Des Israéliennes à poil en solidarité d’une blogueuse égyptienne

Publié le par Nouvelobs.com

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Elles sont plusieurs dizaines d'Israéliennes à avoir choisi de montrer leur soutien avec la blogueuse égyptienne Alia al-Mahdi, cette jeune femme de 20 ans qui a créé la polémique en apparaissant nue dans son blog, en posant nues elles aussi.


L'événement, lancé sur Facebook, a recueilli une centaine de retour de femmes déclarant y participer et une quarantaine ont effectivement posé pour l'occasion. Sur la pancarte tenue devant les femmes dévêtues ont peut lire en hébreu et en anglais « Amour sans limites » et « Hommage à Aliaa al-Mahdi. Ses sœurs en Israël. »


L'organisatrice de l'événement, Or Tepler, s'est dit « hors d'elle » lorsqu'elle a vu un quart de million de commentaires abusifs et de menaces de mort » à l'encontre de la jeune femme.

Elle a tenté de joindre Alia al-Mahdy, mais sans succès.


Mémoires d'une révolutionnaire


La jeune Egyptienne a publié une photo d'elle nue sur son blog « Mémoires d'une révolutionnaire », créant la polémique sur les réseaux sociaux et suscitant une rumeur selon laquelle elle appartiendrait à un groupe pro-démocratie qui a participé à la révolte qui a renversé le président égyptien Hosni Moubarak.

La jeune femme a été menacée de mort et le « Mouvement des jeunes du 6-Avril » a même publiquement annoncé qu'il n'avait rien à voir avec la jeune femme. "C'est une nouvelle tentative de diffamation de la part de la Sécurité nationale et des vestiges de l'ancien régime », dénonce le mouvement dans un communiqué accompagné d'extraits de la page Facebook d'Alia al-Mahdy dans lesquels elle affirme elle-même ne pas appartenir à ce groupe.

Manque de pudeur

Sur Twitter notamment, plusieurs militants libéraux ont exprimé leur inquiétude, jugeant que ces photos dénudées pourraient facilement être utilisées par leurs opposants conservateurs, dans un pays où musulmans et chrétiens s'accordent à condamner ce que des internautes dénoncent comme « un manque de pudeur ».


De son côté, Alia al-Mahdy estime que ces photos relèvent de la « liberté d'expression », dans un texte publié avec les photos sur son blog.


« Jugez les modèles nus qui travaillaient aux Beaux-Arts dans les années 1970, cachez les livres d'art et détruisez les statues dénudées. Puis déshabillez-vous, regardez-vous dans un miroir et brûlez vos corps que vous détestez pour vous débarrasser de vos complexes avant de me lancer vos insultes racistes », écrit-elle.


Céline Lussato – Le Nouvel Observateur avec AFP

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