le premier liant spirituel de la nation, d’autant que la tendance actuelle pousse vers la désunion des composantes sacrées de la nation.

 

(1) Dans la troisième partie de son interview dans Al Ahdath Al Maghribia, Abdellah Laroui affirmait que le Coran n’est pas écrit en «arabe fosha». Pour lui l’unique ouvrage écrit en langue difficile est les Maqamat Al Hariri.

Publié dans Focus

Partager cet article

Repost 0

Benkirane entre réveillon politique et gueule de bois économique

Publié le par Karim El Maghribi

 

abdelilah-benkirane1

Plusieurs lectures d’une petite phrase prononcée tout fraîchement par le chef de la coalition au pouvoir : L’islamiste light (pas au sens lampant du terme) Abdelilah Benkirane qui haranguait dimanche ses co-militants dans le cadre d’une réunion de la section du PJD à Kénitra, en prévision  de la réunion de son conseil national, prévue les 29, 30 et 31 décembre (une première : le PJD invente le réveillon politique !). Le patron du PJD a déclaré lors de cette fête partisane à Kénitra, ville dirigée par son ami et ministre de l’Equipement et du Transport Abdelaziz Rabbah, que la promesse électorale d’un salaire minimum à 3.000 dirhams sera réalisée à la fin de l’actuelle législature. C’est-à-dire, sauf accident de parcours, vers l’été 2016 !

Pourquoi dans trois ans et pas maintenant ?  Réponses. Deux essentiellement.

1)     Prudence politicienne. Parce que Benkirane tient à la cohésion de sa coalition qu’il sait qu’elle ne tient qu’à un fil ténu. Une augmentation du Smig (salaire minimum garanti) mécontenterait en fait le RNI, proche du milieu des affaires, et le gouvernement volerait  alors en éclats et définitivement cette fois ;

2)     Joker de la politique de la terre brûlée. Si Benkirane sent, en fin de mandat, que ses chances de rempiler son minces ou compromises il voudra alors garder en main un petit joli cadeau qu’il léguera à ses éventuels successeurs. Autrement dit le parti qui sortira vainqueur en 2016 se retrouvera avec un fait accompli ou plutôt se retrouvera lesté d’un énorme boulet dont il ne saura quoi faire. Deux possibilités à ce moment là. Soit le nouveau chef du gouvernement reviendra sur le cadeau de Benkirane et signera sa perte, et du même coup le retour de ce dernier, soit il le maintient et ses jours seront comptés sur les doigts d’une main.

Maintenant voyons le cas où Benkirane décrètera le Smig  à trois mille balles tout en rempilant en 2016. Sans avoir besoin d’être un économiste chevronné,  ce salaire minimal ne sera d’aucun secours aux masses laborieuses dont les syndicats le réclamaient déjà depuis 10 ans. Avec une inflation qui risque de repartir en chevauchée à tout moment et le coût de la vie qui se renchérit à coup de taxes sans perdre de vue les effets désastreux et diaboliques de la décompensation en catimini, les 3.000 dirhams vaudront en 2016 le Smig d’il y a cinq ans, en 2008. Sinon moins.

Conclusion : la politique de Benkirane se résume en peu de choses. En le binôme carotte/déluge. « Vous voulez le paradis alors suivez-moi  jusqu’à la fin de mon mandat sinon ce sera l’enfer », semble prévenir Benkirane.Pathétique et mesquin.

 

Errata : on nous a écrit pour attirer notre attention sur la date du prochain Conseil national du PJD qui est du 28 au 30 décembre inclu et non pas comme l'a écrit du 29 au 31 décembre inclu. En tout cas ça ne change rien au fond de notre article d'autant que nombre de conclaves partisans ont l'habitude de jouer les prolongations.

Publié dans Analyse

Partager cet article

Repost 0

Jean Daniel et le Prince Hassan Bin Talal reçoivent le prix Averroès à Marrakech

Publié le par ALM

Cérémonie de remise du Prix Averroès (Titre d'origine)

 

Prix Averroès

André Azoulay remettant le prix à Jean Daniel, à droite au second plan le Prince El Hassan Ben Talal

   

 

Son Altesse Royale le Prince El Hassan Ben Talal de Jordanie et Jean Daniel, PDG du «Nouvel Observateur», ont reçu samedi le Prix Averroès, une distinction internationale décernée à des personnalités méditerranéennes dont l’œuvre et l’action s’inscrivent dans la filiation du Grand penseur de Cordoue.

La cérémonie qui s’est déroulée en présence de André Azoulay, Conseiller de SM le Roi, du ministre de l’enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, d’ambassadeurs accrédités au Royaume, du wali de la région, des représentants des autorités locales et les initiateurs de cette distinction qui se veut une promotion d’un nouvel humanisme en Méditerranée inspiré des valeurs véhiculées par cette figure emblématique de la pensée arabo-islamique de l’Andalousie du XIIème siècle.


Intervenant à cette occasion, M. Azoulay a relevé que cette distinction est pleine de sens au vu de la carrière, de l’œuvre et de l’humanisme des deux personnalités distinguées par le Prix Averroès, qui est aussi un hommage à ce pionnier de la pensée arabo-islamique qui a su conjuguer la foi et la raison.


Après un vibrant hommage à SAR le Prince El Hassan Ben Talal de Jordanie et Jean Daniel, M. Azoulay a souligné qu’en ces temps de fracture et de régression, il y a grand besoin de relire et revisiter l’œuvre d’Averroès et celle d’Ibn Maimoun, porteur d’une même vision et même philosophie envers le judaïsme.


