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Comment Poutine a défait les armées des anges commandés par l‘archange Gabriel et commandités par le cheikh Qaradawi en Syrie

Publié le par Abdelkarim Chankou

Capture d'image montrant ce qui a été pris pour un ange

Capture d'image montrant ce qui a été pris pour un ange

« Syrie : la fin de la bataille d'Alep laisse craindre un massacre » titre Le Figaro du 12 décembre dernier. Comme si la guerre civile qui a éclaté depuis mars 2011 et qui a fait selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme plus de 300 000 morts dont 90 000 civils n’était pas un massacre mais une pièce de théâtre ! La posture de l’Occident, politiques et médias, est biaisée du moins erronée. Les opinions occidentales trompées par leurs gouvernements et médias officiels s’apitoient sur le sort des populations civiles syriennes et les mercenaires déguisés en djihadistes non pas au nom d’un quelconque humanisme universel, des guerres menées ces dernières années sous d’autres cieux ont été aussi atroces sinon plus que celle de Syrie, mais pour dévier les regards du monde sur l’échec patent et honteux des armées des pays occidentaux engagées aux côtés des mercenaires face aux armées de la Russie et de l’Iran. Autrement dit l’Occident a un problème à régler avec la Russie de Poutine et elle a eu tort de croire que le terrain syrien était l’occasion facile et inespérée pour le régler. Mais passons. L’intéressant est de savoir pourquoi toutes les chancelleries arabes et tous ce que compte la toile comme enturbannés débiteurs de fatwa à la noix sont entrés dans une hystérie indescriptible au moment où les premiers convois de camions commencent à évacuer les derniers fous d’Allah vers Idleb, une bourgade syrienne frontalière de la Turquie, encore sous contrôle des mercenaires et des terroristes. Quelle mouche a donc piqué ces bombes sonores qui écument le web ? La vue de corps de civils déchiquetés par les bombes ? On en doute fort, ne serait-ce que parce que la vue de sang et de cadavres est la dernière chose qui puisse émouvoir ces énergumènes qui émettent des fatwas de mort comme un clown émet un pet. Mais il ne faut pas chercher longtemps ni loin pour se convaincre que la cause de l’affolement de ces extrémistes est beaucoup plus grave. Ayant bâti leur aura et légitimité sur des légendes controversées comme l’invincibilité absolue des petites armées de croyants musulmans face aux grandes armées de mécréants, la défaite d’Alep vient démonter en épingle ces mythe dont le premier et le plus connu qui fait toujours autorité dans le monde musulman est celui du général Khaled Ibn Walid (584-642). « Compagnon du prophète Mohamed selon la tradition, il participe après la mort du prophète à la reconquête de la péninsule arabique et est le commandant des armées arabes lors des conquêtes de l'Irak et de l'empire byzantin (bataille de Yarmouk). Sur plus de cent batailles qu’il commande, il n’en perd aucune. »
IMAMS de L'EEBROUFE
La peur de ces imams de l’esbroufe de perdre leur influence sur les masses est telle que lors des moments de victoires des djihadistes (avant l’entrée en lice de l’aviation russe en septembre 2015) ils ont inventés des histoires à dormir debout dans le but d’endormir la vigilance de quelques cabochards qui se demandaient comment des groupuscules de djihadistes armés de simples Kalachnikovs et chaussant des sandales parviennent-ils à tenir en échec la puissante armée régulière syrienne. L’astuce est de fabriquer des histoires d’anges commandés par leur chef l’Archange Gabriel, montant des chevaux blancs qui surgissent du ciel pour foudroyer les soldats de Bachar Assad. Les premiers bricoleurs de ces miracles sont le cheikh égyptien exilé au Qatar Youssef Qaradawi et son collègue saoudien le cheikh Mohamed Al Arifi qui dans une vidéo chacun expliquent comment Allah a envoyé ses anges pour soutenir les djihadistes. Des anges blancs (voir capture vidéo) que semblent dessiner sous forme anthropomorphique les fumées blanches que laissent derrière eux des missiles air-sol. La vidéo de Qaradawi A été vue par plus de 4,4 millions de personnes. Allah akbar ! Un autre miracle. Pour info le Qaradawi n’en restera pas là. Lors de la mise en en échec du putsch militaire contre le président turc Recep Tayyip Erdogan il affirmera que « Gabriel et les anges sont avec Erdogan » ! Néanmoins, il est vrai qu’il n’y a pas que l’histoire officielle du monde arabo-musulman qui est truffée de mythe et d’épopées glorifiant l’audace et le courage d’individus ou de ramassis d’individus contre la puissance du nombre de l’adversaire. Pour ne pas aller loin, l’histoire militaire officielle de la France cartésienne est encore jonchée d’épisodes épiques dont celui de la bataille du Pont d’Arcole Au début de cet événement marquant la première campagne d'Italie (15-17 novembre 1796), l’histoire dit que « Bonaparte s'empare d'un drapeau et tente de traverser le pont qui sépare les deux armées mais, bousculé par le feu autrichien, sa tentative échoue. La victoire ne sera acquise que deux jours plus tard. » Arcole est sauvée !

