Boutef pète les plombs !

Publié le par Karim El Maghribi

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On s’inquiétait un peu de sa santé cérébrale après l'accident ischémique qui a touché une large partie de son cerveau et à cause duquel il fût admis d'urgence à l’hôpital parisien des armées « Val de Grâce », le 27 avril dernier, où il a passé 80 jours après quoi il fût retourné le 15 juillet suivant à Alger dans un état d’affaiblissement visible. Mais l’on ne se doutait point que cette maladie cérébrale s'aggravât jusqu’à atteindre les facultés mentales de Monsieur le Président. Abdelaziz Bouteflika, Boutef pour les intimes,  est-il devenu fou ? Ou bien ce seraient les généraux qui le manipulent comme un pantin en se servant de son état presque « végétatif » pour lui faire dire et faire ce qu’il n’a jamais pensé dire ou faire ; entre autres sévices le pousser de s’ériger en avocat patenté des droits de l’homme ? En tout cas celui qui aurait décidé de briguer un quatrième mandat présidentiel a bien adressé, le 28 octobre dernier, une lettre aux participants à la soi-disant «conférence africaine de solidarité avec la cause sahraouie», grand-messe qui s’est tenue dans la capitale nigériane Abuja. Boutef a notamment gravé en lettres de feu dans sa missive qu'Alger soutient le Polisario et que le mandat de la Minurso doit être modifié pour contraindre le Maroc à respecter les droits de l’homme au Sahara !  Boutef que le site slate.fr a placé en 8e position du top ten des dictateurs les mieux élus (à 90,2 %, on a bien voulu lui attribuer le score de 100 % mais les afficheurs des ordinateurs du ministère de l’Intérieur qui ne sont plus achetées à l’ex URSS ne comprenaient -malheureusement- que deux cases !) est visiblement froissé par les très bonnes relations entre le Maroc et les pays du Golfe où Boutef s’est exilé en 1981, exactement aux Emirats arabes unis, après l’éclatement d’un scandale de mauvaise gestion des fonds secrets du ministère des Affaires étrangères, département qu’il dirigeait à l’époque. « Le procès n’aura jamais lieu, mais Bouteflika est exclu, en décembre 1981, du comité central du FLN (…) » écrit le très bien informé magazine Jeune Afrique. De Paris, à Genève, de Abou Dhabi à d’autres pays du Golfe, l’errance du fils d’Oujda, ville marocaine où il vit le jour le 2 mars 1937 et possède toujours la maison de ses parents, durera six ans avant son retour au pays en 1987, soit un an avant « les émeutes d’octobre 1988 et la révolte d’une jeunesse qui exprime son aversion contre le pouvoir déstabilisent le régime Chadli », et surtout quatre ans avant le début de la guerre civile, née de l’interruption brutale du processus démocratique qui a fait émerger le Front Islamique du Salut comme première force politique d’Algérie. Boutef serait-il aussi très jaloux de l’arrivée réussie en 2011 des islamistes marocains du PJD au pouvoir. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais toujours est-il qu’il est très aigri des récentes victoires de la diplomatie marocaine qui a mis en échec certaines manœuvres de députes européens visant à nuire aux intérêts de Rabat, et surtout par la prochaine rencontre entre Mohammed VI et Obama en novembre prochain à Washington. Devant les multiples victoires de Rabat, Boutef & Co., se souvient soudain que peut être tout n’est pas perdu. Il existe encore un terrain où lui ses mentors croient avoir encore des chances pour saboter le Maroc : l’Afrique. Tirant profit du terrain que lui a balisé l’ex dictateur Kadhafi qui a acheté une partie de l’Afrique pauvre à coups de millions de dollars, le « fantôme » du palais Al Mouradia qui capitalise à satiété sur une idée assez répandue qu’Alger tiendrait les ficelles des groupes armées (qui kidnappent les occidentaux au Sahel), croit donc pouvoir contrecarrer la présence marocaine en Afrique ; d’où l’idée de cette lettre aussi incendiaire que pitoyable.

Publié dans Sans sauce

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