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Jeu des chaises musicales à la cour saoudienne

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le prince saoudien Moqren n’est plus Prince héritier ni vice premier ministre. Victime du rapprochement irano-américain ?

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a remplacé mercredi son héritier au trône, le prince Moqren, par le ministre de l'Intérieur, Mohammed ben Nayef, qui était deuxième dans l'ordre de succession, a annoncé le palais royal. Le prince Moqren n'est plus prince héritier, et a également été relevé de son poste de vice-Premier ministre. « Nous avons décidé d'accepter sa demande d'être relevé de sa fonction de prince héritier », indique le palais royal dans un communiqué publié par l'agence de presse saoudienne (SPA). Retournement de situation après le réchauffement des relations entre l’Iran de Rouhani et les USA d’Obama et de John Kerry qui est un ami de Jawad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne. Le prince Ben Nayef a vu sa cote monter en flèche le 18 août 2009, en plein ramadan, quand l’agence officielle d’informations saoudienne, SPA, a rapporté, le jour même, qu’un attentat à la bombe a blessé légèrement le prince Ben Nayef au moment où il « recevait des visiteurs à l'occasion du ramadan ». La SPA ajoutait que l’attentat a été revendiqué par Al Qaida [la branche yéménite proche des houtis, eux-mêmes soutenus par les Iraniens : Ndlr].

Publié dans Zoom

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Les Turcs ont-ils piégé le gouvernement tunisien de Habib Essid ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le résultat final du second tour de la présidentielle tunisienne, qui a eu lieu le 21 décembre dernier entre Béji Caïd Essebsi, chef du parti Nida Tounes (ancien ministre sous Habib Bourguiba et président de la Chambre des députés sous le président déchu en fuite en Arabie saoudite Zine el-Abidine Ben Ali), et Moncef Marzouki, président de la République sortant, a surpris nombre d’observateurs et de pays concernés par ce scrutin décisif. La Turquie, ex puissance coloniale, fait naturellement parti des Etats qui suivaient de très près cette élection présidentielle, la première après la « révolution du Jasmin » du 14 janvier 2011. Les néo-ottomans avec à leur tête Recep Tayyip Erdoğan devraient être déçus de voir Monecf Marzouki ainsi battu. Ce dernier est effectivement réputé proche du parti islamiste Ennahda de Rached Ghannouchi, laquelle formation politique a pour modèle l’AKP, le parti islamiste au pouvoir à Ankara. « Rached Ghannouchi et ses épigones ont érigé l'AKP turc en +modèle officiel+ » écrira la revue Jeune Afrique , fondée à Paris par le Tunisien Béchir Benyahmed. Les Turcs seront encore plus déçus quand ils apprendront plus tard que le gouvernement Habib Essid 1 comme sa copie modifiée Essid II de février 2015 a marginalisé le parti Ennahda, pourtant deuxième force politique représentée à l'Assemblée. Avec 69 députés, Ennahda devrait décrocher un nombre de portefeuilles ministériels en adéquation avec son rang sur l’échiquier politique. Seulement le parti de Ghannouchi ne se verra octroyé finalement qu’un seul poste ministériel et trois secrétariats d’Etat alors que Afek Tounes (Horizons de Tunisie), avec 8 députés seulement, obtient trois ministères. Dans pareille situation de partage inéquitable et à l’emporte-pièce de postes gouvernementaux, on corrige le déséquilibre en octroyant au parti lésé un ou deux postes clef au moins, généralement les Finances ou les Affaires étrangères. Rien de cela. Ennahda n’aura droit pas même au poste de secrétaire d’Etat auprès du chef de la diplomatie ! Portefeuille qui ira à l’indépendant M'hamed Ezzine Chelaifa ! Le parti islamiste se contentera d’un ministère : l’Emploi (un casse-tête dans un pays rongé par le chômage des jeunes) et de trois secrétariats d’Etat : à la Coopération internationale, à la Santé et aux Finances. Cosmétiques. En somme de quoi froisser le Big Brother turc qui ne cache pas son retour au Maghreb qui était, sauf le Maroc (1), sa chasse gardée du temps du glorieux empire ottoman de la Porte sublime El Bab al Aali). Mais qui connaît les Turcs doit savoir au moins qu’ils demeurent rarement les bras croisés quand ils sont contrariés.

Taïeb Baccouche ne fait pas l’unanimité

au sein de la classe politique tunisienne

Le Palais Carthage étant occupé par un anti islamiste déclaré, en l’occurrence Béji Caïd Essebsi, il ne reste aux Turcs que la porte diplomatique pour essayer de garder le contact avec Tunis. Mais là aussi le ministère des Affaires étrangères est pris par Taïeb Baccouche, affilié au même parti anti islamiste que le président Essebsi, à savoir Nida Tounes (l’Appel de Tunisie). D’où l’intérêt à ce que Baccouche saute. La chirurgie radicale.

