Confrontée à la hausse inquiétante de sa population carcérale, la Belgique refile au Maroc ses prisonniers dangereux

Publié le par KEM

 

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Bourrés de taulards de diverses origines raciales et sociales (maghrébines, africaines, baltes, slaves, asiatiques...), les pénitenciers belges ne peuvent se désengorger que par une politique pénitentiaire qui combine trois solutions. Outre les traditionnelles peines de substitution (travaux d’intérêt général, bracelet électronique, liberté conditionnelle…), les deux autres solutions sont  la construction de nouveaux bagnes et l’envoi de certains prisonnier étrangers dans leurs pays d’origine pour qu’ils y purgent leurs peines ou les reliquats de peine. Mais cette solution quand elle ne bute pas sur le refus de certains pays émetteurs d’immigration de voir leurs pisons déjà bondées se remplir de taulards venus d’ailleurs elle suscite l’ire des ONG des droits de l’homme qui font pression sur les juges de ne pas décréter ce qu’elles appellent une « double peine », à savoir envoyer des prisonniers dans leurs pays d’origine où ils risquent d’être torturés voir assassinés. Mais il y a des pays qui acceptent quand même de coopérer avec Bruxelles comme le Maroc dont certains ressortissants détenus en Belgique sont classés « dangereux ». 

Ainsi, tout récemment, six nouveaux prisonniers marocains emprisonnés en Belgique pour des délits liées à la drogue, faux et usage de faux, escroquerie viol et tentative d'assassinat, ont été transférés le 16 décembre  dernier au matin vers le Maroc pour purger ce qui reste de leurs peines. L’information a été donnée par le site 7sur7.be qui cite la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom. Il s’agit du troisième transfert de prisonniers marocains détenus en Belgique vers le Maroc, ce qui rapporte le total à 15 prisonniers qui totalisent ainsi 125 ans de prison dont plusieurs ont été condamnés pour terrorisme ou braquage à main armée.

Le « refoulement » a été effectué en vertu d’une convention bilatérale signée en 1997 pour permettre le retour volontaire de prisonniers marocains. A Laquelle convention un protocole a été ajouté en 2007 pour rendre possible le rapatriement forcé.

Pour ce qui est de la solution qui consiste en la création de nouveaux lits de détention, les médias  locaux rapportent  que la Belgique  comptera  quelque 1.806 places de plus en prison à l'horizon 2013-2014, « grâce à la construction de six nouveaux établissements pénitentiaires, a indiqué mercredi dernier à l'agence Belga Laurent Sempot, attaché à la Direction générale des établissements pénitentiaires (EPI), à la veille du deuxième anniversaire des premiers transferts de détenus vers la prison de Tilburg (Pays-Bas).

La Belgique a en effet lancé six nouveaux projets de construction à court terme d'établissements pénitentiaires. A l'horizon 2013-2014, les prisons prévues à Termonde (440 places), Beveren (312), Marche-en-Famenne (312) et Leuze-en-Hainaut (312), ainsi que les centres psychiatriques fermés d'Anvers (180) et de Gand (250), devraient ainsi permettre à la justice belge de disposer de 1.806 places supplémentaires. Les sites marchois et gantois sont les seuls dont la construction a déjà commencé, précise M. Sempot.

 

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