Alger menace Paris

Publié le par Karim El Maghribi


















A quelques semaines de sa deuxième visite officielle en France, probablement en février 2009, le président algérien Abdelaziz Bouteflika devra affronter avec le risque d’y laisser des plumes un grave imbroglio judiciaire sur fond d’assassinat politique.
La confirmation de la mise en examen du diplomate algérien, Mohamed Ziane Hasseni, dans l’affaire de l’assassinat en 1987 de Ali André Mecili à Paris a provoqué l’ire du régime algérien poudres en Algérie dont les gros bras s’inquiètent que cette mise en examen n’aboutisse, par effet boule de neige, à l’ouverture de la boîte de Pandore. La junte militaire qui tire les ficelles au Plais El Mouradia et les apparatchiks multiplie les menaces déguisées en langage diplomatique pour arrêter la procédure judiciaire surtout que la Garde des Sceaux, Rachida Dati, est de mère algérienne. Et pour donner plus de piment à ces menaces, Alger laisse entrevoir des représailles économiques ; à savoir l’annulation de contrats en cours entre Alger et Paris au bénéfice de cieux plus cléments.
Mais la justice française qui n’apprécie pas beaucoup que l’on lui dicte sa conduite surtout quand cela vient d’un pays étranger qui a une vision particulière de la démocratie et de la séparation des pouvoirs, a refusé, jusqu’ici, de se laisser faire. Et dans quelques jours il y aura l'audition par le juge d'instruction de deux autres témoins dans cette affaire. Mais Alger n'en démord pas : «Il n’y aura pas de procès Hasseni car le diplomate algérien est innocent ! » clame le ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la communauté nationale à l'étranger, Jamel Ould Abbès, après avoir rendu visite à l’avocat de l’ex-officier du renseignement algérien Mohamed Ziane Hasseni, détenu et placé sous contrôle judiciaire à Paris depuis le 14 août dernier sous le chef d’accusation d’ « assassinat », dans la capitale française. Seulement selon le site Mediapart un certain colonel Samraoui plus haut gradé de l'armée algérienne en exil et témoin clé de l'affaire Mecili, est aujourd'hui en mesure d'affirmer (…) que Mohamed Ziane Hasseni, le diplomate algérien arrêté le 14 août dernier à l'aéroport de Marseille, est bien le commanditaire de l'assassinat, en avril 1987 à Paris, de l'avocat et opposant au régime d'Alger André Ali Mecili (photo).
Néamoins le ministre Ould Abbès a au moins le mérite d’être clair: Alger ne veut pas d'un procès public qui mettrait sur la place publique des dossiers puants et des noms que le pouvoir n'aimerait pas voir cités publiquement surtout dans le contexte actuel où Alger ne dispose plus de carte maitresse face à Paris : son pétrole est de moins en moins nécessaire à une économie européenne en ralenti, idem de son gaz que peut fournir dans des conditions meilleurs l’émirat du Qatar.
Si à Alger, on sait que le juge Baudoin Thouvenot ne lâchera pas pris facilement, on espère au moins que de l'audition par ce juge de deux autres témoins n’aille pas au-delà des lignes rouges. Autrement dit, Alger veut une instruction lente qui s’achève sur un non-lieu.
Pour y parvenir, le régime de Bouteflika se déclare sur le pied de guerre et agite la menace des représailles économiques. A suivre…

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Publié dans Sécurité

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