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Bernard Bajolet, le patron du contre-espionnage extérieur français : La DGSE n'est pas la NSA

Publié le par D'après lopinion.fr/blog/secret-defense

Bernard Bajolet : "La DGSE n'est pas Big Brother" (Titre d'origine)

Le patron des services définit le rôle de sa maison : un "outil de réduction de l'incertitude pour nos autorités"

 

Le numéro de janvier de la Revue Défense nationale publie un long article de fond de Bernard Bajolet, directeur de la DGSE, dont on peut lire l'intégralité ici. Il y répond en particulier aux accusation formulées dans la presse, notamment Le Monde, qui comparait les capacités d'interceptions électroniques à un Big Brother. 

La DGSE " doit faire évoluer ses capacités d’interception[ en fonction des mutations technologiques sans fin, tout en les maintenant dans un cadre parfaitement conforme à sa mission et au droit, qui ne peuvent en aucun cas être assimilées à un “big brother” comme on peut parfois le lire" écrit-il. Il insiste sur l'importance de la "légitimité" de l'action du Service : "Notre démocratie doit avoir recours à des services de renseignement efficaces opérant dans un cadre légal conforme aux droits français et européen, et dument contrôlés par la représentation nationale. Aussi, les Français doivent-ils avoir l’assurance du caractère démocratique de la DGSE et de sa mission ; cela passe par un contrôle adapté et renforcé de la représentation nationale, que le Service appelle d’ailleurs de ses vœux"

Bernrd Bajolet pose également les "quatre raisons" qui justifient l'existence d'un service de renseignement extérieur comme la DGSE : "éviter à notre pays toute surprise stratégique, fournir à nos autorités une expertise de long terme, apporter au processus décisionnel une contribution unique et exclusive, et enfin déjouer la menace de façon opérationnelle". Il développe surtout le concept d' "outil de réduction de l'incertitude". "Le Service adresse chaque année plusieurs milliers de notes à nos autorités. En plus des  « notes de renseignement » élaborées par les exploitants de la DGSE sur la base de renseignements bruts recoupés, le Service produit des « notes d’évaluation ». Ce type de note évalue l’incertitude et met en avant l’interprétation que fait l’expert du Service d’une situation". (...) "La centaine de destinataires institutionnels (...) de la production de la DGSE, qui ont besoin de maîtriser l’incertitude sans forcément pouvoir la réduire, exigent d’être approvisionnés en permanence par du renseignement répondant à leurs besoins. La plus-value de la DGSE est d’apporter aux autorités nationales du renseignement ayant la plus haute valeur ajoutée : une information confidentielle, originale, pertinente et opportune, obtenue par des moyens souverains ou de coopération".

Bernard Bajolet reconnait toutefois que, "de façon plus inattendue, un service de renseignement extérieur, en révélant une vision du monde sans doute plus lucide et plus crue, peut aussi contribuer à renforcer l’incertitude…" D'ou l'importance de cette dernière affirmation : "il est attendu de la DGSE qu’elle demeure un outil fidèle et objectif, et non servile ou pire encore, acteur de politique étrangère et de sécurité nationale, en soutenant telle ou telle option".

Bernard Bajolet

Publié dans Sécurité

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