Mortel malentendu

Publié le par Abdelkarim Chankou


Si  les Israéliens n’ont pas pu  faire la paix avec un gouvernement palestinien unique, l'on se demande comment ils pourront la faire avec deux gouvernements  palestiniens, qui plus est antagonistes ?

 

Au risque de froisser  beaucoup de monde, je pense qu’Israël a commis au moins deux fautes stratégiques.  D’un côté en favorisant le radicalisme islamiste palestinien (qui a généré le Hamas en 1987) au détriment de l’OLP. Et de l’autre, en évacuant unilatéralement Gaza en août 2005,  évacuation  qui a induit ou plutôt conduit à la formation de deux gouvernements palestiniens. L’un siégeant en Cisjordanie sous l’autorité du président Mahmoud Abbas (Fatah-OLP) et l’autre à Gaza sous la direction de Ismaël Haniyeh (Hamas). Ce dernier étant considéré par le premier comme illégitime puisqu’il a été dissous par  Mahmoud Abbas le 14 juin 2007.

 

En menant une opération d’envergure contre Gaza ce matin et qui a fait  une dizaine d’heures plus tard plus de 220 morts et 700 blessés, Israël aura commencé sa troisième faute de stratégie, même si, il est vrai, il n’a pas beaucoup de choix tant les missiles artisanaux Al Kassam pleuvaient sur Sderot et Ashkelon en faisant des morts et des blessés. La troisième faut c’est l’affaiblissement définitif du président Abbas et de son gouvernement. Ce qui signifie dans peut de temps les Israéliens n’auront plus d’interlocuteur ; car aucun Arabe aussi raisonnable soit-il ne pourra  prendre parti pour le Fatah contre le Hamas.

 

Il ne restera plus à Israël que de réenvahir Gaza, mais c’est très improbable et surtout suicidaire pour Tsahal. A moins d’éliminer tous les habitants de Gaza.

 

Le premier ministre démissionnaire Ehud Olmert essaye d’expliquer que l’assaut aérien contre Gaza est dirigé contre le Hamas mais pas contre les habitants de Gaza. C’est autant bombarder un ferry-boat et dire que c’est l’équipage qui est visé et non les voyageurs.  Pardon pour la comparaison mais dans cette histoire beaucoup de monde est mené en bateau. Particulièrement le Palestinien moyen  qui ne demande qu’à vivre décemment.

 

De son côté le Hamas commet une double faute de calcul. D’une part, il bataille durement pour donner à son différend avec Israël un caractère religieux, de  guerre sainte ; ce qui est faux : le problème israélo-palestinien ou israélo-arabe par extension est éminemment politique (un mortel malentendu) ; sinon pourquoi tous les Arabes vivant à New York n’ont pas plié bagages plutôt que de rester vivre dans une ville dont le Maire est un juif ; en l’occurrence Michael Bloomberg ? Et de l’autre, il croit affaiblir les régimes arabes, spécialement le régime égyptien, en les montrant chaque fois du doigt. Tout ce que le Hamas peut escompter de cette diabolisation anti-arabe, c’est l’effondrement du régime de Housni Moubarak et son remplacement par un autre susceptible de rééditer les « épopées » de Hama ou de Septembre noir…

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Publié dans Edito

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