Israël-Palestine : Retour à la case départ ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

 

Chankou1.jpg

Les récents vents de liberté qui ont soufflé et qui soufflent encore sur les pays arabes d’Afrique du Nord et  d’autres du Moyen-Orient dont un faisant partie du  Front de refus, en l’occurrence la Syrie risquent de se transformer à tout moment en violente tempête de sable qui enterrerait à tout jamais tout ce qui a été bâti depuis le début du processus de paix entre Arabes et Israéliens au début  années 1990 à Madrid.

 

Que l’on se le dise avec franchise et sans faux fuyants : ce qui se passe actuellement en Tunisie, Egypte, Libye, Yémen, Bahreïn, Syrie est certes souhaitable et est de nature à égayer tout amoureux de la liberté et de la démocratie, mais les faits étant têtus, cette  movida arabe risque d’être mortel au rapprochement entre les peuples arabe et juif. Car depuis le Sommet historique de Fès en 1982 qui a enclenché le processus de Madrid, puis d’Oslo etc., tout ce qui a été accompli qui la voix de la paix ne l’a été que grâce aux gouvernements et aux dirigeants arabes, les peuples dressés par de longes années d’endoctrinement à haïr tout ce qui est juif, à part d’infimes minorités, continuent de voir en Israël une « entité » illégitime au sein du Monde arabe. Le raisonnement est analogue dans l’autre sens : les Israéliens acceptant une paix sur la base des frontières de 1967 sont de loin minoritaires. Et pour cause ! Avant même que les blessures légères d’Egyptiens victimes de la révolte qui précipité le départ à la retraite du président Hosni Moubarak ne se cicatrisent, des voix  s’élèvent dans le pays des pyramides  pour sinon annuler l’accord gazier entre l’Egypte et Israël  du moins réviser à la hausse le tarif préférentiel accordé par le pays des Pharaons  à l’Etat Hébreu. Mieux : la reprise des bombardements punitifs de Tsahal à Gaza suite à l’assassinat au poignard d’une famille de cinq colons et à une série de tirs de roquettes du Hamas sur les zones israéliennes  limitrophes de Gaza, risque de pousser les Gazaouis à envahir l’Egypte  via le check point de Rafah qui cette fois aura tout le mal du monde à être défendu par les autorités égyptiennes encore grisées par l’après Moubarak. Une ténébreuse perspective ; dans ce sens que cette éventuelle invasion  peut être suivie de celle des Cisjordaniens qui pousseront vers la Jordanie.  Une éventualité qui ne laissera pas indifférent ni la Turquie ni  la Syrie encore moins l’Egypte.

 

Publié dans Edito

Commenter cet article