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Maroc : Le montant de vos indemnités en cas de licenciement

Publié le par La Vie Eco

Comment calculer les indemnités dues à un licenciement (Titre d'origine)

 

Le salaire brut est le montant servant de base pour le calcul de tout droit reconnu. En plus de la prime d’ancienneté, tous les avantages en espèces entrent en ligne de compte pour le calcul du salaire. Le droit de résiliation doit, comme tous les droits, être pratiqué sans abus.

M’hamed El Fekkak

 

Les indemnités de licenciement sont calculées sur la base du salaire perçu pendant les 52 dernières semaines et de la durée de travail passée au service de l’employeur. S’agit-il du salaire brut ou net ? Les primes, les gratifications, la mise à disposition d’une voiture, d’un logement, etc., entrent-elles en ligne de compte pour le calcul du salaire ? Et la durée de travail, comment la calculer ? Faut-il que le travail soit effectif ? Si oui, les périodes de repos des femmes en couches, de congé annuel, de maladie, etc., sont-elles exclues ? Explications.
 

Que comprend le salaire ?

Le salarié perçoit, en contre partie du travail qu’il fournit, une rémunération appelée salaire. Celui-ci n’est pas dépourvu d’ambiguïté et tout semble conçu pour en brouiller l’analyse : le droit du travail, le droit fiscal et celui de la sécurité sociale recourent à des concepts qui réservent parfois un traitement différent, et c’est bien la raison pour laquelle le code du travail a évité de donner une quelconque définition du salaire, il s’est plus intéressé au principe de la fixation de son montant. En effet, l’article 345 du code dispose que le salaire est librement fixé par accord direct entre les parties ou par convention collective de travail, mais son montant est, le plus souvent, déterminé par l’employeur en fonction de la qualification reconnue au salarié à l’embauche.
Le salaire servant de base pour le calcul de tous droits reconnus au salarié est bien le salaire brut, celui-ci comprend la prime d’ancienneté et toutes autres primes, gratifications, avantages en nature et en espèces.

Prime d’ancienneté

Le salaire comprend plusieurs éléments dont la prime d’ancienneté. Celle-ci est fixée à 5%, 10%, 15%, 20% et 25% après respectivement 2, 10, 15, 20 et 25 années de service. Elle est calculée tant sur le salaire proprement dit et les majorations pour heures supplémentaires que sur les accessoires du salaire.
Néanmoins, les accessoires suivants sont, en vertu de l’article 353 du code, exclus dans le calcul du montant de la prime :
- Les prestations familiales ;
- Les pourboires, sauf pour le personnel exclusivement payé en pourboires ;
- Les gratifications accordées soit sous forme de versements fractionnés, soit sous forme d’un versement unique en fin d’année ou en fin d’exercice, y compris les gratifications calculées en pourcentages des bénéfices ou du chiffre d’affaires de l’entreprise ;
- Les participations aux bénéfices, le complément de rémunération accordé dans le système dit “du salaire proportionnel” et, d’une manière générale, de toute libéralité à caractère aléatoire et imprévisible ;
- Les indemnités pour remplacement temporaire à un poste d’une catégorie supérieure à celle du salarié ainsi que pour travail exécuté temporairement dans un poste où le salarié effectue un travail exceptionnel ;
- Les indemnités ou primes qui constituent un remboursement ou un dédommagement, de frais ou de dépenses, d’une responsabilité, d’une situation défavorable, ou de l’accomplissement de travaux dangereux ou pénibles.
Concernant le calcul de la durée du travail effectif de chaque période, sont considérées comme période de travail effectif et ne peuvent être déduites de la durée des services entrant en ligne de compte pour l’attribution de la prime d’ancienneté :
- La suspension temporaire du travail résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ;
- Les jours de congé de maladie ;
- Le repos légal des femmes en couches ;
- Les périodes de congé annuel ;
- Les absences autorisées ;
- L’interruption temporaire du travail par suite d’un arrêt de fonctionnement de tout ou partie de l’entreprise résultant d’un cas de force majeure tel que sinistre, panne ou réduction du contrat, pénurie de matières premières.
Les périodes de service, continus ou non, ne sont pas prises en considération pour le calcul de la prime d’ancienneté si elles sont déjà entrées en ligne de compte pour le calcul de l’indemnité de licenciement octroyée antérieurement.
Lorsque le salarié est rémunéré, en totalité ou en partie, au pourcentage, à la commission, au rendement ou aux pièces, la prime est calculée sur la base de la moyenne de la rémunération nette perçue durant les trois mois précédant l’échéance de ladite prime.

