Ils se marrèrent mais n’eurent pas d’enfants

Publié le par Karim El Maghribi

Chankou

Le principe républicain « Santé pour tous » est touché, toute la France se lève pour crier son désaccord. Idem du principe Ecole pour tous. Une école ou un dispensaire qui ferment dans un patelin même déserté par ses habitants, et c’est la levée de boucliers générale, l’indignation…

Par contre le principe non moins républicain « mariage pour tous »  ne fait point l’unanimité de la nation de France. Une bonne moitié du peuple français contestataire de la légalisation du mariage de deux personnes de même sexe soit ignore que la république (que toute le monde chante) est née des centres de l’Eglise si bien que toute revendication même légitime s’appuyant sur des considérations chrétiennes est systématiquement  rejetée par la république, soit croit- à tort ou à raison- que la république n’est que l’aboutissement moderne de la culture mariale. Cette dernière catégorie de la population est évidemment la plus irréductible quand il s’agit d’une loi qui bouscule une tradition bien ancrée comme celle du mariage entre deux personnes de sexe opposés.

Mais donnons à César ce qui est à lui et à Dieu ce qui lui revient et essayons être juste le plus possible. La bonne moitié du peuple français qui manifeste son opposition à la loi « mariage pour tous » même si moins de 2% qui décide  d’occuper la rue pour manifester n’est pas manifestement rétrograde ou réactionnaire comme tend l’autre camp de le penser. La vérité est que beaucoup des « anti-mariage gay » ne fait que régir à un sentiment intérieur qui mêle crainte instinctive et frustration politique. Crainte, du fait que dans le subconscient collectif des contestataires le mariage homosexuel signifierait le début l’extinction du peuple de France, déjà menacé par le vieillissement.  Frustration politique ; car les opposants au mariage homo ont le sentiment que  manifester depuis plus de 9 mois ne sert à rien et que le gouvernement et la présidence de la république ne manifestent aucun intérêt pour leurs revendications. Un état de fait exacerbé par une particularité des institutions de la Ve république qui si elles tranchent sur la question  de la « partisanité » du gouvernement et du parlement restent floues quant à l’appartenance politique du chef de l’Etat. Mais on admet que celle-ci devient neutre dès l’investiture du nouveau pensionnaire du Palais de l’Elysée.

Or, François Hollande en soutenant la majorité de gauche, son gouvernement et surtout la ministre de la Justice Mme Taubira donne l’impression qu’il agit plus comme un chef du parti socialiste qu’un président de tous les Français. Mais peut-il faire autrement ? Non bien sûr. Il ne peut renier une promesse majeure qui a contribué à son élection, si toutefois on suppose que sa victoire n’était aucunement redevable à un vote sanction en défaveur de Nicolas Sarkozy.

Est-ce que tous ces arguments justifient la violence dans la rue ? Là aussi la réponse est non même si les partisans du mariage classique ne disposent plus d’aucun recours légal et pacifique pour se faire entendre ou avoir gain de cause. Ou presque… En effet, les contestataires du mariage gay peuvent dès maintenant se marier de plus en plus jeunes et surtout avoir beaucoup d’enfants. La riposte a le double avantage  de faire exploser les caisses d’allocations familiales et de bousculer rapidement le rapport numérique gauche/droite en leur faveur.

Numérique et numéraire aussi…

Publié dans Focus

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