Les initiateurs du Prix Averroès, le président de l’Université de Cadi Ayyad, Abdellatif Miraoui, le recteur de l’Université de Cordoue (Espagne), José Manuel Nogueras et le directeur de l’Observatoire méditerranéen (Italie), Mohamed Nadir Aziza, ont évoqué l’esprit de cette initiative et assuré que le choix de ces deux personnalités illustre parfaitement son objectif au vu de leurs remarquables carrières et leur contribution à des idéaux tant souhaités pour un espace méditerranéen ouvert et convivial.

 

Source : ALM

Publié dans Dialogue des cultures

Partager cet article

Repost 0

Journée de l'information 2013

Publié le par Abdelkarim Chankou

Partager cet article

Repost 0

Abel Damergi, le Directeur des hôtels du sheikh Hussein Al Amoudi au Maroc « persona non grata »

Publié le par Karim El Maghribi

photo.jpg

Abel Damergi, le patron libanais des filiales marocaines du groupe hôtelier Constellation, devra quitter incessamment le Maroc. Raison : le refus des autorités de lui renouveler son titre de séjour pour « accueil inadéquat »  de certaines hautes personnalités marocaines dont des princes et des princesses, rapporte l’hebdomadaire arabophone Al Ousboue Assahafi dans son édition du 14 novembre courant. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de  cette hôtel, très prisé jusqu’au milieu de la décennie 2000 par la bonne société de Rabat et de ses environs  avant de devenir une adresse sordide et un repaire pour marlous de tout poil, ils doivent savoir que l’hôtel L'Amphitrite de Skhirat  appartenait à Mohamed Filali (le frère du défunt Premier ministre Abdellatif) qui l’a vendu en avril 1998 au groupe à capitaux saoudiens Britannic Hotels Company  pour la somme de 45 millions de dirhams. L’acheteur devait démolir L'Amphitrite et construire à sa place un complexe hôtelier de luxe : le Millennium Palace.    

Bref, Abel Damergi nommé en avril 2012 Directeur Général Régional d’Amphitrite Hotels & Resorts Maroc, une filiale du groupe Hospitality Constellation basée à Dubaï, aura échoué de faire démarrer l’établissement sans céder à la facilité…  

Ousboue.jpg

 

Le libanais qui est passé par certains hôtels des Caraïbes où l’on a l’habitude de traiter la mafia et les crapules sur le même pied d’égalité que les respectables et honnêtes gens du moment qu’ils ont du fric claquer dirige d’autres établissements hôteliers appartenant à Corral Petroleum Holding du Saoudo-éthiopio-yéménite : sheikh Mohamed Hussein Al Amoudi. Lequel holding  possède entre autres filiales au Maroc la raffinerie pétrolière La Samir de Mohammedia en plus d’une série d’établissements hôteliers gérés par le même groupe Constellation : Avanti L’Amphitrite – Mohammedia et le Centre des congrès  à Skhirat.

Notons que depuis le changement de la direction en mai 2012, changement rendu nécessaire par le besoin de faire du cash à n’importe quel prix, le Resort Hotel Marina Smir à Tétouan, le dernier de la nébuleuse le groupe Constellation.

Publié dans Confidentiel

Partager cet article

Repost 0

L’ex ministre PJD El Otmani a-t-il violé le code déontologique des médecins ?

Publié le par Karim El Maghribi

OtmaniBis.jpg

La loi marocaine sur la déontologie des médecins en exercice est claire. Elle interdit toute forme de publicité personnelle sur le métier. Comme le stipule l’alinéa N°1 de l’article 10 de l’arrêté résidentiel relatif au Code de déontologie des médecins (Référence : B.O du 19 juin 1953, page 828). Que voici : Sont spécialement interdits au médecin « Tous les procédés de réclame ou de publicité personnelle de caractère commercial, notamment les appels par la presse ou la radiodiffusion : sauf dans des cas exceptionnels et avec l'autorisation du conseil régional (ou, en cas d'urgence, de son présentant qualifié). Le psychiatre (1) et ex-ministre PJD des Affaires étrangères Saad-Eddine El Otmani a posté un tweet, le 11 novembre à 03h14 (horaire américain) depuis le quartier Hassan à Rabat sur son compte personnel Twitter, où il annonçait qu’il reprenait son métier de médecin psychiatre dans sa clinique personnelle dès le lundi 11 Novembre (date marocaine), après environ de 18 mois passés au gouvernement. Le député d’Inezgane donnait même l’adresse de la clinique à Rabat et son téléphone : Rue d’Oman, N°8, Immeuble C, appartement N°7, près du Cinéma Al Malaki, téléphone : 0537707835 Le président en exercice du conseil national du PJD a-t-il demandé et obtenu l'autorisation du conseil régional (ou, en cas d'urgence, de son présentant qualifié) pour faire sa pub dont en ont fait état plusieurs journaux marocains ont repris ?

 

(1) Diplômé en médecine de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca (1986), il obtint  un diplôme en psychiatrie du CHU de Casablanca (1994).