Avantages en espèces

Outre la prime d’ancienneté, tous les avantages en espèces entrent en ligne de compte pour le calcul du salaire. Les primes, les gratifications et les avantages en nature sont dus lorsqu’ils sont prévus par la loi (prime d’ancienneté, prime pour travaux dangereux), par le statut du personnel (salariés des entreprises publiques à vocation industrielle ou commerciale), par le contrat individuel de travail, par la convention collective, par l’engagement unilatéral de l’employeur ou encore par l’usage constant général et fixe.
Une prime peut répondre à un des trois objectifs :
- Rémunérer la stabilité du salarié dans l’entreprise (prime d’ancienneté, d’assiduité...) ;
- Rémunérer un effort particulier imposé par la nature du travail (prime pour travaux dangereux, pénibles, salissants..) ;
- Rémunérer un effort particulier dans l’accomplissement du travail (prime de rendement, de responsabilité..).
A défaut de disposition légale, conventionnelle ou unilatérale, la jurisprudence recourt à la notion d’usage attestée par la généralité, la constance et la fixité du versement. Les tribunaux considèrent qu’un versement ou même deux ne caractérisent pas un usage.
De même, des versements qui n’obéissent pas à une règle précise et objective permettant aux salariés d’en connaître approximativement le montant à l’avance ne caractérise pas un usage dès lors que le montant varie de façon importante d’une fois à l’autre.
En tout cas, la réunion des trois critères (généralité, constance et fixité) est nécessaire pour que la prime ou la gratification aient le caractère de salaire.
Une gratification, généralement inspirée par une intention libérale, prend la forme allouée au salarié en raison de sa seule qualité de salarié sans corrélation  nécessaire avec la prestation du travail. La gratification trouve aussi son origine dans la volonté de l’employeur de manifester sa satisfaction après un exercice satisfaisant (prime de bilan, 13e mois...).
Les événements familiaux constituent l’occasion de son versement (naissance, mariage, prime de scolarité, départ en vacances..).

Avantages en nature

L’octroi d’avantages en nature prend différentes formes : nourriture, logement, voiture de fonction, etc. Il traduit la volonté de l’employeur de rémunérer de cette manière une partie de la prestation accomplie par le salarié. Il ne saurait être confondu avec une simple faculté ou tolérance accordée à l’occasion de l’exercice des fonctions, telle une voiture mise à la disposition du salarié pour les besoins du service.
Les avantages en nature sont constitués, le plus souvent, par la fourniture de la nourriture ou du logement ou encore de la voiture de fonction ou de tous ces avantages à la fois. Mais ils peuvent aussi revêtir d’autres aspects. La valeur représentative des avantages en nature est à ajouter à la rémunération en espèces pour le calcul du salaire.
En principe, la nourriture est retenue pour sa valeur réelle. Toutefois, dans les hôtels, restaurants et assimilés, la valeur de la nourriture est calculée à partir du salaire horaire minimum légal assorti d’un coefficient allant de 1 à 2,5 suivant le niveau du salaire réel en argent servi aux employés à l’exclusion de toutes primes ou indemnités. Pour les salariés payés à la journée, à la semaine ou au mois, la valeur d’un repas est représentée forfaitairement, selon le cas, par : 1/8e du salaire journalier (8 heures ouvrables), 1/48e du salaire hebdomadaire (6 jours ouvrables), 1/192e du salaire mensuel (26 jours ouvrables). La valeur d’un petit-déjeuner est fixée à 1/4 de la valeur d’un repas.
La valeur du logement est égale à la valeur locative réelle du logement augmentée des autres avantages qui lui sont liés tels que l’eau, l’éclairage, le chauffage, le téléphone, ainsi que la domesticité et le gardiennage (quand ceux qui les assurent ne sont pas déjà déclarés à la CNSS au même titre que l’ensemble du personnel de l’entreprise).
A défaut d’une valeur locative réelle, celle-ci est estimée à partir de la valeur déterminée pour l’évaluation de la taxe urbaine augmentée de l’estimation des autres avantages.
La mise à disposition, par l’entreprise, d’une voiture de fonction implique la prise en charge également des frais d’assurance, de vignette, d’entretien, de réparation, de garage, etc.
Il est dans l’intérêt des deux parties que la mise à disposition et les frais y attachés soient évalués, le montant de l’évaluation devra s’ajouter au salaire perçu par l’employé bénéficiaire.

