Ahmadinejad au Caire pour minimiser le leadership saoudien

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le rôle de meneur de pays arabes,  dévolu traditionnellement à l’Egypte depuis son indépendance, et qui a été mis en sourdine entre 1982 et 2012, sous Moubarak au bénéfice de l’Arabie saoudite, à cause notamment  de l’accord de paix avec Israël, revient en force avec l’élection de Mohamed Morsi en juin 2012. Mais le bras de fer entre le nouveau pouvoir représenté par Morsi et l’opposition, qui commence s’éterniser, a laissé un  petit espoir à Ryad pour garder son rôle par défaut de leader du monde arabe sunnite. Un espoir éphémère, en tout cas ; car la visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Caire à l’occasion du XIIe sommet de l’Organisation de la coopération islamique (la première visite du genre depuis la révolution islamique de 1979) vient  de rebrasser les cartes. Une visite win-win, où l’Egypte comme l’Iran ont tout à gagner. Si Le Caire peut l’utiliser pour redorer son blason et s’affirmer comme élément incontournable dans la région à la veille de la première visite officielle de Mohamed Morsi aux Etats-Unis, lesquels affichent leur intention  de ramollir le  ton face à l’Iran en ce qui concerne son programme nucléaire, Téhéran, par contre, verra dans la présence effective de Ahmadinejad au Caire une occasion inespérée pour remuer une minorité chiite de deux millions d’âmes (2,5 % de la population), qui a toujours  souffert de l’instabilité dans son existence  à cause de l’oppression et de la marginalisation. En effet la loi de 1937 sur la liberté des religions et des cultes donne l’absolue primauté aux sunnites dont les salafistes wahhabites aux détriments d’autres minorités musulmanes. Un état de fait qui explique la position hostile exprimée haut et fort par de Al Azhar, la plus haute autorité sunnite en Egypte, quant à cette visite du président iranien. En effet, les mollahs iraniens peuvent être tentés de manipuler à leur guise cette communauté chiite égyptienne comme le fait l’Arabie saoudite en manipulant la minorité arabe d’Al Ahwaz  en Iran.

Publié dans Edito

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