Maillon faible du gouvernement Essid II comme d’Essid I, Taïeb Baccouche ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique tunisienne y compris parmi les siens, notamment à cause de ses connaissances approximatives en matière diplomatique. Une carence qu’il prouvera dans les règles de l’art quand « il a déclaré, il y a quelques jours, lors d’une interview télévisée, que suite à son rappel à l’ordre, les autorités turques se sont résignées à ôter du visa octroyé aux tunisiens la mention +Motif de la visite : Jihad+ ». Gonflé par son initiative Baccouche ajoutera que « Pour preuve, ils [les Turcs] ont supprimé du visa le terme +Motif : jihad+ qu’il assimile le tampon d’entrée apposé sur le passeport à un document de visa ! Mais le problème c’est que Baccouche, qui a reproché à la Turquie le fait de faciliter le passage des jeunes Tunisiens en Syrie au nom du jihad, ignorait que depuis 1962 les Tunisiens (pas plus que les Marocains) n’ont besoin d’aucun visa pour se rendre en Turquie ! La tuile. Surtout que du côté turc on a observé le silence total sur cette affaire. L’ambassadeur turc à Tunis dira aux journalistes tunisiens qu’Ankara est tenu par le strict droit de réserve en ce qui concerne cet incident. Silence (2) qui en fait en dit long sur les véritables visées des néo-ottomans. A savoir piéger le maillon faible du gouvernement tunisien ; non pas pour le remplacer (il risque fort d’être remplacé par un autre anti islamiste) mais pour attiser le brasier de controverse qui couve en son sein. En espérant une reconfiguration du champ politique du pays de Bourguiba en sa faveur. In cha'Allah !

(1) Grâce à la puissance du Maroc sous le Sultan Mohamed Cheikh Essaadi, la poussée ottomane vers l’ouest ne dépassera pas la frontière maroco-algérienne.

(2) L'ambassade turque à Tunis pouvait bien rappeler à Taïeb Baccouche l'inexistence du visa entre les deux pays, ce qui lui aurait évité de faire cette gaffe historique et monumentale.

 

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Addendum

Des origines sardo-ottomanes de la famille Caïd Essebsi

Le parcours de Ismaïl Caïd Essebsi est singulier car c'est le seul mamelouk tunisien d'origine italienne à avoir réussi à s'élever à de hautes fonctions politiques et à avoir fait souche en Tunisie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%AFl_Ca%C3%AFd_Essebsi

Quand l'empire Ottoman déclara la guerre à la Russie le 4 octobre 1853, les Sardes (Piémontais), s'allièrent aux Ottomans

http://histoiredumonde.net/-Guerre-de-Crimee-.html

Le nom Beji Caïd Essebsi signifie en turc ancien, le notable (caïd) de teint beige (beji) fabriquant de pipes (essebsi)

Or les pipes de bruyère provenant de Sardaigne sont réputées.

http://www.fumeursdepipe.net/artdunhillsablees.htm

Publié dans Grand Angle

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Les acouphènes bizarres du Me William Bourdon et des autres…

Publié le par Abdelkarim Chankou

Ni de défendre un confrère journaliste, ni son avocat Me William Bourdon encore moins la partie civile plaignante Mohamed Mounir El Majidi dont la fonction au sein du palais royal est communément désignée sous le titre de « secrétaire particulier du roi », le but de mon présent billet est seulement de réagir à une phrase que le conseil du journaliste Ahmed Réda Benchemsi (ex directeur de la revue « Tel Quel ») aurait prononcé le 17 avril dernier lors des débats à la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. « Inspiré, fougueux, parfois lyrique, l’avocat s’est d’abord attaché à démonter l’argument de la partie civile selon lequel le secrétaire particulier de Mohammed VI n’est pas un fonctionnaire : +Il est nommé par décret royal, c’est un personnage public, bien sûr qu’il a une fonction publique. De qui se moque-t-on ? + ». Sans être un juriste de métier ni un journaliste spécialisé dans les affaires judiciaires, cette phrase du Me Bourdon a attiré mon attention. Voici pourquoi. Au Maroc les membres du cabinet royal dont fait partie Mohamed Mounir El Majidi ne sont pas des fonctionnaires publics au sens de la loi sur les corps de l’administration marocaine. Mieux aucun statut particulier ne régit cette catégorie de personnel. Une réalité soulevée maintes fois par des partis politiques mais qui demeure à ce jour entière. « Ils ne sont ni fonctionnaires statutaires, ni contractuels. Ils n'ont pas de statut particulier qui régit leurs fonctions et leurs grades. Même la notion de Cabinet Royal n'apparait nulle part. » Nulle part y compris dans la constitution (1). Le conseiller du roi, le conseiller royal, le conseiller de Sa Majesté, le membre du cabinet royal… les titres diffèrent « vocabulairement » mais la tâche est la même, à savoir servir le Maroc en jouant le rôle de courroie de transmission entre le palais royale et le gouvernement et les autres institutions du royaume. Si par exemple au sein du gouvernement il existe un ministre chargé des relations entre le gouvernement et le parlement pourquoi il n’existerait pas un conseiller royal chargé des liens entre la monarchie- qui est au Maroc constitutionnelle et « exécutive »- et le gouvernement ? A ce titre le quotidien Figaro écrit à juste titre : « Autour du roi, une équipe rapprochée constituée d'amis de jeunesse ou de technocrates le conseille et gouverne avec lui ». Ils sont cooptés-ou si l’ont veut « nommés »- par le roi parmi l’élite marocaine. Ceci dit leur situation de non fonctionnaire non statutaire ni réglementaire vis-à-vis de l’administration Article 3 du Dahir n° 1-58-008 du 24 février 1958 portant statut général de la fonction publique y compris les amendements de 2011 ne les met pas ni au dessus de la loi ni de l’éthique encore moins de la morale.

