Damas gêne les projets du Caire pour le Monde arabe

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le président égyptien nouvellement élu veut réunifier le Monde arabe sous la bannière du Caire. Ce projet que les deux dernières guerres perdues par les arabes face à Israël  ont tué dans l’œuf, Mohamed Morsi veut le concrétiser mais sans aucune teinte panarabiste ou nationaliste. Un Monde arabe uni et totalement dépassionné. L’occasion s’y prête plutôt assez bien. Les deux seuls  pays encore vraiment concurrents de l’Egypte pour endosser le rôle de  meneur sont soit dans un moment de faiblesse soit  écartés par les évènements récents. L’Arabie saoudite est figée par les problèmes alambiqués de l’après-roi Abdallah, qu’on dit très malade,  et le Qatar qui a assez joué au chef  a été rappelé à l’ordre- ou du moins à adopter  un profil bas- par qui de droit. La dernière carte retirée des mains de Doha étant le dossier syrien que Washington a confié au Caire, désormais gouverné par un poids lourd de la confrérie  musulmane assez bien vu en Amérique où il a fait tranquillement ses études supérieures. Mais le chemin n’est pas encore totalement dégagé pour Morsi. La Syrie et le régime Assad qui la gouverne font montre d’une capacité de nuisance tellement grande qu’elle a démenti toutes les prévisions y compris au Caire et chez ses alliés. Or pour que Morsi et ses mentors remettent de l’ordre dans la maison arabe afin de mieux l’arrimer au Caire, il faut absolument aplanir le problème syrien ; d’autant que Damas a été l’associé de l’Egypte de Nasser lors des premières tentatives  avortées de réunification arabe. En somme Damas gêne les projets du Caire pour le Monde arabe. Et le temps ne joue pas forcément en faveur de Morsi & Co. Le 6 novembre 2012 peut se révéler une date fatale ou fatidique pour le grand projet égypto-américain. En effet, si le républicain Mitt Romney passe, il se peut que ce projet prenne l’eau. Ne serai-ce que parce que la vision qu’a ce parti conservateur du projet du grand Moyen Orient et l’Afrique du Nord est différente sinon opposée de celle des démocrates. Ces derniers sont convaincus que la clef de la normalisation du monde arabe passe par l’anéantissement préalable et définitif de toute velléité nationaliste et panarabiste en son sein.

Publié dans Edito

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