Publié dans Opinion

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Questions autour du projet du gazoduc Nigéria-Europe via le Maroc

Publié le par Abdelkarim Chankou

Une vue du chantier du gazoduc devant relier le Nigeria au Bénin, Togo et  Ghana.

Une vue du chantier du gazoduc devant relier le Nigeria au Bénin, Togo et Ghana.

Beaucoup d’encre a coulé sur le projet d’un gazoduc reliant le Nigéria à l’Europe via l’Algérie depuis sa conception jusqu’à son enterrement en 2002 faute de financements nécessaires. « En 2002, l’Algérie avait entamé des négociations avec le gouvernement nigérian en vue d’un projet similaire, mais qui traverserait le Sahel et l’Algérie pour atteindre les portes de l’Europe sur un tracé de 4.000 kilomètres. Sauf que les pays clients ont affiché des réticences face au risque sécuritaire qui mine la région et qui pourrait être à l’origine d’interruptions intempestives d’approvisionnement. En raison de ce facteur d’incertitude, l’Algérie a échoué à réunir les financements nécessaires, condamnant ce projet à un report sine die, voire à une paralysie permanente. Aucune convention n’a donc pur être signée pour le moment. » La même quantité d’encre a coulé sur la résurrection de ce méga projet, il y a 3 jours, à l’ occasion de la visite historique du Roi du Maroc Mohammed VI à ce grand pays anglophone enclavé entre quatre pays francophone et gazier. Le Maroc que ce gazoduc devra, cette fois, traverser, réussira-t-il là où son voisin arabe avait échoué en raison des menaces sécuritaires qui pesaient sur les infrastructures ? Peut-être que oui. Néanmoins cela ne signifie pas que les conditions d’il y a 15 ans ont totalement disparu. Loin s’en faut ! Un incident datant de quelques mois nous le rappelle brutalement : « Des rebelles présumés de la région pétrolière du delta du Niger au Nigeria ont fait exploser un gazoduc appartenant à une filiale de la compagnie pétrolière italienne ENI, a annoncé mercredi 18 mai 2016 un porte-parole de la compagnie. » Et même l’Algérie n’y échappe pas à la malédiction terroriste. Pour ne citer que deux exemples , rappelons qu’ « en novembre 2011, le gazoduc de Hassi R’Mel qui alimente les régions du centre et du nord du pays avait été attaqué par des terroristes dans la commune de Djebahia, daïra de Kadiria, 30 km au nord de Bouira, au lieu-dit Oued Chhimi. La conduite de gaz avait été sabotée par l’explosion d’une bombe de fabrication artisanale et subi d’énormes dégâts. » Mieux : « Début décembre de la même année 2011, un attentat terroriste à la bombe avait ciblé, dans la commune de Aomar, à 20 kilomètres de Bouira, un groupe de surveillants chargé de la sécurité du gazoduc Hassi R’mel-Cap Djinet. Bilan : un mort et deux blessés parmi les gardiens. » Mais le besoin sans cesse grandissant de l’Europe en gaz dans un contexte de montée de l’économie verte et de guerre sourde avec la Russie grand pourvoyeur du vieux continent en cette énergie propre lui dicte d’explorer d’autres solutions pour ne pas lier son sort à la seule Algérie et Russie. Surtout que l’Algérie ne dispose plus de réserves qui lui permettent d’exporter un gaz qui suffirait à peine de combler ses besoins internes. En effet ce pays maghrébin « n'a pas pu pallier le manque à produire néerlandais, la production algérienne de gaz a également chuté et elle est de plus en plus consommée localement » au moment ou le géant russe Gazprom « se lance dans une bataille pour les consommateurs européens de gaz et