Même quand ils sont diffamés ils ne poursuivent

jamais en justice leurs calomniateurs

Je dirais qu’ils sont même plus respectueux des lois et des règles de bienséance en général que le reste des serviteurs de l’Etat. Tenus par un devoir de réserve des plus stricts ils ne lâchent un mot qu’en cas d’extrême nécessité. Mieux encore : Même quand ils sont diffamés ils ne poursuivent jamais en justice leurs calomniateurs (2). A ce sujet, le conseiller royal André Azoulay depuis 1991, et je défie quiconque d’apporter la preuve contraire, n’a jamais traîné un diffamateur devant les tribunaux et pourtant il a été traité de tous les noms d’oiseaux : D’espion du Mossad au manipulateur derrière les coulisses en passant un sioniste ! Il faut dire à cet égard que le roi est le premier à donner l’exemple en ne poursuivant plus ces calomniateurs bien que la loi oblige les chefs des parquets à lancer des poursuites en cas de diffamation du souverain ne serai-ce qu’en vertu de l’article 23 de la constitution en vigueur « La personne du roi est inviolable et sacrée ». En effet Mustapha Ramid, le ministre de la Justice et des Libertés, a rapporté mardi 1er avril dernier que « le roi avait décidé de ne plus poursuivre en justice ceux qui lui porteraient atteinte. » Le lecteur l’aura compris le fait que le roi et son staff rapproché fasse preuve d’exemplarité gêne bien du monde… A cet égard le même magazine « Tel Quel » écrivait en mars 2012 : « La nouvelle Constitution [de juillet 2011 : Ndlr] aurait pu être l’occasion de donner une dimension légale au cabinet royal et, pourquoi pas, spécifier sa composition ainsi que les règles éthiques que doivent observer ses membres… » Sans commentaire ni transition, je conclus que c’est là un aveu qui s’inscrit en faux contre l’argument de Me Bourdon.

(1) Au Maroc seul le gouvernement et le parlement sont considérés comme étant des institutions constitutionnelles.

(2) Le fait que El Majidi ait décidé de poursuivre le journaliste Benchemsi s'expliquerait par l'extrême gravité des accusations portées contre lui par ce dernier. Accusations parues au départ dans le blog personnel du journaliste marocain puis dans les colonnes du quotidien Le Monde.

 

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RAPPEL

Quand Ahmed Réda Benchemsi jouait les VRP du Maroc

Novembre 2005, le journaliste Ahmed Réda Benchemsi (ARB pour les intimes) était l’invité du site La Gâchette du Maroc (parodie du nom de feu La Gazette du Maroc). En cette année-là, ARB venait tout juste de fonder sa revue Tel Quel et Mohamed Mohamed Mounir El Majidi (qui le poursuit pour diffamation) était depuis 5 ans le responsable du secrétariat particulier du roi…

L’ouverture du procès Majidi-Benchemsi, le 17 avril 2015 à la 1ère chambre du TGI de Paris, a tourné contre toute attente au procès de la monarchie marocaine et le plaignant Majidi est y décrit comme le  mal absolu qui tire les ficelles et combat la liberté de la presse. Or ARB, qui a un lien de parenté avec un ancien patron et poids lourds du parti (conservateur) de l’Istiqlal (Me M’hamed Boucetta)- lien qu’il ne nie point dans cet entretien-, dans cet interview à LGM, disait tout le contraire de ce qu’il a toujours dit depuis 2012, année de sa confrontation avec Mohamed Mounir El Majidi.

ARB avait-il forcé sur le pétard en novembre 2005 ? Peut-être. En tout cas voici deux passages croustillants de cet entretien fort révélateur d’un certain état d’esprit…

Le reste en PJ (sans jeu de mots).

« LGM : Que pensez-vous du paysage médiatique marocain et plus particulièrement la presse ?

ARB : Franchement, je pense que la presse marocaine est très libre, sans doute la plus libre du monde arabe. On peut écrire sur quasiment ce qu'on veut, sans crainte de représailles.

LGM : Que pensez-vous de la mainmise sur les médias marocains par des cercles de pouvoir que sont les sécuritaires, les partis politiques, l'élite économique marocaine ?