Comment calculer l'indemnité de congé ?

En cas de résiliation du contrat de travail, l’indemnité compensatrice de congé payé est due au salarié quels que soient les motifs de résiliation. Cette indemnité est calculée sur la base de 1 jour et demi pour chaque période de 26 jours, même lorsque la période minimum de 6 mois de service n’est pas atteinte à condition, cependant, que le salarié justifie avoir été occupé chez le même employeur pendant une période de temps équivalent à un minimum d’un mois de travail.
Le temps de travail effectif retenu pour la détermination de la durée du congé comprend non seulement les périodes où le salarié a réellement travaillé, mais aussi celles non travaillées et assimilées expressément par la loi à un travail effectif. Ainsi, sont considérés, selon l’article 239 du code, comme périodes de travail effectif :
- La durée des congés payés de l’année précédente ;
- La durée de la période de préavis en cas de résiliation ou d’expiration du contrat de travail ;
- Les périodes pendant lesquelles l’exécution du contrat de travail a été suspendue, c’est-à-dire : pendant la durée de l’absence du travailleur pour maladie ou accident dûment constatée par un médecin, durée n’excédant pas 180 jours consécutifs ; pendant la période qui précède et suit l’accouchement dans les conditions prévues par le code ; Pendant la période d’incapacité temporaire du travailleur résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ; pendant la durée des absences diverses du travailleur prévues par le code ; pendant la durée de la grève ou de la fermeture volontaire par l’employeur dite “lock-out” ; pendant les périodes durant lesquelles l’exécution du contrat de travail a été suspendue pour cause de chômage, d’absence autorisée ne dépassant pas dix jours par an, ou de fermeture temporaire de l’établissement par décision administrative ou pour cas de force majeure.

Comment calculer l'indemnité de préavis ?

Le calcul de l’indemnité de préavis ne pose aucun problème particulier . Il est fait sur la base de la durée de travail du salarié dans l’entreprise, soit, pendant la 1e année, à raison de 8 jours pour les ouvriers et les employés et 1 mois pour les cadres. Pendant la période de 1 à 5 années, la durée est de 1 mois pour les premiers et de 2 mois pour les seconds. Au-delà, la durée est de 2 mois pour les premiers et de 3 mois pour les seconds.
Le salarié, licencié ou démissionnaire, doit un préavis à l’employeur. Lorsqu’il refuse de fournir sa prestation de travail pendant le préavis alors qu’il n’a pas été dispensé d’exécuter son obligation, il sera condamné à verser à l’employeur une indemnité égale aux salaires qu’il aurait reçus s’il avait continué à travailler jusqu’à l’expiration du préavis.
Par contre, l’employeur qui s’oppose à ce que le salarié continue à fournir sa prestation de travail pendant le préavis résultant d’un licenciement ou d’une démission, et qui refuse de verser à ce dernier les salaires et avantages qu’il aurait reçus s’il avait continué à travailler, sera condamné au paiement de l’indemnité compensatrice de préavis.

Comment calculer l'indemnité de licenciement ?

Lorsque le salarié fait l’objet de licenciement, alors qu’il compte au moins six mois de service effectif dans le même établissement ou dans la même entreprise, il peut prétendre à une indemnité de licenciement. L’ancienneté prise en compte pour le calcul de l’indemnité court depuis l’entrée en fonction dans l’entreprise jusqu’à l’expiration du préavis, même si celui-ci n’a pas été travaillé.
En vertu de l’article 54 du code, sont considérées comme périodes de travail effectif :
- les périodes de congés payés ;
- les périodes de repos des femmes en couches ;
- la durée de l’incapacité temporaire de travail lorsque le salarié a été victime d’un accident du travail ou a été atteint d’une maladie professionnelle ;
- les périodes de travail pendant lesquelles l’exécution du contrat de travail a été suspendue, sans que le contrat ait été résilié, notamment pour cause d’absence autorisée, de maladie autre que professionnelle, de fermeture temporaire de l’établissement par décision administrative ou par cas de force majeure.

