Le cercle vicieux de la haine

Publié le par Karim El Maghribi

Depuis l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le temps semble s’arrêter au Moyen-Orient. Braqués jour et nuit sur l’ex-Mésopotamie, débarrassée de son despote Saddam Hussein, les caméras médiatiques ont un peu oublié ce qui se passe en Israël-Palestine, à savoir  les territoires sous souveraineté palestinienne est israélienne. La recherche du scoop et du sensationnel  en Irak ou en Afghanistan a détourné  les regards des journalistes et aussi des observateurs sur la vie quotidienne en Israël et dans les terres sous tutelle de l’Autorité palestinienne. En réalité presque tout le monde avait cru que dès le retour de Yasser Arafat en Palestine en 1994 et la création de l’Autorité palestinienne -l’ébauche d’un futur Etat indépendant-, les carottes étaient cuites et que la paix était définitivement mise sur les rails. Grosse sinon grossière erreur !

 

Le retour triomphal de Yasser Arafat de Tunis avait en réalité marqué le début des vrais problèmes. L’immense foule qui avait accueilli avec les you-you et les chants révolutionnaires le retour de Abou Ammar après 27 ans d’exil avait masqué la haine et l’amertume de ses frères ennemis palestiniens, ceux du Djihad islamique et du Hamas mais aussi de certains factions de l’OLP.

 

Les longues années d’exil de Arafat au Liban puis en Tunisie avait divisé les Palestiniens en quatre catégories. Les Palestiniens d’Occident, aisés et qui ne suivent ce qui se passe au Moyen-Orient  que de loin ; les Palestiniens d’Israël (les Arabes de 1948) qui ne savent où donner de la tête ; les Palestiniens de certains pays arabes qui attendent le jour où on les embarquera vers une quelconque destination et en fin les Palestiniens des Territoires, particulièrement de Gaza que la misère et l’endoctrinement a fini par leur faire croire qu’ils sont les derniers vrais résistants face à Israël. Ceux qui n’ont pas désarmé, ceux qui ont tenu bon face à l’abdication du Fatah.

 

L’établissement d’une feuille de route pour la paix sous tutelle du Quartet  (Onu, Russie, Etats-Unis, UE) en 2003 et la mort de Arafat l’année suivante ont laissé lez champ libre au ennemis du Fatah pour occuper le terrain. La réoccupation de la Cisjordanie et le siège de la Mouqataa (palais présidentiel palestinien) à Ramallah en 2002 par Tsahal et surtout l’élimination du chef spirituel du Hamas, Cheikh Yassine en mars 2004,  avait  fermé les yeux aux Israéliens qui ont un peu observé avec une certaine bienveillance la montée du Hamas.

 

L’évacuation unilatérale de Gaza en août 2005 par les Israéliens avait été la goutte qui a fait déborder le vase. Le Hamas, alors au faîte de sa force, avait vendu cette évacuation aux habitants de Gaza comme une victoire de ses ailes armées et de celles du Djihad. La suite on la connaît. En septembre 2007,  le cabinet restreint israélien  déclare la bande de Gaza «entité ennemie», ce à quoi Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, avait répliqué en  déclarant que cette décision israélienne était une « déclaration de guerre. »



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Publié dans Focus

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