Le Caire soutient le plan triennal de la Fondation Anna Lindh

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le projet de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), lancé par le président Nicolas Sarkozy à la veille de la fête nationale française du 14 Juillet 2008 (le choix de la date est emblématique) ne peut devenir une réalité palpable si les sociétés civiles des deux rives de la Méditerranée n’adhérent pas pleinement à ce projet. Car même si les volontés politiques des deux bords suivent elles ne suffiront pas à la naissance rapide de l’UPM fonctionnelle. N’oublions pas que l’Union européenne a mis plus de 50 ans pour être ce qu’elle est aujourd’hui et encore elle a largement bénéficié de l’effet « seconde guerre mondiale ».

Or l’UPM ne peut ni profiter d’un effet « post guerre mondiale » ni se payer le luxe d’attendre de longues décennies pour se réaliser. C’est évident. Sauf si les sociétés civiles des deux rives de Mare Nostrum se décident de se liguer pour booster cette grande idée qu’est l’UPM. Ce n’est pourtant pas la mer à boire. D’autant qu’un fort levier existe pour aider à fédérer les bonnes volontés civiles de part et d’autre du Bassin méditerranéen. Ce levier a un nom et il est disponible depuis 2005 : La Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures. Cet instrument institutionnel et euro-méditerranéen que préside M. André Azoulay, le Conseiller de S.M. le Roi Mohammed VI depuis mars 2008 a mis au point un plan triennal qui ambitionne, à travers un large réseau de bonnes volontés qui couvre les 37 pays partenaires de la Fondation, de baliser le terrain sur lequel s’érigera l’UPM.

Ce travail en profondeur de la Fondation Anna Lindh a donc besoin de la contribution de toutes les forces vives de la société civile, médias, ONG, intellectuels, juristes, médecins, artistes, sportifs et aussi hommes d’affaires… pour porter tous ses fruits dans délais raisonnables.

Cependant toute société civile quelle que soit sa bonne volonté ne peut être efficiente si sa base ne repose pas sur la diversité. Culturelle, religieuse et ethnique. Par exemple les médias si indépendants soient ils seront impotents quant à la livraison à bon port du message de civilisation qui leur est confié si la diversité leur fait défaut. Une diversité responsable.

C’est dans ce cadre que M. André Azoulay a mis le doigt sur cet aspect précis lors d’une conférence à Rabat le vendredi dernier sur le thème « La diversité, la pluralité et la responsabilité sont des concepts fondamentaux du processus de démocratisation de l'espace médiatique au Maroc. »

Lors de cette rencontre, organisée par l'Institut des Médias et de la Diversité (Media Diversity Institute) basé à Londres, M. Azoulay a notamment déclaré que le Maroc « a su ancrer son projet global de société dans la richesse et la diversité de toutes ses cultures confortées par les valeurs universelles du pluralisme d'opinion, quand il est déterminé par l'éthique et la déontologie qui font le privilège et l'honneur du métier d'informer ». L’honneur du métier d’informer. Informer le public sur le projet de l’UPM par exemple. En mettent de côté son opinion personnelle. Car personne si bien outillé soit-il ne pourra prétendre savoir de quoi sera fait demain mais il a la possibilité de faire en sorte autant que faire se peut que ce demain soit le moins mauvais. C’est notre responsabilité à tous. D’autant que le projet de l’UPM est basé pour la première fois dans l’histoire des relations Nord-Sud sur la coresponsabilité et la parité. Ce n’est plus une idée qui émane du Nord et que le Sud doit accepter malgré lui.

D’ailleurs lors d’une rencontre de travail, samedi 18 juillet au Caire, entre M. Azoulay et le ministre égyptien des Affaires étrangères, M. Ahmed Abou el-Gheit, ce principe de parité et de coresponsabilité a été réitéré par M. Andreu Claret. Le directeur exécutif de la Fondation Ann Lindh qui siège à Alexandrie a tenu à rappeler le caractère « déterminant et emblématique de la co-présidence égyptienne de l'Union pour la Méditerranée (UPM) », indique un communiqué de la Fondation.

Une coprésidence qui, selon M. Azoulay, porte toutes les promesses et tous les espoirs pour construire demain « un espace euro-méditerranéen forgé par la parité, la coresponsabilité et la réciprocité. » Que demande le peuple ?

Publié dans Dialogue des cultures

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dissertation 21/07/2009 11:17

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Karim El Maghribi 22/07/2009 23:02


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