Salaire servant de base au calcul de l’indemnité

Le salaire servant de base pour le calcul de l’indemnité comprend le salaire proprement dit et les accessoires suivants perçus pendant les 52 dernières semaines :
- Les avantages en nature ;
- Les commissions et les pourboires ;
- Les primes et indemnités liées au travail à l’exception des indemnités constituant un remboursement ou un dédommagement de frais ou de dépenses ; des indemnités constituant le dédommagement d’une responsabilité sauf les indemnités de fonction telles que les primes de chef d’équipe ou de groupe ; des indemnités pour travaux pénibles ou dangereux ; des indemnités constituant un dédommagement pour un travail exécuté dans une conscription géographique défavorable ; des indemnités pour remplacement temporaire d’un agent d’une catégorie supérieure ou pour un travail exécuté temporairement ou exceptionnellement, sauf les indemnités pour heures supplémentaires.
L’indemnité “légale” de licenciement n’a aucun caractère salarial, elle n’est, de ce fait, soumise à aucune retenue et n’est assujettie à aucun impôt en vertu de l’article 76 du code du travail.

Calcul de l’indemnité

Le montant de l’indemnité de licenciement correspond pour chaque année, ou une partie de l’année de travail effectif à :
- 96 heures de salaire pour la première période de 5 ans d’ancienneté ;
- 144 heures de salaire pour la période d’ancienneté allant de 6 à 10 ans ;
- 192 heures de salaire pour la période d’ancienneté allant de 11 à 15 ans ;
- 240 heures de salaire pour la période d’ancienneté supérieure à 15 ans.

Comment calculer les dommages intérets lies à la résiliation abusive du contrat ?

Comme la résiliation du contrat de travail est faite sous contrôle judiciaire, les tribunaux, lorsqu’ils sont saisis de l’affaire, décident si effectivement le droit de résiliation ainsi pratiqué a été entaché d’abus entraînant un préjudice matériel auquel cas la partie lésée aura droit à la réparation dudit préjudice.
Le caractère abusif du licenciement est démontré au cours de l’enquête ordonnée par les tribunaux sociaux
La réparation du préjudice correspond au salaire d’un mois et demi pour chaque année d’ancienneté, ou partie d’année. Le montant total qui ne peut dépasser 36 mois de salaire est déterminé en fonction du salaire brut et de la durée de travail tels qu’ils sont ci-dessus calculés.

 

La Vie éco
www.lavieeco.com

2013-04-18

Publié dans Société

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Le califaste d'Abou Bakr el Baghdadi vaut 2.3 milliards de dollars

Publié le par Pauline Hofmann

Comment EIIL est devenu le "groupe terroriste le plus riche au monde" (Titre d'origine)

 
 

Pauline Hoffmann

Le groupe djihadiste serait à la tête d’une fortune estimée à 2,3 milliards de dollars. Son dernier butin lui permet de payer 60.000 combattants pendant un an.

Mais qui donc finance l’Etat islamique en Irak et au Levant ? Pour le Premier ministre irakien, la réponse est limpide : "Nous tenons (l’Arabie saoudite, ndlr.) responsable des aides financière et morale que les groupes [insurgés] reçoivent", a déclaré mardi Nouri Al-Maliki. Depuis près d’une semaine, l’EIIL a lancé une large offensive sur l’Irak, dont il contrôle désormais une bonne partie du Nord. Pour avoir cette force de frappe, le groupe terroriste peut compter sur un portefeuille bien rempli.

D’une start-up à une multinationale. Il y a trois ans, l’Etat islamique en Irak et au Levant n’était qu’une start-up du terrorisme islamiste. Aujourd’hui, les finances de ce groupe djihadiste ont de quoi rendre jaloux des pays comme la Moldavie ou la Centrafrique.