ARB : Il n'y a de mainmise que pour ceux qui l'acceptent. Personne ne force un journaliste à écrire quoi que ce soit. Si certains lèchent les Franchement, je pense  c'est leur liberté, leur choix, leur culture.

Ils n'y sont pas forcés, ils le font de leur plein gré. A la limite, je ne les condamne même pas.

Je trouve ça triste… »

In : http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0CCIQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.lagachettedumaroc.com%2Fdownload%2Fla_gachette_du_maroc_16.pdf&ei=aWs4VaGEHYuu7gbGw4DYBw&usg=AFQjCNEcQyihuXzHkGSikIu5BGcnJkMiBA&sig2=3OklsFoCcDiXwQ9SABAbhA

Triste c’est le mot.

Publié dans Opinion

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Rafale vendus à l’Inde : Bruits de bottes et nuages noirs en rase-motte

Publié le par Abdelkarim Chankou

Entre un Pakistan à majorité musulman sunnite et son frère ennemi, l’Inde, à plus de 80% hindou, l’équilibre des forces militaires en présence est la clé de voûte du maintien du statu quo de ni guerre ni paix qui prévaut dans cette région du monde depuis la fin de la guerre mondiale ; lorsque les Britanniques s’y sont retirés en laissant naître deux pays indépendants en plus de l’Etat du Cachemire, à majorité musulmane mais dirigé par un prince hindoue, une situation anormale qui est à l’origine de l’interminable confrontation entre l’Inde, (traditionnellement prosoviétique puis prorusse) et le Pakistan, pro-américain. Mais cette confrontation n’a jamais dépassé le stade d’escarmouches limitées à la zone disputée du Cachemire tandis que de temps en temps quelques attentats commis en territoire indien par des groupes terroristes sunnites , liés notamment à Al Qaeda comme celui commis du 26 au 29 novembre 2008 à Bombay. « Une série de dix attaques terroristes islamistes coordonnées qui ont eu lieu du 26 au 29 novembre 2008 à travers Bombay, capitale financière et plus grande ville de l'Inde. 173 personnes, dont au moins 26 ressortissants étrangers ont été tuées et 312 blessées. L'équipe terroriste était composée de 10 militants islamistes entrainés au Pakistan sans appui direct du gouvernement, 9 d'entre eux ont été tués et un fait prisonnier. » Cet équilibre de la terreur entre le Pakistan et l’Inde, les deux pays possédant chacun la bombe atomique, a connu un premier vacillement en faveur de l’Inde quand en 2009 fut créée les BRIC qui regroupent outre l’Inde, le Brésil, la Russie, la Chine et en 2011 l’Afrique du Sud. Ce club rebaptisé les BRICS avec l’ajout de la lettre « S » pour South Africa se veut une sorte « Conférence Diplomatique » avec des ramifications politiques. Mais le fort soutien américain et surtout saoudien à Islamabad a fait que les BRICS n’eussent pas été une source de grande inquiétude pour le Pakistan. La crainte d’Islamabad viendra plutôt d’un côté inattendu : la France. En annonçant sur le perron de l’Elysée, ce vendredi 10 avril, l’achat par son pays de 36 avions de guerre français Rafale (contre 126 prévus initialement dans le cadre de 3 années de négociations), le premier ministre indien, Narendra Modi, en visite officielle à Paris, a jeté un coup d’effroi sur son voisin ennemi éternel : le Pakistan. Non pas que les avions de guerre pakistanais soient moins performants mais surtout que cette transaction pourrait signifier un alignement de Paris- et son allié Riyad- sur l’Inde. En effet l’armée de l’air pakistanaise dispose d’une soixantaine de F16 américains sans compter une même quantité de JF 17 chinois et Mirages français. Il semble plutôt que c’est New Delhi qui cherche à mettre à niveau sa flotte aérienne de guerre. Ce que confirme en effet le grand quotidien indien The Nation. « Les responsables militaires indiens ont averti le gouvernement que les capacités de leur armée de l'air risquent d’être profondément distancées par rapport à celles de la Chine et du Pakistan, si de nouveaux avions de combat occidentaux n’étaient pas acquis ou si les industriels de défense locaux ne pouvaient produire ce dont a besoin notre armée en temps opportun. » Il faut savoir à cet égard que toute la flotte indienne actuelle « a participé à des opérations de guerre au sein de l'Indian Air Force, en particulier contre le Pakistan. En 1999, les Mirage 2000 sont intervenus dans les combats de Kargil. » Néanmoins une question chiffonne : puisque l’Inde cherche à moderniser son arsenal aérien à l’instar de ses voisins, pourquoi alors ne s’approvisionne-t-elle pas en Chine ou en Russie, membres du BRICS et fabriquant et vendant des avions de guerre dépassant dans bien cas leurs « alter ego » occidentaux ? S’agissant du super-chasseur-bombardier russe Sukhoi, il pourrait même « dégommer » le Rafale selon l’ambassadeur russe en Inde Alexander Kadakin. « Nous sommes toujours très surpris de l’achat du Rafale, parce que même si le Rafale est destiné à affronter les avions pakistanais ou chinois, même pour les Sukhoi chinois, ces Rafale vont être comme des moustiques par une nuit d’août. Ils seront dégommés comme des moustiques. C’est pourquoi je ne comprends pas ce choix.»  a déclaré, sarcastique, le diplomate russe ! Un élément de réponse pouvant expliquer la préférence indienne pour le Rafale français plutôt que des avions russes ou chinois qui peuvent être aussi performants sinon plus : New Delhi est en froid avec Pékin et subsidiairement avec Moscou.

