La Fondation des Trois cultures : Une chance pour le dialogue des cultures

Publié le par KEM et MAP

 

 

« Forte du sceau consensuel et engagé du Maroc, de l'Espagne et de l'Andalousie, la Fondation des Trois Cultures et des Trois Religions s'est ainsi rapidement affirmée comme l'un des acteurs-clés en Méditerranée en portant le dialogue de nos civilisations au cœur du débat idéologique, de la scène politique ou du monde de l'économie et de la création artistique. » avait entre autres écrit S.M. Mohammed VI à l’adresse des participants au 10e anniversaire de la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée, tenu, mardi 10 mars 2009 à Séville, en présence de plusieurs responsables espagnols et marocains dont son président délégué et président de la Fondation Anna Lindh M. André Azoulay ainsi que MM. Khalid Naciri et Ahmed Akhchichen respectivement ministre de la Communication, Porte- parole du gouvernement et ministre de l’Education nationale.
Plus de sept mois après, le 30 septembre à Rabat, en présence notamment de MM. Fadel Benyaïch, chargé de mission au cabinet royal, Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Bensalem Himmich, ministre de la Culture, Mme Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité, M. Ahmed Herzenni, président du CCDH, de plusieurs ambassadeurs et personnalités du monde de la culture et de la politique dont le président de la Junta Andalucia et président de la Fondation des Trois cultures de la Méditerranée, M. José Antonio Grinan. Voici sous formes de déclarations de MM Azoulay et Grinnan les idées forces de cette réception dédiée à l’amitié maroco-espagnole et à la paix entre les peuples d’une manière générale.

M. ANDRE AZOULAY :

« La Fondation des Trois cultures de la Méditerranée a été le fruit d'une démarche pionnière et audacieuse qui fait l'honneur du Maroc, de l'Andalousie et de l'Espagne en enrichissant le paysage institutionnel et culturel de l'espace euro-méditerranéen. »

« Dans un espace qui était celui de tous les clichés et de toutes les ignorances, la Fondation des Trois Cultures a été l'une des premières institutions à résister à la théorie régressive du Choc des Civilisations. »

« La Fondation [Logée au sein du pavillon Hassan II à Séville] a envoyé à la communauté internationale le signal de la modernité apportant une réponse forte et audacieuse au choc des ignorances qui a longtemps fragilisé ou miné nos relations. »

« Quand nous avons agi pour aider à la synthèse de nos civilisations, à la convergence de nos spiritualités et à la richesse commune de nos histoires mêlées et de nos histoires partagées, nous l'avons fait à un moment où la théorie, aujourd'hui heureusement reléguée aux oubliettes, celle du choc des civilisations ou des cultures n'avait pas encore envahi la scène des relations internationales. »

« La Fondation sera vigilante et sera l'espace de régulation qui continuera à accompagner et à soutenir tous ceux qui travaillent à la refondation de la paix dans l'espace euro-méditerranéen, tous ceux qui se mobilisent pour que cette démarche ne reste pas celle des seuls gouvernements mais soit aussi celle de nos sociétés civiles solidaires et acteurs de cette nouvelle feuille de route de la Fondation. »

« Le Message Royal lu il y a quelques mois au siège de la Fondation à Séville est à cet égard particulièrement significatif », a rappelé M. Azoulay qui a dit dans ce contexte sa fierté que ce soit le Maroc qui ait très tôt envoyé à la région de la Méditerranée et au monde ces signaux de la raison et de la maturité en politique.

« SM le Roi avait alors déclaré que +le Monde a encore besoin de passeurs et de passerelles qui ont la légitimité et la crédibilité de Notre Fondation. Il en a besoin pour espérer voir disparaître un jour les stigmates de cette période trop longue où l'alibi du choc culturel adossé à l'instrumentalisation de nos spiritualités respectives, nous a fait prendre le risque de reculer et de régresser collectivement+ ».

«+ C'est autour de ce défi de la raison à reconquérir et à reconstruire que devra s'ordonner demain la démarche de la Fondation des Trois Cultures et des Trois Religions de la Méditerranée +, avait alors ajouté SM le Roi en concluant que +C'est à ce grand dessein qui additionne en les respectant les identités et les cultures de tous pour en faire une ou des civilisations communes que le Royaume du Maroc appelle et adhère, en faisant sienne la feuille de route que la Fondation aura à nous proposer dans cette perspective+. »



JOSE ANTONIO GRINAN MARTINEZ :

« La Fondation est aujourd'hui une référence mondiale en matière de promotion de la culture de la tolérance, le respect et le progrès. »

« La naissance de cette initiative, qui a été le fruit d'un engagement andalou-marocain, a marqué le début d'une nouvelle phase dans les relations entre les pays de la Méditerranée(…) et contribué à transformer cette région en un espace de paix et de dialogue. »

« Notre engagement politique est plus que jamais présent pour construire une zone de prospérité partagée. »

POUR SA PART, L'AMBASSADEUR D'ESPAGNE AU MAROC, M. LUIS PLANAS, est revenu sur les principes fondateurs de cette institution qui, en se basant sur les valeurs de paix, de dialogue et de tolérance a contribué d'abord au rapprochement entre Marocains et Espagnols et permis d'échanger les points de vue sur nombre de questions d'intérêt commun.

« La dimension humaine que préconise la Fondation est un vecteur d'intégration entre le Maroc et l'Espagne », a-t-il ajouté.

PHOTO DU HAUT: prise en juin 2006 au pavillon Hassan II du siège de la Fondation des Trois Cultures sise au cœur de Séville, où le Maroc et l'Espagne avaient lancé un appel pour créer un espace de dialogue et de connaissance mutuelle.
De droite à Gauche : André Azoulay, le président du gouvernement autonome d’Andalousie de l’époque, Manuel Chaves, l’ancien secrétaire d’Etat espagnol aux affaires étrangères Leon Gross Bernardino et Frederico Mayor Zaragoza (ex-DG de l'Unesco).



UNE COPIE D’UN CORAN NASRIDE OFFERTE A LA BNRM

Lors de cette rencontre, une reproduction du Coran Nasride datant de la période se situant entre les 13e et 15e siècles a été remise par le gouvernement autonome d'Andalousie à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc.

A ce titre, M. Larbi Messari, membre du conseil d'administration de la Fondation des Trois cultures, a affirmé que le peuple marocain ne peut que se féliciter de ce présent parce que c'est un peuple qui voue une grande considération aux livres et manuscrits et à leur conservation.

Donnant un aperçu sur les méthodes de conservation des livres en Espagne et les ressources humaines et matérielles consacrées à l'archivage des ouvrages et manuscrits, M. Messari a affirmé que la conservation de la mémoire historique est une marque de la splendeur des peuples.

Publié dans Verbatim

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