Les tics des politiques

Publié le par Abdelkarim Chankou


Quelle mouche a donc piqué certains de nos politicards ? En marge de la deuxième manche du congrès de l’Union Socialiste des Forces Populaires qui a élu à sa tête le vieux routier de la politique et actuel ministre de la Justice Abdelouahed Radi, les mauvaises langues n’ont point chômé. A nouveau elle remettent sur table un vieux sujet que l’on a cru oublié pour un bout temps ; celui de la monarchie parlementaire. Des militants et députés de l’USFP et aussi certains de leurs collègues du Mouvement populaire et de l’Istiqlal, parti majoritaire et qui dirige l’actuel gouvernement, veulent une réforme de la constitution qui instaure monarchie parlementaire en lieu et place de l’actuel régime qui est une monarchie constitutionnelle exécutive. C’est-à-dire un régime de gouvernance où le Roi joue un rôle actif à l’instar des régimes républicains présidentiels où le président fait plus qu’orienter la politique de la Nation.
Ainsi certains de nos illuminés, qui visiblement ont eu un petit passage à vide teinté de nostalgie révolutionnaire et maladive, réclament-il, une réforme de la loi fondamentale qui leur permettra d’avoir plus d’importance dans la vie politique nationale, eux qui n’ont eu accès au Parlement que par la biais d’un scrutin législatif qui n’a pas mobilisé plus de 37 % des électeurs le 7 septembre dernier et où l’argent n’a pas été absent. Ont-il demandé son avis à la majorité silencieuse ; aux 63 % de Marocains qui n’ont pas voté ? Bien sûr que non ; car pour ces illuminés la majorité silencieuse est synonyme de majorité consentante.
Pire : ces mal élus de la dernière heure réclament ni plus ni moins l’écornage des prérogatives très bien élu et légitime. C’est plus que la hardiesse, c’est de de l’insolence. D’autant que le monde démocratique occidental se dirige vers des régimes de gouvernance présidentiels ou exécutifs (pour les monarchies).
Même la Russie ne semble pas prête pour un régime parlementaire que certains députés de la Douma revendiquent. L’actuel président Dmitri Medvdev a été jeudi dernier clair et net : « Les amendements constitutionnels suggérés ne transformeront pas la Russie en une république parlementaire. Franchement, je pense que la Russie ne doit pas être une république parlementaire. Ce serait fatal », a déclaré M. Medvedev dans la ville ouralienne d'Izhevsk, cité par l'agence de presse Itar-Tass.
Enfin ! nos illuminés ont-ils oublié que le Maroc a expérimenté le régime de monarchie parlementaire au début des années 60 quand le Parlement s’engluait des mois durant dans des querelles byzantines et des joutes oratoires si bien qu’aucune loi n’en sortait avant longtemps.
Voudrait-on qu’on retourne à l’anarchie parlementaire ?

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Publié dans Edito

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