Un diplomate russe :

Les Rafale vont être dégommés par

les Sukhoi chinois comme des moustiques !

En effet, « ces dernières années, l’Armée populaire de libération +APL+ de Chine a profité de son pouvoir politique croissant pour provoquer des escarmouches et des confrontations avec l’Inde en violant la longue et disputée frontière entre ces deux pays dans l’Himalaya. » On comprend donc que si Pékin refuse d’équiper l’Inde en avions de guerre performants, comme le nouveau chasseur chinois de 5e génération, le J-31, Moscou refusera également de la dépanner. Solidarité entre BRICS (ou ce qui en restent) oblige. D’où la solution Paris ; celles des Etats-Unis ou de Grande-Bretagne étant exclues d’avance du fait que Islamabad est un allié plus que précieux pour ces deux puissances. Toutefois, par la voix même de son chef de gouvernement, New Delhi a tenu à amortir le choc de l’écartement de la solution chinoise par une phrase très diplomatique. Narenda Modi, sur le même perron de l’Elysée aux côté de son hôte François Hollande, aurait fait allusion au fait que les J-31 chinois ne sont pas encore prêts à la commercialisation. En effet, « cette copie conforme du F35 américain » vient tout juste d’effectuer un vol d’essai réussi. Alors que Narenda Modi a dit « des avions prêts à voler ». Maintenant que sera la réaction d’Islamabad quant à cette transaction franco-indienne même si elle devra encore être finalisée lors d’un prochain déplacement du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian à New Delhi ? Transaction, faut-il le souligner ne va sortir l’industrie de l’armement français de l’ornière du marasme, mais peut-être de nature à redorer le blason de l’Elysée et de Matignon, après une série de camouflets électoraux. La réaction ne s’est pas fait attendre. Déjà deux décisions spectaculaires sont prises rapidement et concomitamment par Islamabad pour rendre la monnaie à Paris, New Delhi et à Riyad. D’un côté le Pakistan a libéré sous caution de Zakiur Rehman Lakhvi, suspecté d'être le chef du groupe terroriste qui a ensanglanté Bombay en 2008. De l’autre, « les élus pakistanais, après plusieurs jours de débats, à l’unanimité demandent à leur gouvernement de ne pas participer à la coalition contre le Yémen. Si le territoire saoudien était attaqué la position pourrait changer. Le Pakistan veut rester neutre dans le conflit contre les Houthis » . Un niet très diplomatique et un message destiné, cette fois, particulièrement à Paris et à Riyad qui a sollicité l’aide du Pakistan ; ces deux capitales comptant sur une éventuelle offensive terrestre pakistanaise pour terminer le travail des frappes aériennes de la coalition de 10 pays arabes qui entrent dans leur 3e semaine sans avoir entamé, semble-t-il, la détermination des Houtis. Mauvis signe. Très mauvais.

Publié dans Analyse

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Au Maroc, le Palais est sur tous les fronts, faute de mieux !

Publié le par Abdelkarim Chankou

Visite, samedi 12 juillet 2014, du Roi Mohammed VI aux victimes admises au service de traumatologie du CHU Ibn Rochd, suite à l’effondrement de trois immeubles d’habitation survenu la veille au quartier Bourgogne à Casablanca.



