Azoulay : Les avancées réalisées par le Maroc s'inscrivent en cohérence avec les valeurs prônées par l'UE

Publié le par MAP

Berlin - Les grandes avancées économiques et sociales accomplies par le Maroc, ainsi qu'en matière des droits de l'homme s'inscrivent en cohérence et en convergence avec les valeurs démocratiques et de liberté prônées par l'Union Européenne, a souligné M. André Azoulay, conseiller de SM le Roi, président de la Fondation Annah Lindh euro-méditerranéenne pour le dialogue entre les cultures.

 

M. Azoulay, qui intervenait mardi lors d’une conférence-débat organisée à Hambourg par la Fondation Koerber, en collaboration avec l’association d’amitié arabo-allemande, au sujet des défis posés par l’Union pour la Méditerranée (UPM) aux pays du Nord et du sud de cet espace, a fait observer que les progrès réalisés par le Maroc dans le domaine des droits de l’homme, du code de la famille et des droits de la femme et les avancées remarquables réalisées par le Royaume aux niveaux économique et social s’inscrivent en harmonie et en convergence avec les valeurs et idéaux qui fondent l’Union Européenne.

 

C’est en considération de cette évolution que le Maroc, qui a « une zone de libre échange avec l’Union européenne, a été le premier pays non européen à bénéficier du statut qualifié de plus avancé », ajoute M. Azoulay.

 

Dans le même ordre d’idées, il a relevé que l’UMP est « une construction stratégique qui va compléter ce que le processus euro-méditerranéen de Barcelone n’a pas su faire, mais sur les acquis de Barcelone ».

 

Lors de cette conférence, animée par Sonia Hegazy, vice-directeur du « Centre de l’Orient moderne », en présence de l’ambassadeur du Maroc à Berlin, M. Rachad Bouhlal, et de nombreux chercheurs et experts, M. Azoulay s’est dit convaincu qu’avec l’UMP « nous allons restaurer des principes fondamentaux de parité dans le sens de l’égalité de traitement. Nous allons construire une logique de réciprocité et de co-appartenance, parce qu’on n’est pas ensemble simplement pour échanger des marchandises ou pour réguler les flux migratoires, nous sommes ensemble pour faire tout ce que deux grandes civilisations, de grands projets peuvent produire, et pour reconquérir la raison et la modernité ».

 

Et d’ajouter que l’ « UPM va être une réponse à cette théorie inacceptable qu’on a voulu introduire, à savoir le choc des civilisations qui n’a jamais existé, ou d’une confrontation des religions qui est une instrumentalisation politique de la religion et qui déstabilise les relations internationales. Nous devons marquer un temps d’arrêt avec toutes ces théories dont on a pu mesurer l’échec ces dernières années », soutient-il.

 

Il a déploré le recul enregistré pendant les 30-40 dernières années, ajoutant « nous sommes dans un temps qui est celui  de la frilosité, de l’ignorance ». « Il n’y a pas de choc de civilisation, mais un choc des ignorances », martèle-t-il.

 

« Nous avons régressé parce qu’on est obligé de débattre pour savoir si, étant musulman, chrétien et juif, on peut encore vivre ensemble », poursuit-il, soulignant que « l’ « Union pour la Méditerranée est un début de réponse à cette équation existentielle de civilisation sur laquelle on ne peut plus tergiverser » et à laquelle ont doit « avoir une réponse claire ».

 

Il a dans le même sillage a abordé les objectifs de la Fondation Anna Lindh euro-méditerranéenne pour le dialogue entre les cultures, notant que, de par sa composante constituée de 43 pays fondateurs dont 27 de l’Union européenne, « elle est l’outil, le levier pour donner à l’UMP la légitimité populaire dont elle a besoin ».

 

Pour ce faire, M. Azoulay a dit « privilégier le dialogue autour des cultures et des valeurs de l’Histoire de chacun d’entre nous et de nous tous, pour faire en sorte que cette union se construise dans un espace qui soit celui de l’intelligence, de la connaissance, du respect mutuel et de la réciprocité ».