Publié dans Sans sauce

Partager cet article

Repost 0

Hollande en Israël : booster les échanges économiques et les relations politiques

Publié le par Jpost Edition française

 

  Selon Le Jerusalem Post Edition française François Hollande en Israël les 17 et 18 novembre courant. Sauf changement d’agenda, cette première visite officielle du Président de la république française dans l’Etat hébreu devrait être marquée par un discours devant les membres de la Knesset, comme le veut la tradition chaque fois qu’un chef d’Etat ami se rend en visite de travail en Israël. Mais il sera surtout question d’économie et de culture : La France ne représente que 2,9 % des investissements étrangers dans l’Etat juif alors que plus du 1/5 de la population israélienne est francophone. Aussi, serait-il question lors des discussions entre les délégations française et israélienne du processus de paix entre le Monde arabe et Israël à la lumière de la nouvelle initiative américaine pour résoudre le différend entre Israël et les Palestiniens dans un contexte régional marquée d'une part par le Dialogue euro-arabe qui s’est tenu à Bruxelles les 11 et 12 novembre derniers et qui a été précédé, il y a quelques jours, par la décision du gouvernement belge d’élever la représentation de l’Autorisation palestinienne au rang de Délégation avec octroi de statut d’ambassadeur à son représentant, et d'autre part par la décision du Premier ministre Netanyahu de surseoir à la politique de son Cabinet quant à la construction de 20.000 logements dans les territoires et Jérusalem-Est. De même les dossiers syrien et iranien pèseront fort sur les discussions entre les deux pays amis.

Croque Cactus

/////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Article du JPost édition française:

Hollande en Israël : entre espoir et scepticisme (Titre d'origine)

La visite de François Hollande en Israël annonce un rapprochement

économique. Mais le président viendra-t-il à bout des dissonances politiques ?

 

14:21

"La sécurité d'Israël est capitale pour la France"

"La sécurité d'Israël est capitale pour la France" Photo: Reuters

 

C’est confirmé : François Hollande sera reçu à la Knesset et y prononcera un discours. C’est tout d’abord sur fond de querelle que s’est annoncé ce premier voyage présidentiel en Israël du 17 au 19 novembre prochain. Youli Edelstein, président de la Knesset, a fait savoir que la présence de François Hollande à la Knesset n’était pas souhaitée s’il ne consentait pas à y prononcer un discours, ce qui semblait devoir être le cas. Beaucoup de bruit pour rien, affirme aujourd’hui le nouvel ambassadeur de France en Israël, Patrick Maisonnave, qui évoque le planning encore flou du chef de l’Etat et les difficultés à faire coïncider les agendas respectifs de la Knesset et du président. Fi donc des rumeurs, problèmes de susceptibilité et autres querelles de chapelle, soulevés en cette occasion. « Il est naturel pour un chef d’Etat de souhaiter être accueilli à la Knesset, d’autant plus que François Hollande est un parlementaire dans l’âme. Vouloir s’y rendre est un geste politique fort qui exprime son amitié », veut rassurer le diplomate. Pourquoi qvoir hésité à s’exprimer devant les députés israéliens ? Le dirigeant français craignait peut-être de froisser son électorat par une déclaration d’amitié trop appuyée en cette enceinte.


Beaucoup d’économie…


C’est avant tout le domaine économique qui devrait tenir une place de choix dans la visite du président, attendu aux Journées de l’innovation qui se tiendront les 17 et 18 novembre à Tel-Aviv. Plusieurs grands patrons français seront du voyage présidentiel : Guillaume Pepy, président de la SNCF et d’Eurostar est d’ores et déjà annoncé, ainsi que plus d’une centaine d’entrepreneurs français, décidés à se rendre dans la « Nation start-up ». Des contrats devraient être finalisés et officialisés notamment avec Alstom qui vient de remporter un appel d’offres de plus de 300 millions d’euros pour remettre à niveau les wagons des trains israéliens. Le géant français incube déjà plusieurs start-up d’énergies propres locales via une société de financement baptisée Horizon, dont il est l’actionnaire majoritaire. Par ailleurs Alstom a déjà signé au printemps dernier un contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) d’une valeur d’environ 500 millions d’euros avec le groupe israélien Dalia Power Energies pour la construction d’une des plus importantes centrales électriques privées du pays.


Ce voyage officiel sera également l’occasion de lancer le fond d’investissement « Parrainer la croissance ». Composé d’investisseurs français dont l’objectif est de transposer en France le modèle créateur de richesses israélien et servir de potentiel de croissance économique dans l’Hexagone. Israël est un berceau de technologies de plus en plus recherché par les Européens, en passe de devenir un incontournable rendez-vous pour toute économie soucieuse de se maintenir à flot. Le pays compte davantage de sociétés cotées au Nasdaq, la Mecque du high-tech, que tout le Vieux Continent réuni. Voilà qui explique la nécessité pour Paris de lorgner de plus en plus avec envie vers ce petit pays qu’il fustige si souvent par ailleurs. Rien de surprenant non plus quand on connaît l’essoufflement de la France dont l’investissement en capital à risque n’est que de 7 %, alors qu’il caracole autour des 164 % dans l’Etat juif. Par ailleurs, l’Hexagone investit peu en Israël et ses exportations y sont faibles : l’économie française n’y représente que 2,9 % de parts de marché.


