Comment l'Iran se joue des Etats-Unis

Publié le par Karim El Maghribi

La nouvelle administration américaine, conduite par le président démocrate Barack Obama sait que sa dernière carte à faire valoir pour amener le gouvernement israélien de Bibi Netanyahu, le plus à droite de l’histoire de l’Etat, à consentir à la création d’un Etat palestinien voisin à Gaza et sur une partie de la Cisjordanie est l’Iran !

Washington se sert donc du régime des mollahs et de son programme nucléaire comme un épouvantail pour calmer les ardeurs du cabinet de Benjamin Netanyahu qui ne se sent pas concerné par les accords d'
Annapolis. Par la voix de la ministre aux affaires étrangères, Hillary Clinton, la Maison blanche signifie au gouvernement israélien que si ce dernier ne consent pas à la solution des deux Etats, il perdrait le soutien des pays arabes face à la menace iranienne. L’argument est de taille mais il ne risque de profiter en fin de compte qu’au régime iranien qui s’est déjà glissé dans l’interstice.

Fort de ce nouveau rôle que lui octroyé indirectement son ennemi juré américains, les mollahs se sentent pousser des ailes et la barbe. Et tant que ce jeu du poker menteur dure entre les Etats-Unis et Israël d’une part et les Etats-Unis et l’Iran de l’autre avec les pays arabes comme spectateurs, la bade à Ahmadinejad peut dormir tranquillement et aura assez de temps pour ficeler son programme nucléaire militaire et aussi de
noyauter le monde.

Le régime des enturbannés noirs de Téhéran sait que s’il réussit à neutraliser trois pays arabes qui ont du poids sur la scène arabe et particulièrement moyen-orientale ; à savoir l’Arabie saoudite, le Maroc et l’Egypte, le reste du troupeau suivra et le [rêve des mollahs d’un monde arabe mené par l’Iran] au lieu du trio susmentionné deviendra une réalité.

Pour arriver à cette fin, le régime iranien emploie tous les moyens à sa disposition. Il utilise à vue d’œil le réseau de ses exécuteurs des basses œuvres fourni par le Hezbollah libanais pour foutre la pagaille au
Maroc(1) et en Egypte. Il use également à volonté de la terrible arme communicationnelle qu’est la chaîne de télévision Aljazeera dont le rôle assignée est de s’acharner sur tout pays arabe osant lever le petit doigt face à l’Iran.

Seulement ce que semble ignorer les stratèges de la Maison Blanche ou feignent d’ignorer c’est que les Iraniens ne veulent pas d’une résolution du conflit israélo-arabe ; autrement c’est terminé pour leur rôle d’épouvantail, ce qui signifie qu’ils risquent de paraître aux yeux du monde comme étant le dernier obstacle à la paix dans la région du Moyen-Orient. Pour cela Téhéran garde sous la main et sous l’œil le « gouvernement du Hamas » qui non seulement ne veut pas d’un Etat palestinien aux normes d’Annapolis mais ne reconnaît même pas Israël qu’il soit juif au laïc.

(1) Le Maroc a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en mars dernier, officiellement pour prosélytisme religieux l'ambassade de ce dernier à Rabat.

Publié dans Focus

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