L’Iran et les S-300 : Poker menteur ?

Publié le par KEM

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Alors que les conditions d’une frappe aérienne israélienne contre des sites supposés abriter les installations nucléaires iraniennes semblent se réunir, le régime de Téhéran riposte en rejouant le rôle du petit pays persécuté par les « forces impérialistes ».


Selon plusieurs concordantes, les préparatifs d’une telle attaque sont terminés depuis longtemps et il ne reste plus que le feu vert de qui de droit pour appuyer sur le bouton « Fire ». Et si ce feu vert tarde à venir c’est probablement parce que les Américains, qui appuieraient cette attaque par le biais de leur puissante 6e flotte croisant dans les parages, craignent que Téhéran soit en possession du fameux système de défense anti-aérien S-300 de fabrication russe. Or ce matériel est d’une efficacité impressionnante en ce qui est de la sanctuarisation des espaces sensibles et vitaux d’un pays qui en possèdent. Une dizaine de ces batteries qui dépassent les Patriot américains en performance mettraient en échec tout attaque contre le site des installations atomiques de Téhéran ou du moins la rendrait coûteuse ; étant donné qu’aucun avion de chasse ne peut échapper à un missile tiré par le système S-300 et ce quelle que soit l’altitude prise par cet avion.

Un indice supplémentaire qui renforce la thèse que l’Iran a (comme le Chine, l’Algérie, la Biélorussie et d’autre pays) été livré par Moscou en S-300 officiellement ou par l’entremise d’intermédiaires « agrées » est cette petite phrase récente d’un officiel russe :

« La résolution adoptée hier par le Conseil de sécurité à l’encontre de l’Iran contient des références aux armes interdites d'exportation vers l'Iran, je peux vous dire que les missiles de DCA, à l’exception des systèmes portables, ne figurent pas sur la liste », a répondu le 8 juin dernier le Andreï Nesterenko lors d’un point de presse à Moscou.

Or le S-300 est une arme de DCA et il est non portatif. Donc on est devant un aveu à peine voilé que les S-300 ont été bien livrés à Téhéran. Et peut-être même ils l’ont été avant octobre 2008, date de la visite du premier ministre israélien Ehud Olmert à Moscou, visite qui aurait, selon certaines sources de l’époque, permis de bloquer une livraison imminente d’un lot des S-300 à Téhéran par l'agence russe officielle d'exportation d'armes Rosoboronexport.

Maintenant les trois questions qui taraudent tous les esprits sont les suivantes :
1) Si l’Iran a été bien livré en matériel de défense de la famille S-300, quel en le modèle, sachant que ce type de DCA remonte au début des années 1980 et que les plus performants ont commencé à sortir des usines russes au milieu des années 1990 ?
2) Washington ou un clan de la Maison Blanche est-il au courant d’une telle livraison ?
3) Si oui, aurait-il béni cette transaction afin de donner une solide avance à Téhéran pour éviter toute confrontation dans l’avenir, sachant que les Américains soupçonneraient l’Iran d’avoir développé d’autres armes aussi sophistiqués dont même les Russes ignoreraient l’existence ?

Publié dans Confidentiel

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