… et de la politique malgré tout


Le ministre de l’Economie Pierre Moscovici avait déjà appelé au développement d’un dispositif d’échanges croisés entre les deux pays, lors d’un discours prononcé à la Chambre de commerce Israël-France (CCFI) en avril 2013 et encouragé les entreprises françaises à lutter contre leur fâcheuse tendance à se priver du marché israélien, par crainte des retombées négatives sur le volume des activités avec les autres pays de la région en cas de partenariat économique avec l’Etat hébreu. La France a en effet longtemps privilégié le rapprochement avec les Etats arabes du bassin méditerranéen, au détriment des Israéliens. Mais aujourd’hui, la stabilité d’Israël est perçue comme nécessaire à l’équilibre régional par l’Arabie Saoudite aussi bien que les pays du Golfe. Dans ce contexte, la nouvelle convergence de vues entre Paris et Ryad sur les deux crises majeures qui secouent le Proche-Orient, à savoir la Syrie et le nucléaire iranien, ainsi que sur le désir de contrer l’influence chiite, devrait augurer d’un rapprochement Paris-Jérusalem. De fait, Français et Saoudiens sont d’accord pour s’opposer catégoriquement à un Téhéran nucléaire. Le rôle de la France, salué par les uns et décrié par les autres, est en question après l’échec des négociations de Genève sur le nucléaire iranien. Echec en partie provoqué après qu’elle ait dénoncé le réacteur à eau lourde à Arak qui doit entrer en service l’été prochain. L’occasion pour la République islamiste d’accuser la France de défendre les positions de Jérusalem. « La sécurité d’Israël est cardinale pour la France », martèle Patrick Maisonnave. Reste que les incontournables divergences sur le dossier israélo-palestinien ne devraient pas manquer de souffler le chaud et le froid entre le président Hollande et le Premier ministre Binyamin Netanyahou. D’autant plus que la France soutient les décisions de l’Union européenne concernant l’étiquetage des produits en provenance de Judée-Samarie ainsi que sa décision d’exclure les territoires disputés de sa coopération avec Israël à partir de 2014. Rendez-vous le 17 novembre.


Stay on top of the news - get the Jerusalem Post headlines direct to your inbox!

Partager cet article

Repost 0

Pour que le projet UPM ne devienne ni une usine à gaz ni une auberge espagnole

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou2

Ça va faire bientôt cinq et demi que le projet de l'Union Pour la Méditerranée (UPM) a été lancé par l’ancien Président français Nicolas Sarkozy.

Connue sous la dénomination officielle « Processus de Barcelone », l’idée connaitra moins d’enthousiasme de la part des pays européens du Nord, particulièrement l’Allemagne, notamment à cause des suites de la crise des subprimes, révélée au printemps 2007, et dont les conséquences médiatico-dramatiques ont atteint leur apogée lors des discussions animées relative à la question de la « régulation des activités financières » du sommet du G20 de novembre 2008. A peine née, l’UPM qui était déjà lourdement handicapée par la question isréalo-plestinienne, des pays comme l’Algérie refusant catégoriquement que l’Etat hébreu soit membre à part entière cette organisation euro-méditerranéenne, entrera illico dans une période glaciale. Mais l’idée-matrice demeure entière et les dangers qui pèsent sur elles ne sont plus vraiment de savoir si elle verra le jour un jour, mais sous quel jour ? En réalité l’UPM existe bel et bien, et si elle passe inaperçue c’est parce qu’on lui a fait porter des habits de dissimulation.

En résumé, l’UPM n’est plus vraiment cette Mare Nostrum (ou ce Lac de Tibériade tant chanté par les poètes grecques au moment où le bassin méditerranéen était plus qu’un espace commun) dont les formes ont été déclinées, le 13 juillet 2008 à Paris, sous la coprésidence de Nicolas Sarkozy et de Housni Moubarak, en présence d’autres pays, mais une sorte d’usine à gaz- ou d’auberge espagnole- où chaque Etat industriel apporte dans son escarcelle des projets économiques à vendre ou à confier à leurs homologues du Sud (appelés à jouer le rôle de couveuse ou de salle de réanimation), le temps que la tempête de la crise financière passe.

 

Créer des emplois c’est super !

Sortir des jeunes marocains de l’ornière

du désœuvrement

et de l’inactivité c’est extraordinaire.

Mais faire en sorte

que ces derniers évoluent dans un espace

de liberté, de tolérance, de bien-être

moral et matériel, à l’abri

de l’ignorance et de la haine d’autrui

c’est le rêve de tous!


Personne ne nie ni conteste les bienfaits sur les pays du Sud de tels projets de délocalisation ou de relocalisation ou de joint-ventures … Autrement ce serait cracher dans la soupe. « Le partenariat méditerranéen, qui se concrétise de plus en plus, a contribué à la réalisation de plusieurs acquis indéniables », a affirmé M. André Azoulay qui intervenait samedi lors d'une table-ronde sur « la place de l'innovation et de la créativité dans la communauté méditerranéenne », organisée dans le cadre de la Semaine économique de la Méditerranée (7-8 novembre à Marseille). En effet, le Maroc a profité et continue de profiter de la forte présence- qui va crescendo- des entreprises françaises sur ses terres : « 39 des 40 entreprises du CAC 40 » a rappelé récemment à Marrakech le ministre de l’Economie Pierre Moscovici. Seule l’Espagne est proche du record. Mieux : Après la méga délocalisation de Renault-Nissan à Tanger, des bruits ont couru en marge de la 3e édition du Forum économique mondial (MENA), organisée dans le cadre de cette 7ème édition de la Semaine économique marseillaise, que le constructeur Peugeot envisagerait lui aussi de délocaliser une partie de production dans la ville du détroit. Marhaba, barukhaba, welcome, bienvenido… ! On est épaté ici, au Maroc. Mais on le sera davantage si ces vagues de délocalisations s’accompagnent des mêmes efforts ou du moins de la même attention sur le plan social, culturel et humain. Créer des emplois c’est super ! Sortir des jeunes marocains de l’ornière du désœuvrement et de l’inactivité c’est extraordinaire. Mais faire en sorte que ces derniers évoluent dans un espace de liberté, de tolérance, de bien-être moral et matériel, à l’abri de l’ignorance et de la haine d’autrui c’est le rêve de tous ! L’idéal. Il suffit d’un peu de volonté politique de la part des 28 membres de l’Union européenne.

