Iran : un attentat tombé du ciel !

Publié le par Abdelkarim Chankou

L’attentat commis le 18 octobre dernier contre les Gardiens de la révolution dans la province du Sistan-Balouchistan et qui a fait 43 morts* dont le général adjoint aux forces terrestres de ce corps d’élite et de répression peut se transformer à tout moment –si ce n’est déjà fait- en pain bénit pour les mollahs qui tirent les ficelles à Téhéran depuis 1979.
En effet, en accusant les Américains et les Britanniques d’être derrière les Jound Allah (Soldats d’Allah), rebelles sunnites émargeant dans une zone aride et montagneuse frontalière du Pakistan, le régime iranien, frappé cette fois au cœur, peut disposer d’un argument supplémentaire-et de poids- pour poursuivre son programme militaire nucléaire, à un moment où la pression internationale de fait plus sentir. Comment ? Facile. Les « terroristes » comme aiment les appeler le président Mahmoud Ahmadinejad et son mentor Ali Khamenei (le guide suprême de la révolution), sont venus du territoire voisin pakistanais où depuis ces dernières semaines les Talibans harcèlent les soldats pakistanais en en tuant chaque jours des dizaines.
Si le Pakistan ne répond pas positivement et rapidement aux injonctions de Khamenei en livrant les auteurs de ces attentats-suicide, Téhéran pourra envisager d’exercer son « droit de poursuite » onusien en passant la frontière avec le Pakistan à la recherche des « terroristes » sunnites de Jound Allah. Et comme il est peu probable que le nouveau premier ministre du Pakistan, Yousouf Raza Gilani, accède du moins dans des délais raisonnables aux injonctions iraniennes, on peut imaginer un qu’une incursion iranienne en territoire pakistanais, même furtive, risque de déboucher sur un sérieux casus belli qui mettra le feu aux poudres. Suite à quoi, Téhéran passera à la phase B en déclarant le Pakistan comme pays ennemi dont il faudra se garder. Et comme cet Etat islamique et corrompu par les Talibans possède une bombe atomique, les mollahs n’auront plus autant de mal à convaincre leur peuple et surtout les pays indécis à ce que l’Iran ait lui aussi sa bombinette.
Déjà Khamenei a déclaré, hier lundi, que Téhéran reprendrait son programme d’enrichissement de l’uranium si les négociations avec les Etats-Unis et la France échouaient. Tout un programme…

(*) Un chiffre qui chifonne : en février 2004, un avion commercial iranien s’écrasait aux Emirats Arabes Unis : 43 morts. Durant les émeutes post électorales de juin 2009 à Téhéran, le bilan annoncé était de 43 manifestants tués !

Publié dans Edito

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