augmente ses ventes à l’Union européenne. » D’où le fait que samedi 3 décembre dernier, à l’occasion de la visite du Roi du Maroc Mohammed VI au Nigéria, grand pays gazier anglophone se trouvant « enclavé » entre des pays francophones : le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun, les deux pays ont signé un accord pour un gazoduc géant devant alimenter des pays voisins en gaz tout en l’acheminant jusqu’au portes de l’Europe Ce deal « prévoit l’extension du West African Gas Pipeline (WAGP) du Nigeria jusqu'à l'Europe via le Maroc. Il s'agirait du plus grand projet gazier en Afrique de l'Ouest. » Le Maroc réussira-t-il là où l’Algérie a échoué qui plus est à un moment où elle ne connaissait pas les difficultés financières d’aujourd’hui ? D’autant que si le gazoduc voit le jour il devra absolument contourner l’Algérie et le Niger (à moins d’un miracle) en passant par des pays instables comme le Mali et la Mauritanie. En tout cas selon le site le site le360.ma « Aujourd’hui, il semble que l’atout du Maroc réside dans le fait qu’il ait déjà préparé le terrain en obtenant un accord de principe des pays qui seront traversés par le gazoduc, notamment les pays ouest-africains. De même, des bailleurs de fonds auraient également été sondés dans cette perspective. » STRATEGIE RUSSE Mais ce n’est pas la vraie question. Presque tous les médias nationaux et internationaux qui ont traité ce projet de gazoduc Nigéria-Europe via le Maroc se sont intéresse aux problèmes du terrorisme qui minent la région la région du delta du Niger. En oubliant une autre question non moins grave. Celle de savoir quelle sera la réaction de Moscou si ledit projet voit le jour et contrarie sa stratégie gazière en Europe. « L'Europe est de plus en plus dépendante de la Russie de la Russie pour se fournir en gaz. Gazprom vient d'annoncer avoir vendu l'an dernier [2015] 8 % de gaz supplémentaires à ses partenaires européens. Une façon de démontrer que l'Europe a beau se fâcher au sujet de l'Ukraine, elle ne peut échapper à son voisin russe pour son approvisionnement gazier. Les analystes confirment cette évolution (…) et Gazprom a partiellement récupéré les parts perdues par l’Algérie et la Lybie. La production africaine est en baisse, car les investissements se contractent sur fond de prix faibles et de situation politique instable. Actuellement, on y produit 30% de moins qu’il y a cinq ans », décrypte Gueorgui Vachtchenko, chef du département des opérations à la bourse russe chez Freedom Finance. Il précise que la part de Gazprom sur le marché européen a atteint son plus haut niveau en dix ans. Par ailleurs, la Norvège n’est pas en mesure d’accroître considérablement ses volumes, ajoute M. Vachtchenko. Espérons en tout cas que les relations entre les excellentes Russie et le Maroc ne pâtissent pas d’un projet où Rabat n’est que le maillon d’une chaîne euro-africaine. Surtout que la Russie qui tient à son amitié avec le Maroc ne manque pas de dire son mécontentement à Rabat quand cette amitié est mise à l’épreuve économiquement ou verbalement par des officiels. Pas plus tôt qu’hier lundi 5 l’ambassadeur de Moscou à Rabat Valery Vorobiev a exprimé « la préoccupation de Moscou, suite à des déclarations médiatiques attribuées à un très haut responsable du gouvernement marocain [le chef du gouvernement Benkirane : Ndlr] accusant la Russie d'être responsable de la destruction de la Syrie. »

Publié dans Focus

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