L’outil est déjà là. Il s’appelle « Fondation Anna Lindh pour le dialogue des culture « et va bientôt souffler sa 10ème bougie en 2014. Que du chemin parcouru en 10 ans ! « Un réseau d’envergure régionale comptant à ce jour plus de 3000 organisations de la société civile. » Un bassin démographique de plus de 700 millions de personnes. Un véritable bouclier anti-xénophobie dédié à la promotion de l’amitié entre les peuples sans démagogie ni arrière-pensée. Et une étude, la première du genre, réalisée en 2010 en partenariat avec le prestigieux institut de sondage d'opinion Gallup, et qui a prédit le séisme des révoltes du Printemps arabes qui ont succédé à son épicentre, localisé à Sidi Bouzid (bourgade tunisienne) à la mi-décembre 2010. Et ce n'est pas fini ! La Fondation Anna Lindh va publier dans les jours qui viennet un deuxième rapport réalisé avec l'aide du même institut Gallup.« Il s'agira de la première étude de cette importance depuis les profonds changements amorcés sur la rive sud de la Méditerranée après la mutation historique partie de la Tunisie en 2011 », a souligné André Azoulay, le Président de la Fondation Anna Lindh, qui s'exprimant lors de la clôture des travaux du Conseil Consultatif de la Fondation Anna Lindh réuni sous sa présidence, du 4 au 6 novembre à Lisbonne, en précisant que le sondage, réalisé par l’Institut « a été réalisé à partir d'un échantillonnage de 13.000 ménages soit plus de 50.000 personnes représentatives des populations du nord et du sud de la Méditerranée. » Qu’attendent dons les dirigeants des pays du Nord pour agir ? L’été arabe ? S’ils ont un petit trou de mémoire, qu’ils relisent la Déclaration du Sommet des Présidents des parlements de l'UPM à Marseille, le 07 avril 2013. Ça leur rafraichira la mémoire... Sinon on ne fera que produire des richesses sur le dos de la misère. Une vieille mécanique. Le bien-être virtuel ou offshore ça fatigue à la longue...

Rabelais le disait bien : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme .»

Publié dans Edito

Partager cet article

Repost 0

Mohammed VI : "les adversaires tentent d’acheter les voix et les prises de position de certaines organisations hostiles à notre pays"

Publié le par MAP

Rabat  -  06 novembre 2013
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, a adressé, mercredi, un discours à la nation à l’occasion du 38ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte.
SM le Roi adresse un discours à la nation à l’occasion du 38ème anniversaire de la Marche Verte (Texte intégral)

Ci-après le texte intégral du Discours Royal :

"Louange à Dieu.
Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

Cher peuple,
Nous célébrons aujourd’hui le 38ème anniversaire de la Marche Verte. Notre détermination est plus forte d’en maintenir le cap, animés du même esprit de patriotisme sincère et de mobilisation collective, pour préserver l’intégrité territoriale de notre pays et conforter son développement intégré.

Si la Marche Verte a permis le recouvrement de nos provinces du Sud, les autres marches engagées sous Notre impulsion, sont vouées, elles, à la consolidation des droits civils et politiques et à la poursuite de la promotion de la nouvelle génération des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux. Notre dessein est de voir le citoyen marocain honoré comme il se doit, nanti des attributs d’une citoyenneté pleine et entière.

C’est dans cet esprit que Nous avons engagé une série de réformes profondes et de chantiers majeurs. Nous les avons inscrits dans une démarche graduelle, qui tient compte des spécificités nationales et s’éloigne des slogans creux destinés à la consommation médiatique, tout en récusant les réactions hâtives face aux développements et aux événements nationaux et internationaux.

Cependant, certaines parties et certaines personnes exploitent à des fins spécieuses l’espace de liberté et d’ouverture dont jouit le Maroc, surtout dans nos provinces du sud.

Le Maroc est certes attaché à une coopération et une interaction positive avec les Organisations internationales des droits de l’Homme qui font preuve d’objectivité dans le traitement des questions le concernant, et accepte en toute responsabilité la critique constructive. Pour autant, il refuse que des organisations, dans des rapports établis à l’avance, prennent prétexte de certains agissements isolés pour essayer de porter atteinte à son image ou de banaliser ses acquis en matière de droits humains et de développement.

Certains, par exemple, tendent, de façon injuste et malveillante,  à ajouter foi à quiconque soutient que l’un de ses droits a été touché, ou qu’il a subi des tortures, tout en ignorant les décisions de justice, et même en faisant l’impasse sur ce que le Maroc accomplit concrètement sur le terrain.
  
En effet, est-il raisonnable de penser que le Maroc respecte les droits de l’Homme dans le nord du pays et les transgresse dans le sud ? 

Tous les Etats refusent d’être l’objet d’agissements attentatoires à leur sécurité et leur stabilité, d’autant plus que la violence, la subversion et l’intimidation des citoyens sont incompatibles avec les droits de l’Homme, et que l’exercice des libertés ne peut se faire que dans le respect de la loi.

Si les prises de position internationales ont pour la plupart un caractère objectif et réaliste, il est, en revanche, regrettable que certains Etats s’inscrivent dans la démarche précitée, faisant sciemment abstraction des réalisations accomplies par notre pays, notamment dans le domaine des droits de l’Homme et des libertés.

