Et si la Chine s’éveillait en Afrique ?

Publié le par KEM & afrik.com

L'Oranger, arbre cultivé depuis le IIIe  siècle en Chine (d’où notamment mandarine), aurait été introduit  au Maroc par des voyageurs chinois par le biais des Omeyyades de Cordoue dès le VIIIe siècle. L’orange, l’une des richesses agricoles du Royaume, se dit en dialecte local « limon » ou « l’tchine ». Mais si l’on exclut le premier terme désignant  plus les variétés  non douces du fruit, il reste le terme « l’tchine » ou «  tchina », qui signifient tous les deux, en berbère marocain ou algérien, l’orange. Dans la région d’Agadir (1), au sud marocain, connue pour ses belles orangeries, on rencontre encore des types ethniques à la physionomie faciale assez ressemblante à celles des Chinois ! De même que dans d’autres régions berbères de l’Anti-Atlas ou du Tafilelt. Ce petit détour éthymo-anthropologique pour dire que si la racine « chine » se trouve dans les mots « l’tchine » ou « tchina », ce la prouve que d’intenses échanges commerciaux et humains eurent  lieu entre l’empire du soleil levant et certaines régions du Maroc. Le voyageur Ibn Battouta affirme avoir rencontré des habitants du royaume de Sijilmassa (2) au cours de son périple en Chine. Aux XIV et XVe siècles, une nouvelle vague chinoise déferlait  sur l’Afrique si bien que la partie orientale du continent faillit devenir une colonie chinoise !

Lisez l’article ci-dessous qui outre sa pertinence, éclaire d’une lumière particulière et non conforme ce qui se passe actuellement dans les pays de la CEDEAO où la Chine a fait une véritable incursion à coups de crédits en dollars sans conditions ni taux d’intérêt, contrairement à une Amérique et certains pays européens qui ne lâchent leurs sous qu’en contrepartie d’engagements des pays débiteurs vis-à-vis des conditions, souvent désavantageuses, et du FMI et de la Banque mondiale.

(1) Introduit probablement lors de la colonisation lusitanienne

(2) Royaume qui naquit dans le Tafilelt en 758 pour disparaître en 1055.

 

 

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La Chine n’arrive pas en Afrique, elle y retourne (Titre d'origine) 

 

lundi 17 septembre 2012 par Renaud Towe


Depuis plusieurs années, on parle ici et là de l’ « arrivée » des Chinois en Afrique. Colonisation déguisée pour certains, aubaine économique pour d’autres, le phénomène apparaît en tous cas comme très récent dans les médias. En effet, peu de gens savent que les Chinois connaissent le continent depuis des siècles, avant même que les Européens ne découvrent les Amériques.

Aux XIVe et XVe siècles, contrairement à aujourd’hui, les Chinois musulmans occupent des places de choix dans la société. Tel est le cas de Zheng He, un Hui, dont le père, haut dignitaire dans le Yunnan, a été tué par l’armée chinoise au cours d’une campagne militaire. Comme la plupart des fils de chefs rivaux défaits, il est castré pour devenir eunuque à la Cour impériale. Cette proximité avec les courtisanes de l’empereur Yongle, troisième de la dynastie Ming (1368-1644), lui permet de devenir rapidement le grand eunuque, puis amiral de la marine impériale. Il prend alors les commandes de sept flottes, d’un total de 27 000 hommes, et entreprend une série d’expéditions.

Le but de ses voyages est de mettre en valeur la puissance de la Chine, de mener la chasse aux pirates et de développer des relations amicales et commerciales avec d’autres peuples, notamment pour exporter de la soie. Il s’avère être un aventurier ambitieux, et entre 1405 et 1433, visite plus de trente pays et régions, dont un bon nombre en Afrique.

Les bases des relations sino-africaines

Les expéditions occidentales de Zheng He prennent une forme pacifique. Où les navires débarquent, cadeaux et messages d’amitié s’échangent avec les autochtones. L’amiral a vraisemblablement visité les côtes africaines de l’Egypte jusqu’au Mozambique. Lors de sa quatrième expédition à l’ouest (1413-1415), il passe par les ports de Mogadiscio (Somalie actuelle) et Malindi (Kenya actuel), d’où il ramène des lions, des léopards, des autruches et une girafe qui fait sensation dans la capitale chinoise. En raison des bonnes relations tissées avec les Africains, notamment grâce à sa confession, il visite une nouvelle fois les deux villes au cours de sa cinquième exploration (1416-1419) et descend manifestement jusqu’au Mozambique. Enfin, il découvre, selon les sources, les côtes africaines de la mer Rouge pendant une sixième expédition (1421-1422). En tout donc, au moins trois de ses sept voyages sont passés par le continent africain.

Le célèbre navigateur meurt finalement en 1434. Dès lors, Pékin renonce à ses ambitions maritimes pour se concentrer contre les invasions mongoles. Le Chine se referme peu à peu et perd rapidement son avance sur les Européens, qui vont quant à eux s’installer durablement en Afrique, mais sans user d’autant de diplomatie et de courtoisie. Comme l’a indiqué l’historien français Rémi Kauffer, il s’en est fallu de peu pour que l’Afrique ne soit chinoise. La Chine, aujourd’hui, n’arrive donc pas en Afrique mais y retourne. Et comme au temps de Zheng He, de manière plus fine que les Européens.

http://www.africatime.com/mali/nouv_pana.asp?no_nouvelle=693085&no_categorie=1

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