Casablanca où le cimetière du code de la route

Publié le par Karim El Maghribi

Si l’on admet que le degré de civilisation d’un citadin se mesure à l’aune de son respect des règles du code de la route alors on peut dire qu’excepté une infime minorité, le reste des Casablancais sont des sauvages.

 

Et je n’exagère point. Jugez-en ! Des voitures garées dans des rues piétonnières. Des motocyclistes circulant en trombe sur des trottoirs  où brulant  les feux rouges sans que le policier ne lève son petit sifflet. Des autobus faisant la course entre eux  à 100 km à l’heure ; des taxis s’arrêtant n’importe où et souvent sans raison. Des piétons traversant à 10 mètres du passage clouté sans regarder ni à gauche ni à droite ; des camions à remorques de 38 tonnes slalomant dans des ruelles si étroites qu’un adulte n’y peut s’étirer sans toucher les deux murs du bout des doigts ;  des feux rouges qui ne s’allument jamais ; des plaques de sens interdit qui regardent dans le sens contraire ; des zones de stationnement interdit ou réservé envahies par des OVNI qui s’y engouffrent sans que les services concernés n’y trouvent à redire ;  des lignes blanches pas toujours alignées ; des voitures stationnée en épi de blé sur les trottoirs de façon à ce que le piéton n'ait la moindre chance de passer ; des panneaux du Stop qui quand ils existent ne sont vus et respectés que par les Boujadis (les crétins) ; c’est-à-dire la fameuse infime minorité. Car pour être in et branché à Casablanca ; il faut s’asseoir sur le code de la route sinon vous essuierez souvent des injures et vous serez même accusé d’entraver la circulation !

 

Fait curieux : dès que certains automobilistes immigrés en Europe retournent ou visitent Casablanca durant la saison estivale, ils oublient vite leur « bon conduite » et se fondent fissa sans le paysage général. Comme s'ils n’avaient jamais vécu en Europe où les infractions au code de la routé sont sévèrement punies.  Il faut dire chez nous l’incivisme circulatoire est si profond que si les trains n’avaient été solidement  fixés sur des rails ils auraient  quitté leur ornière pour aller bourlinguer entre les bagnoles…

 

Cerise sur le gâteau ! Cette majorité d’inciviques non seulement refuse de renoncer à ses mauvaises habitudes mais récuse toute idée d’un nouveau code de la route (l’actuel remonte au protectorat français) !

 

Pour conclure : un ami m’a dit que ce genre d’écrit risque de faire fuir les touristes et pour un  pays qui compte sur le tourisme c’est grave. Je lui répondis : au contraire : un Allemand qui voit une Mercedes anté-diluvienne griller un feu rouge à 100 à l’heure en aura forcément pour son  argent. Il reviendra.

Publié dans Société

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