Cette confusion et cette ambigüité dans les positions rendent légitime cette interrogation : Y a-t-il une crise de confiance entre le Maroc et certains centres de décision chez ses partenaires stratégiques, concernant la question des droits de l’Homme dans nos provinces du sud ?

En réalité, le fait même de poser cette interrogation indique qu’il y a quelque chose d’anormal en l’espèce.
Cher peuple,

Je ne veux pas t’impliquer dans les aspects juridiques et politiques de la question de notre intégrité territoriale, et des différentes résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, que j’ai déjà évoquées à plusieurs reprises. Mais je tiens à clarifier pour toi les raisons derrière certaines positions hostiles au Maroc.

Certains Etats se contentent de confier aux fonctionnaires le soin de suivre la situation au Maroc. Or, certains parmi eux  sont soit mal disposés à l’égard de notre pays, soit influencés par les thèses de nos adversaires. Et ce sont eux qui veillent parfois, malheureusement, à la préparation des dossiers et des rapports erronés, sur la base desquels les responsables arrêtent certaines de leurs positions.
  
Ces paroles, je te les livre, cher peuple, pour la première fois, mais ce sont des propos que je tiens toujours, surtout aux responsables des grands pays, au Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies et à ses collaborateurs.
  
Mais la raison principale de cette attitude injuste à l’égard du Maroc, tient essentiellement à l’argent et aux avantages par lesquels les adversaires tentent d’acheter les voix et les prises de position de certaines organisations hostiles à notre pays. Ils dilapident de la sorte les richesses et les ressources d’un peuple frère, que cette question ne concerne pas, mais se dresse plutôt comme une entrave à l’intégration maghrébine.
  
Notre peuple fidèle se distingue par son unanimité inébranlable autour de son intégrité territoriale, pour laquelle il est mobilisé collectivement et disposé à consentir tous les sacrifices. En effet, la cause du Sahara est la cause de tous les Marocains sans exception. C’est un devoir dont nous sommes tous dépositaires.
   
Le Maroc, grâce à Dieu, n’a aucun complexe à répondre positivement aux aspirations légitimes de ses citoyens, où qu’ils se trouvent.
  
C’est ainsi que Nous avons, par Notre volonté propre, procédé à la mise en place d’institutions nationales et de mécanismes régionaux de protection et de promotion des droits de l’Homme, mécanismes qui sont connus et reconnus pour leur indépendance et leur crédibilité selon les normes internationales en la matière, et ce, parallèlement au rôle que jouent les partis politiques, les ONG et les médias.
  
C’est dire que le Maroc refuse de recevoir des leçons en la matière, surtout de la part de ceux qui bafouent systématiquement les droits de l’Homme. Quiconque souhaite surenchérir sur le Maroc n’a qu’à descendre à Tindouf, et observer dans nombre de régions alentour, les atteintes portées aux droits humains les plus élémentaires.
  
Malgré les tentatives désespérées des adversaires du Maroc visant à porter atteinte à sa réputation et à sa souveraineté, nous poursuivrons notre coopération avec le Secrétaire général des Nations unies, son Envoyé personnel et les pays amis. Notre objectif est de trouver une solution politique définitive au conflit artificiel autour de notre intégrité territoriale, dans le cadre de notre Initiative pour l’autonomie, qui est reconnue pour son sérieux, sa crédibilité et son esprit réaliste.
  
De même, Nous n’entendons pas hypothéquer l’avenir de nos provinces du Sud, et le subordonner aux développements de la question du Sahara au niveau de l’ONU. Bien au contraire, nous allons y poursuivre notre action tous azimuts de développement intégré.
  
Cher peuple,
  
Nul n’ignore les efforts considérables consentis par le Maroc pour le développement de ses provinces du Sud.
  
En effet, dans le cadre de la solidarité nationale, et contrairement aux allégations des adversaires du Maroc sur une prétendue exploitation des richesses du Sahara, une partie importante des ressources et des richesses des régions centrales et septentrionales du Maroc, est dédiée à la satisfaction des besoins de Nos citoyens du Sud, comme le confirment tous les indicateurs et les données économiques concernant cette région.
  
Soucieux de conforter ce processus, Nous entendons parachever l’élaboration et la mise en œuvre du modèle de développement régional pour nos provinces du Sud, qui a été soumis à Notre Haute Appréciation par le Conseil économique, social et environnemental.
  
Il ne s’agit pas d’une simple proposition de solutions palliatives pour une conjoncture d’urgence, ni de projets isolés déconnectés les uns des autres, mais plutôt d’une vision développementale intégrée, fondée sur une analyse objective de la situation effective dans nos provinces du Sud, en vue de poser les bases fondatrices d’une politique intégrée, à long terme, dans les différents domaines.

Ce modèle, Nous le voulons multidimensionnel, fondé sur l’attachement aux valeurs du travail et de l’effort, du mérite et de l’égalité des chances, un modèle tourné vers l’avenir, où la femme et la jeunesse occupent une place particulière. 
  
Sur le plan économique, ce modèle s’appuie sur des mégaprojets d’investissement propres à stimuler la croissance économique, à créer les richesses et l’emploi et à encourager l’économie sociale et solidaire. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une dynamique de développement durable qui prend en considération la protection de l’environnement et la préservation des droits des générations montantes, notamment en mettant l’accent sur les énergies renouvelables.
  
Sur le plan social, ce modèle repose sur une nouvelle politique axée sur la solidarité, l’équité, la préservation de la dignité des catégories vulnérables, la promotion du développement humain et le raffermissement de la cohésion sociale.   
  