Pas la peine d'être grand clerc pour constater qu’au Maroc, d’hier comme d’aujourd’hui, le Palais est beaucoup plus évolué que le peuple, les syndicats, la société civile ainsi que tous les partis politiques de gauche comme de droite. Il ne s’agit pas ici pour moi de faire l’éloge de la monarchie, elle n’en a pas besoin ; mais de rappeler une vérité criante et bien gravée dans le marbre à savoir que les discours officieux comme officiels peinent à camoufler. Comme d’habitude, certains esprits spécialisés dans la critique à la va-vite pour ne pas dire simpliste, diront que mon billet est un panégyrique complaisant de plus pour une monarchie présente partout, qui fait tout, s’occupe de tout… Soit ! Mais ce constat est vérifié dans l’apparence uniquement. Derrière les coulisses une autre vérité trône. Si le Roi est présent sur tous les fronts, sociaux, économiques et même sportifs et médicaux, c’est parce que les institutions qui selon la constitution en vigueur doivent s’acquitter normalement de cette tâche brillent par leurs inertie et absence. En effet et rien que sur le plan du développement socio-économique, dès que le Roi inaugure un projet structurant dans une ville ou localité, il est obligé de revenir sur les lieux après un certain temps pour s’enquérir de visu et en personne de l’état d’avancement des travaux. Dans presque une la majorité des cas, le Souverain est déçu. Il constate que ledit projet soit n’a pas vu le jour soit les travaux ne vont à la cadence escomptée soit le projet a été finalisé mais aux prix de moult défauts ou carrément bâclé. Exemple parmi d’autres : En novembre 2014, « la récente colère de Mohammed VI à l’encontre de plusieurs responsables, dans la ville de Fès , aura des répercussions. D’autres têtes tomberont bientôt au grès des révélations. La colère exprimée par Mohammed VI, à Fès, face au retard pris dans la réalisation de plusieurs chantiers relatifs à la réhabilitation du patrimoine de la ville, n’aurait été que la partie visible de l’iceberg. Al Akhbar, dans son édition de ce jeudi 13 novembre, nous en dit plus et sur les raisons de la colère du souverain et sur d’autres éventuelles répercussions sur les responsables de grands chantiers dans la capitale spirituelle du royaume. En somme sauf une armée et police qui connaissent leurs métiers, une vingtaine de grandes entreprises citoyennes, une poignée de cadres supérieurs de divers métiers œuvrant dans l’ombre (et souvent payés au lance-pierre) et quelques ONG vraiment non lucratives, se comptant sur les doigts d’une main, c’est plutôt le Désert des Tartares…

Ces officines-épiceries ou observatoires

préfèrent plutôt observer le silence !

Si le gouvernement, qui est une institution constitutionnelle manque parfois à ses devoirs, que dire alors d’institutions politiques que sont les partis d’opposition comme de la majorité ? Réponse : c’est pire ! Au lieu de faire leur boulot définit par l’article 7 de la même constitution en vigueur (Les partis politiques œuvrent à l’encadrement et à la formation politique des citoyennes et citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à la gestion des affaires publiques. Ils concourent à l’expression de la volonté des électeurs et participent à l’exercice du pouvoir, sur la base du pluralisme et de l’alternance par les moyens démocratiques…) », ils préfèrent faire le sourd ou la coquille vide, au mieux applaudir des pieds et des mains quand ils participent au gouvernement ou s’enliser dans les guerres internes ou des personnes sans oublier de faire dans l’opposition pour l’opposition en passant par la proposition de projets de lois aussi ahurissants que fantasmagoriques. Du genre : « L’opposition parlementaire souhaite la déchéance de la nationalité des Israéliens d’origine marocaine résidant dans les colonies construites après la guerre de juin 1967. En effet, les députés Istiqlal (conservateur), PAM (centre), USFP (socialiste) et UC (libéral) ont présenté un projet d’amendement du Code de la nationalité, un texte adopté le 6 septembre 1958 et dont la dernière modification date du 23 mars 2007. La proposition a été déposée à la Commission de justice, de législation et des droits de l'Homme de la Chambre des représentants... » ! Les pauvres députés, censés encadrer la populace, ignorent que les Israéliens d’origine marocaine, en majorité pauvres, qui s’installent dans les colonies d’après 1967 le font non pas pour provoquer ou taquiner les Palestiniens mais en raison du fait que les logements et les terres frontalières de Syrie, du sud Liban ou de Gaza sont moins chères car ils sont à la portées des fusées Katioucha ; pour être hors de portée de ces roquettes il faut habiter à Tel-Aviv ou à Jérusalem Ouest, où le M2 est plus cher qu’à Manhattan ! Maintenant passons au registre des ONG et observatoires des droits de l’homme qui n’excellent que sur les dossiers susceptibles de leur permettre de recevoir du fric de la part de l’Etat marocain comme des institutions européennes, arabes ou américaines ; en l’occurrence les sujets liés à l’avortement, l’inceste, le mariage des mineures, la peine de mort et Dieu sait quoi encore. Pour les autres sujets chauds comme l’antisémitisme ou le racisme qui ne payent pas, ces officines-épiceries ou observatoires préfèrent plutôt observer le silence ! Il y a un an, « Après les voyages déclarés et ceux en catimini de Marocains en Israël, des militants amazighs marocains annonçaient la création de « l’Observatoire marocain de lutte contre l’antisémitisme . Une association qui offre ses services aux nationaux qui souhaitent se rendre dans l’Etat hébreu et aux juifs marocains résidents dans ce pays qui programment des voyages au Maroc. » Silence radio de la part de cette ONG sur l’affaire des livres antisémites. Soit ces acteurs ne savent pas lire soit se limitent à lire les prospectus de tourisme gratuit notamment en terre sainte… Autre exemple non exhaustif : Le centre juif américain Simon Wiesenthal Center a de nouveau dénoncé la présence d’œuvres qu'il juge +antisémites+ au dernier Salon international de l’édition et du livre de Casablanca +SIEL+ tenu en février. Le SWC accuse le ministre de la Culture, Mohamed Sbihi, de ne pas avoir tenu sa promesse d’arrêter les présentations d’œuvres antisémites. » Dans une réponse adressée au SWC, le ministre Amine Sbihi (parti communiste) écrit notamment que « Les listes d’ouvrages présentés au Salon sont étudiées par une Commission spécialisée qui veille, avec rigueur, à éliminer tout ouvrage incitant à la haine, à la violence ou au racisme » (http://www.le360.ma/fr/politique/sbihi-repond-au-swcles-ouvrages-incitant-au-racisme-bannis-du-siel-36873). Ou le ministre est mal informé ou il biaise. Je ne dirais pas que le ministère de la culture est antisémite, il a participé depuis ces 20 dernières années à la restauration de plusieurs synagogues et cimetières juifs en ruine et mis sous tutelle administrative le seul musée juif du monde qui est situé à Casablanca (la plus grande ville du Maroc). N’empêche que « Mein Kampf », le livre d’Adolf Hitler, est en vente libre, à l’air libre, dans nombre de librairies et marchés aux puces de Casablanca (au moins), et dans plusieurs langues dont l’arabe. (Voir photo). Une gaffe qui cadre mal avec l'ouverture et la tolérance du Palais qui a toujours considéré le judaïsme comme partie intégrante de la culture marocaine, en honorant et décorant réugulièrement des personnalités du monde juif. Exemplle parmis d'autres :

