L'Airbus A 330 foudroyé ?

Publié le par lachainemeteo.com

Un Airbus A330 d’Air France a disparu ce lundi matin après avoir peut-être traversé un violent orage au-dessus de l’Atlantique entre Rio de Janeiro et Paris Charles-de-Gaulle.
Les causes liées à d’éventuelles manœuvres militaires ou un fort champ électromagnétique dans la zone du crash étant très peu probables, il reste l’hypothèse de la foudre qu’un article de la chainemeteo.com explique. Lisez !

Selon François Brousse, directeur de la communication d’Air France, l’hypothèse la plus vraisemblable est que l’avion aurait été foudroyé après être entré dans une zone orageuse et avoir du faire face à de fortes perturbations. Celles-ci auraient provoqué un dysfonctionnement, car juste avant de perdre le contact, le commandant du vol AF 447 a envoyé un message automatique faisant état d’une panne de circuit électrique.


Comment la foudre peut-elle causer un accident ?


L’accident est exceptionnel même si le Brésil détient le record mondial du nombre d’orages avec environ 70 millions d’orages par an. Mais c’est un orage au milieu de l’Atlantique qui a peut-être frappé l’avion d’Air France en plein vol. La ligne Rio Paris doit traverser la zone de Convergence Inter Tropicale : zone réputée pour ses cumulonimbus à fort développement vertical, c'est-à-dire aux orages extrêmement violents.

Les pilotes assignés à cette ligne sont aguerris et spécialement avertis pour éviter les orages. Ils font parfois des détours de 150 km pour les contourner. Les réserves de carburant sont prévues pour cela.
Les accidents liés à la présence d’orage sont extrêmement rares : tous les avions sont en moyenne touchés par la foudre toutes les 1500 heures, 1 à 2 fois par an, dans 95% des cas c’est l’appareil lui-même qui déclenche la décharge.

On distingue le foudroiement déclenché et le foudroiement intercepté : le foudroiement déclenché se produit au cours d’une décharge intranuageuse alors que le foudroiement intercepté a lieu lorsque l’avion rencontre un coup de foudre. Plus un avion est grand, plus il risque d’être foudroyé car il intercepte plus de lignes de champ électrique. De même, sa possibilité de foudroiement augmente avec l’altitude et la vitesse de l’appareil.

Très rarement, le foudroiement peut avoir des conséquences sur l’appareillage, plus particulièrement sur la tête de l’avion, là où les radars et tous les systèmes électriques majeurs sont installés. De même, il arrive que « l’horizon artificiel » soit modifié à cause du champ magnétique. En tentant de remettre droit son avion, le pilote, induit en erreur, peut alors produire l’effet inverse.

Cependant, une panne électrique comme cela semble être le cas pour le vol AF 447 est extrêmement rare. Pour Stéphane Mourareau, mécanicien à l’Armée de l’air, « c’est extrêmement rare, car tous les systèmes électriques à l’intérieur de l’avion, sont comme dans une cage de Faraday, totalement protégés et inaccessibles par la foudre. L’avion est conçu de telle manière que toutes les décharges électriques sont normalement évacuées vers l’extérieur. » De plus, « il y a toujours une chaîne de secours : les systèmes électriques sont tous doublés. Il faut que l’éclair soit vraiment très important pour contrer les systèmes de sécurité d’un avion aussi récent. Si la foudre provoque une panne du moteur, dans ce cas-là c’est dramatique. »

En février dernier, un vol Béziers-Paris Orly de la compagnie Airlinair avait été frappé par la foudre et la cabine des passagers avait alors subi une dépressurisation. L’avion avait été contraint d’atterrir en urgence à Clermont-Ferrand heureusement sans conséquence.


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