Concernant le volet culturel, ce modèle a pour objectif d’assurer la promotion des cultures et des spécificités locales, illustrant ainsi la place accordée dans la Constitution à la culture hassanie, l’une des composantes de l’identité marocaine unifiée. Ceci passe notamment par l’insertion  de cette culture dans les programmes scolaires, la valorisation du patrimoine architectural et l’encouragement de la création artistique dans la région.
 
Nous tenons à ce que soient réunies les conditions de réussite pour ce projet ambitieux axé sur la créativité et l’esprit de participation. Ainsi, des mécanismes efficients pour une gouvernance responsable seront mis à la disposition de ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la régionalisation avancée, laquelle confère de larges compétences aux conseils élus.
  
Notre but ultime est de faire de nos provinces du Sud un espace de développement intégré, propre à assurer une vie digne pour les populations de la région. Il s’agit aussi de conforter la portée géostratégique de ces provinces en tant que pôle régional de liaison et d’échanges entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Cher peuple,
  
Nos provinces du sud ont constitué, au fil de l’histoire,  le prolongement africain du Maroc, incarnant les liens géographiques, humains et commerciaux séculaires, qui unissent notre pays aux Etats d’Afrique subsaharienne.
  
Fidèle à son appartenance africaine, le Maroc s’est attaché, depuis l’Indépendance, à promouvoir une coopération fructueuse et une solidarité agissante avec ces pays, et à contribuer à la concrétisation des attentes de leurs peuples qui aspirent au développement et à la stabilité.
  
Bien que le Maroc, membre fondateur de l’Organisation de l’Unité africaine, ne siège pas au sein de l’Union Africaine, il œuvre néanmoins à renforcer et à diversifier ses relations économiques avec les pays du continent et à encourager les investissements mutuels entre eux, tant au niveau bilatéral que dans le cadre des instances et des regroupements régionaux.
  
Sur les plans régional et international, notre pays travaille inlassablement à faire prévaloir les causes du continent africain, notamment celles liées à son développement.
  
Ayant à cœur d’insuffler un dynamisme renouvelé à ces relations, Nous nous sommes toujours employé, de concert avec nos frères les dirigeants de ces pays, auxquels nous unissent des liens profonds de fraternité, d’affection et d’entente, à leur conférer un caractère humain et à les hisser au niveau de partenariats solidaires fructueux.
  
En témoignent les visites que Nous effectuons dans nombre de pays africains frères, et les projets de développement concrets dont elles sont porteuses, et qui donnent la priorité au développement humain, aux infrastructures et au raffermissement des liens religieux et spirituels qui ont toujours uni les peuples frères de ces pays au Maroc et à Notre personne, Amir Al-Mouminine.
  
Par ailleurs, nous mettons l’expérience marocaine à la disposition de nos frères africains, dans tous les domaines d’intérêt commun, tout en nous attachant à favoriser les échanges d’expertises et l’implication du secteur privé et des associations de la société civile.

Dans ce cadre, Nous invitons le gouvernement à renforcer les moyens de coordination et de coopération avec ces pays frères dans les différents domaines, et plus particulièrement pour la conclusion d’accords de libre échange avec eux, dans la perspective de réaliser une intégration économique régionale.
  
Parallèlement, notre pays n’a ménagé aucun effort pour contribuer à l’instauration de la paix et de la stabilité dans les différentes régions du continent, et au règlement des conflits par des moyens pacifiques, ainsi qu’aux opérations de maintien de la paix, sous l’égide des Nations unies.
  
De même, le Maroc n’a eu de cesse de réaffirmer la nécessité de faire face aux menaces sécuritaires que connait la région du Sahel et du Sahara, devenue désormais un espace pour les groupes extrémistes et terroristes, le narcotrafic, la traite des êtres humains et le trafic d’armes, avec les effets néfastes que cela implique pour le développement et la stabilité de la région.
  
Notre soutien au pays frère, la République du Mali, dans son combat contre les bandes de l’extrémisme et du terrorisme, et Notre présence personnelle à la cérémonie d’investiture de son nouveau président, ne font que traduire Notre engagement sincère en faveur des causes liées à la paix et à la légalité dans les pays du continent.

Cher peuple,

Les relations privilégiées qui unissent le Maroc aux pays de l’Afrique subsaharienne ne sont pas que politiques et économiques. Ce sont, dans le fond, des liens humains et spirituels séculaires.
  
Eu égard à la situation qui prévaut dans certains de ces pays, nombre de leurs citoyens immigrent au Maroc d’une façon légale ou illégale. Jadis point de passage vers l’Europe, notre pays s’est transformé en destination de résidence.
  
Face à l’accroissement sensible du nombre des immigrés venus d’Afrique ou d’Europe, Nous avons invité le gouvernement à élaborer une nouvelle politique globale relative aux questions d’immigration et d’asile, suivant une approche humanitaire conforme aux engagements internationaux de notre pays et respectueuse des droits des immigrés.
  
Pour illustrer l’intérêt particulier que Nous attachons à ce volet, Nous avons tenu à charger un département ministériel des questions d’immigration.
  
La crédibilité du Maroc en matière de droits de l’Homme, est confirmée, entre autres, par l’accueil largement favorable que cette initiative a rencontré auprès des parties directement concernées par cette problématique, et plus particulièrement les pays subsahariens frères, les Etats de l’Union Européenne, et les différentes instances et organisations onusiennes, régionales et internationales concernées par le phénomène migratoire et les droits de l’Homme.

Afin de conforter cette orientation, le Maroc a présenté, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies de cette année, l’initiative de   l’Alliance africaine pour la migration et le développement.  