Les services de renseignement irakiens ont récupéré une mine d’informations sur les finances de l’EIIL. Dans la cache d’Abdoulrahman al-Bilawi, un cadre du mouvement, près de 200 clés USB ont été découvertes, renfermant notamment des informations inédites sur l’état de leurs comptes.

Un officiel irakien a déclaré au Guardian qu’à "la fin de la semaine, nous avons réalisé que nous devions faire leur comptabilité", a-t-il déclaré. "Avant Mossoul, leurs liquidités et actifs s’élevait à 875 millions de dollars (646 millions d’euros, ndlr.). Après, grâce à l’argent dérobé dans les banques et la valeur du butin de leurs pillages, ils pourraient ajouter 1,5 milliards de dollars (1,1 milliards d’euros, ndlr.)" a continué l’officiel. Soit 2,3 milliards de dollars (soit 1,7 milliards d'euros). Selon le International Business Times, l'EIIL est désormais "le groupe terroriste le plus riche" du monde.

"Ils n’ont pas besoin" d’un Etat derrière eux.  Le Premier ministre irakien a-t-il raison d’accuser l’Arabie saoudite ? Selon RFI, EIIL dispose en effet de réseaux de soutien dans les pays du Golfe, dont l’organisation retire des dons. Mais dans le Guardian, un officiel irakien souligne qu’ils "ont tout fait par eux-mêmes. Il n’y a pas d’acteur étatique derrière eux […]. Ils n’en ont pas besoin" pour amasser leur fortune.

Enlèvements, pillages, "impôt révolutionnaire", ... Lors de l’attaque de Mossoul, dans le nord de l’Irak, les insurgés de l’EIIL se sont emparés de la banque centrale de la ville. Selon l’ancien gouverneur de la province de Ninive, Atil al-Nujaifi, leur magot s’élèverait 430 millions de dollars (317 millions d’euros), en plus de lingots d’or.

Mais en-dehors de ses butins de guerre, l’Etat islamique en Irak et au Levant pratique régulièrement les pillages et prélève auprès de la population locale de la région de Mossoul une sorte d’impôt révolutionnaire, qui lui rapporte environ 100 millions d’euros par an, expliquait à Europe 1 Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes. RFI souligne également que les enlèvements, notamment de ressortissants occidentaux, rapportent beaucoup aux islamistes.

La manne pétrolière syrienne. Les multinationales réunies lors d’un congrès pétrolier à Moscou, se sont dits inquiets de la percée islamiste en Irak. Même si "la majorité de la production de pétrole est située dans le Sud, très loin des troubles actuels", "nous devrions tous être très préoccupés par ce qui est en train de se produire", a indiqué le directeur général de BP. En effet, EIIL a l’habitude de tirer de l’argent de l’exploitation du pétrole en Syrie, où ils contrôlent plusieurs puits.

Mieux qu’Al-Qaïda au meilleur de sa forme... En visite aux Emirats arabes unis, le secrétaire au Trésor américain a insisté sur "l’importance de redoubler nos efforts dans la lutte contre le financement des organisations terroristes". Car la fortune d’EIIL a de quoi faire trembler le Proche-Orient comme les Occidentaux. Selon le Conseil des relations internationales, au moment des attentats du 11-Septembre, Al-Qaida n’avait "que" 30 millions d’euros par an dans ses caisses.

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Le temps des « insectuels » ou des Schtroumpfs à lunettes

Publié le par Abdelkarim Chankou

« Ces intellectuels on ne les entend plus ! » Ce genre d’exclamation est devenu monnaie courante au Maroc et chacun peut la sortir à tout moment, soit pour souligner un état de fait évident soit pour exprimer une certaine impuissance face une réalité nouvelle. Mais ce qu'un grand nombre de personnes semble ignorer c’est que ce mutisme des intellectuels ne signifie pas forcément leur retrait -ou démission- volontaire ou forcé du débat public mais tout simplement leur inexistence physique. Si on ne les entend plus c’est parce qu’ils ne sont plus.

