L’ambassadeur palestinien à Rabat Abou Houseira est-il d’origine hébraïque ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Photo présumée de Yacoov Abouhatsira Ben Messaoud

 

Amine Ahmed Mohamed Abou Houseira, le nouvel ambassadeur de l’Autorité palestinienne que SM Mohammed VI a reçu le 24 septembre dernier parmi d’autres de ses compères, est-il d’origine hébraïque ? La réponse a de réelles chances d’être positive. Le nom d’Abou Houseira qui signifie en arabe « l’homme à la natte » peut tout aussi trouver sa justification sur le plan des métiers exercées par des familles entières de père en fils. En effet chez les Musulmans arabes comme chez les Juifs arabes ou berbères l’on a coutume de porter le patronyme qui correspond au métier principal de la famille à laquelle on appartient. Ainsi on a les Haddad (forgerons), les Asayagh (les orfèvres), les Nejjar (les menuisiers) etc. Les Abou Houseira descendent-ils de fabricants de nattes ? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais toujours est-il que l’actuel ambassadeur palestinien à Rabat semble avoir des origines hébraïques. Samaritaines, judéennes ou galiléennes ? On ne peut rien en dire avec certitude. Cependant le controversé essayiste David André Belhassen pense que la l’actuelle Palestine est constituée d’un mélange de Samaritains, Judéens et Galiléens « arabophonisés ». Dans son livre « Israël, amour et désamour », paru en septembre dernier chez La Différence, il soulève cette thèse parmi d’autres. Le nom d'Abou Houseira (1) ou encore Abouhatsira renvoie à une légende ou épopée chère aux Juifs, surtout sépharades. Abouhatsira Yaacov Ben Messaoud est né au Tafilelt (Maroc Oriental) en 1807 et mort en 1880 à Damanhour en Egypte où son tombeau est l’objet de pèlerinages de Juifs venus du monde entier. Le saint homme ou tsadikim (en hébreu homme juste) est réputé pour être un faiseur de miracles comme d’ailleurs tous les saints juifs sépharades. La légende présente aussi à cet homme qui a écrit une douzaine de livres comme un maître kabbaliste, suivant la tradition de la Kabala de l’Ari. La légende prête également à Abouhatsira Yaacov une fin pathétique : Partant pour s'établir en Israël en compagnie de trois de ses disciples, il meurt sur la route. Il sera enterré en Egypte, à Damanhour. Toujours selon la légende le Juif marocain Yaccov Ben Messaoud doit son nom à un miracle : le navire qui le menait en Palestine a chaviré avant l’arrivée, tous les passagers ont péri sauf lui qui a embarqué sur sa natte, laquelle comme un tapis flottant lui a permis d’atteindre saint et sauf les côtes syriennes et de là il a pu gagner Israël.

 

(1) La communauté juive marocaine de Malte et de Gibraltar compte plusieurs familles portant le nom de Abesherra, autre variante du patronyme Abouhatsira.

Publié dans Israël & Monde arabe

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