 

« En faisant dialoguer les cultures entre ces 43 pays, l’on peut aider à modeler et à rendre possible cet espace communautaire nouveau » a dit M. Azoulay, relevant que, dans cette perspective, l’UPM a déjà donné des signaux forts, à savoir que la « ligue arabe est partenaire et membre à part entière pour l’UPM, ce qui est une première dans l’histoire des relations entre l’occident et le monde arabe ».

 

Il a également cité le fait que l’UPM aura un secrétaire général adjoint palestinien et un secrétaire général adjoint israélien, ce qu’ « aucune autre organisation multinationale ou internationale n’avait réussi à obtenir ».

 

De même, M. Azoulay s’est dit fier, d’être élu à la présidence de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh, en étant proposé, comme candidat, par la ligue arabe.

 

« A ma connaissance, c’est la première fois, depuis sa création, que la ligue arabe propose un citoyen arabe de confession juive », a t-il relevé, soulignant que cela reflète aussi  la « richesse et la singularité du Maroc ».

 

D’autre part, le conseiller de SM le Roi a souligné que le « Maroc a joué un rôle pionnier et majeur » dans le dossier du Proche-Orient, rappelant que les « premières initiatives du Maroc pour donner une issue politique à ce conflit remontent aux années 60 » et que le Royaume n’a entrepris « aucune initiative en dehors de la concertation avec ou à la demande du mouvement national palestinien ».

 

Le Maroc considère que le seul espace dans lequel il peut agir « est l’espace où les mots justice, dignité et souveraineté se conjuguent de la même façon pour les Israéliens et les Palestiniens, parce qu’il n’y a pas une justice à double standard. Cette éthique et cette vision sont là d’abord pour le peuple palestinien », souligne-t-il.

 

Il a relevé que « malgré la tragédie, et les journées très dramatiques qu’on a vécus à Gaza, fin décembre et pendant le mois janvier, il y a des chances importantes et substantielles pour la paix. Il y a aussi une réalité aujourd’hui, c’est que la politique du président américain B.Obama est une autre façon de voir le Moyen Orient (....). On l’a vu quand le Président Obama a choisi comme premier appel téléphonique, d’appeler le Président Abou Mazen. On l’a vu aussi dans les signaux qui ont été donnés à Israël pour l’encourager à s’inscrire dans une logique de paix ».

 

« Il y a aussi l’initiative arabe pour la paix qui est une chance et c’est le moment pour l’Europe de remettre cette initiative au centre de l’agenda du processus de paix au Proche Orient », insiste-t-il.

 

La Fondation allemande Koerber qui a organisé cette conférence, en collaboration avec l’Association d’amitié arabo-allemande, porte le nom de son fondateur Kurt A. Koerber (1909-1992). Elle a pour vocation d’encourager des projets susceptibles d’amener de simples citoyens à s’impliquer dans le débat sociétal. En ce sens, la Fondation se veut « un forum générateur d’impulsions » à travers notamment des opportunités de participation dans les « secteurs de la politique, de l’éducation, des sciences et de l’entente internationale ».

 

« Pour la fondation être un citoyen engagé signifie partager ses connaissances, identifier les problèmes et promouvoir des activités. Ces impulsions données par les participants ont un impact important sur la vie culturelle quotidienne des démocraties », selon ses animateurs.

 

Par ailleurs, M. André Azoulay a eu, mercredi soir, une rencontre au siège de l’Association d’amitié arabo-allemande à Berlin, avec la participation de membres de l’association, de responsables et de chercheurs allemands.

 

Au cours de cette rencontre, il a été question de l’Union pour la Méditerranée et des objectifs de la fondation Anna Lindh, outre d’un ensemble de thématiques se rapportant au dialogue entre les cultures et aux défis communs à relever au niveau du bassin méditerranéen.

 

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