Finie cette époque de l’intellectuel aux ongles longs et jaunies par le tabac brun bon marché, aux dents noircies et cassées par le café noir trop sucré et la malbouffe, aux cheveux et à la longue barbe broussailleux et graisseux, à la peau fripée et au teint terne, à la voix caverneuse et au regard absent…

Désormais « l’intellectuel » d’aujourd’hui bien nourri affiche bonne mine, une dentition blanche et saine, un teint d’enfer, un visage rasé de près et de frais sentant l’eau de Cologne de luxe, des ongles des pieds et des mains parfaitement manucurés et pédicurés, des chemises immaculées avec cravates signées et last but not least une bonne haleine à couper le souffle…

Il faut dire que « l’intellectuel » d’aujourd’hui  à force de ne plus se tuer à écrire à la plume comme au clavier a épargné assez de force et d’énergie pour se permettre de se polir les joues devant la glace chaque matin et d’aller deux fois par semaine pour le brushing chez le coiffeur attitré...

A quoi bon se tuer à noircir du papier, à s’user les yeux en lisant à la lumière faiblarde et jaunâtre des lampes économiques ! Quand il suffit de consulter Google ou Wikipédia pour économiser des centaines d’heures de lecture dans les bibliothèques poussiéreuses ou dans les cafés sentant le mazout et la sueur froide. Google et Wiki sont là pour dépanner l'intellectuel chaque fois qu'il a besoin d'exister.

« L’intellectuel » d’aujourd’hui n’a plus vraiment  besoin détaler son savoir qu’il aurait dû emmagasinéer dans la tête pendant des décennies de travail pour se faire valoir; désormais le certificat académique que l’école ou l’université lui a remis après un certain cursus, parfois incertain, suffit pour qu’il existe. Académiquement. Mais pas intellectuellement. Toute la question est là. Si bien que ce type d’ « intellectuel »  de pacotille  passe plus de temps à gesticuler et à pérorer sur les plateaux de télé en mal d’audimat que devant les estrades d’amphithéâtre. Un simple coup d’œil jeté à la production « intellectuelle » de ces nouveaux « clercs du savoir » suffit pour se convaincre de leur situation rentière et pénarde. Vivant de l’argent du contribuable, ne produisant rien qui vaille, ces derniers qui pour ajouter des chiffres à leurs salaires n’hésitent pas d’émarger dans la presse ou même dans l’immobilier (je connais des professeurs d’université faisant dans la promotion immobilière ou possédant des agréments de taxis ou d’autocars), saute de temps en temps sur un sujet d’actualité brûlante pour remonter leur cote marketique chaque fois qu’elle tend à piquer du nez : le sujet de choix est la Palestine, les droits des minorités ou les groupes islamiques… Bref les sujets bateau où le risque de se planter est le plus bas. Sur les colonnes des journaux ou les ondes de radio et de télé on les voit vociférer  « A bas le sionisme, vive la Palestine ! » ou encore « Il faut dissoudre ce parti islamique ou légaliser le bouddhisme »… Mais ce n’est que du cinéma. Histoire d’exister et de s’assurer les faveurs du pouvoir et du pourboire ; en réalité la Palestine, les minorités ou les groupes islamistes ils s’en moquent comme de leur premier taille-crayon. Une seule anecdote et elle est réelle pour avoir une idée de cette hypocrisie : Un journaliste a interpelle un de ces intellectuels de service et de circonstance sur un débat télévisé où ce dernier vient d’assister : « Te connaissant je trouve que tu as trop ménagé les Américains ». Et l’autre de lui confier : « Mon visa pour les States expire dans 5 mois et je tiens à le renouveler ». No comment.

Publié dans Opinion

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Gaza : Hollande et Fabius haussent le ton face au massacre

Publié le par Alexandre Boudet

Pourquoi François Hollande et Laurent Fabius

haussent le ton sur Gaza (titre d'origine)

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HOLLANDE FABIUS
 
 

 

DIPLOMATIE - Plus de doute, la France élève la voix. Les derniers événements à Gaza ont poussé Laurent Fabius et François Hollande à changer leur vocabulaire. Ce lundi 4 août, la condamnation des agissements d'Israël est sans équivoque. Une manière de répondre autant à des impératifs diplomatiques qu'à des questionnements franco-français.

