L’attentat de Kampala en Ouganda : une signature d'Al Qaïda ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le fait que les Shebab (insurgés islamistes somaliens) aient revendiqué les deux attentats qui ont assombri la finale de la Coupe du monde de football, dimanche soir 11 juillet à Kampala en Ouganda, faisant 74 morts et 85 blessés (un Américain fait partie des victimes) n’écarte par une possible implication d’Al Qaïda soit d’une façon directe soir par le truchement de la sous-traitance. Les deux bombes ont explosé dans un restaurant éthiopien de la capitale ougandaise et dans un club de rugby de la ville. Une foule s’y était agglutinée pour regarder la finale de la Coupe du monde sur un écran de télévision collectif.

La piste invoquée pour soutenir la thèse d’une acte revanchard des Shebab somaliens est liée au fait que l'Ouganda et son voisin le Burundi fournissent la totalité des 6000 soldats qui composent actuellement la force de paix de l'Union africaine (AMISOM), chargée de protéger la très fragile paix et surtout prémunir le gouvernement provisoire somalien contre les assauts répétitifs des insurgés islamistes. « L'Ouganda est l'un de nos ennemis. Tout ce qui le fait pleurer nous rend heureux. Que la colère de Dieu s'abatte sur ceux qui sont contre nous », a déclaré un commandant des insurgés islamistes somaliens, déclaration relayée par l'Associated Press.

Seulement il y a d’autres indices non moins intéressants qui plaident pour une implication de Al Qaïda dans ce terrible attentat. Il y a tout d’abord le modus operandi : poser des bombes de forte puissance dans des lieux publics (restaurant, terrain de rugby) un moment de forte présence humaine est une signature de Al Qaïda qui excelle dans ce genre de pratiques. Puis il y a la situation au Darfour. En fais jamais cette province du sud du Soudan en majorité chrétienne n’a été aussi proche de la scission, donc de l’indépendance par rapport au pouvoir musulman de Khartoum. Or les Soudanais ont toujours soupçonne les Etats voisins africains de soutenir les insurgés indépendantistes du Darfour, notamment l’Ouganda. Et comme Al Qaïda devrait de souvenir encore de l’hospitalité qu’avait offerte le Soudan à son chef Ben Laden alors aux abois durant la décennie 1990, faire un bon geste envers le Soudan au moment où le mouvement séparatiste se fait le plus entendre et surtout à moins de 24 heures de l’émission de la Cour internationale pénale d’un second mandat d’arrêt international (qui cette fois fait mention clairement à un génocide) contre le président soudanais, le général  Omar Hassan El Bachir, est la moindre signe des reconnaissances.

Publié dans Edito

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