Un Bombay « marocain » n’est pas impossible

Publié le par Abdelkarim Chankou

Comme l’Inde, le Maroc est entouré de deux pays instables : l’Algérie et la Mauritanie. Deux Etats où des terroristes affiliés à Al Qaïda ont bon pied. Donc une attaque terroriste similaire à celle qui a endeuillé la capitale économique indienne la semaine dernière et qui a fait quelque 190 morts et plus de 300 blessés dont des étrangers n’est pas à exclure.

Comme l’Inde, le Maroc est entouré de deux pays instables : l’Algérie et la Mauritanie. Deux Etats où des terroristes affiliés à Al Qaïda ont bon pied. Donc une attaque terroriste similaire à celle qui a endeuillé la capitale économique indienne la semaine dernière et qui a fait quelque 190 morts et plus de 300 blessés dont des étrangers n’est pas à exclure. Or Casablanca semble une cible privilégiée ; car la mégapole n’est pas seulement une capitale économique comme l’est Bombay mais elle a déjà été frappée plusieurs fois par le terrorisme depuis le 16 mai 2003.

Bizarrement à moins de trois semaines des fêtes de fin d’années et contrairement aux cinq années précédentes, aucun dispositif policier visible et conséquent n’est perceptible cette année autour des cibles potentiels : les hôtels, les gares routières et ferroviaires, les discothèques, les aéroports, les ambassades, les institutions juives…

Mais selon une source, les autorités sauraient qu’il n’arriverait rien avant le 9 décembre, jour de la fête musulmane du Sacrifice. Donc, si renforcement du dispositif sécuritaire il y a, ce serait entre le 12 décembre 2008 et le 1er janvier 2009.

Néanmoins, les plus hautes autorités de l’Etat marocain ne semblent pas sereines quant à une éventuelle agression terroriste d’envergure. Et pour cause ! Le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa n’écarte aucune éventualité.

« Les attentats de Bombay, dont la logistique a été préparée durant des mois, incitent le Maroc à la vigilance », a récemment affirmé le ministre et d’ajouter que « les données dont nous disposons nous incitent à faire preuve de prudence et de vigilance, car nous faisons partie des pays visés » par le terrorisme, a déclaré M. Benmoussa avant de conclure qu’ « il y a au Maroc comme à l'étranger des parties et groupes qui visent des objectifs n'entrant pas dans le cadre de la pratique démocratique », a ajouté le ministre sans donner plus de détail sur les mouvements incriminés.

Mais M. Benmoussa fait certainement allusion à certains partis politiques qui ont feint d’accepter le jeu démocratique pour se faire agréer par l’Etat mais continuent dans l’ombre à comploter ; entre autres le parti* islamiste de Al Badil Al Hadari, dissous par les autorités au lendemain du démantèlement du réseau terroriste du belgo-marocain Abdelkader Belliraj (photo) en février 2007, et celui de La Oumma (Nation islamique) non autorisé. Pour rappel les deux partis sont selon la police liés au réseau Belliraj et leurs dirigeants sont en prison.

D’ailleurs, l’enquête a permis de découvrir deux importantes caches d’armes à Nador et à Casablanca comprenant entre autres des pistolets mitrailleurs tchèques Scorpio, des détonateurs, des cagoules, des AK 47… Ce qui conforte la version officielle selon laquelle le « réseau terroriste Belliraj avait mis au point un plan à long terme visant l'infiltration des institutions de l'Etat, des partis politiques et de la société civile, a révélé » et aussi la liquidation de hautes personnalités de l’Etat dont des Marocains de confession juive.

*) Et aussi certains partis dits modérés qui n'ont pas tous déposé les armes.

Photo : Belliraj escorté par des policiers marocains

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Publié dans Sécurité

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