L’ancien grand rabbin séfarade d’Israël, Shlomo Amar, (2003-2013) a eu droit à une distinction royale à l’occasion de la Fête du trône fin juillet 2013 en l’honneur de plusieurs personnalités marocaines et étrangères. Ce haut dignitaire religieux, natif du Maroc en 1948, a eu le Wissam Alaouite de classe exceptionnelle, le 30 juillet 2013 à Casablanca. » Et en septembre 2009 « Jason Isaacson, le directeur du Comité Juif Américain +American Jewish Committee+ d’affaires gouvernementales et internationales, a été décoré avec la médaille de Chevalier du Trône du Royaume du Maroc par le même souverain. Une initiative royale que les médias algériens ont saluée comme il se doit par une averse d’insultes et d’anathèmes : pour eux un chef d’Etat doit se limiter à décorer les généraux de l’armée qui veille au GAIN… Mission dont s’acquitte Bouteflika merveilleusement. Parenthèse bouclée. L’article aussi.

"Mein Kampf" en vente libre et à l'air libre à Casablanca

"Mein Kampf" en vente libre et à l'air libre à Casablanca

Publié dans Opinion

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Pourquoi le soutien du Maroc aux Saoudiens contre les Houtis relève en fait de la routine

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le 26e sommet arabe de Charm El-Cheikh qui a vu l’absence de certains chefs d’Etat et surtout de la Syrie dont l’adhésion été suspendue en novembre 2011 par la Ligue arabe, à cause de la guerre civile dans ce pays, s’est soldée, dimanche 29 mars, par la prise de certaines résolutions dont la plus saillante est celle relative à l’adoption du principe d’une Force militaire qui aura pour missions « l'intervention militaire rapide en vue de faire face aux menaces sur la sécurité des pays arabes et leur souveraineté nationale, y compris les menaces des organisations terroristes, et ce sur la base d'une demande du pays concerné. » Pour ce faire, « les dirigeants arabes ont chargé le Secrétaire général de la Ligue arabe, en coordination avec la présidence du Sommet, de convoquer une équipe de haut niveau, sous la supervision des Chefs d'Etat-major des pays membres, à une réunion dans le mois suivant l'adoption de cette résolution pour étudier les différents aspects de cette question et proposer les mesures d'exécution et les mécanismes d'action ainsi que le budget nécessaire à la création de cette Force militaire commune et sa composition. » Un délai de trois mois est imparti à cette équipe de haut dont fait partie le Maroc niveau pour rendre sa copie en vue de l’adoption de ce projet de Conseil de la défense arabe commune. Le Maroc désigné pour abriter le prochain Sommet arabe en 2016 accueillera-t-il le siège de cette institution de défense commune en cas où elle verrait le jour ? Ou bien ce sera l’Egypte ? Laquelle cherche, visiblement, à reprendre le flambeau du leadership du Monde arabe qu’elle a perdu au lendemain de la signature des accords du Camps David avec Israël en 1979. En attendant de savoir un petit retour sur image : Les Arabes n’en sont pas à leur premier essai de la création d’une force de défense commune. Le 17 juin 1950, ils concluent un Pacte de défense collective et de coopération économique essentiellement pour palier les erreurs de la première guerre de Palestine de 1984-1949. Parmi les 5 organismes prévus par ce pacte, le Conseil de défense commune composé des ministres de la défense et des affaires étrangères des pays membres de la Ligue. Mais ce Conseil dont le siège sera basé à Rabat n’avait jamais fonctionné pour diverses raisons dont le fait que plusieurs Etats membres étaient sous occupation étrangères au moment des faits. « La coopération en matière de défense, qui constituait un objectif de l'organisation, ne s'est pas concrétisée, et le +Pacte de défense collective+ entrée en vigueur en 1952, n'a jamais fonctionné, que ce soit lors de la crise de Suez en 1956 ou des différentes guerres israélo-arabes (1967, 1973). » Pourtant le bâtiment-fantôme qui devant abriter ce Conseil de défense commune existe toujours à Rabat. Un musée en lien aire que personne ne visite. Pis : presque personne n’en connaît l’existence !