A quelques heures d'intervalle, le ministre des Affaires étrangères et le président de la République ont tous les deux employé le mot "massacre" pour qualifier la situation au Proche-Orient. C'est d'abord un communiqué du Quai d'Orsay qui a donné le "la".

"La tradition d’amitié entre Israël et la France est ancienne et le droit d’Israël à la sécurité est total, mais ce droit ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils", écrit Laurent Fabius qui évoque "le carnage de Gaza". Idem pour son collègue Arnaud Montebourg qui a exprimé sa position en des termes équivalents sur Twitter.

 

Puis François Hollande, en déplacement en Belgique pour commémorer la Première guerre mondiale, a déclaré:

"Quand nous savons qu'il se passe des massacres tous les jours au Proche-Orient, nous devons agir."

Un rééquilibrage du discours présidentiel

En distillant ces quelques mots, François Hollande rallie une position défendue par Dominique de Villepin et applaudie par la gauche. Il va surtout tenter de faire oublier la polémique née de sa première intervention sur le conflit. Le 10 juillet, le chef de l'Etat publiait un communiqué dans lequel, il exprimait la solidarité de la France avec Israël, déclenchant un tollé dans une partie de son camp.

"Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces", écrivait l'Elysée suite à un entretien du Président avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Aussitôt, plusieurs mouvements de gauche étiquetés pro-palestiniens, avaient dénoncé ce message, estimant qu'il prenait top nettement position en faveur de l'Etat hébreux. "Ses propos sont un encouragement au gouvernement israélien pour continuer sa politique de terreur. Quelle honte!", tonnait le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. "François Hollande apporte son soutien à la politique de représailles menée par Israël, laquelle frappe aveuglément les populations civiles palestiniennes. La violence armée ne saurait être une réponse efficace", abondait EELV.

Même au PS, certains exprimaient leur malaise en lisant le texte élyséen. "Le communiqué donne le sentiment qu'Israël est l'agressé. Il y a pourtant disproportion entre l'attaque et la riposte", jugeait le député Michel Issindou, président du groupe d'études à vocation internationale (GEVI) France-Palestine. "À Sciences-po, en examen de cas pratique, au regard de la position classique, gaullienne, de la France, je ne sais pas si un professeur aurait mis plus de 5/20 à certains communiqués de l'Élysée", tançait même le député Razzy Hammadi, interrogé par le Figaro.

En parlant désormais de "massacre à Gaza", François Hollande confirme que son soutien à Israël n'est pas sans limite.

"Israël ne fait pas les efforts pour épargner les civils"

Il faut dire que sa position de départ est de plus en plus difficile à défendre. La communauté internationale dans son ensemble dénonce de plus en plus facilement les agissements de Tsahal. Dans la ligne de mire des chancelleries mondiales, une frappe sur une école de Rafah gérée par l'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) transformée en centre d'accueil pour réfugiés. C'était la troisième fois en dix jours qu'une école de l'ONU est atteinte. Les deux dernières frappes à Beit Hanoun et Jabaliya (nord) avaient fait une trentaine de morts.

"C'est un scandale du point de vue moral et un acte criminel", s'est indigné le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Même les Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, se sont dits "consternés" par un "bombardement honteux". Comme nos confrères du HuffPost britannique le relèvent, il n'y a guère que David Cameron pour refuser de condamner fermement l'attitude israélienne (lien en anglais).

"Il faut hausser le ton parce que nos précédents appels pour épargner les civils sont sans effets. Israël ne fait pas tous tous les efforts pour épargner les massacres hallucinants de civils. Ses dirigeants doivent désormais entendre l'exaspération qui naît dans les chancelleries occidentales", précise au HuffPost une source diplomatique.

Mais il reste une question. A quoi bon parler plus fort si Israël entend "poursuivre les opérations jusqu'au rétablissement de la sécurité"? Dans son communiqué, Laurent Fabius évoque une piste: que la communiqué internationale impose une solution politique. "Cessez-le-feu, imposition de la solution de deux Etats et sécurité d’Israël, il n’y a pas d’autre voie", écrit le ministre des Affaires étrangères. La balle est donc dans le camp des Occidentaux.

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