Le boom de la sécurité privée au Maroc

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le marché de la sécurité privée est en plein essor au Maroc. Aujourd’hui, une dizaine d’années après l’apparition des premières sociétés,  on en compte plusieurs dizaines opérant dans le domaine. Mais seules trois ou quatre, toutes des filiales de multinationales, sont jugées compétentes et professionnelles. Le gros du bataillon étant constitué de petites boites employant une dizaine de personnes, la plupart du temps des gens sans aucune formation appropriée. Pire : certaines de ces sociétés non seulement ne déclarent pas leurs agents  payés au lance-pierre mais il arrive que quelques uns de ces derniers soient des repris de justice ou des personnes dangereuses !

 

Cependant il y a à boire et à manger pour tout le monde. Il faut dire que le marché est vaste et ne cesse de s’étendre. Les banques, les hôtels, les clubs privés, les établissements publics, les représentations diplomatiques les immeubles d’habitation en copropriété, les cliniques, les cinémas, les salles de sport, les bars, les supermarchés et même les boulangeries… font de plus en plus appel à des agents privés pour  veiller à ce que l’ordre et la quiétude règnent chez eux.

 

Bref, l’avenir est radieux  pour le métier et les plus gosses boites comme Brink’s ou Securicor GS4 (ex-Wackenhut qui détenait le marché des représentations diplomatiques américaines) ne se contentent plus des services classiques de gardiennage ou de convoyage de fonds. Désormais, elles investissent de nouveaux segments tels que le tri et le comptage des billets de banque pour le compte des succursales régionales de Bank Al Maghrib (la banque centrale) ou encore la fouille manuelle ou électroniques de la clientèle…

 

Pour dégager davantage  l’horizon pur ces sociétés, le Directeur général de la sûreté nationale a signé, il y a quelques jours, une note adressée à toutes les sûretés préfectorales ou provinciales et selon laquelle il sera désormais interdit aux policiers en tenue de faire le pied de grue devant les bars à alcool et autres clubs privés. Le DGSN a justifié sa décision par le fait qu’il n’est pas du ressort de la force publique de surveiller les espaces privés même si ce type de service a toujours été payé aux commissariats par les demandeurs.

 

Mais les sociétés de sécurité privée ne veulent pas s’arrêter là. Elles lorgnent déjà avec  gourmandise un autre créneau ; celui de la fouille manuelle des passagers des aéroports. Créneau des plus prometteurs d’autant que le Maroc vise le 10 millionième touriste à l’horizon 2010, objectif non atteignable que si le pays libéralise totalement son ciel pour permettre à plus de compagnies low-cost de desservir  la destination Maroc. Ce qui est en train de se faire à un rythme surprenant.

Publié dans Sécurité

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denil david 08/08/2009 16:55

une fois de plus, il est à noté que groupe 4 securicor se targue d'être une des seules société à être d'un niveau de professionalisme hors du commun et que cette société bien sur assure à ces agents un niveau de formation des plus élevè, ainsi qu'un salaire au-dessus des normes prescrites, hors, la formation d'un agent de gardiennage chez groupe 4 securicor maroc, ne dépasse pas les trois jours et pour ce qui est des salaires, il suffit de repenser à la dernière grêve générale du personnel de cette société et des conséquences dramatiques du personnel licencié pour avoir oser revendiquer une qualité de vie meilleure, sans oublier que ce mêm personnel futt délogé par la force, par les forces de police.
une fois de plus cette grande société, ô combien émérite dans le secteur de la sécurité privée, s'octroit les lauriers de la gloire.
il suffit pourtant de regarder autour de soi, dans chaque partie du monde ou cette même société est implantée pour y voir une autre réalité.