Le Maroc désigné pour abriter le prochain Sommet arabe en 2016 accueillera-t-il le siège de cette institution de défense commune en cas où elle verrait le jour ?

Question légitime : le principe de la création de cette Force militaire arabe commune connaîtra-t-il le même échec que celui du mort-né Conseil de défense commune ? Oui est non. Oui ; car cette idée est outre qu’elle est vague dans sa conception n’est nullement contraignante pour les pays membres d’une Ligue arabe sclérosée par les divisions et les contradictions. Non ; car le premier organisme de défense était dirigé contre Israël alors que le second l’est contre le terrorisme intra-arabe et avec la bienveillance de l’Etat hébreu. La preuve en est l’existence avant ce 26e sommet d’une force de dix Etas arabes et musulmans conduits par l’Arabie saoudite (et Washington) qui mène effectivement et de manière inédite des raids aériens sur les positions des Houtis au Yémen. Par ailleurs, cette intervention militaire du Maroc aux côtés de l’Arabie saoudite n’est ni la première en date ni dirigée exclusivement contre les chiites. Mais aussi contre des sunnites. En 1979 des des militaires marocains et français ont intervenu en force à La Mecque pour faire avorter une prise d’otages qui a failli sonner le glas de la famille des al Saoud. La prise d'otages par des fondamentalistes islamistes et opposants à la famille royale saoudienne, de la mosquée Al-Masjid al-Haram, à La Mecque (Arabie saoudite), le 20 novembre 1979. « Le 20 novembre 1979, premier jour de l'an 1 400 (1er Mouharram)* du calendrier musulman, un groupe d'environ 200 fondamentalistes islamistes, composé de Saoudiens et d'Égyptiens étudiants à l'Université islamique de Médine, lourdement armés, prend par la force le contrôle de la mosquée Al-Masjid al-Haram (La Grande Mosquée) à La Mecque. À la tête de cette prise d'otage, qui implique aussi bien des hommes que des femmes, se trouve Juhaiman ibn Muhammad ibn Saif al Utaibi, caporal retraité de la Garde nationale saoudienne qui appartient à une puissante famille sunnite du Najd. » Pour l’anecdote ce sont les Forces spéciales envoyées par feu Hassan II qui ont terminé le boulot, les éléments du GIGN n’avaient pas le droit de pénétrer dans l’enceinte sacrée de la Mosquée car ils n’étaient pas musulmans. De même les interventions militaires marocaines pour défendre les pays du Golfe ne se limitent pas au royaume saoudien, mais englobe aussi d’autres pays comme les Emirats Arabes Unis. « En 1979, le pays de Cheikh Zayed n'est pas encore l'empire technologique et financier d'aujourd'hui mais, déjà, une grande puissance pétrolière au cœur d'une région mouvementée. L'année où Laânigri débarque à Abu Dhabi, le shah d'Iran est renversé, les Soviétiques entrent à Kaboul et la guerre irano-irakienne est déclenchée. Pourquoi dans ce contexte avoir choisi Laânigri ? Hamidou Laânigri [rentrée plus tard au Maroc, le colonel major [appartenant au corps de la gendarmerie royale] sera désigné successivement patron de la DST puis de la DGSN avant de finir sa retraite à la tête du commandement sud des Forces auxiliaires avec le Grande de général de Division] passera finalement dix ans à la cour de Cheikh Zayed. Il veillera personnellement à la mise en place du service de sécurité rapprochée du puissant émir, participera au renforcement de certaines unités militaires émiraties et cooptera plusieurs cadres et techniciens marocains. Là aussi, il garde un contact direct avec le Palais qui le charge de missions spéciales.) Donc cette mise à disposition de l’opération Tempête Décisive de l’escadrille des F15 marocains et leurs pilotes en stationnement aux Emirats arabes unis où il combattaient Daesh aux côtés d’une coalition internationale depuis octobre 2014, n’est que la suite d’une longue tradition de coopération étroite entre le Maroc et l’Arabie saoudite qui tout l’indique est à l’abri des vicissitudes du temps.

(*) Selon la tradition arabe islamique et préislamique on ne fait pas la guerre durant ce mois de Muharram. Mot qui signifie littéralement « interdit ».

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