Maroc : un ministre flashé pour excès de vitesse

Publié le par Karim El Maghribi

Un ministre doit savoir que l’excès de vitesse et mettre la charrette devant les bœufs  peuvent provoquer des accidents. Surtout quand la personne est chargée des Transports. M. Karim Ghellab, ministre marocain des Transports et de l’Equipement, vient de faire les frais d’une bourde qu’il a commise en programmant dans la loi de finances 2009 le démarrage de quelque 150 caméras-radars fixes pour la surveillance du trafic routier avant même que le Code de la route qui les prévoit ne soit adopté au parlement !

 

Le ministre qui a donc pêché pour excès de vitesse en voulant prendre les députés de vitesse comptait sur une disposition constitutionnelle qui  autorise le gouvernement à faire passer certaines mesures sans l’aval du parement du moment que ces mesures sont à même de garantir  des rentrées d’argent à l’Etat ; comprendre le fric des amendes que devront débourser les chauffards flashés par le premier jet de 150 caméras payé environ 6 millions euros.

 

Mais c’est sans compter avec la ténacité de l’opposition (104 parlementaires des partis PJD, MP et UC)  qui a porté l’affaire devant le conseil constitutionnel. Lequel après examen a débouté le ministre Ghellab. Ainsi l'alinéa II de l'article 8 du projet de loi des finances 2009 a-t-il été jugé « non-conforme » à la Constitution. Ya pas photo ! M. Gellab doit attendre que le Code de la route fasse son chemin jonché d’embûches avant que ses gadgets, déjà installés dans les grandes villes, ne soient autorisés à faire des clins d’œil aux automobilistes  pressés.

 

Quand à M. Ghellab il a fini par faire amende honorable d’une façon alambiquée en déclarant que la décision du Conseil constitutionnel l’a déçue. Sans plus. Quand bien même son collègue aux Finances, M. Salaheddine Mezouar, a réagi à cette décision, en indiquant qu'elle « n'a aucun impact » sur le budget de l'Etat, puisque les « recettes étaient destinées au Fonds routier qui est dédié à la modernisation du parc des transports ». Une  déclaration qui tient à peine la route.

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Publié dans Focus

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