C’est une initiative axée sur une vision africaine commune et des principes humanitaires devant présider aux questions migratoires. Elle s’appuie également sur  la responsabilité partagée entre les pays d’origine, de transit et d’accueil, et sur le lien étroit entre immigration et développement.

Parce que la problématique migratoire concerne tous les Etats et tous les peuples, Nous exhortons la communauté internationale à s’impliquer fortement dans le traitement de ce phénomène, de sorte à prévenir les catastrophes humanitaires qu’il occasionne, comme la tragédie que les côtes de l’île italienne de Lampedusa ont connue récemment, et que nous avons tous ressentie douloureusement.

Cher peuple,

L’ouverture de plus en plus marquée du Maroc sur son environnement africain, et la poursuite de l’action menée pour défendre l’intégrité territoriale du Royaume et promouvoir le développement de nos provinces du Sud, sont le meilleur gage de  fidélité au serment éternel de la Marche verte, et à la mémoire immaculée de son leader, Notre Auguste Père, feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu bénisse sa tombe, ainsi qu’au souvenir des braves martyrs de la Patrie.

C’est une occasion pour Nous de rendre un vibrant hommage à toutes les composantes des Forces Armées Royales, à la Gendarmerie Royale, aux Forces Auxiliaires, à la Sûreté Nationale, à la Protection civile et à l’Administration territoriale, pour leur mobilisation constante et leur dévouement dans la défense de l’intégrité, la sécurité et la stabilité de la Patrie.

Wassalamou alaikoum warhamatoullahi wabarakatouh’’.

Publié dans Nation

Partager cet article

Repost 0

Raïssouni ou le mur de soutènement de la Maison Benkirane

Publié le par Karim El Maghribi

Ahmed-Raissouni011112.jpg

Raïssouni au micro de Al Jazeera TV

 

Le théologien Ahmed Raïssouni est-il le conseiller officieux du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane ? L’ex-chef du Mouvement Unicité et Réforme (MUR), bras spirituel du PJD qu’il a quitté en 2003 juste avant les tristement célèbres attentats du 16 mai qui avaient ensanglanté la mégapole, est-il plus écouté par Benkirane que l’est le ministre d’Etat et ami intime de celui-ci Abdellah Baha ? 

 

Même si Benkirane parle rarement- du moins publiquement-, du docteur Raïssouni  (avec qui il ne s’affiche jamais en photo), tout dit, que ce dernier, qui ne rate aucune occasion pour débiter des déclarations hautement politiques enrobées de religion, surtout depuis son retour précipité d’Arabie Saoudite où il a passé quand même plus de 6 ans à l’invitation et aux frais de la cour wahhabite, officiellement pour prendre part à un groupe de théologiens chargés d’élaborer  une encyclopédie sur les règles du Fiqh, tient la télécommande qui contrôle les mouvements du PJD et de son secrétaire général Benkirane.

 

Autrement dit, l’ancien membre actif de l'association Al Daâwa Wa Tabligh (un groupe de prédication) qui possède des antennes dans le monde entier et qui est financée par Riyad malgré qu’elle se définisse comme étant un mouvement soufi, continue se comporter comme le patron du MUR voire comme une sorte de guide de suprême à la sauce iranienne ! Si bien que sans une fatwa de Raïssouni, publiée il y a quelques mois par la presse, Benkirane n’aurait  jamais osé s’allier avec les « centristes » du RNI pour combler la défection de cinq ministres sur six du parti de l’Istiqlal.

 

En plein « vide majoritaire », Raïssouni avait déclaré - certainement à l’adresse de Benkirane - à peu près ceci : « si les circonstances l’exigeraient (les intérêts suprêmes de la nation : Ndlr) il était permis au musulman de déroger à certaines règles… »

Benkir-copie-2.jpg

Et comme cette déclaration, qui rime avec la tradition du camouflage chiite (tokia), coïncidait avec le débat public sur la vente d’alcools au Maroc, nombreux sont ceux qui ont compris la phrase Raïssouni comme un feu vert au gouvernement, dirigé par le PJD, d’encaisser les taxes sur le commerce de l’alcool. Mais en réalité, il s’agit d’autre chose ; en l’occurrence un « OK camouflé » pour une alliance du PJD avec le RNI. La suite on la connaît.Benkirane et les siens non seulement se sont alliés avec « les crocodiles et les démons » qui hantaient jusqu’à alors les nuits de Benkirane mais ne cessent de leur faire la cour et la danse du ventre afin de dissuader Salaheddine Mezouar, le patron du RNI, d’imiter, le momentum venu, son collègue de l’Istiqlal Abdelhamid Chabat…

 

Une sombre perspective qu’a flairée au vol le sieur Raïssouni. Qui récemment encore fit une sortie médiaatique remarquée. Dans une interview à un quotidien arabophone de Casablanca, le théologien-politicien a prévenu qui de droit que si l’expérience du PJD au pouvoir tombait à l’eau ce serait la catastrophe pour le pays ; car le PJD est l’ultime joker ! Il y a peut-être du bon sens dans cette menace ; mais ce qui chiffonne c’est que Raïssouni  parlait comme si le Roi n’existait pas. Or d’aucuns conviennent que même sans le gouvernement le Maroc pourra continuer à vivre, et s’il y a catastrophe ce serait pour le PJD et ses mentors (ou menteurs)… Amen !

 

Moralité : S'il y a un « démon » qui hante les nuits de Benkirane c'est bien Raïssouni !

Publié dans Analyse

Partager cet article

Repost 0